RésuméLes saisies spéciales sont apparues dans le paysage procédural français il y a une dizaine d'années. Ainsi, l'heure d'un bilan était venue, permettant de s'interroger tant sur leur utilité que sur leur efficacité. C'est au prisme des saisies immobilières, en augmentation croissante, que ce bilan est proposé. Au terme de celui-ci, et alors que la doctrine porte souvent un regard sévère sur le travail législatif, il est d'autant plus remarquable de souligner le réel apport, pour l'ensemble de la chaîne judiciaire, que constitue la loi du 9 juillet 2010 visant à faciliter la saisie et la confiscation en matière pénale. Si la procédure pénale permettait de procéder à des saisies probatoires, la prise en compte de la nature particulière des saisies immobilières à des fins conservatoires est apparue comme une condition du durcissement de la politique répressive. La création de procédures particulières – caractérisées par leur régime et leurs effets – a favorisé l'essor des saisies immobilières révélant le durcissement recherché de la politique répressive. Alors que la peine de confiscation sans les procédures de saisie conservatoire constituait un colosse aux pieds d'argile comme en témoigne le faible nombre de confiscations prononcées ou exécutées, l'introduction de ces procédures particulières a produit les effets escomptés en favorisant le prononcé de cette peine.