• Haoues Seniguer, Dieu est avec nous : le 7 octobre et ses conséquences comment les religions juive et islamique justifient la violence, le Bord de l'eau, 2025, Documents, 280 p.  

    Haoues Seniguer, Alain Policar, Nonna Mayer, Philippe Corcuff, Pascal Blanchard [et alii], Les mots qui fâchent: contre le maccarthysme intellectuel, Éditions de l'Aube, 2024, Mikrós (Essai), 190 p.  

    Haoues Seniguer, La République autoritaire : Islam de France et illusion républicaine (2015-2022), Le Bord de l'eau, 2022, Documents, 279 p.  

    Haoues Seniguer, Dominique Avon, Valérie Assan, Marie-Françoise Baslez, Pascal Bousseyroux [et alii], Faire autorité: les religions dans le temps long et face à la modernité [Actes des journées du 40e anniversaire de l'AFHRC organisées en 2014, Paris], Presses universitaires de Rennes, 2022    

    La « modernité » peut être définie comme l'expression collective de la remise en question d'une représentation holistique de l'être en société centrée autour de Dieu. Les autorités religieuses résistèrent à cette tentative d'émancipation dans les champs de l'économie, de la politique, de la justice et de la culture (donc des sciences), susceptible de déboucher sur d'autres formes de subordination. Les magistères qui relevaient du christianisme et, dans une moindre mesure, du judaïsme, furent les premiers concernés. Leurs divisions favorisèrent un processus de sécularisation non linéaire, qui fut partiellement accepté, moyennant des réserves dans le champ éthique notamment. Du fait de la première mondialisation, que fut la colonisation européenne, les autorités religieuses non chrétiennes furent également touchées par cette problématique, augmentée de celle de la lutte contre le monde « occidental » et « libéral ». Et, à partir des années 1960, c'est du sein même de cette « modernité » que furent aiguisées de nouvelles armes contre elle. L'intérêt de cet ouvrage est double. En inscrivant le propos dans la longue durée, il permet de poser des jalons de la construction des autorités religieuses, de leur remise en question puis des formes d'adaptation aux situations nouvelles. En offrant des possibilités de mise en regard avec, par exemple, le sunnisme et le confucianisme, il ouvre la voie d'un comparatisme fécond, qui existe en anthropologie mais qui reste encore trop rare en histoire

    Haoues Seniguer (dir.), De la politisation des racismes et antiracismes en France, L'Harmattan, 2022, 199 p. 

    Haoues Seniguer, Abdessamad Belhaj (dir.), Théologies islamiques des catastrophes, Institut français d'archéologie orientale du Caire, 2022, Mélanges de l'Institut dominicain d'études orientales (MIDEO), 370 p. 

    Haoues Seniguer, Pierre Conesa, Sofia Karampali Farhat, Régis Soubrouillard, Le Lobby saoudien en France : comment vendre un pays invendable, Denoël, 2021, 256 p.  

    Haoues Seniguer, Khadiyatoulah Fall, Mouloud Haddad, Myriam Benraad, Mouhamed Abdallah Ly [et alii], Djihadisme, radicalisation et islamophobie en débats, PUL, Presses de l'Université Laval, 2021, InterCultures, 226 p. 

    Haoues Seniguer, Les (néo) Frères Musulmans et le nouvel esprit capitaliste entre rigorisme moral, cryptocapitalisme et anticapitalisme: entre rigorisme moral, crypto-capitalisme et anticapitalisme, Le Bord de l'eau, 2020, 146 p. 

    Haoues Seniguer, L'islamisme décrypté, L'Harmattan, 2020, La bibliothèque de l'iremmo, 207 p. 

    Haoues Seniguer (dir.), Jeux de pouvoirs au maghreb, Editions l'Harmattan, 2020, 235 p. 

    Haoues Seniguer, Jérôme Alexandre, Philippe Corcuff, Isabelle Sorente, Spiritualités et engagements dans la cité: Dialogue entre un musulman critique, un agnostique anarchiste, un catholique libertaire et une romancière, Le Bord de l'eau, 2018, Collection Documents, 110 p. 

    Haoues Seniguer, République et islam , 106e éd., l'Harmattan, 2018  

    Haoues Seniguer (dir.), République et Islam: défis croisés, L'Harmattan, 2018, 225 p. 

    Haoues Seniguer, Robert Bistolfi (dir.), L'Islam de France: nouveaux acteurs, nouveaux enjeux, l'Harmattan, 2015, 184 p. 

    Haoues Seniguer, Petit précis d'islamisme: des hommes, des textes et des idées, l'Harmattan, 2013, La Bibliothèque de l'Iremmo, 158 p.  

  • Haoues Seniguer, « Islam and islamism in the face of neoliberalism : the case of the Justice and Development Party in Morocco », in Krawietz, Birgit, Gauthier, François (dir.), The Routledge handbook of global islam and consumer culture, Routledge, 2024 

    Haoues Seniguer, « La République cède-t-elle à des formes autoritaires de pouvoir contre l'islam, au nom de la lutte contre "le séparatisme islamiste" (2017-2023)? », in Feix, Marc, Bour, Jean-François (dir.), États, religions et sociétés : le défit géopolitique, Cerf, 2024, pp. 61-93 

    Haoues Seniguer, « Comment envisager la dimension religieuse des conflits et de la violence au nom de l'islam? Quelques pistes de réflexion au croisement de l'islamologie et des sciences politiques », in Pisani, Emmanuel, Zemirli, Zohra Aziadé (dir.), Renouveau et dynamiques de l'islamologie en Europe, Cerf, 2023 

    Haoues Seniguer, « La logique du soupçon est devenue la boussole de l'Etat dans sa gestion de l'islam », in Mathieu, Mathilde (dir.), La haine ordinaire : des vies percutées par le racisme, Seuil, 2023 

    Haoues Seniguer, « Islamists like no Other? The case of "Musulmans de France" », in Ceylan, Rauf, Kiefer, Michael (dir.), Der islamische Fundamentalismus im 21. Jahrhundert, Springer Fachmedien Wiesbaden, 2022 

