Manon-Nour Tannous

Maître de conférences
Science politique.
Faculté de Droit et de Science Politique

Centre de Recherche Droit et Territoire
  • THESE

    Un bilatéralisme de levier : les relations franco-syriennes sous les deux mandats de Jacques Chirac (1995-2007), soutenue en 2015 à Paris 2 sous la direction de Serge Sur, membres du jury : François Burgat, Frédéric Charillon, Jean-Claude Cousseran, Julian Fernandez et Henry Laurens   

  • Manon-Nour Tannous, Xavier Pacreau, Relations internationales: En + de 130 Questions réponses, La documentation française, 2025, 247 p.    

    Cet ouvrage offre un tour horizon des relations internationales. Qu'est-ce que le système international et qui sont ses acteurs ? Qu'est-ce que le droit international ? Il propose aussi des synthèses sectorielles : comment s'organise le maintien de la paix et de la sécurité internationales ? Qu'est-ce que le système économique international ? Comment la protection des droits de l'homme est-elle assurée ? Où en est la protection internationale de l'environnement ? Quid de l'aide publique au développement ?

    Manon-Nour Tannous, Xavier Pacreau, Relations internationales , 2025   

    Cet ouvrage offre un tour horizon des relations internationales : - qu’est-ce que le système international et qui sont ses acteurs ? - qu’est-ce que le droit international ? Il propose des synthèses sectorielles : comment s’organise le maintien de la paix et de la sécurité internationales ? qu’est-ce que le système économique international ? comment la protection des droits de l’homme est-elle assurée ? où en est la protection internationale de l’environnement ? quid de l’aide publique au développement ?Sommaire : Pages de début (p. 1-6)| Chapitre 1. Comprendre les relations internationales (p. 7-36)| Chapitre 2. Les acteurs du système international (p. 37-64)| Chapitre 3. Le droit international (p. 65-92)| Chapitre 4. Le maintien de la paix et de la sécurité internationales (p. 93-121)| Chapitre 5. Le système économique international (p. 123-152)| Chapitre 6. La protection des droits de l’homme (p. 153-177)| Chapitre 7. La protection internationale de l’environnement (p. 179-207)| Chapitre 8. L’aide publique au développement (p. 209-224)| Fiches. Les principales zones de conflits dans le monde en 2024-2025 (au 1er avril 2025) (p. 225-231)| Sélection bibliographique (p. 232-237)| Listes des principaux sigles utilisés (p. 238)| Pages de fin (p. 239-247).

    Manon-Nour Tannous, Xavier Pacreau, Relations internationales, La documentation française, 2024, Découverte de la vie publique, 204 p.    

    Rédigé dans un style clair et didactique par deux universitaires, ce livre s'adresse aux lecteurs curieux de l'actualité et de la politique internationale. Il traite des aspects historiques, juridiques, économiques et politiques essentiels à la bonne compréhension du système international. Sont également abordés les grands thèmes au cœur de l'actualité internationale tels que les acteurs illégaux, la cyber-menace ou encore la protection internationale de l'environnement. Pour aller plus loin, chaque chapitre se clôt sur des approfondissements consacrés à des sujets saillants du débat international (choc des civilisations, réforme du conseil de sécurité des Nations Unies etc.)

    Manon-Nour Tannous (dir.), Fréquenter les infréquentables: le choix des interlocuteurs en diplomatie, CNRS éditions, 2023, Biblis, 300 p. 

    Manon-Nour Tannous, La Syrie au-delà de la guerre: histoire, politique, société, Le Cavalier Bleu Éditions, 2022, 181 p.    

    Au cœur de l'actualité depuis plus d'une décennie, la Syrie offre un visage meurtri par une guerre interminable qui occulte sa puissance et sa richesse passées. Focalisé sur cette guerre, on en oublie la Syrie « d'avant », celle de l'Antiquité, d'Alep, de Damas, de Palmyre et, plus récemment, la Syrie des accords Sykes-Picot qui devient le cœur du nationalisme arabe. Passée en coupe réglée sous le régime Assad, les images qui nous parviennent depuis sont souvent caricaturales : État laïc, mosaïque communautaire, présidence modernisatrice de Bachar, collusion avec l'Iran et lutte sans merci contre Israël… et pour finir, l'alternative du « soit Bachar, soit Daech ». S'appuyant sur une analyse précise de l'histoire et la société syriennes, Manon-Nour Tannous nous invite à dépasser les idées reçues et les raccourcis sur cet acteur majeur du Moyen-Orient

