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Écrits politiques

Écrits politiques

Political Writings. A selection

John Dewey

Édition : 2018

ISBN: 978-2-070-14464-8

Présentation de l'éditeur

John Dewey est l’un des philosophes majeurs du XXe siècle, et certainement l’un de ceux dont la pensée se conjugue le plus étroitement aux courants et aux transformations qui en ont marqué l’émergence et les évolutions. Ses premiers travaux datent de la fin du XIXe siècle (il est né en 1859) et c’est au XXe que sa pensée connaîtra ses plus amples développements (il est mort en 1952). 

Pendant toutes ces années-là, Dewey fut aussi un observateur et un acteur particulièrement attentif de la vie politique américaine et internationale. Les très nombreux écrits qui jalonnent son long parcours sont autant d’interventions et de positions dans le débat public, sur les problèmes qui lui tenaient le plus à cœur. La question de la démocratie et de l’émancipation sociale, économique et politique en constitue le centre. 

Sous le titre Écrits politiques, le présent recueil propose un choix des textes les plus significatifs et les plus propices à enrichir la réflexion du lecteur d’aujourd’hui, parmi les innombrables études et articles qui auront marqué les engagements de ce philosophe infatigablement attentif à l’état du monde autant qu’aux exigences de la pensée. Dewey fut un penseur de la démocratie en un sens original et toujours neuf, dans une période qui a vu naître deux guerres mondiales, la révolution bolchevique, l’URSS, une crise économique majeure, le fascisme et le nazisme, et un type de société : la «grande société », marquée par l’emprise de l’économique, la perte du public, le pouvoir des experts et la domination de l’opinion.

Édition et trad. de l'anglais (États-Unis) par Jean-Pierre Cometti et Joëlle Zask

Une histoire juridique de l'Occident

Une histoire juridique de l'Occident

Le droit et la coutume (III-IXe siècle)

Auteur(s) : 5177

Édition : 2018

ISBN: 978-2-130-58782-8

Présentation de l'éditeur

Sur le plan de l’histoire juridique, dans l’Europe de l’ouest qui relevait de Rome et de son droit, la persistance d’une Antiquité tardive jusqu’à l’orée du Moyen Âge que Duby qualifiait de « classique » semble se confirmer : la survivance des codes impériaux, la constitution d’un premier droit de l’Église, le maintien d’une pratique formulaire, les calques romains dans les lois dites « barbares » et les échos d’Isidore de Séville jusqu’en Irlande. Pourtant, à y regarder de plus près, le droit romain est un droit populaire, qui compose avec des pratiques provinciales, et si le droit qu’établit l’Église au IVe siècle respecte celui de la res publica, il n’en est pas moins une nouveauté. Les lois barbares s’efforcent d’adapter les coutumes des nations aux exigences de l’ordre impérial : la permanence de l’Antiquité en droit, surtout dans le nord de l’Europe, est peut-être plus une illusion de forme qu’une réalité de fond. C’est ainsi que tous ces courants confluent pour former un droit vivant qui, à travers ses déclinaisons multiples, peut être qualifié d’« européen ».

 

Sommaire

Chapitre 1. Ius et Iustitia aux IVe-Ve siècles (Aude Laquerrière-Lacroix)

I – L’Empire des IVe-Ve siècles, appareil institutionnel et juridique

A – Centralisme et périphéries
B – Partitio imperii et partage législatif
C – Droit et fiscalité : une interaction
D – La « centralité du droit » dans l’Empire chrétien

II – La production du droit

A – La législation des IV-Ve siècles
B – Le processus de codification

III – Les ajustements du ius : quelques orientations

A – Le droit de la famille dans l’Empire chrétien
B – Le droit des successions : jalons d’une évolution
C – Le droit des contrats : remarques sur l’évolution des donations et des ventes
D – Le droit des biens : partage législatif, intérêts du fisc, politiques impériales
E – Le droit pénal entre rigueur de la répression et clémence du Prince

IV – La mémoire du droit

A – L’insinuation des actes (insinuatio apud acta)
B – L’enseignement du droit. Les Ecoles impériales

V – La sanction du droit

A – Les institutions judiciaires
B – Le procès aux IV-Ve siècles

Chapitre 2. Lex Christi – Réalités et diversité de la conversion chrétienne (Aram Mardirossian)

I – Un douloureux enfantement (IVe-Ve siècles)

A – L’Orient subordinatianiste : tout commence à Antioche
B – L’Occident nicéen : une abondance

II – Une croissance polymorphe (VIe-VIIe siècle)

A – L’Empire romain « continué » : les collections plutôt que les canons
B – L’Occident « barbare » : les canons plutôt que le pape

Chapitre 3. Vox divi et vox populi, la pluralité des droits (Soazick Kerneis)

I – La romanité universelle

A – L’édit et ses limites
B – Comment peut-on être Romain ?