    Haoues Seniguer, « Islamisme », in Mayer, Nonna, Corcuff, Philippe, Policar, Alain (dir.), Les mots qui fâchent : contre le maccarthysme intellectuel, Éditions de l'Aube, 2022, pp. 87-92 

    Haoues Seniguer, « 'Radicalisation', politisation et hégémonisme religieux au nom de l'islam », in Fall, Khadiyatoulah (dir.), Djihadisme, radicalisation et islamophobie en débats, Presses de l'universié de Laval, 2021 

    Haoues Seniguer, « Où va l'islamisme institutionnel ? Entre contraintes politiques et résilience idéologique », in de Montbrial, Thierry, David, Dominique (dir.), Ramses 2021 [Le grand basculement ?], Institut français des relations internationales, 2020 

    Haoues Seniguer, « 'Radicalización', politización y hegemonismo religioso en nombre del islam: ¿es culpa del 'Occidente' y de la laicidad francesa? », in Capdevielle, Pauline, Blancarte, Roberto (dir.), Política, religión y violencia ¿el retorno de los fundamentalismos?, Universidad Nacional Autónoma de México, Instituto de Investigaciones Jurídicas, 2019  

    Haoues Seniguer, « La France et la question migratoire : la voie royale pour les populismes d'extrême droite », Çinâ'at al-khawf: rihâb al-yam\ⁱn al-mutatarrif wa al-sha'bawiyya [La fabrique de la peur : la xénophobie de la droite extrémiste et populiste], Al Mesbar Studies & Research Centre, 2019 

    Haoues Seniguer, « The islamists of Morocco's Party of Justice and Development and the foreign policy problem: between structural constraints and economic imperatives », in Adraoui, Mohamed-Ali (dir.), The foreign policy of islamist political parties: ideology in Practice, Edinburgh university press, 2018, pp. 20-46 

    Haoues Seniguer, « La question religieuse au Moyen-Orient depuis 1918 », in Chantin, Jean-Pierre, Martin, Philippe (dir.), Religions : les clés pour comprendre, les clés pour enseigner, CNRS Éditions, 2018 

    Haoues Seniguer, « La galaxie néo-salafiste quiétiste: un apolitisme en trompe l’oeil? », in Mostfa, Ali, Younès, Michel (dir.), L'islam au pluriel : foi, pensée et société, l'Harmattan, 2018, pp. 61-83 

    Haoues Seniguer, « Le religieux dans et par-delà les manuels scolaires d'histoire au Maroc : la prédominance d’une conception intégrale de l’islam », in Avon, Dominique, Saint-Martin, Isabelle, Tolan, John (dir.), Faits religieux et manuels d’histoire : contenus –institutions – pratiques : approches comparées à l’échelle internationale, Arbre bleu éditions, 2018 

    Haoues Seniguer, « Marie en Islam », in Henryot, Fabienne, Martin, Philippe (dir.), Dictionnaire historique de la Vierge Marie : sanctuaires et dévotion XV-XXI siècle, Perrin, 2017 

    Haoues Seniguer, « Les autorités religieuses sunnites au défi de l’histoire », in Avon, Dominique (dir.), Faire autorité : les religions dans le temps long et face à la modernité, Presses universitaires de Rennes, 2017, pp. 63-80 

    Haoues Seniguer, « Perceptions et actions des États-Unis face à Daech », in Coppolani, Antoine, Razoux, Pierre (dir.), Les États-Unis au Moyen-Orient : évolutions et perspectives stratégiques, Institut de recherche stratégique de l'École militaire, 2016, pp. 39-51 

    Haoues Seniguer, « Les islamistes marocains du Parti de la justice et du développement et le pouvoir: une comparaison critique avec les socialistes français », in Ferjani, Mohamed-Chérif (dir.), Religion et démocratisation en Méditerranée, Riveneuve, 2016 

    Haoues Seniguer, « Le néo-salafisme et l'islamisme, deux fondamentalismes? Réflexions sur le cas égyptien », in Younès, Michel (dir.), Le fondamentalisme islamique : décryptage d'une logique, Karthala, 2016, pp. 35-59 

    Haoues Seniguer, « L'Union des jeunes musulmans à Lyon (UJM) et les acteurs religieux lyonnais (2008-2010) », in Durand, Jean-Dominique (dir.), Les minorités religieuses à Lyon (XVIe-XXIe siècles) [Journées d'étude des musées Gadagne], Silvana editoriale, 2016, pp. 81-97 

  • Haoues Seniguer, « Le califat chez les islamistes légalistes : une utopie dépassée ? », Eurasian studies, Brill, 2024, n°1 

    Haoues Seniguer, « Que reste-t-il du Parti de la justice et du développement (PJD) », Moyen-Orient, Areion Group , 2024, n°62, pp. 24-25 

    Haoues Seniguer, « Racialisation de l'islam en milieu scolaire », Cahiers Pedagogiques, Cercle de recherche et d’action pédagogiques (CRAP), 2024, n°595, pp. 52-53 

    Haoues Seniguer, Abdessamad Belhaj, « Théologies islamiques des catastrophes: entre religion, science et messianisme », MIDEO - Mélanges de l'Institut Dominicain d'Etudes Orientales , Institut français d'archéologie orientale (IFAO) ; (auparavant : Peeters Publishers / IDEO), 2023, n°38, pp. 3-22  

    Haoues Seniguer, Abdessamad Belhaj, « Théologies islamiques des catastrophes », MIDEO - Mélanges de l'Institut Dominicain d'Etudes Orientales , Institut français d'archéologie orientale (IFAO) ; (auparavant : Peeters Publishers / IDEO), 2023  

    Haoues Seniguer, « La sécularisation des discours et des pratiques en contexte islamique : le cas du Parti pour la justice et le développement au Maroc », Social Compass, SAGE Publications, 2023, n°3 

    Haoues Seniguer, « L'islamisme est-il (toujours) hégémonique ? Réflexions depuis la France sur un objet incandescent », Confluences Méditerranée , l'Harmattan, 2023, n°127  