    Manon-Nour Tannous, La Syrie au-delà de la guerre , 2022   

    Au cœur de l’actualité depuis plus d’une décennie, la Syrie offre un visage meurtri par une guerre interminable qui occulte sa puissance et sa richesse passées. Focalisé sur cette guerre, on en oublie la Syrie « d’avant », celle de l’Antiquité, d’Alep, de Damas, de Palmyre et, plus récemment, la Syrie des accords Sykes-Picot qui devient le cœur du nationalisme arabe. Passée en coupe réglée sous le régime Assad, les images qui nous parviennent depuis sont souvent caricaturales : État laïc, mosaïque communautaire, présidence modernisatrice de Bachar, collusion avec l’Iran et lutte sans merci contre Israël… et pour finir, l’alternative du « soit Bachar, soit Daech ». S’appuyant sur une analyse précise de l’histoire et la société syriennes, Manon-Nour Tannous nous invite à dépasser les idées reçues et les raccourcis sur cet acteur majeur du Moyen-Orient.Sommaire : Pages de début (p. 2-8)| Définition (p. 9-11)| Introduction (p. 13-15)| « Alep est la plus ancienne ville au monde. » (p. 19-23)| « L’écriture a été inventée en Syrie. » (p. 25-31)| « La Syrie est le cœur du nationalisme arabe. » (p. 33-40)| « Sykes et Picot ont créé la Syrie. » (p. 41-48)| « La Syrie est un État laïc. » (p. 51-58)| « Les chrétiens de Syrie sont en voie de disparition. » (p. 59-67)| « Les Syriens ont besoin d’un régime fort. » (p. 69-76)| « Il n’y a pas de société civile en Syrie. » (p. 77-82)| « Bachar Al-Assad a modernisé la Syrie. » (p. 83-88)| « Syrie-Liban : un seul peuple dans deux pays. » (p. 91-98)| « La Syrie est une place stratégique dans la lutte contre Israël. » (p. 99-107)| « La Syrie fait partie de l’arc chiite. » (p. 109-115)| « La Syrie et la Russie sont liées par une alliance stratégique. » (p. 117-123)| « La guerre en Syrie est un complot. » (p. 127-134)| « C’est soit Assad, soit Daech. » (p. 135-144)| « Les réfugiés syriens envahissent l’Europe. » (p. 145-152)| « La crise syrienne signe la fin du système onusien. » (p. 153-159)| Conclusion (p. 161-162)| Pour aller plus loin (p. 165-172)| Sources (p. 173-181)| Pages de fin (p. 183).

    Manon-Nour Tannous, Chirac, Assad et les autres: Les relations franco-syriennes depuis 1946, Presses Universitaires de France, 2020, 464 p.    

    La 4e de couv. indique : "En 2011, les soulèvements contre l'autoritarisme ont imposé à la France de redéfinir sa politique envers la Syrie. Pour saisir la portée de ce défi, il faut réinscrire les relations franco-syriennes dans un temps long et comprendre les mécanismes à l'origine de la situation actuelle. Depuis que la France n'a plus « mandat » (1920-1946) sur la Syrie, les deux pays utilisent la relation bilatérale non par intérêt pour l'autre, mais pour décupler leur propre poids sur les dossiers régionaux. Cette « diplomatie de levier » est parfois profitable tant à la France qu'à la Syrie, qui se renforcent mutuellement face à la puissance américaine, mais elle a aussi été à l'origine de crises majeures, qui montrent combien la violence fait partie de ce qui doit être négocié. Manon-Nour Tannous effectue une plongée dans les coulisses et les secrets de la diplomatie française envers la Syrie, et répond aux grandes questions : sur quelles bases repose la relation franco-syrienne ? Comment expliquer ses fluctuations ? Quels sont les acteurs qui y prennent part et ceux qui y interfèrent ?"

    Manon-Nour Tannous, Sylvia Chiffoleau, Anne-Claire de Gayffier-Bonneville, Norig Neveu, Annalaura Turiano, Le Moyen-Orient: 1876-1980, Atlande, 2017, Clefs concours (Histoire contemporaine), 766 p. 