II – Droit provincial et droit populaire

A – Présence de la loi romaine
B – Le pôle indigène de l’acculturation

III – Droit impérial et droit coutumier

A – Les curies et le fisc
B – L’empire des armes
C – Justice militaire et coutume civile

Chapitre 4. Leges nationum – Le droit des nations, acculturation barbare à la romanité (Jean-Pierre Poly)

I – Les barbares des lois des nations

A – Justiciables barbares
B – Juges barbares

II – La romanité des lois des nations

A – Les premières lois et l’empire
B – Les établissements des rois

Chapitre 5. Vigor actorum – La mise en forme romanisante de la pratique (Alexandre Jeannin)

I – La survivance de techniciens du droit

A – Les professionnels de l’écrit
B – Techniques et mise en œuvre pratique : à la recherche de modèles

II – Une pratique entre conservatisme et innovation

A – L’importance de l’écrit
B – Une perte de technicité du droit

Chapitre 6. Ius septentrionalis – La diversité juridique dans les îles Britanniques (Christophe Archan)

I – Une voie originale, l’Irlande

A – Le droit écrit et ses auteurs
B – Le procès

II – Le droit anglo-saxon

A – Le droit des premiers siècles (VIIe-IXe s.)
B – Alfred (871-899) et ses successeurs

Problématique I. La coutume, entre le ciel des idées et le gouvernement des hommes
(Soazick Kerneis & Jean-Pierre Poly)

I – La consuetudo et le bon gouvernement

A – la coutume et les provinces
B – Les transformations de la coutume

II – Ae et l’éternité

A – Forme et esprit du droit gentilice
B – La justice par estimation
C – au-delà des estimations

Problématique II. La formulation juridique des divisions sociales (2) – Le fantôme de la liberté (Soazick Kerneis & Jean-Pierre Poly)

I – Rome et le pouvoir de vie et de mort

A – Maître et père
B – La misère des libres pauvres

II – Libertés coutumières et servitudes contractuelles

A – Confrontation des modèles
B – Le servage médiéval ou la concorde des carcans discordants

La loi naturelle et les droits de l’homme

La loi naturelle et les droits de l’homme

Essai de philosophie pratique

Pierre Manent

Édition : 2018

ISBN: 978-2-130-78753-2

Présentation de l'éditeur

La doctrine des droits de l’homme est devenue l’unique référence légitime pour ordonner le monde humain et orienter la vie sociale et individuelle. Dès lors, la loi politique n’a plus d’autre raison d’être que de garantir les droits humains, toujours plus étendus. La loi ne commande plus, ne dirige plus, n’oriente plus : elle autorise. Elle ne protège plus la vie des institutions – qu’il s’agisse de la nation, de la famille, de l’université –, mais donne à tout individu l’autorisation inconditionnelle d’y accéder. L’institution n’est donc plus protégée ni réglée par une loi opposable à l’individu ; celui-ci jouit d’un droit inconditionnellement opposable à l’institution. Pierre Manent montre que cette perspective livre les éléments constituants de la vie humaine à une critique arbitraire et illimitée, privant la vie individuelle comme la vie sociale de tout critère d’évaluation. Une fois que sont garantis les droits égaux de faire telle action ou de conduire telle démarche, il reste à déterminer positivement les règles qui rendent cette action juste ou cette démarche salutaire pour le bien commun. La loi naturelle de la recherche du bien commun se confond avec la recherche des réponses à la question : comment orienter ou diriger l’action que j’ai le droit de faire ?

Pierre Manent a enseigné la philosophie politique à l’EHESS. Ses travaux portent sur l’histoire de la pensée politique libérale et la question des rapports entre le politique et le religieux. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Situation de la France (Desclée de Brouwer, 2015) et Les métamorphoses de la cité (Flammarion, 2010).