    Haoues Seniguer, Vincent Geisser, « L’islamophobie interroge les ressorts imaginaires, symboliques et matériels de notre construction nationale », Confluences Méditerranée , l'Harmattan, 2022, n°121   

    Haoues Seniguer, « Le diagnostic et les remèdes aux maux du séparatisme islamiste sont-ils les bons ? Quand l'exécutif s'emmêle les pinceaux », Germinal. Bulletin, , 2022, n°4, pp. 15-21 

    Haoues Seniguer, Anca Munteanu, « The Party for Justice and Development's Specialization'' in Politics: Metamorphosis and Contradictions », Middle East Law and Governance , Brill, 2022, n°082022, pp. 1-27 

    Haoues Seniguer, « Dépasser les polarisations autour de l'islam en France », Revue du MAUSS, Le Bord de l'eau, 2022, n°59 

    Haoues Seniguer, « Identités, identitarismes : réflexions philosophiques et sociologiques », En dialogue : lettre du SNRM , , 2022, n°18, pp. 30-45 

    Haoues Seniguer, « De la politisation des racismes et antiracismes en France », Confluences Méditerranée , l'Harmattan, 2022, n°121, p. 199  

    Haoues Seniguer, « Maroc : le roi resserre l'étau autoritaire », Alternatives Economiques. Hors - série, , 2021, n°122, pp. 80-81  

    Haoues Seniguer, « Les 'néo -Frères Musulmans ou le conservatisme légaliste : le cas de Musulmans de France », Moyen-Orient, Areion Group , 2021, n°52, pp. 66-71 

    Haoues Seniguer, Vincent Geisser, « L’islamisme en nos banlieues ?À propos de : Bernard Rougier (dir.), Les territoires conquis de l’islamisme, Puf », La vie des idées, La Vie des Idées, 2020 

    Haoues Seniguer, Hassan Zouaoui, « De la modération chez des cadres du Parti de la justice et du développement au Maroc : réhabiliter la religion/l'idéologie dans l'analyse de l'islamisme », L'Année du Maghreb, CNRS Éditions, 2020, n°22, pp. 77-95 

    Haoues Seniguer, « Jeux de pouvoirs au Maghreb », Confluences Méditerranée , l'Harmattan, 2020, n°114, p. 235  

    Haoues Seniguer, Robert Bistolfi, « Les musulmans dans la République : des enjeux majeurs de société », Confluences Méditerranée , l'Harmattan, 2018, n°106, pp. 9-20 

    Haoues Seniguer, « Penser le fait islamique en France en périodes troublées », Confluences Méditerranée , l'Harmattan, 2018, n°106, pp. 21-33 

    Haoues Seniguer, Pierre Blanc, « Moyen-Orient : l’incubation démocratique malgré tout », La revue internationale et stratégique, Paris : A. Colin : Institut des relations internationales et stratégiques, 2017, n°106   

    Haoues Seniguer, « Repères Maroc : Taqi al-Din al-Hilali : une figure méconnue, mais influente du salafisme marocain », Moyen-Orient, Areion Group , 2017, n°33, pp. 40-43 

    Haoues Seniguer, « De quelques réflexions sur les sinuosités de la radicalisation », Histoire, monde et cultures religieuses, Karthala, 2017, n°39, pp. 13-31 

    Haoues Seniguer, « Les islamistes ont-ils évolué ? Retours critiques sur une idéologie résiliente », Confluences Méditerranée , l'Harmattan, 2017, n°100 

    Haoues Seniguer, « Le communautarisme : faux concept, vrai instrument politique », Histoire, monde et cultures religieuses, Karthala, 2017, n°41, pp. 15-37 

    Haoues Seniguer, « Islam, musulmans et question de la violence : une relation complexe », Les Cahiers de l’Islam, Association Les Cahiers de l’Islam, 2017, n°2, pp. 53-85 

    Haoues Seniguer, « Comprendre les violences au Moyen-Orient et leurs conséquences », La revue du Projet, Parti communiste français, 2016, n°57, pp. 13-15 

    Haoues Seniguer, « Al-Hijra: mâ ba'd al-tafjîrât wa al-hurûb fî al-sharq al-awsat [= L'exil : l'après attentats et les guerres au Moyen-Orient] », Al-Mesbar monthly book (Al-Mesbar Studies & Research Center, Dubaï), , 2016, n°112 

    Haoues Seniguer, « Le printemps marocain a-t-il eu lieu? Comment la religion publique a eu raison du mouvement social. Essai d'interprétation », Revue marocaine des sciences politiques et sociales, CRESS (Rabat), 2016, n°9, pp. 93-98 

    Haoues Seniguer, « L'implantation de l'islam en France : un champ religieux fragmenté », Les Cahiers français : documents d'actualité, La Documentation Française, 2015, n°389, pp. 54-59 

    Haoues Seniguer, Robert Bistolfi, « L’islam de France : nouveaux acteurs, nouveaux enjeux [introd. et coord. n° 95 de : Confluences Méditerranée] », Confluences Méditerranée , l'Harmattan, 2015  

    Haoues Seniguer, « Le Parti de la Justice et du Développement au Maroc (2002-2008) : des transformations idéologiques sinusoïdales », Revue marocaine des sciences politiques et sociales, CRESS (Rabat), 2015, n°8 

    Haoues Seniguer, « La France face à la violence totale de Daech », Histoire, monde et cultures religieuses, Karthala, 2015, n°36  

    Haoues Seniguer, « 'Communauté', 'communautarisme' et islam en France : y a-t-il un communautarisme musulman ? », Droit Social, Librairie technique et économique - Dalloz , 2015, n°9 

    Haoues Seniguer, Karine Bennafla, « Le Maroc à l'épreuve du printemps arabe : une contestation désamorcée ? », Outre-terre. Revue européenne de géopolitique, Ghazipur Publications, 2011, n°3, p. 143 

  • Haoues Seniguer, Reflections on the 'Islamic' Dimension of Conflicts in the East and in France: Putting an End to Culturalist Approaches and Reviving the Religious Explanation, 2021, 14 p. 