    Manon-Nour Tannous, Chirac, Assad et les autres , 2017   

    En 2011, les soulèvements contre l’autoritarisme imposent à la France de définir une nouvelle politique envers la Syrie. Pour comprendre ce défi, il faut réinscrire les relations franco-syriennes dans un temps long et comprendre les univers de sens à l’origine de la situation actuelle.Depuis que la France n’a plus «mandat» (1920-1946) sur la Syrie, les deux pays utilisent la relation bilatérale non par intérêt pour l’autre, mais pour décupler leur propre poids sur les dossiers régionaux. Cette «diplomatie de levier», qui détourne la politique internationale au profit d’intérêts nationaux, est parfois profitable tant à la France qu’à la Syrie, qui se renforcent mutuellement face à la puissance américaine, mais a aussi été à l’origine de crises majeures.Manon Nour-Tannous effectue une plongée dans les coulisses et les secrets de la diplomatie française envers la Syrie, et répond aux grandes questions: sur quelles bases repose la relation franco-syrienne ? Comment expliquer ses fluctuations ? Quels sont les acteurs qui y prennent part et ceux qui y interfèrent ?Sommaire : Pages de début (p. 1-4)| Remerciements (p. 5)| Préface (p. 7-9)| Introduction (p. 11-28)| Chapitre 1. La construction d’une relation interétatique ou l’apprentissage de l’autre (p. 29-70)| Chapitre 2. L’arrivée d’Assad et la centralité des enjeux régionaux (p. 71-115)| Chapitre 3. La précarité des relations strictement bilatérales (1995-2003) (p. 117-188)| Chapitre 4. Peser sur des dossiers régionaux : les dividendes d’une diplomatie de levier (p. 189-264)| Chapitre 5. La rupture comme constat d’impuissance (p. 265-313)| Chapitre 6. La rupture comme acte de puissance (p. 315-386)| Chapitre 7 (épilogue). Le legs chiraquien et les relations contemporaines (p. 387-406)| Conclusion (p. 407-410)| Bibliographie (p. 411-452)| Pages de fin (p. 453-464).

    Manon-Nour Tannous, Serge Sur, François Burgat, Frédéric Charillon, Jean-Claude Cousseran [et alii], Un bilatéralisme de levier: les relations franco-syriennes sous les deux mandats de Jacques Chirac, 1995-2007,, 2015, 630 p.  

    Le présent travail vise, par une documentation renouvelée, à comprendre la relation entre une puissance moyenne mondiale, puissance agissante au Moyen-Orient, et une puissance moyenne arabe. L’arrivée au pouvoir de Jacques Chirac en 1995 correspond à la mise en oeuvre d’une nouvelle politique envers Damas. Hafez Al-Assad perçoit l’opportunité de cette ouverture. Les rapports entre les deux pays permettent de nombreuses réalisations : imposition d’une vision commune sur la scène régionale face à la volonté américaine, modération de la politique de nuisance syrienne, ou encore mise en place d’une coopération pour une réforme administrative en Syrie. Mais ils sont également confrontés à plusieurs défis : le changement de président en Syrie, les tensions libanaises ou encore la guerre en Irak. Ainsi, à partir de la fin de l’année 2003, les relations franco-syriennes glissent sur un terrain nouveau. Faisant le constat de résultats insuffisants, notamment sur le terrain libanais, et de l’incapacité syrienne à prendre en compte la nouvelle configuration née de l’intervention américaine en Irak, la France utilise le cadre multilatéral onusien pour faire pression sur Damas. Un bilatéral minimal et conflictuel se cristallise alors autour de l’intérêt qu’ont les deux pays pour le Liban. Après l’assassinat de Rafic Hariri en 2015, ce bilatéral se judiciarise. Ces fluctuations des relations franco-syriennes nous ont conduits à réinterroger la notion de bilatéral. Nous avons proposé le concept de « bilatéralisme de levier » : il s’agit de l’instrumentalisation de la relation entre deux pays pour des objectifs indirects. En nourrissant des relations bilatérales et en mettant en place une habitude de traiter avec l’autre, la France et la Syrie cherchent en réalité à obtenir des gains et une position sur la scène régionale ou internationale. Ce détournement de la relation bilatérale explique qu’elle n’ait pas pu s’inscrire dans le temps long.

