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La vie intellectuelle en Aquitaine au temps de Montaigne et au début du XVIIe siècle

Appel à communication

La vie intellectuelle en Aquitaine au temps de Montaigne et au début du XVIIe siècle

Cycle de journées d’étude 2020-2022

Date limite le dimanche 01 septembre 2019

Organisé par Evelien Chayes (Postdoc de l’Université Radboud-Nimègue ; chercheure-enseignante associée à l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes du CNRS à Paris et au Centre Montaigne de l’Université Bordeaux Montaigne), Violaine Giacomotto-Charra (Professeur de littérature et langue françaises de la Renaissance, Université Bordeaux Montaigne, Directrice du Centre Montaigne, EA 4591 TELEM) et Xavier Prévost (professeur d’histoire du droit, Université de Bordeaux, et directeur de l’Institut de recherche Montesquieu EA 7434).

 

Informations et contact : Xavier Prévost : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 

 

 

 

Argumentaire

Si Montaigne est emblématique de la vie culturelle à Bordeaux, ainsi que son imprimeur Simon Millanges ou le collectionneur d’antiquités Florimond de Raemond, il manque encore aujourd’hui une connaissance de l’ensemble de la vie intellectuelle de la ville et de sa région à cette époque. Plus précisément, restent à étudier de nombreuse figures locales, plus ou moins connues (l’œuvre d’Elie Vinet, par exemple, appelle encore d’amples travaux) et leurs publications, les liens de sociabilité et de partage intellectuel tressés dans la région comme avec le reste du royaume ou de l’Europe, la réalité de la vie culturelle locale, mais aussi les relations de concurrence ou de complémentarité de Bordeaux avec les autres villes du grand Sud-Ouest, et, si l’on considère la région, ses rapports politico-intellectuels complexes avec Paris, son dynamisme, sa cohérence, ainsi que ses apports et son appartenance à un monde humaniste européen.

Si l’on sait qu’au début du XVIe siècle, l’Université de Bordeaux n’avait pas bonne réputation auprès des humanistes (Rabelais fait dire à Pantagruel, au cours de son tour de France des universités, qu’à Bordeaux, « ne trouva grand exercice, sinon des guabarriers jouans aux luettes sur la grave », ce qui vaut peut-être mieux que Toulouse, plus sérieuse mais qui fait « brûler [ses] régents tout vifs comme harengs saurets » [1]), la ville devient cependant rapidement un lieu où l’on peut recevoir une éducation parmi les meilleures de France. Le Collège de Guyenne, fondé en 1533, est, selon les mots mêmes de Montaigne (qui n’en est pas moins critique) « tres-florissant pour lors, et le meilleur de France » et son principal de l’époque, André de Gouvéa, « comme en toutes autres parties de sa charge, fut sans comparaison le plus grand principal de France » [2]. C’est un établissement où enseignent des « régents » humanistes et / ou aristotéliciens de renom (Elie Vinet, Georges Buchanan, Mathurin Cordier, Nicolas de Grouchy, André et Antoine de Gouvéa, Robert Balfour, Marc- Antoine Muret, etc.) dont nous avons souvent conservé les œuvres variées. La ville est aussi un carrefour culturel, où se rencontrent les intellectuels venant de Paris ou de province, où se pratiquent l’échange de livres et la conversation, non seulement à propos de la politique et de la religion, mais aussi des lettres, de la philosophie et des goûts musicaux. La région compte de nombreux intellectuels et écrivains, Brantôme, La Boétie, Pierre de Brach ou, moins connu, le dramaturge d’origine bordelaise Jean François Grossombre de Chantelouve[3], et certaines grandes figures de la noblesse et / ou du monde ecclésiastique ont laissé des publications parfois originales, comme le Commentaire au Pimandre de François de Foix Candale[4]. Plusieurs sont aussi des traducteurs[5]. Les conseillers au parlement ou juristes locaux (Scipion Dupleix et son Cours de philosophie [6] , Jean de Champaignac et sa Physique françoise ou son Traitcé de l’immortalité de l’âme tous deux publiés chez Millanges, Florimond de Ræmond encore, le prolixe Gabriel de Lurbe, Geoffroy de Malvyn et sa Gallia gemens) ont à leur actif une production intellectuelle qui fut parfois un vrai succès de librairie et, dans les cas de Dupleix ou de Ræmond, joua un rôle national.