    Haoues Seniguer, French Brothers and Capitalism: Pragmatism, Radical Questioning, and Impasses, 2021, 26 p. 

    Haoues Seniguer, L'islam de France : laïcité, représentation, politisation et contestation, 2020, 46 p. 

    Haoues Seniguer, Mathilde Philip-Gay, Ségolène Arioli, Frédéric Aubry, Marie-Laure Basilien-Gainche [et alii], La laïcité dans la justice [Sous la direction de : Mathilde Philip‐Gay], 2019   

  • Haoues Seniguer, Islamisme et islam politique: tour d'horizon, enjeux et évolutions, Areion Group, 2024, pp. 40-43 

    Haoues Seniguer, Philippe Corcuff, Les sciences sociales face à un roman : sur Les 'Derniers jours du Parti socialiste' d'Aurélien Bellanger, Société AOC, 2024 

    Haoues Seniguer, Institutions et personnalités musulmanes françaises à l'épreuve des attentats du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, 2023 

    Haoues Seniguer, The French State's Instruments for Combating Islamism: Responses and Shortcomings, 2022 

    Haoues Seniguer, Dominique Sopo, Racisme et xénophobie : où en est-on en France ?, l'Harmattan, 2022 

    Haoues Seniguer, Elies Ben Azib, Alliance citoyenne : universalisme ou communautarisme ?, l'Harmattan, 2022 

    Haoues Seniguer, Et si l'on parlait d'islamismo-capitalisme ?, Société AOC, 2021  

    Haoues Seniguer, Les (néo)-Frères musulmans et le nouvel esprit capitaliste : le cas français, 2021 

    Haoues Seniguer, L'islam politique : définition et enjeux d'un mouvement pluriel, Areion Group, 2021, pp. 83-88 

    Haoues Seniguer, De la résilience de l'islamisme, Société AOC, 2021  

    Haoues Seniguer, Compte rendu de la Commission d'enquête Combattre la radicalisation islamiste du 28 mai 2020 [Sénat, Travaux parlementaires], 2020 

    Haoues Seniguer, Abdelaziz Chaambi, Entretien avec Abdelaziz Chaambi, l'Harmattan, 2018 

    Haoues Seniguer, lslam et laïcité sont compatibles, 2016 

    Haoues Seniguer, L’impensé idéologique du Collectif contre l’islamophobie en France, 2016 

    Haoues Seniguer, Atlas 2016 - Maroc (fiche pays), 2016, pp. 50-51 

    Haoues Seniguer, Le conspirationnisme est l’illusion du savoir, 2015 

    Haoues Seniguer, Raphaël Liogier, Islamophobie : construction et implications [entretien avec Raphaël Liogier ; entretien conduit par Haoues Seniguer], 2015 

    Haoues Seniguer, Moustafa Mansour, Enseignement d’un parcours militant [entretien avec Moustafa Mansour ; entretien conduit par Haoues Seniguer], Confluences Méditerranée, n°95, 2015, 2015 

    Haoues Seniguer, Éric Marlière, Être radical dans l'islam sans cautionner l'usage de la violence terroriste : usages et mésusages de certaines notions dans le débat public et académique, 2022 

    Haoues Seniguer, Politiser la morale, démoraliser les musulmans: les illusions gouvernementales à propos de l'islam de France, 2020 

  • Haoues Seniguer, « D'un certain rapport à l'altérité chrétienne et juive d'idéologues et acteurs néo-islamistes », Islam et altérité : quelle théologie islamique du pluralisme religieux ?, Paris, le 01 novembre 2021 

    Haoues Seniguer, « Docteurs de la Foi », le 07 juillet 2021  

    29e université d’été du Carrefour d'Histoire Religieuse organisée par le CMH sous la direction du professeur Cyrille Dounot, Professeur d'histoire du droit et des institutions

    Haoues Seniguer, « Les formes comparées de la coercition, de l’exclusion et de la réinclusion dans les traditions du judaïsme, du christianisme et de l’islam », le 08 octobre 2018  

    Organisé par l’UMR 5648 CIHAM, en collaboration avec l’École française de Rome, l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman, CNRS/EHESS, l’Institut universitaire de France, le CERHIC EA 2616, Université de Reims et le CRIHAM EA 4270,

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Lalla Amina Drhimeur, Politiques publiques et référent islamique : les cas des Partis de la justice et développement turc (AKP) et marocain (PJD) dans une perspective comparée, thèse soutenue en 2025 à Lyon 2 présidée par Karine Bennafla, membres du jury : Francesco Cavatorta (Rapp.), Myriam Aït-Aoudia (Rapp.), Gilles Pollet, Jean Marcou et Dilek Yankaya   