    Manon-Nour Tannous (dir.), Le monde face aux révolutions arabes: analyses et réactions des puissances régionales et mondiales, Ed. du Cygne, 2012, Les cahiers du CCMO, 166 p.   

    Manon-Nour Tannous, Serge Sur, Les Etats-Unis et l'axe du mal: étude d'une rhétorique des relations internationales,, 2008, 75 p. 

  • Manon-Nour Tannous, « Des voix concurrentes, des ordres en compétition : les fabriques diplomatiques syriennes (2011-2014) », Critique internationale, Critique internationale, 2025, n°108, pp. 135-159  

    Manon-Nour Tannous, « In memoriam, François Gèze », Mondes arabes, Mondes arabes, 2024, n°5, pp. 5-6  

    Manon-Nour Tannous, Matthieu Rey, « Still researching. La Syrie comme objet d’étude (des années 1980 aux années 2010) », Maghreb-Machrek, Eska, 2022, n°1   

    Manon-Nour Tannous, Matthieu Rey, Cadenza Academic Translations, Tom Corkett, « Still researching : Syria as an object of study between the 1980s and 2010s », Mondes arabes, Mondes arabes, 2022, n°o 1, pp. 119-140   

    Les Syrian Studies ont une histoire longue et connaissent un approfondissement par à-coups. En particulier, depuis les années 1980, elles oscillent entre appels à comprendre et coups d’arrêt, et ce largement en fonction des impératifs dictés par le régime. À partir d’une connaissance du terrain, du milieu de la recherche, et d’une exploration quantitative des productions sur le pays, nous analysons ce que nous appelons le « still researching ». Si le moment révolutionnaire de 2011 ne constitue pas directement une rupture pour les études syriennes, les chercheurs voient leurs conditions de recherches immédiatement modifiées, tout en étant sommés d’expliquer le bouleversement. Après la sidération, thématiques et cartographies de la recherche évoluent alors au gré des opportunités ou fermetures provoquées par le conflit.

    Manon-Nour Tannous, Amin Allal, Assia Boutaleb, « Introduction. Area studies: Because we’re worth it! », Mondes arabes, Mondes arabes, 2022, n°o 1, pp. 5-15  

    Manon-Nour Tannous, « Georges Corm, Pensée et politique dans le monde arabe. Contextes historiques et problématiques, xixe-xxie siècle Paris, La Découverte, 2015, 346 p. », Annales. Histoire, Sciences Sociales, Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2018, n°72e aée, pp. 1205-1207  

    Manon-Nour Tannous, « Baczko (Adam), Dorronsoro (Gilles), Quesnay (Arthur) – Syrie, anatomie d’une guerre civile. – Paris, CNRS éditions, 2016. 416 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2018, n°68, p. -  

    Manon-Nour Tannous, « De l'utilité d'un changement d'approche de la guerre en Syrie », Les Champs de Mars, Les Champs de Mars, 2018, n°30 + Supplémet, pp. 191-200   

    RésuméLe 22 juin 2017, le président français Emmanuel Macron annonçait un aggiornamento sur la crise syrienne. Plus que les modalités du changement, c'est sa revendication que cet article analyse. Celle-ci apparaît comme une nécessité liée au constat de la perte d'influence française sur ce dossier, et donc comme une source de crédibilité. Mais les premières pistes montrent que le changement envisagé, au nom d'un réalisme politique, pourrait renvoyer à des logiques déjà éprouvées.

    Manon-Nour Tannous, « Luizard (Pierre-Jean) – Le piège Daech. L’État islamique ou le retour de l’Histoire. – Paris, La Découverte, 2015 (Cahiers libres). 192 p. Cartes. Chronol. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2017, n°67, p. -  

    Manon-Nour Tannous, «  Tenir son rang  : la politique française à l’épreuve de la crise syrienne (2011-2015) », Critique internationale, Critique internationale, 2017, n°74, pp. 117-136   