Par ailleurs, le livre se répand dans Bordeaux grâce à la production d’un ensemble d’imprimeurs (les Millanges, mais aussi les La Court, Chappuis, Sudraut) jointe à l’importation de textes, interdits parfois, dont un cercle restreint de familles (nobles, avocats, notaires ou conseillers au parlement) a constitué des bibliothèques considérables. Les imprimeurs- libraires bordelais, ainsi, publient des livres à portée locale, les ouvrages des auteurs et savants de la région, mais aussi des œuvres venues de plus loin. Un fonds comme celui de Simon Millanges permet de scruter la vie intellectuelle bordelaise et aquitaine et l’intérêt qu’on y porte à ce qui s’écrit ailleurs. Il propose par exemple un ensemble de textes médicaux, qui compte les œuvres de médecins bordelais, comme Pierre Pichot (dont Montaigne possédait un exemplaire du De animorum natura [7] ), ou Etienne Maniald, professeur de médecine à l’Université et médecin de la ville, mais aussi Les erreurs populaires de Laurent Joubert. Quant à Etienne Maniald, justement, il publie aussi bien une traduction du Traité de la verole de Guillaume Rondelet [8], assurant ainsi l’entrée de Rondelet dans le catalogue bordelais, qu’un texte étroitement lié à sa pratique locale, le récit d’une naissance prodigieuse survenue à Gradignan (aujourd’hui aux portes de l’Université Bordeaux Montaigne) en août 1595 [9]. On trouve également dans le catalogue de Millanges, à côté des commentaires sur Aristote de l’universitaire d’origine écossaise Robert Balfour, professeur au Collège de Guyenne, qui attendent toujours une étude [10], certains textes de Florimond de Ræmond[11], d’importantes éditions de textes antiques [12], et des œuvres de nombreux érudits ou poètes du grand Sud- Ouest, connus, comme Pierre Charron (De la sagesse, en 1601), Guillaume du Bartas et sa Muse Chrestienne ou, moins illustres, comme Guillaume Monnier, poète limougeaud qui écrivait de la poésie néo-latine[13], ou Gérard-Marie Imbert et ses Sonets exoteriques [14] , qui laissent apparaître un important réseau de relations humanistes avec les poètes et les érudits parisiens, sans compter, bien sûr, la première édition des Essais. On y trouve encore un ouvrage érudit du juriste d’origine toulousaine Arnaud du Ferrier[15], le Compendium in communem artem disserendi du maître parisien Jacques Charpentier et tout un ensemble de textes juridiques, notamment des lettres patentes et des recueils de coutumes et d’arrêts des cours souveraines , ou de recueil des coutumes locales et d’arrêts du Parlement. Le catalogue Around Montaigne. A Group of Books reflecting the Intellectual Life of Bordeaux in the Time of Montaigne (Benard Quaritch, 2005) donne un aperçu de cette importante variété intellectuelle, tandis que la récente numérisation par la bibliothèque municipale de son fonds d’ouvrages imprimés par Millanges permet un accès facile et cohérent aux œuvres sorties des presses de l’imprimeur-libraire bordelais[16].

Les textes eux-mêmes, par ailleurs, éclairent également les réseaux de clientèle, d’amitié et de sociabilité, à travers le jeu des dédicaces (il serait également intéressant de se pencher sur les ouvrages dédiés à des dames, comme Jacquette de Montbron, belle-sœur de Brantôme), les recueils collectifs (comme le Tombeau de Montluc dans lequel figurent des vers de Geoffroy de Malvyn et de deux autres conseillers au parlement, Emmanuel du Mirail et Pierre de Termes, de Florimond de Ræmond, du médecin Étienne Maniald, de Martial Monnier ou de Pierre de Brach), ou par les mentions explicites de ces relations, rencontres ou correspondances, chez Gérard-Marie Imbert, nous le disions, ou par exemple chez Pierre de Brach, qui évoque ses liens familiers avec Florimond de Ræmond et Guillaume du Bartas, auxquels s’ajoute un nouveau venu dans la vie locale, Jacques Peletier du Mans :

Ceux qu’icy j’attends a disner.
C’est Raimond, un autre moi-mesme, Salluste, que j’aime, et qui m’aime C’est Peletier, en l’amitié
Duquel aussi je suis lié Par une nouvelle alliance,
Nouvele estant sa connoissance [17].