    Cette étude analyse l’ascension et l’évolution de l’AKP en Turquie et du PJD au Maroc, deux partis politiques à référentiel islamique ayant progressivement accédé au pouvoir en adaptant leur discours et leurs stratégies à leur environnement politique et socio-économique. L’objectif est d’examiner comment ils ont concilié leur référentiel idéologique avec les exigences concrètes de l’exercice du pouvoir, et comment cette articulation a, en retour, influencé leur idéologie ainsi que leurs politiques publiques.Ce projet s’appuie sur la littérature consacrée aux partis politiques opérant dans des contextes contraignants et apprenant à naviguer entre dynamiques locales et internationales. Il mobilise une méthodologie combinant l’analyse documentaire, des entretiens qualitatifs, et une approche comparative fondée sur le modèle des « systèmes les plus différents ».Une fois au pouvoir ou aux affaires, l’idéologie de l’AKP et du PJD a évolué sous l’effet de la compétition électorale et des contraintes institutionnelles. Les deux partis ont privilégié une approche pragmatique et une logique de survie pour se maintenir au pouvoir. À l’instar d’autres mouvements islamistes ailleurs, ils ont progressivement adopté une orientation économique néolibérale, centrée sur la libéralisation des marchés et l’attraction des investissements étrangers. Cette inflexion a parfois désenchanté leur base électorale traditionnelle, attachée aux valeurs conservatrices. Pour tenter de la fidéliser, ils ont eu recours à un discours moralisateur et ont cherché à institutionnaliser la charité. L’islam devient alors un cadre éthique accompagnant le néolibéralisme, plutôt qu’une alternative idéologique à celui-ci.En matière de politique étrangère, ces partis ont renoncé à un projet islamiste de type transnational ou internationaliste pour adopter une posture nationaliste et pragmatique. L’AKP et le PJD ont recouru à un discours civilisationnel opposant le monde musulman à l’Occident, mais à des fins distinctes : l’AKP a utilisé ce registre pour marginaliser l’opposition intérieure, tandis que le PJD l’a mobilisé pour contester, symboliquement, l’hégémonie de la monarchie. Dans les deux cas, l’islam devient un instrument de soft power permettant à l’État de séduire la diaspora et de renforcer son influence sur la scène internationale.Le néoconservatisme et le populisme deviennent progressivement le nouveau visage de l’islamisme. Pour l’AKP comme pour le PJD, l’État est érigé en garant des valeurs religieuses et conservatrices. Les politiques publiques visent à façonner les citoyens selon une vision du monde normative. Les deux partis perpétuent une conception complémentaire des rôles de genre, dans laquelle les femmes sont assignées à la sphère familiale et se substituent partiellement à l’État dans les fonctions de soin et de protection sociale. Néanmoins, l’islamisme se féminise : la création de sections féminines et le rapprochement avec des organisations de femmes partageant leur idéologie constituent des instruments de légitimation et de mobilisation, leur permettant d’élargir leur base sociale et de diffuser leur vision du monde.À force de concessions, la philosophie politique originaire de ces deux partis perd en cohérence et en force mobilisatrice. Face à cette érosion idéologique, l’AKP et le PJD adoptent une stratégie populiste, opposant un « peuple pur » à une « élite corrompue ». Ce populisme leur permet non seulement de consolider leur pouvoir, mais aussi d’attirer de nouveaux électeurs en se présentant comme fidèles à leurs racines idéologiques. Il leur sert également à masquer leurs contradictions internes, notamment l’écart croissant entre leur discours idéologique et leurs politiques publiques effectives.

    Romain Lucas, L'Etat d'Israël en question , thèse en cours depuis 2024 en co-direction avec Francesco Cavatorta  

    En 1993, les Accords d'Oslo concluent la première partie d'un processus de paix entre Israël et l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Mais ce processus échoue à offrir une solution viable à un conflit qui dure au moins depuis 1948. En trente ans, la violence s'est imposée et les variables explicatives ont été nombreuses : spoilers (Stedman, 1997), terrorisme (Crenshaw, 1981), colonisation (Veracini, 2010), institutionnalisation et trahison (McAdam et al., 2009) ou encore aide étrangère américaine. Le projet de recherche suggère que l'explication à l'impasse de solutions pacifiques doit être plus profonde et se plonger au cœur de la nature même de l'État. Cet État, en Israël, repose sur des fondations singulières et peine à intégrer les catégories classiques. En interrogeant l'État, sa nature et ses fonctions, les apports théoriques des sciences sociales ont offerts des réponses selon les régions. On étudie l'État en Europe (Tilly, 1975), en Afrique (Bayart, 2006) ou l'État arabe (Salamé, 2013) par exemple. Or l'État israélien apparaît comme un hybride entre les modèles occidentaux dont il s'inspire à l'origine et les modèles régionaux qui l'entourent. Mais il est surtout un hybride entre un État post-colonial après 1948 et la fin du mandat britannique en Palestine et un État colonial après 1967, bien qu'une partie de la littérature définisse l'État israélien de colonial dès sa naissance. Aussi vieilles que le conflit, les réflexions sur l'État en Israël et en Palestine ont été réactivées en 1993 avec l'espoir de deux États voisins (two-state solution). Mais cette solution, confrontée à l'expansion coloniale, à la croissance de l'ethno nationalisme israélien et à la fragmentation politique palestinienne, a progressivement été abandonnée à la fin des années 2010. A l'inverse, la solution à un État (one-state solution), binational et démocratique, s'est heurtée à une autre réalité, celle de la violence et de la transition vers un État unique rendue impossible par ses dirigeants. Mais depuis 2022 et l'accession au pouvoir de la droite nationaliste en Israël, un autre scénario apparaît, celui d'une annexion graduelle et d'un l'État israélien unique et non-démocratique, sur l'ensemble du territoire, brisant tout espoir d'un État palestinien. En réponse à l'échec des différents processus de paix et des solutions à un ou deux États, le projet de recherche suggère que l'impasse de solution pacifique entre Israël et Palestine s'explique par la nature de l'État israélien. L'État d'Israël, longtemps présenté comme la solution, est en fait le problème. Il est tiraillé entre la paix et l'expansion, entre le règlement d'un conflit aussi vieux que le sionisme et la satisfaction d'un projet total au-delà de ses frontières. Les élites politiques qui se succèdent se trouvent incapables de choisir la voie à emprunter. L'objectif de la recherche est ainsi de proposer une réflexion innovante centrée sur l'État et replacer celui-ci aux racines du conflit. La dense littérature qui accompagne le conflit israélo-palestinien n'a pas négligé l'impact de l'État d'Israël mais n'a jamais été en mesure de caractériser sa responsabilité dans l'impasse de solution pacifique. Aujourd'hui, l'État doit être “ramené au centre de l'analyse” (Evans et al., 1985).

