• THESE

    De Genève à la France, la pensée républicaine d’Étienne Clavière : réforme financière, souveraineté populaire et révolutions, 1735-1793, soutenue en 2020 à AixMarseille sous la direction de Éric Gasparini, Christian Bruschi, Alexis Keller et Victor Monnier présidée par Anne-Sophie Chambost, membres du jury : Sébastien Le Gal (Rapp.), Anthony Mergey (Rapp.), Bénédict Winiger et François Quastana   

  • Mathieu Chaptal, D'une Révolution à l'autre: Étienne Clavière (1735-1793), mare & martin, 2023, Histoire du droit et des institutions, 1067 p. 

  • Mathieu Chaptal, « De Genève à la France, la pensée républicaine d’Étienne Clavière : Réforme financière, Souveraineté populaire et Révolutions (1735-1793) », La Révolution française, Institut d’histoire moderne et contemporaine - UMR 8066, 2022    

    Figure influente des Lumières tardives, Étienne Clavière appartient à ce cercle de personnalités politiques de la seconde moitié du xviiie siècle n’ayant pas encore suffisamment retenu l’attention de l’historiographie. Dénoncé en juin 1793 par les jacobins comme le serviteur de la « République des riches », ce Genevois, parvenu au sommet de la République française à la faveur de la journée du 10 août 1792, semble depuis cette époque faire l’objet d’une véritable « légende noire », couvrant en...

  • Mathieu Chaptal, « République et Républicanismes », le 11 octobre 2023  

    Colloque organisé par l'UMR LISA, Università di Corsica sous la responsabilité scientifique de Jean-Guy Talamoni

    Mathieu Chaptal, « Le travail sur le métier des idées politiques », le 14 septembre 2023  

    XXIXe colloque organisé par l'Association Française des Historiens des Idées Politiques en partenariat avec le CREHIIP, Université d'Aix-Marseille sous la direction scientifique de Nicole Dockès, Pr. honoraire, Université Jean Moulin Lyon III ; Norbert Olszak, Pr. Université Paris Panthéon-Sorbonne et Olivier Vernier, Pr. Université Nice Côte d’Azur

    Mathieu Chaptal, « La pensée républicaine », le 09 septembre 2021  

    Colloque organisé à l'Université Lyon 3, sous le Haut-patronage de Bruno Lasserre, Vice-Président du Conseil d’État.

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Rabah Asli, La pensée politique et juridique de François Guichardin, thèse soutenue en 2024 à AixMarseille sous la direction de François Quastana et Jean-Philippe Agresti présidée par Éric Gasparini, membres du jury : Francesco Di Donato (Rapp.), Sonia Scognamiglio    

    Dans la deuxième moitié du XVIᵉ siècle, le nom de François Guichardin a brillé dans le firmament des idées en Europe. La publication de son Histoire d’Italie a eu un impact extraordinaire ; ses premiers lecteurs érudits, comme Jean Bodin, Michel de Montaigne ou Alberico Gentili, saluèrent en son auteur l’un des plus grands historiens de tous les temps en soulignant la nouveauté et la modernité de sa méthode ainsi que la finesse et la profondeur de ses analyses. En outre, l’édition partielle de ses Ricordi a contribué à la diffusion de nouveaux concepts et d’un nouveau langage qui infuseront la pensée politique moderne en gestation. Pourtant, le nom de cet auteur qui forme, avec Machiavel, l’expression la plus accomplie de la science politique de la Renaissance, connaîtra une longue éclipse à cause de l’aura mythique de son illustre compatriote et de la trajectoire éditoriale singulière de son œuvre propre. L’édition complète de ses œuvres au milieu du XIXᵉ siècle par Giuseppe Canestrini a révélé toutes les facettes d’une production intellectuelle richissime. Désormais, derrière la figure du grand historien, on découvre le théoricien génial du gouvernement républicain et le juriste perspicace. Aussi, ses écrits montrent-ils une pensée originale qui se caractérise par le lien étroit tissé entre l’histoire, le droit et la politique. Une pensée structurée méthodologiquement par le droit, fécondée par l’histoire et nourrie par l’expérience du pouvoir vécue par l’auteur. Guichardin a exercé les plus hautes magistratures à une époque charnière dans l’histoire de l’Europe, il possédait également un intellect puissant et caractérisé par la propension à l’examen du réel, il a donc pu comprendre de manière profonde la tension naissante entre la tradition juridique et l’expérience de l’État. Par ailleurs, la confrontation intellectuelle avec Machiavel a sans doute stimulé sa réflexion et fait ressortir, par contraste, tout ce que sa pensée a d’original et de singulier. Guichardin peut être considéré comme le lecteur le plus perspicace de Machiavel. Partant des concepts historiques et politiques de l’humanisme, Guichardin a développé de nouveaux paradigmes aussi bien en histoire qu’en politique. Il représente incontestablement un chaînon important dans la tradition civique florentine et est également l’un des penseurs les plus stimulants de la période moderne

    Pauline Guiragossian, Regards croisés des républicains français et des radicaux britanniques sur la propriété durant la Révolution française, thèse soutenue en 2024 à AixMarseille sous la direction de Éric Gasparini présidée par François Quastana, membres du jury : Laurent Reverso (Rapp.), John W. Cairns et Myriam-Isabelle Ducrocq    