Ce cycle de journées d’étude se fonde ainsi sur le constat que la figure de Montaigne a concentré les recherches des philologues, des littéraires, des historiens et des philosophes, et sans doute un peu écrasé de son aura le monde qui l’entoure (à l’exception peut-être de La Boétie), ainsi que le reste de la vie culturelle bordelaise à l’époque, pourtant très riche. Or l’auteur des Essais est aussi le fruit de son milieu, et une meilleure connaissance des divers aspects de la vie intellectuelle et culturelle locale profiterait aux études montaniennes comme à l’histoire de la ville et de sa région, dont elle permettrait de mieux connaître des aspects demeurés dans l’ombre, où sur lesquels les recherches ont besoin d’être renouvelées. Ceux-ci touchent aux ouvrages sortis des presses des imprimeurs bordelais, aux contemporains de Montaigne et à leur production littéraire ou intellectuelle, à l’organisation de la vie culturelle et à la circulation de l’information et du savoir, à la nature exacte des bibliothèques des contemporains de Montaigne, à leur envergure et leur situation dans la ville, à la production du savoir et à l’éventuelle spécificité de l’université bordelaise dans le domaine du droit et de la médecine. Des interrogations similaires concernent les collections d’art, d’antiquités notamment, très en vogue à cette époque. Par ailleurs, les derniers travaux d’envergure sur le Collège de Guyenne remontent au XIXe siècle (Ernest Gaullieur en 1874) : la pédagogie du collège et ses méthodes, l’identité et la pensée des professeurs, les œuvres pédagogiques et scientifiques qu’ils ont laissées, ainsi que la place des mathématiques ou celle d’une philosophie aristotélicienne de bon niveau méritent des études[18]. Montaigne, encore, évoque cette vie particulière interne aux collèges et la pratique du théâtre : « j’ai soustenu les premiers personnages és tragedies latines de Bucanan, de Guerente et de Muret, qui se representerent en nostre college de Guienne avec dignité. […] C’est un exercice que je ne meslouë poinct aux jeunes enfans de maison : et ay veu nos Princes s’y adonner depuis en personne, à l’exemple d’aucuns des anciens, honnestement et louablement »[19]. Enfin, malgré le travail colossal accompli par Louis Desgraves, il manque encore des travaux sur les imprimeurs- libraires bordelais, en particulier sur ce qui motivait leurs choix éditoriaux et la constitution intellectuelle des leurs catalogues. On pourrait également mieux étudier la manière dont le milieu bordelais construit son rapport au passé, à la culture de la ville et de la région et à ses grands hommes, à travers le travail historique et archéologique fourni par Elie Vinet [20], et la place qu’il fait au poète Ausone[21], ou par Gabriel de Lurbe[22] .

Des travaux importants mais encore dispersés témoignent de l’intérêt que suscitent depuis des années ces thèmes, comme ces figures restées pour certaines marginales. Le numéro que la revue des Montaigne studies a consacré en 2001 à La familia de Montaigne a ouvert de nombreuses pistes [23], et l’on peut citer également l’article qu’Alain Legros a consacré à « La vie et l’œuvre d’un médecin contemporain de Montaigne, Pierre Pichot » [24] ou celui que Richard Cooper a consacré aux travaux d’Élie Vinet [25]. Plus récemment, le travail d’Aurélie Plaut a montré qu’il était possible de retrouver la trace de certaines collections (ici, celle de Florimond de Raemond [26]) à travers les descriptions que l’on en conserve, et Evelien Chayes donne un aperçu significatif des informations qui dorment encore dans les archives bordelaises ou de ce que l’on peut tirer de l’analyse des ex libris des ouvrages conservés à la Bibliothèque Municipale dans un article consacré aux « Bibliothèques bordelaises à l’époque de Montaigne »[27].

Ce cycle de journées d’étude souhaite poursuivre et amplifier ces travaux, et contribuer à mettre en lumière les différents aspects de la vie intellectuelle de Bordeaux du début du XVIe siècle au premier tiers du XVIIe siècle, en s’appuyant à la fois sur des études monographiques (le livre, les bibliothèques, l’éducation…) et sur la mise en relation des résultats obtenus pour faire mieux apparaître les liens qui se tissent entre les différents vecteurs et les différents acteurs de cette vie intellectuelle et culturelle, pour laquelle la notion de réseaux est essentielle.

Quatre journées sont pour l’instant prévues ; elles examineront les thèmes suivants :

  • La vie du livre en Aquitaine, 2 avril 2020.
  • Les bibliothèques et collections aquitaines, 15 octobre 2020.
  • Les milieux intellectuels du droit et de la médecine, 1er avril 2021.
  • Le Collège de Guyenne, 31 mars 2022.

 

Le financement et l’organisation du cycle sont assurés par une collaboration entre le Centre Montaigne (EA 4195-TELEM, UBM), la Bibliothèque municipale Mériadeck de Bordeaux, l’Institut de Recherche Montesquieu (IRM- EA 7434, UB), l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes (IRHT-CNRS, UPR 841), le Musée d’Aquitaine, la Société des Bibliophiles de Guyenne et la Société Internationale des Amis de Montaigne.

 

 

 

Première journée : « La vie du livre en Aquitaine » Bibliothèque Mériadeck, 2 avril 2020.

 

Les travaux de fond de Louis Desgraves ont considérablement fait avancer les connaissances en ce domaine, mais ne cessent en même temps de souligner que, pour un nombre important de sujets, une exploration plus détaillée s’impose. Les derniers mots de la conclusion de son ouvrage de référence sur Le Livre en Aquitaine (1998) sont en effet : « Puisse cet ouvrage inciter les chercheurs à approfondir ces questions, grâce, en particulier, au recours aux archives et aux livres eux-mêmes » [28]. La dimension intellectuelle, plus que matérielle, de la vie du livre, demeure en particulier à explorer. Les communications pourront porter sur des aspects variés :

I. Organisation matérielle de la production locale et circulation du livre

- Imprimeurs et imprimeurs-libraires à l’échelle de la région Nouvelle Aquitaine.

- Forme matérielle du livre : étude de la typographie (distinction régionale ou conformité transnationale ?), gravure (ornementale ou illustrative) du livre imprimé en Aquitaine.