  • Romain Bertrand, Prévenir la radicalisation : ethnographie d'une politique de l'inquiétude, thèse soutenue en 2025 à Lyon 2 sous la direction de Abderrahmane Moussaoui, membres du jury : Corinne Torrekens (Rapp.), Tiphaine Duriez, Gérôme Truc et Alexandra Poli   

    Entre 2014 et 2021, la prévention de la radicalisation s’est imposée comme un « lieu commun » [Bonelli et Ragazzi, 2019] de la vie publique française, suivant avec une dizaine d’années de décalage une tendance européenne [Coolsaet, 2019]. Ce « lieu commun » a permis une ouverture du domaine de l’anti-terrorisme à des pratiques préventives à travers l’application d’un « paradigme épidémiologique » [Heath-Kelly, 2017] et de pratiques de « détection précoce » impliquant la mise en place d’un vaste dispositif de signalement-traitement supposé reposer sur une « société de vigilance », pour reprendre les termes du Président de la République Emmanuel Macron. Pour faire agir en prévention, faire percevoir et signaler des « situations » en amont d’un départ à l’étranger ou d’un passage à l’acte violent, le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), chef de fil de l’État français en la matière, s’appuie sur une « idéologie institutionnelle » [Young, 1995 ; Atlani-Duault, 2009] qu’il diffuse principalement par le biais de « dispositifs de sensibilisation » [Traïni, 2015] supposés responsabiliser les professionnel⋅les de terrain susceptibles de percevoir des « signaux » dans le cours des relations de proximité qu’iels entretiennent avec leur public, majoritairement « jeune ». C’est en ce sens, parce qu’elle repose sur la gestion des inquiétudes générées par l’association de « signaux » à un futur de risque, que nous qualifions la prévention de la radicalisation de « politique du sensible » [Laplantine, 2005], et c’est cette politique telle qu’elle s’élabore et fait agir, se déploie dans des expériences variées et génère de véritables dynamiques de sensibilisation, qui constitue l’objet central de cette thèse. À travers l’analyse de l’émergence et de la mise en place d’une politique publique pilotée par le CIPDR et de l’expérience qu’en font différent⋅es professionnel⋅les œuvrant essentiellement dans le secteur socio-éducatif, cette thèse vise à éclairer la manière dont la prévention de la radicalisation a participé à la diffusion d’une série d’inquiétude à propos de personnes qu’il s’est agit de signaler ou d’accompagner, à propos de la possibilité même de relations de proximité dès lors que surgissent les termes du radical, mais aussi à propos du travail éducatif et des professionnalités mises à l’épreuve des injonctions à prévenir et à signaler. Ces mises à l’épreuve révèlent en outre un véritable « partage du sensible » [Rancière, 1995, 2000] dont les frontières cristallisés dans des « évidences sensibles » sous la forme de signaux annonçant la possibilité d’un risque, semblent prises dans un interminable mouvement d’oscillation entre logique d’altérité et de proximité d’une part, entre éthique de la sollicitude et resignification du recours au signalement policier d’autre part.

  • Fatima Khemilat, Quand l'islam de France entre en scène : entre permanence et résistibilité de la représentation des musulmans en France des années 80 à nos jours, thèse soutenue en 2022 à AixMarseille sous la direction de Philippe Aldrin présidée par Yves Déloye, membres du jury : Valérie Amiraux (Rapp.), Delphine Dulong et Claire de Galembert    

    Depuis 1986, les tentatives d’institutionnalisation de la représentation des musulmans en France se sont multipliées. Impulsées par les autorités publiques, ces dernières se sont peu à peu imposées comme les véritables « faiseurs de représentation » (Saward 2010). Les différentes séquences de politiques publiques ainsi que les configurations d’acteurs publics et leurs partenaires musulmans à l’œuvre à chaque étape de celles-ci, donnent de précieuses indications sur les conditions d’émergence d’un champ de la représentation musulman. À travers l’étude des conditions de félicité de « l’islam de France », cette thèse propose de revenir sur les actes de la représentation ; les conditions historiques de création de cette politique publique ; la galaxie des acteurs étatiques, des représentants musulmans et ce qu’ils entendent représenter ; la nature des missions assignées aux représentants officiels (courtage, gouvernance et gouvernementalité) ; les différentes scènes publiques où se déroulent la représentation et la réception de celle-ci par les publics musulmans. Depuis les attentats de 2012, un changement paradigmatique est survenu dans la politique publique musulmane de la France et a participé à modifier les termes du contrat de représentation. De cette façon, la structuration de « l’islam de France » est passée d’une question confinée dans les arènes politico-administratives entre 2005 et 2012 à un problème public directement lié à la lutte contre la radicalisation. Les interlocuteurs musulmans officiels ont ainsi été amenés à sous-traiter la mise sous surveillance et le contrôle tant des ministres du culte que des populations musulmanes en elles-mêmes

    Fertiana Santy, Representation of Muslim women in French jurisprudence : critical discourse analysis, thèse soutenue en 2019 à AixMarseille sous la direction de Raphaël Liogier présidée par Laurent Sermet, membres du jury : Olivier Le Cour Grandmaison (Rapp.), Valentine Zuber (Rapp.)    

    Les questions du laïcisme et de l’égalitarisme se trouvent être en contradiction dans la société française d’aujourd’hui. On pourrait légitimement avancer que, les minorités musulmanes, peuvent y être confrontées à des discriminations religieuses, sociales et économiques. Cet état de fait a affecté de façon démesurée les musulmanes qui portent des attributs religieux ou des vêtements à caractère religieux, donnant ainsi lieu à une série de litiges juridiques dans le contexte des lois laïques et de la laïcité française.Cette recherche porte sur les discours de la jurisprudence française à travers l’analyse de décisions juridiques s’appliquant à des musulmanes devant les cours suprêmes nationales (Cour de Cassation et Conseil d’État). Afin de disséquer plus finement le problème, la thèse comporte deux études de cas, communément appelés l’affaire Baby-Loup et l’affaire du burkini.Cette étude s’inscrit principalement dans le cadre théorique de l’ACD, avec une analyse secondaire reposant sur la théorie du constructionnisme social. L'analyse corrobore la conclusion selon laquelle les jurisprudences soulèvent des questions de nature sociopolitique sur le pouvoir de l'idéologie dominante présente au sein des institutions juridiques et sur la façon dont elles influencent la représentation des musulmanes en France. En dépit de jugements divergents, l’ACD révèle que les discours juridiques soutiennent également l’idée d’une inégalité de traitement envers elles, en tant que citoyennes « non préférées », constituant, de fait, un fardeau pour une société majoritairement libérale et laïque, renforçant ainsi leur vulnérabilité et exacerbant l’inégalité globale.