    “Holding Its Own”: French Policy and the Challenge of the Syrian Crisis (2011-2015) For French diplomacy, managing the Syrian crisis consisted in “holding its own”. This expression refers both to an ambition – to impose one’s reading of a country on which one possesses expertise – and to the demand that one’s role be recognized. This article seeks to understand the construction of French foreign policy and, in particular, its continuities and contradictions. It begins by examining the background of the 2011-2015 diplomatic sequence. France’s involvement in the Arab uprisings stood in contradiction with a long tradition of cooperating with the Syrian regime. The first months of the Syrian revolution were therefore marked by contradictory initiatives on the part of the French government. In May 2011, it revised its policy. France became a supporter of the Syrian opposition, assisted in its development and encouraged its recognition on the international scene. However, faced with the growing pressure of the fight against terrorism, this policy soon ran out of steam, ultimately giving way to a discourse that solely condemned the regime of Bachar al-Assad. French policy found itself isolated in the midst of its allies and called into question on the domestic scene. Arbitration between divergent analyses did not successfully result in a coherent policy and the Russian military intervention in September 2015 completed France’s marginalization in this policy area. ■

    Manon-Nour Tannous, « 'Tenir son rang' : la politique française à l’épreuve de la crise syrienne (2011-2015) », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2017, n°74 

    Manon-Nour Tannous, « Les chrétiens d’Irak et la guerre de 2003 : douleurs et dilemmes d’une minorité », Les Champs de Mars, Les Champs de Mars, 2011, n°21, pp. 55-74   

    Libérer les Irakiens du joug d’un dictateur, tel était l’objectif officiel de l’intervention américaine de 2003. Cet article a pour but d’analyser la situation de certains de ces Irakiens, les chrétiens, dès l’aube d’une guerre dont les considérations géopolitiques les dépassent. Les chrétiens d’Irak sont présents sur ce territoire depuis les débuts du christianisme. Sous Saddam Hussein, ils bénéficient d’une relative bienveillance de la part du régime, baathiste et laïc. Le vice-premier ministre Tarek Aziz est lui-même de confession chrétienne, et le président irakien, issu d’une religion en minorité dans le pays – le sunnisme –, s’appuie ponctuellement sur les autres minorités. Les chrétiens d’Irak sont alors relativement dissous dans le corps social, et leur spécificité est à nuancer. Pourtant, dès la guerre du Golfe de 1991, les références à l’Islam se multiplient dans les discours du président irakien, afin de rassembler le peuple irakien contre l’ennemi. Les chrétiens parviennent dès lors difficilement à s’identifier dans le rôle du bon citoyen irakien, du combattant face à l’agresseur. Le discours néoconservateur américain précédant la guerre de 2003 achève de singulariser les chrétiens. En se plaçant sur le terrain des valeurs et de la morale, l’attitude américaine pose un véritable défi aux chrétiens d’Irak. Trop arabes pour l’Occident, ils deviennent trop chrétiens pour les Irakiens. En effet, le champ sémantique de la croisade instrumentalisé par les États-Unis, nation chrétienne, exacerbe les différences communautaires en Irak, et jette le soupçon sur les chrétiens irakiens. L’identité de l’agresseur rend le chrétien irakien étranger dans son propre pays, et ainsi dramatiquement vulnérable. Il s’agit alors de s’interroger sur la place de ces chrétiens, devenus trop visibles, dans le nouvel Irak dessiné par une puissance occidentale. Quelques-uns ont profité de l’espace politique naissant pour exprimer leurs revendications avec un nouveau dynamisme, d’autres ont choisi l’exil. Car le quotidien de ces chrétiens est actuellement ponctué de menaces, de vols, et d’assassinats. La solution à cette situation semble finalement la refonte d’une citoyenneté irakienne avec un dénominateur commun à tous.

    Manon-Nour Tannous, Henry Laurens, « Entretien avec Henry Laurens à l’occasion de la parution de son ouvrage L’Orient dans tous ses états (Orientales IV) », La lettre du Collège de France, Collège de France    

        Vous parlez pour cet ouvrage d’« autobiographie intellectuelle », comment s’inscrivent ces Orientales par rapport aux trois opus précédents ? Henry Laurens : On y trouve toujours des interventions à caractère monographique, par exemple sur Ernest Renan, Silvestre de Sacy ou Montesquieu. Mais la particularité de ce recueil, ce sont de grands panoramas chronologiques qui traitent d’une thématique sur plusieurs siècles. Ces textes sont des synthèses, qui consistent à saisir un demi-siècle en...

  • Manon-Nour Tannous, « L'année des relations internationales », le 02 juin 2025  

    Journée d’étude organisée par le Centre Thucydide, Université Paris Panthéon-Assas

    Manon-Nour Tannous, « Fréquenter les infréquentables en diplomatie », le 19 septembre 2023  

    Conférence inaugurale de la mention Relations Internationales, Sciences Po Strasbourg

    Manon-Nour Tannous, « Asile & Nouvelles conflictualités », le 18 mars 2021  

    Organisé dans le cadre du projet ANR Refwar, Université de Reims.