- Existence et ampleur de la contrefaçon de livres en Aquitaine ; ses répercussions, ses enjeux, sa signification.

- Le marché du livre en Aquitaine : marchands libraires et leurs fonds ; cercles de lecteurs ; la dispersion du livre aquitain au-delà de la région ; la circulation des livres venus des autres régions du Royaume et de l’étranger (entre autres, les relations nourries avec les libraires lyonnais) ; les modes de circulation du livre.

 

II. Structuration intellectuelle de la vie du livre

- Structuration intellectuelle des catalogues de vente ; rapports avec les modèles parisiens.

- Production du livre spécialiste : les décrets synodaux, la théologie ; le livre juridique ; le livre scientifique, ...

- La diversification religieuse et l’imprimerie au cours du XVIe et XVIIe siècle ; pamphlets et

polémiques ; concurrence de l’imprimerie religieuse entre les villes (Bordeaux et La Rochelle, par exemple).

En raison des fortes continuités comme des transformations qui traversent l’histoire du livre, les communications pourront éventuellement aller jusqu’au XVIIIe siècle.

 

 

Deuxième journée : « Les bibliothèques aquitaines » 15 octobre 2020

 

Depuis les années 1850, la bibliothèque de Montaigne n’a cessé de fasciner les chercheurs. En revanche, aujourd’hui encore peu de recherches sont menées sur le contexte du réseau des bibliothèques au sein duquel la librairie du philosophe a pris sa place. Ce réseau, au double sens géographique et intellectuel, se laisse reconstituer à partir de plusieurs types de sources. S’agissant souvent, d’une part, de collectionnisme et de résultats d’une activité intellectuelle intense, la question des bibliothèques invite parallèlement celle de la constitution des premières collections d’antiquités en Aquitaine. D’autre part, la reconstitution d’un ensemble de bibliothèques de petite ou moyenne taille, qui ont laissé leur trace dans les archives, nous révélerait l’ampleur et la nature de la culture de la lecture dans la région. Les sujets et questions suivants peuvent être traités :

- Bibliothèques et collections d’antiquités privées en Aquitaine ou dans des régions liminaires comparables ailleurs en Europe. Reconstituées à partir d’archives, de catalogues-inventaires, des traces de provenance ou d’autres témoins, leur contenu et leur « profil intellectuel » peuvent être analysés dans une perspective plus large et comparative. Peut-on distinguer un ou plusieurs profils de bibliothèques typiques de la région ? À partir des bibliothèques, serait-il possible de parler d’un « humanisme liminaire » ou d’une République des Lettres spécifique par rapport aux grands centres ? Quant aux antiquités (manuscrits, objets d’art ou objets archéologiques) : quelles étaient les stratégies empruntées pour l’acquisition des objets ? Les intellectuels de la région jouaient-ils un rôle particulier dans le trafic des objets ? Quelles idées sur le connoisseurship et sur la valeur patrimoniale se cachent derrière les collections ? Quel était le rapport entre ces collections et la ville ?

  • Les bibliothèques des couvents en Aquitaine, leur contenu et leur rapport avec le milieu intellectuel du XVIe et XVIIe siècle.
  • Les bibliothèques institutionnelles en Aquitaine, telles celles des parlements.
  • La transmission des livres et des bibliothèques au sein du réseau aquitain et au-delà : une affaire de patrimoine familial ou d’affiliations intellectuelles ?

- La question plus fondamentale sur l’usage et la fréquentation des bibliothèques en Aquitaine : à l’époque en question, les collections, fonctionnaient-elles comme des lieux privés clos ou comme des endroits de rencontres publiques et de partage intellectuel ? Ce thème évoque le problème des sources et méthodes pour la reconstitution de la culture de la lecture : au lieu de parler uniquement de « bibliothèques » la recherche gagnerait-elle à intégrer d’autres notions, telles que celle de bookscapes, désignant les réseaux de personnes, lieux et pratiques autour de la lecture, la topographie culturelle de certaines lectures, de la possession et de la circulation de livres (Raven 2014 ; Knight et al. 2018) ?

 

 

Troisième journée : « Les milieux intellectuels du droit et de la médecine en Aquitaine » Pôle juridique et judiciaire de Bordeaux, 1 er avril 2021

 

Juristes et médecins constituent des acteurs majeurs de la vie intellectuelle en Aquitaine à la Renaissance, dans leurs domaines de spécialités, mais aussi pour l’ensemble de la vie culturelle. Ce sont souvent eux qui lisent, échangent, réunissent des bibliothèques.... Les travaux portant sur les uns et sur les autres – ou plutôt sur quelques juristes et quelques médecins aquitains du XVIe siècle

– ont pu mettre en avant leur participation active aux débats et à la circulation des savoirs qui agitent la région bordelaise au temps de Montaigne. Toutefois, ils n’ont pas encore été pleinement étudiés en tant que milieux intellectuels locaux en relation avec les régions voisines, avec Paris ou encore avec l’étranger dans le cadre de l’humanisme européen, de même que dans leurs rapports réciproques, notamment afin de comprendre la dynamique de la vie intellectuelle en Aquitaine et son intégration dans les enjeux politiques et sociaux qui bouleversent alors l’Europe.