    Le droit de propriété trouve les conditions finales de son essor dans la Révolution française qui le consacre pleinement. Cependant, la pensée républicaine, tout en le hissant au rang des droits fondamentaux individuels, refuse de l’ériger en droit absolu. Outre-Manche, le radicalisme britannique, essoufflé par l’échec de ses demandes de réformes parlementaires, est revitalisé par le mouvement révolutionnaire français. S’opère alors un glissement des revendications radicales vers les questions économiques et sociales à travers la propriété. Ces deux courants réfléchissent aux principes qui permettraient l’avènement d’un droit vecteur d’indépendance, exempt de toute menace pour la liberté républicaine et même nécessaire à son effectivité. Ils choisissent alors de renforcer la vocation sociale du droit de propriété à travers sa limitation. Ce droit doit être juridiquement conçu pour faire converger l’intérêt individuel et collectif. Cette conception républicaine cherche à infléchir la dimension absolue du droit de propriété en lui insufflant une dynamique égalitaire. Mués par ces objectifs communs, républicains français et radicaux britanniques recourent à des arguments différents. Ils puisent dans la tradition républicaine et leur contexte historique respectif pour faire de la propriété un outil juridique de transition vers un nouveau modèle politique. La Révolution française permet une refonte législative d’ampleur, intégrant la redistribution des propriétés comme un élément des débats parlementaires en 1792. Les radicaux reprennent ces aspirations, mais font face à l’inévitable déception de leurs espérances, à la suite de la répression de leur mouvement en 1794

    Rachid Touaoula, La pensée politique et constitutionnelle des Levellers : sources et historiographie étude critique, thèse soutenue en 2023 à AixMarseille sous la direction de François Quastana présidée par Karen Fiorentino, membres du jury : Myriam-Isabelle Ducrocq (Rapp.), Christian Bruschi et Éric Gasparini    

    Les Levellers forment un mouvement politique issu des Indépendants et né durant la Grande Rébellion (1642-1651). Les sources dont nous disposons suggèrent une naissance entre la fin de l’année 1645 et l’année 1646. Les Levellers connaissent néanmoins leur apogée entre 1647 et 1649. Ils ont constitué un mouvement radical et urbain, dont les principaux auteurs puisent une grande partie de leurs idées politiques et juridiques dans des sources religieuses, antiques et des écrits de certains de leurs contemporaines. Le mouvement qui s’inscrit dans le courant du Jus Naturalisme et dans celui du contractualisme entend régénérer la société anglaise à travers un nouveau pacte pour revenir à un ordre ante normand, car l’invasion Normande (1066) est accusée d’avoir détruit les traditions anglaises. Ils en appellent à la rédaction des lois en langue anglaise, la consécration de droits et libertés fondamentaux, ou encore à la séparation des pouvoirs. Avocats de la souveraineté populaire, ils réclament un droit au suffrage masculin très élargi afin de mettre en place une République populaire. Leurs idées seront compilées et résume dans un texte majeur dans l’histoire des idées politique: l’Agreement of the People. Ce texte qui constitue l’acte fondateur de la République idéale des Levellers interroge encore aujourd’hui sur sa nature. Il constitue pour certains une véritable constitution moderne, alors que d’autres préfère parler de pacte social. Leur pensée, sans doute trop radicale pour l’époque, provoquera la défiance de leurs contemporains les plus illustres, qui craignent que leur idéal démocratique ne débouche sur la suppression de la propriété privée par les masses, qui de fait imposeront leurs choix à la minorité des possédants. C’est pour cette raison, qu’ils seront rejetés, calomniés et nommés les Levellers afin de les ostraciser, malgré leurs contestations, puisqu’ils ont été à l’inverse les défenseurs les plus cohérents de la propriété privée, dont ils font la source de tous les droits et libertés fondamentaux. En 1649, après près de trois ans de tension avec les Indépendants, ils seront définitivement dispersés par leurs adversaires, dont Oliver Cromwell, qui était le plus célèbre de tous. Malgré l’échec de leur entreprise, Un mouvement de redécouverte de leur pensée va s’intensifier à partir du XVIIème siècle dans quatre pays : l’Angleterre, les États-Unis, la France et l’URSS. Cette redécouverte va poser la question de leur influence et de la réception de leurs idées dans ces pays, qui dans des contextes certes différents, mais qui partagent la particularité de se situer durant des phases révolutionnaires verront se diffuser des idées similaires à celles des Levellers mais également des écrits leur rendant hommage

    Luc Bouchinet, L'abbé de Saint-Pierre, un utopiste à l'aube des Lumières, thèse soutenue en 2023 à AixMarseille sous la direction de Christian Bruschi présidée par Anne-Sophie Chambost, membres du jury : Sébastien Le Gal (Rapp.), Frédéric Rouvillois et Julien Broch    

    Charles-Irénée Castel, abbé de Saint-Pierre (1658-1743) est un penseur politique appartenant à une époque de transition, traitée par Paul Hazard dans La crise de la conscience européenne (1680-1715). Cartésien convaincu, féru de sciences, peu porté sur la théologie, il est sans conteste un moderne. Auteur prolifique, il s'intéresse à tout et se propose de tout réformer. Depuis le XVIIIe siècle, ses projets sont considérés comme des rêveries, des chimères, et lui-même qualifié d'utopiste. L’idée de Progrès, alors en gestation depuis un demi-siècle, et dont il donne le premier une formulation systématique, lui offre la certitude de parvenir, dans un proche avenir, à cet Âge d’or que les Anciens, dans leur ignorance, situaient dans un passé lointain et révolu. L'abbé de Saint-Pierre pense les hommes capables d'atteindre la perfection dans l'ordre politique, et de réaliser le paradis sur terre, peuplé de saints qui jouiront d'une félicité éternelle. Il ne leur manque, pour y parvenir, que d'identifier les maux dont sont frappées les institutions humaines, de les contester, et de suivre le remède infaillible que constituent ses innombrables projets