    Myriam Bizien-Filippi, Un catholicisme d’ouverture : les mouvements catholiques d'éducation populaire et leurs membres musulmans en France (années 1960 - années 2010), thèse soutenue en 2019 à Paris Sciences et Lettres ComUE sous la direction de Dominique Avon présidée par Denis Pelletier, membres du jury : Céline Béraud (Rapp.), Jocelyne Cesari (Rapp.), Claire de Galembert      

    C'est à partir des années 1960, dans un contexte de croissance de la population immigrée en France et de réception par les catholiques du concile Vatican II, que s'est faite la rencontre entre des mouvements catholiques d'éducation populaire (la JOC-F, l'ACE et les Unités Soleil des Guides de France) et des jeunes issus de l'immigration maghrébine et turque, souvent par l'intermédiaire de prêtres, religieux et religieuses spécialisés dans l'apostolat en milieu populaire. Très vite, les responsables des mouvements, imprégnés par le tiers-mondisme chrétien, affirment leur souci de respecter ces jeunes dans leur culture immigrée et dans leur religion spécifique, en s'appuyant sur les conseils de spécialistes catholiques de l'islam. Certains de ces jeunes musulmans prennent des responsabilités et affirment l'importance de cet engagement dans leur vie d'un point de vue politique mais aussi religieux. Ils témoignent ainsi être devenus « meilleurs musulmans », tout en ayant conscience de l'originalité de leur foi par rapport à celle de leurs parents, du fait d'un phénomène de mimétisme spirituel qui accentue une tendance à l'individualisation du rapport au religieux constatée à partir des années 1980 chez la majorité des jeunes musulmans de leur génération. Dans les années 1980, cette présence de jeunes musulmans est à l'origine de questionnements à l'ACE et à la JOC-F, mouvements qui tendent à réaffirmer leur projet apostolique dans le contexte du pontificat de Jean-Paul II. Les débats, parfois conflictuels, portent principalement sur les temps spirituels entre musulmans et sur la prise de responsabilités par des musulmans. Ils s'estompent dans les années 1990, à un moment où le nombre des jeunes musulmans « rejoints » par l'ACE et la JOC-F décline. À partir des années 1990, c'est aux Scouts de France puis aux Scouts et Guides de France que les musulmans sont les plus nombreux, grâce à la mise en place de propositions spécifiques à destination des jeunes de milieux défavorisés. Dans ces mouvements, la présence de jeunes musulmans est alors analysée et valorisée en termes de dialogue interreligieux, dans un contexte de croissance des initiatives interreligieuses en France.

    Younes Johan Van Praet, Transmettre et être en quête du 'ilm : ethnographie des modalités de transmission des savoirs islamiques dans l'agglomération rouennaise, thèse soutenue en 2019 à Normandie sous la direction de Patrice Cohen, Brigitte Maréchal et Élise Palomares présidée par Silvia Mostaccio, membres du jury : Mahamet Timera (Rapp.), Sabrina Mervin (Rapp.), Simona Tersigni      

    Dans cette thèse, j'ai cherché à comprendre comment, à l'échelle d'une agglomération de province, la structuration d'une aspiration collective à transmettre l'islam en vient-elle à générer des offres et expériences différenciées du "'ilm"entendu comme l'ensemble des pratiques et discours en lien avec la transmission des savoirs islamiques. Ce travail vise à contribuer à la question de la transmission de l'islam en France par le biais d'une observation empirique des structures et pratiques d'enseignement confessionnel de l'islam dispensé aux adultes au sein de l'agglomération rouennaise. L'enquête, de type ethnographique, a été menée de 2013 à 2018 de façon participative, ce qui permet de mieux rendre compte des expériences et trajectoires des acteurs de la transmission. Pour cela j'ai circonscrit le terrain à l'agglomération rouennaise située en Normandie. Ce choix vient à contre-pied de la prévalence souvent accordée aux structures les plus visibles ayant une portée nationale. J'ai réalisé des entretiens par récit de vie auprès de plus d'une vingtaine d'enseignant-e-s et d'apprenant-e-s, ainsi que des entretiens semi-directifs auprès de responsables d'associations et de lieux de culte. Toutefois la majeure partie des données est avant tout constituée d'observations d'enseignements et de situations informelles au quotidien.

    Fatiha Chouiref, La question amazighe en Algérie : le passage d'une revendication culturelle et linguistique au pouvoir politique., thèse soutenue en 2018 à Pau sous la direction de Jean-Pierre Massias présidée par Renaud Carrier, membres du jury : Slobodan Milacic (Rapp.), Lauréline Fontaine (Rapp.)      

    Cette thèse porte sur la structure interne et les relations extérieures du berbérisme en Algérie, et le passage de cette tendance d’une revendication culturelle et linguistique à des demandes politiques autonomistes, au nom de l’amazighité du pays et l’antériorité de l’existence du peuple Amazigh sur son territoire. Ce peuple autochtone, présent dans tous les pays de l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne et dans les îles Canaries, jouit d’une particularité dans l’épreuve algérienne. En effet, la mobilisation berbériste est passée d’une revendication pour plus de valorisation culturelle et linguistique à une protestation politique qui ambitionne l’autonomie, voir l’autodétermination de la région de Kabylie.Afin d’arriver à une explication objective et épistémologique de la spécificité berbère en Algérie, incarnée essentiellement par la composante kabyle, nous procédons à un tour d’horizon de la situation des Amazighs dans les pays du Maghreb, dans une approche comparative qui nous aidera à comprendre l’enjeu de l’amazighité dans le passé et le présent. Nous avons opté pour la comparaison, car nous partons du principe que les sciences humaines et sociales ont construit leur perception scientifique du monde à travers des paradigmes et des branches comparatifs : politique comparée, droit comparé, sociologie comparée, etc. Nous estimons également que la comparaison s’impose aujourd’hui comme une nécessité pour comprendre les réalités politiques et sociales. Cet apport, initié en grande partie par Emile Durkheim, a fait de la comparaison un des mécanismes indispensables des études découlant des sciences humaines et sociales.Les travaux sur les droits des minorités et des peuples autochtones gagnent davantage du terrain dans les sciences humaines et sociales. La pertinence de ce champ d’étude est remarquable dans sa pluridisciplinarité. En conséquence, l’étude de chaque peuple requiert la fusion de toutes les principales mentions en sciences humaines et sociales. Des mentions à la fois distinctes et complémentaires. L’ouverture d’une analyse dans le cadre d’une discipline donnée est forcément susceptible d’orienter le travail du chercheur vers d’autres spécialités, étudiant divers aspects de la réalité humaine sur le plan de l'individu et sur le plan collectif.Notre travail d’analyse politico-juridique, qui nécessite un traitement pluridisciplinaire, comporte des aperçus historiques, ainsi que des notions économiques, géographiques, ethnologiques, sociologique et anthropologiques, jugées nécessaires pour une meilleure compréhension du cas algérien.