Les communications proposées peuvent porter aussi bien sur certaines figures locales et leurs œuvres que sur les réseaux qu’elles entretiennent mutuellement, les liens de clientèles et d’amitiés, et les relations avec d’autres milieux, en s’intéressant non seulement aux hommes et femmes qui constituent ces milieux et ces réseaux, mais aussi aux lieux de formation et aux canaux de circulation des savoirs juridiques et médicaux.

Les communications pourront explorer des pistes variées, dont :

 

I. Juristes et médecins en Aquitaine

- Composition et structuration des milieux intellectuels du droit et de la médecine.

- Rôle et dispersion des juristes et des médecins formés en Aquitaine.

- Réseaux juridiques et médicaux aquitains.

 

II. Savoirs juridiques et médicaux en Aquitaine

- Productions des milieux intellectuels du droit et de la médecine, au-delà même du droit et de la médecine stricto sensu, notamment la production dite littéraire des juristes et des médecins, contributions variées à la vie intellectuelle et littéraire.

- Transmission des savoirs juridiques et médicaux (notamment par l’étude des lieux et des supports d’enseignement), circulation et intégration des savoirs venus d’autres régions.

- Influence des savoirs juridiques et médicaux produits en Aquitaine (dans la région et au-delà).

 

 

Quatrième journée : « Le Collège de Guyenne ». 31 mars 2022, Musée d’Aquitaine

 

Le collège de Guyenne est à la fois un lieu de vie, pour les élèves et les professeurs, et un lieu de bouillonnement pédagogique, philosophique et littéraire. Il s’inscrit par ailleurs dans la vie culturelle de la ville et de la région en contribuant à la circulation des savoirs et des savants, permettant le séjour – plus ou moins long – à Bordeaux de nombreuses figures intellectuelles venues de l’Europe entière. Ses régents, en effet, sont bordelais, parisiens, écossais, portugais…

Nous invitons les contributeurs à s’intéresser à tous les aspects de la vie du collège, à sa place et à son rôle dans la ville et dans la construction des réseaux culturels et savants, à ses grandes figures, qu’il s’agisse des professeurs ou des élèves illustres – ou moins illustres - qui y sont passés, aux relations avec d’autres établissement pédagogiques (comme la fondation de Coimbra).

On pourra ainsi explorer :

- la pratique quotidienne de la pédagogie et le renouveau de la pédagogie humaniste, les méthodes d’enseignement ; les programmes et leur mise en œuvre, les choix doctrinaux, la nature de l’aristotélisme professé, les interactions entre philologie et pédagogie humaniste et tradition universitaire de l’enseignement des arts ; la place particulière des mathématiques (création d’une chaire de mathématiques en 1591 et production de plusieurs textes pédagogiques et traductions en rapport avec les mathématiques) ; la vie littéraire, pratique du théâtre, place des belles lettres, poésie…

- le rôle des régents et leur apport intellectuel, leur production pédagogique et de diffusion des savoirs en latin et en français, les interactions entre leur œuvre écrite et leur travail de régent, leur place dans la société et dans la ville, leur lien avec les milieux intellectuels et littéraires…

- les liens de sociabilité créés ou favorisés par le collège, leur survie.

 

 

Bibliographie indicative

 

Nous n’essayons pas de donner ici une bibliographie exhaustive, mais avons choisi de citer les travaux fondateurs sur la vie intellectuelle en Aquitaine (qui méritent d’être repris et prolongés) et un choix parallèle de publications récentes  qui ont renouvelé l’approche de la question et fournissent des bibliographiques plus détaillées sur leur sujet.

 

Sources imprimées :

- Voir le site Séléné de numérisations de la Bibliothèque Municipale de Bordeaux : http://bibliotheque.bordeaux.fr/in/le-patrimoine/bibliotheque-numerique sur lequel on trouve l’ensemble des textes imprimés chez Millanges que détient la bibliothèque et les ouvrages de droit des juristes locaux.

- Collection « Patrimoine juridique » numérisé par les Bibliothèques universitaires de Bordeaux : http://www.babordnum.fr/collections/show/2

- VINET Elie et GOUVÉA André de, Schola Aquitanica, Bordeaux, Simon Millanges, 1583. Traduction par Louis Massebieau,Programme d’études du Collège de Guyenne au XVIe siècle, Paris, 1886.

- Around Montaigne. A Group of Books reflecting the Intellectual Life of Bordeaux in the Time of Montaigne , Benard Quaritch, 2005.

- La familia de Montaigne, Montaigne Studies, XIII, 1-2, 2001.

- BARCKHAUSEN Henri, Statuts et règlements de l'ancienne Université de Bordeaux (1441-1793) , Bordeaux, impr. Georges Bouchon, 1886. http://www.babordnum.fr/items/show/526

- BARUTEL Florence, Au fil de l’histoire des musées de Bordeaux : des premiers antiques au musée d’Aquitaine , Éditions de l’Entre-deux-Mer, Saint-Quentin-de-Baron, 2015.