    Manon-Nour Tannous, « Corps et guerre », le 19 décembre 2019  

    Colloque annuel de l'Association pour les Études sur la Guerre et la Stratégie - AEGES

    Manon-Nour Tannous, « Syrie, où en sommes-nous ? », le 02 mai 2019  

    Organisé par le CRDT, Université de Reims Champagne Ardenne

    Manon-Nour Tannous, « Gagner la guerre ou gagner la paix ? », le 05 décembre 2018  

    Colloque organisé en association avec le C3RD de la Faculté de Droit de l’Université catholique de Lille et l’équipe d’accueil Histoire, Territoire, Mémoires (HisTeMé) de l’Université de Caen.

    Manon-Nour Tannous, « Dire et dédire le droit », le 18 septembre 2018  

    Organisé par l’Institut Rémois du Droit Approfondi dans le cadre des Débats de l’IRDA (n°5)

    Manon-Nour Tannous, « Le soldat et le citoyen », le 13 décembre 2017  

    Organisé par le Centre Thucydide

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Samia Sahloul Jbara, Le rôle de la coopération internationale dans la réforme des services de renseignement : Le cas de la Tunisie (2011-2019), thèse soutenue en 2025 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Jean-Pierre Filiu présidée par Stéphane Lacroix, membres du jury : Gilbert Achcar (Rapp.), Leyla Dakhli      

    Cette thèse porte sur le rôle qu'a joué la coopération internationale dans les projets de réforme des services de renseignement Tunisiens pendant la période 2011 - 2019. Elle explore les actions étatiques, ainsi que l'engagement international dans les différentes tentatives de réforme, de modernisation et de démocratisation d'un secteur, censé être l'un des piliers de toute transition démocratique. La Tunisie a marqué l'histoire en étant le premier pays du monde arabe à connaître une révolution démocratique et sociale. Cette révolution qui était célébrée avec enthousiasme tout autour de la Méditerranée et partout dans le monde, n'a fait qu'entrer le pays dans une phase de transition démocratique dont le premier chantier était celui de la réforme du secteur de la sécurité et notamment de ses services de renseignement.La thèse soutient que la réforme des services de renseignement Tunisiens ne peut se faire que par le biais d'une coopération internationale constructive, aidant à couper avec l'héritage de l'autoritarisme et initiant un appareil de renseignement autonome, indépendant et démocratique. À partir d'entretiens, d'observation et d'archives, cette recherche met en lumière les différentes causes du dysfonctionnement des services de renseignement à l'ère de Bourguiba et de Ben Ali, ainsi qu'un bilan des différentes tentatives de réforme après la révolution, et les horizons d'un projet fondamental de réforme structurelle de cet appareil en se reposant sur l'appui international et en s'inspirant des expériences comparées.

  • Chloé Viel, La protection des exilés de guerre en droit international, européen et français, thèse soutenue en 2024 à Reims sous la direction de Alexis Marie présidée par Anne-Marie Tournepiche, membres du jury : Hélène Raspail (Rapp.), Christel Querton   

    Parmi les personnes qui fuient leur pays, celles qui sont contraintes à l'exil en raison d'un conflit armé semblent constituer une catégorie spécifique pour laquelle la Convention de Genève relative au statut des réfugiés a pu se révéler insuffisamment protectrice. Cette carence a appelé la création de nouveaux outils de protection notamment, dans les années 2000, à l'échelle européenne. Toutefois, en dépit de cet effort de réglementation, il apparaît que ces exilés de guerre ne constituent pas sur le plan juridique un groupe homogène : tous ne sont pas éligibles au même niveau de protection, d'aucuns en étant même vraisemblablement évincés. En cause, un accès inégal aux territoires des potentiels pays d'accueil, une superposition aux niveaux, international, européen et nationaux, de systèmes de protection aux dimensions variables, une interprétation élastique des outils existants et des grilles d'évaluation perfectibles s'agissant de l'origine géographique et des situations personnelles de ces exilés. C'est à l'ensemble de ces liens entre le droit d'asile et les conflits armés que se consacre cette thèse.