    Jamel El Hamri, L'idée religieuse dans l'œuvre de l'intellectuel algérien Malek Bennabi (1905-1973) : une injonction pour la société musulmane de faire l'Histoire, thèse soutenue en 2018 à Strasbourg sous la direction de Éric Geoffroy présidée par Catherine Mayeur-Jaouen, membres du jury : Souleymane Bachir Diagne (Rapp.), Pierre Vermeren (Rapp.)      

    Assez peu reconnu à son époque et encore largement méconnu aujourd'hui, l'intellectuel algérien Malek Bennabi (1905-1973) a pourtant fait une entrée remarquée dans la vie intellectuelle en Algérie avec sa notion de "colonisabilité " en 1949. Il se fera connaitre ensuite dans le monde musulman notamment avec ses définitions fonctionnelles de la culture et de la civilisation. Néanmoins, sa conception réformiste de la religion, nommée " idée religieuse " et ayant une fonction sociale, a été très peu analysée. Or, elle est la clé de voûte de la compréhension de la pensée de Bennabi. Pour lui, " l'idée religieuse " doit être une idée vécue comme une " vérité travaillante ", authentique avec l'islam et efficace dans le monde moderne. Il mélange des savoirs issus à la fois de la Tradition musulmane et des sciences humaines et propose de connecter l'islam authentique avec l'esprit technique cartésien. Ainsi, dans un contexte de décolonisation, Bennabi veut réaliser, par le déploiement moral et social de " l'idée religieuse " un projet de société pérenne, prospère et ouvert sur la civilisation humaine. Par le biais de cette notion " d'idée religieuse ", nous proposons, tout d'abord, de situer Bennabi dans l'histoire de l'Algérie mais aussi de l'islam contemporain. Nous voulons ensuite comprendre les fondements et les finalités de sa pensée qui est singulière au sein du réformisme musulman. Ce qui permettra enfin de mesurer l'impact de " l'idée religieuse " dans son projet de société sur trois niveaux de réflexion ; l'homme, la société, l'humanité.

    Anna Grasso, Les imâms dans la cité : politisation et syndicalisation des imâms dans la Tunisie contemporaine, thèse soutenue en 2018 à AixMarseille sous la direction de Franck Frégosi présidée par Mohamed-Chérif Ferjani, membres du jury : Mohamed Kerrou (Rapp.), Vincent Geisser, Katia Boissevain et Jean-Philippe Bras    

    L’objectif de cette recherche est de comprendre l’évolution de la place institutionnelle et politique de l’islam en Tunisie à travers la figure des hommes de religion qui se mobilisent depuis la révolution du 14 janvier 2011. Son raisonnement est structuré en trois parties. La première partie de la thèse présente une approche historique du sujet (de la fin du XIXème siècle jusqu’au 14 janvier 2011). La deuxième partie traite des mutations du champ politique et religieux dans l’après-révolution (du 14 janvier 2011 jusqu’à octobre 2017). La troisième partie de la thèse se concentre sur la structuration progressive d’un champ syndical pluraliste destiné à la défense des droits et des intérêts des imams et des chargés de mosquées. Au cours de nos observations, nous avons pu identifier deux types de discours tenus par les imams : un discours « politisé » qui place les chargés des mosquées en concurrence les uns avec les autres (symptomatique de la fracture idéologique entre « modernistes » et « conservateurs ») ainsi qu’un discours « corporatiste » où ces mêmes acteurs partagent une position commune pour la défense de leur profession

    Sanaa El Aji, Sexualité préconjugale au Maroc : représentations, verbalisation, pratiques et socialisation genrée, thèse soutenue en 2016 à AixMarseille sous la direction de Raphaël Liogier présidée par Catherine Miller, membres du jury : Hassan Rachik (Rapp.), Philippe Combessie (Rapp.), Mohamed Tozy   

    La sexualité préconjugale au Maroc fait face à une triple illégitimité (religieuse, légale et sociale). Toutefois, le cadre normatif restrictif ne signifie pas qu’elle est inexistante. Cette étude tente de décoder les modes de pensée, de vie et de verbalisation de la sexualité préconjugale dans le pays, en dépit de ce cadre normatif restrictif. Elle vise à l’analyser dans ses différents aspects : les représentations, le discours social et médiatique, la verbalisation, le cadre normatif, le monnayage socialisé inscrit en dehors des cadres traditionnels de la professionnalisation du sexe, les nouvelles tendances liées aux transformations technologiques et leur impact sur la sexualité, l’éducation sexuelle, la signification et les impacts du premier rapport sexuel, l’impact de la dynamique démographiques et socioéconomiques sur la sexualité et, enfin, les rapports de genre en matière de parcours sexuels et affectifs. Elle a pour principal objectif de mettre la lumière sur des réalités sociales que les discours et les représentations normatives tentent de minorer. L’objectif n’est donc pas de légitimer des pratiques sexuelles socialement rejetées mais plutôt de les comprendre.