Alors qu’on pensait la remise en cause radicalement impossible, le système institutionnel de l’État de droit semble aujourd’hui soumis à une contestation sans précédent. Ce système, pourtant établi pour protéger le peuple ou les citoyens contre l’arbitraire de l’État, est accusé de tous les maux par ce même peuple ou ces mêmes citoyens. Si l’hyper-individualisation des droits est le caractère le plus souvent dénoncé pour dissocier protection des droits et démocratie, c’est la dynamique même de cette protection, souvent qualifiée d’oppressante (par exemple, mouvement « woke » ou « cancel culture ») qui est aussi la plus dénoncée. Les États, eux-mêmes, opposent, aujourd’hui, légitimité politique et protection des droits. S’il est nécessaire, peut-être, de repenser les équilibres en réaction à cette défiance, on ne peut dissocier la démocratie représentative (celle du peuple) de la démocratie constitutionnelle (celle qui protège les droits). Selon l’auteur, ces deux systèmes ne peuvent fonctionner l’un sans l’autre, même si certains peuvent prétendre le contraire.