- BOUCHON Georges, Histoire d’une imprimerie bordelaise, 1600-1900 , Bordeaux, G. Gounouilhou, 1901.

- CAVALLINI Concetta et FERRER Véronique, Pierre de Brach. Poésie, théâtre, traduction, Fasano, Schena editore, 2018.

- CHALINE Olivier et SASSIER Yves (dir.),Les Parlements et la vie de la cité : XVIe -XVIIIe siècle, Rouen, Publications de l’université de Rouen, 2004.

- CHAMPEAUD Grégory, Le Parlement de Bordeaux et les paix de religion (1563-1600). Une genèse de l’Édit de Nantes , Bouloc, Éditions d’Albret, 2008.

- CHAYES Evelien, « Bibliothèques bordelaises à l’époque de Montaigne », Revue française d’histoire du livre, 138, 2017, p. 53-77.

––, « Le parlement de Bordeaux et les Essais, de l’erreur au jugement. Statut d’autographe et rhétorique », in Bulletin de la Société internationale des Amis de Montaigne, 2015-2, n° 62, p. 35-54.

- CLAUDIN Anatole, Les origines de l’imprimerie à La Réole en Guyenne (1517). Recherches sur la vie et les travaux de Jean le More, dit Maurus de Coutances, imprimeur et professeur de grammaire (1507-1550) , 1894.

––, Origines et débuts de l’imprimerie à Poitiers. Bibliographie des premiers livres imprimés dans cette ville, 1479-1515, avec notes, commentaires, éclaircissements et documents inédits , Paris, A. Claudin, 1897.

- COMPÈRE Marie-Madeleine et JULIA Dominique, « Bordeaux, collège de Guyenne, collège de plein exercice » dans Les collèges français, 16e-18e siècles. Répertoire 1 - France du Midi, Publications de l’Institut national de recherche pédagogique, 1984. 10-1, p. 141-147, https://www.persee.fr/doc/inrp_0000 -0000_1984_ant_10_1_6870

- COOPER Richard, « Histoire et archéologie de la Gascogne antique au XVIe siècle », dans C. Magnien-Simonin et D. Bolher, Méthodes et écritures de l’Histoire, Genève, Droz, 2005, p. 143- 166.

- COURTEAULT Paul, « Les origines de l’imprimerie à La Réole », Revue historique de Bordeaux, 1926, p. 63-71.

Geoffroy de Malvyn, magistrat et humaniste bordelais (1545?-1617) : étude biographique et littéraire, suivie de harangues, poésies et lettres inédites , Paris, Champion, 1907.– Genève, Slatkine reprints, 1981.

- DELPIT Jules, Origines de l’imprimerie en Guyenne, Bordeaux, Imprimerie E. Forastié, 1869.

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–––, Bibliographie des ouvrages imprimés par Simon Millanges : 1572 à 1623, Bordeaux, Société des bibliophiles de Guyenne, 1951 (sec. supplém., Bordeaux, impr. Taffard, 1965).

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–––, Dictionnaire des imprimeurs, libraires et relieurs de Bordeaux et de la Gironde : XV e - XVIII e siècles , Baden-Baden, V. Koerner, 1995.

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–––, Le livre en Aquitaine, XVe- XVIIIe siècles, Biarritz, Atlantica, 1998.

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- DEZEIMERIS Reinhold,De la Renaissance des lettres à Bordeaux au XVIe siècle, discours de réception prononcé à l’Académie de Bordeaux le 17 décembre 1863 , Bordeaux, G. Gounouilhou, 1864, Genève, Slatkine, 1970.

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- FAVREAU Bertrand (dir.), Le Parlement de Bordeaux, 1462-2012. 550 ans d’Histoire du Parlement et du Barreau de Bordeaux , Bordeaux, Chawan, 2014.

- FERRER Véronique et MAGNIEN Catherine, L a Cour de Nérac au temps de Henri de Navarre et de Marguerite de Valois , Cahiers d’Aubigné, Albineana 24, 2012.

- FORD Philip et GREEN Roger P. H, George Buchanan: Poet and Dramatist, Classical Press of Wales, 2009.

- FORD Philip et WATT William, George Buchanan : prince of poets with an edition, text, translation, commentary of the Miscellaneorum liber, Aberdeen, Aberdeen university press, 1982.

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- FRÉLON Élise, Le Parlement de Bordeaux et la “loi” (1451-1547), Paris, De Boccard, 2011.

- GAULLIEUR Ernest, Histoire du collège de Guyenne : d’après un grand nombre de documents inédits , Paris, Sandoz et Fischbacher, 1874.

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- HANLON Grégory, L’Univers des gens de bien. Culture et comportements des élites urbaines en Agenais- Condomois au XVIIe siècle , Pessac, Presses Universitaires de Bordaux, 1989.