 

Sommaire

1) L’individu titulaire de droits ou la nature nue
2) Les conseils de la peur, ou la construction de l’État moderne
3) L’ordre étatique sans droit ni loi
4) La loi esclave des droits
5) L’individu et l’agent
6) La loi naturelle et les motifs humains

Centralisation et fédéralisme

Centralisation et fédéralisme

Les modèles et leur circulation dans l'espace européen francophone, germanophone et italophone

Michel Biard, Jean-Numa Ducange, Jean-Yves Frétigné

Édition : 2018

ISBN: 979-1-024-00870-7

Présentation de l'éditeur

À l'aube du XXIe siècle, la question de l’organisation des pouvoirs et du fil conducteur entre ces pouvoirs possède toujours une grande acuité, certains pays européens ayant choisi des voies menant vers une organisation de type fédéral, d’autres ayant privilégié un modèle plus centralisé, sans pour autant que deux « modèles » s’opposent de manière manichéenne. Dans la plupart des cas, ces structures étatiques font encore l’objet de débats, voire de controverses, et la centralisation est souvent évoquée en association avec son antonyme, la décentralisation, voire avec le fédéralisme. Dans la République française, toujours intimement liée aux héritages de la Révolution, des querelles presque permanentes agitent le monde politique et médiatique autour de la question du poids de l’État, avec souvent des usages péjoratifs des termes « jacobin » et « jacobinisme » qui renvoient à l’omniprésence des héritages révolutionnaires. Au-delà des frontières françaises, système fédéral ou non, des débats agitent aussi l’Italie ou l’Allemagne autour du « poids » supposé de telles ou telles régions géographiques économiquement moins « dynamiques » et que le reste du pays serait contraint à traîner comme un « boulet ». Länder orientaux et Mezzogiorno fournissent ainsi nombre d’arguments à des mouvances politiques soucieuses de dénoncer un système qui leur apporterait des aides trop importantes, voire adeptes d’une scission territoriale supposée résoudre toutes les contradictions comme si les frontières pouvaient aujourd’hui encore être des « remparts » efficaces.

Ces questions ont été omniprésentes en Europe dès la Révolution française, avec en amont les échanges intellectuels autour des modèles politiques des XVIIe et XVIIIe siècles, et en aval l’influence révolutionnaire exportée en Europe par le biais là encore de transferts culturels, mais aussi à la force des baïonnettes. Le présent ouvrage propose une approche comparatiste entre les pays européens de langue française, allemande et italienne, les plus touchés par l’influence de la Révolution française, même si naturellement ils n’ont pas été les seuls à l’être.

 

Sommaire

Introduction

Haim Burstin – « Fédéralisme » : réflexions sur la formation d'un topos dans la rhétorique politique de la Révolution française

Danièle Pingué – Les jacobins francs-comtois et la révolte du « Jura contre Paris » de 1793

Côme Simien – Entre centralisation et décentralisation des questions scolaires : relire l'échec de l'école de la République (1789-1802)

Riccardo Benzoni – La fête sous les ailes de l’aigle 

Gaïd Andro – Imputation rhétorique ou réalité administrative ?

Valentina Dal Cin – Centralisation et fédéralisme entre nouveauté et tradition : Français et Autrichiens en Vénétie et à Venise (1797-1815) 

Manuela Albertone – Décentralisation territoriale et unité de la nation 

Juri Auderset – Scripts révolutionnaires et fédéralisme

Fausto Proietti – « Que la commune soit souveraine »

Giustina Manica – Du fédéralisme au centralisme

Carlo Moos – L’Italie de 1861 critiquée par Carlo Cattaneo d’un point de vue fédéraliste

Gilda Manganaro Favaretto – Le fédéralisme : enjeu problématique dans l’histoire européenne récente

Ivana Pederzani – Un cas de « centralisation à l’italienne »

Pierre Allorant – La Société de législation comparée et le débat sur centralisation et fédéralisme 

Antoine Chollet – Les sens politiques du fédéralisme suisse 

François Antoine – La fusion des communes en Belgique 

Sandro Rogari – Le régionalisme dans l’Italie républicaine 

Corrado Malandrino – Peuple et citoyenneté européens dans une perspective fédéraliste communicationnelle : Balibar, Habermas…

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