- LAGRAVE Henri, MAZOUER Charles et RÉGALDO Marc (dir.),La Vie théâtrale à Bordeaux des origines à nos jours, tome I, Des origines à 1799, Paris, Éditions CNRS, 1985.

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- LABADIE Ernest, Notices biographiques sur les imprimeurs et libraires bordelais des XVIe, XVIIe et XVIIIsiècles, suivies de la liste des imprimeurs et libraires de Bordeaux, et du département de la Gironde au XIX e siècle , M. Mounastre-Picamilh, 1900.

––, Les imprimeurs-libraires de l’ancienne paroisse Sainte-Colombe de Bordeaux , 1899.

- PERY Guillaume, Histoire de la Faculté de médecine de Bordeaux et de l'enseignement médical dans cette ville : 1441-1888 , Paris, O. Doin et Bordeaux, H. Duthu, 1888. http://www.babordnum.fr/items/show/206

- PLAUT Aurélie, De l’ethos « préalable » à l »ethos « discursif » : la construction de la figure du polémiste catholique dans les ouvrages de Florimond de Raemond (1540?-1601) , thèse de doctorat sous la direction de M.L. Demonet, soutenue à Tours en 2009.

––, « L’hôtel particulier et la collection d’antiques de Florimond de Raemond (1540 ?-1601) : un exemple du paraître bordelais à la fin du XVIe siècle », Apparence(s) 3, 2009.

––, « Les principales sources de Florimond de Raemond dans L’Erreur Populaire de la Papesse Jane (1587, 1594) », Journal de la Renaissance, IV, 2006, p. 199-222.

- POUMARÈDE Jacques et THOMAS Jack (dir.),Les Parlements de Province. Pouvoirs, justice et société du XVe au XVIIIe siècle, Toulouse, FRAMESPA, 1996.

- ROUDIÉ Paul, « L’imprimerie et la librairie Millanges en 1624 », RFHL, 39, 1983, p. 73-88.

- TAMIZEY DE LARROQUE Philippe, Essai sur la vie et les ouvrages de Florimond de Raymond, Paris, A. Aubray, 1867.

- TRINQUET Roger, « Nouveaux aperçus sur les débuts du collège de Guyenne : de Jean de Tartas à André de Gouvéa (1533-1535) », Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance, XXVI 3, 1964, p. 510-558.

- VIAUD, Jean-François, Le malade et la médecine sous l'Ancien Régime : soins et préoccupations de santé en Aquitaine, XVI e - XVIII e siècles , Bordeaux, Fédération historique du Sud-Ouest, 2011.



[1] Pantragruel, chap. V, éd. Céard, Defaux, Simonin, Paris, Librairie générale française, 1994, p. 325.

[2] Essais, I, 26, éd. Villey p. 175 et 176.

[3] Il est l’auteur de la Tragedie de Pharaon et autres œuvres poétiques, Paris, N. Bonfons, 1577 et de La tragedie de feu Gaspar de Colligni, jadis amiral de France contenant ce qui advint à Paris le 24 aoust 1572 , [s.l.], [s.n.] [1575].

[4] Le Pimandre de Mercure Trismegiste e la philosophie chrestienne, cognoissance du verbe diuin, et de l’excellence des œuvres de Dieu, aduit de l’examplaire Grec, avec collation de tres-amples commentaires, par Francois Monsievr de Foix, de la famille de Candalle , Bordeaux, Millanges, 1579.

[5] Voir par exemple Florimond de Ræmond, De la couronne du soldat, traduict du latin de Q. Septim Tertullian , Bordeaux, Millanges, 1594 et voir dans le domaine scientifique les traductions et / ou les commentaires d’Elie Vinet (traduction de la Sphère du pseudo-Proclus et scolies latines sur celle de Sacrobosco), ou la traduction d’Hippocrate du grec en latin par le médecin Etienne Maniald ( Hippocratis Chirurgia de Medico ; de vulneribus ; de hæmorrhoidibus ; de fistulis ; de vulneribus capitis, nunc primum Græce restituta, Latinitate donata , et commentariis illustrata, Paris, Libert, 1619).

[6] Dupleix eut une carrière éditoriale entièrement parisienne, chez les Sonnius et ses successeurs, et le Corps de philosophie tiré de la mise en recueil de ses œuvres fut publié par de nombreux imprimeurs une fois les privilèges échus.

[7] De animorum natura, morbis, vitiis, noxis, horumque curatione, ac medela, ratione medica ac philosophica , 1574 ; il est également l’auteur d’un De rheumatismo, catharrho variisque a cerebro destillationibus, et horum curatione libellus , 1577.

[8] Traité de vérole par M. Guillaume Rondelet, lecteur ordinaire en medecine a Montpelier Traduit en francois, et remis au net par Etienne Maniald professeur de medecine, en l’Université de Bourdeaux , 1576.

[9] De partu prodigioso, qui visus est in agro Gradiniano juxta Burdigalam Anno M.D.X.CV mense Augusto Stephani Manialdi in eandem historiam observatio, 1616. .

[10] Commentarii in Organum Logicum Aristotelis, 1616 ; Commentariorum in lib. Arist. de Philosophia, tomus secundus, quo post Organum logicum quaecumque in libris Ethicorum occurrunt difficilia dilucide explicantur , 1620.

[11] En particulier l’Erreur populaire de la papesse Jane, 1587.

[12] Somnium Scipionis, ex libro sexto de Republica Marci Tullii Ciceronis, Elia Vineto Santone interprete , 1579 ; Pup. Virgilii Maronis Georgicon liber II, 1612 ; M.T. Ciceronis, De natura deorum ad M. Brutum. Liber II, 1612.

[13] Martialis Monerii Lemovicis Epigrammata. Elegiae, et odae, Bordeaux, Millanges, 1573.

[14] Premiere partie des sonnets exoteriques, Bordeaux, Millanges, 1578. Ils ont été réédités par Philippe Tamizey de Larroque, en 1872, à Paris, chez C. Gaudin. Voir aussi P. Tamizey de Larroque, et L. Couture, Trois poètes condomois du XVIe siècle : études biographiques et littéraires sur Jean du Chemin, Jean-Paul de Labeyrie, Gérard-Marie Imbert , Paris, Levebre, 1877.

[15] Deux opuscules qui est tout ce qui se trouve d’Athenagore philosophe grec, chrestien, contenant une Apologie pour les chrestiens, aux empereurs Antonin et Commode, et un Traité de la resurrection des morts : l’un et l’autre mis nouvellement de grec en françois, avec quelques observations, par Arnaud Du Ferrier I. C. , 1577.

[17] Les poemes de Pierre de Brach Bourdelois. Divisés en trois livres, Bordeaux, Millanges, 1576.

[18] On pense en particulier à l’œuvre d’Elie Vinet, très variée, dont ce recueil de textes dont le titre est tout un programme : Maison champestre et agriculture […] divisée en cinq parties. La première est l’arpenterie et vraye maniere d’arpenter […] Pour facilement cognoistre la hauteur du soleil et des estoilles, des montagnes, hautes tours, chasteaux & maisons : Et la horologiographie, ou manière de faire quadrans & solaires. Plus est amplement monstre la façon d’embellir les jardins, les entretenir […] Avec le jardin medicinal et la façon d’user de la vertu des herbes & plantes , Paris, chez Robert Foüet, 1607. Dans un tout autre genre et pour un tout autre public : Les declinaisons de tous noms et verbes latins reguliers, et autres. D’avantage l’entiere conjugaison du verbe françois, avecque son exposition latine. Plus la maniere d’instruire les enfants, et la table du livre. Par M. Elie Vinet, sainctongeois. Le tout reveu, corrigé et augmenté en cette dernière impression , Millanges, 1610.

[19] Essais, I, 26, éd. Villey, p. 176.

[20] L’antiquité de Bourdeaus, et de Bourg, presentée au roi Charle neufiesme, le treziesme jour du mois d’avril, l’an mille cinq cens soixante et cinq, a Bourdeaus, et lhors premierement publiée, mais depuis reveuë et augmentée, et a ceste autre impression enrichie de plusieurs figures , Millanges, 1574 ; mais aussi L’Antiquité de Bordeaux et celle d’Angoulême.

[21] Ausonii Burdigalensis opera commentariis illustrata, per Eliam Vinetum, Santonum , Bordeaux, Millanges, 1584.

[22] De Illustribus Aquitaniae viris, Constantino magno usque ad nostra tempora, libellus. Auctore Gab. Lurbeo, I.C. procuratore et syndico civitatis Burdigalensis , Bordeaux, Millanges, 1591 ; Garumna, Aurigera, Tarnis, Oldus, Durannius, Aturrus et Carantonus. Cum onomastico gallico omnium Aquitaniae urbium, additis è regione latinis nominibus, quae apud antiquos scriptores leguntur , Bordeaux, Millanges, 1593 ; Lurbe, Gabriel de, Discours sur les antiquitez trouvees pres le prieure S. Martin les Bourdeaus , Bordeaux, S. Millanges, 1594.

[23] XIII, 1-2, 2001. Voir en particulier, pour le collège de Guyenne, l’article de Rosanna Gorris Camos sur André de Gouvéa, et celui de Philip Ford sur Buchanan.

[24] Revue française d’histoire du livre, Droz, 1996, p. 361-37.

[25] « Histoire et archéologie de la Gascogne antique au XVIe siècle », dans C. Magnien-Simonin et D. Bolher, Méthodes et écritures de l’Histoire, Genève, Droz, 2005, p. 143-166.

[26] « L’hôtel particulier et la collection d’antiques de Florimond de Raemond (1540 ?-1601) : un exemple du paraître bordelais à la fin du XVIe siècle », Apparence(s) 3, 2009 [Online] ; cf. Jean-François Fournier, « L’hôtel de Raymond, rue du Temple à Bordeaux : une représentation inédite », Revue archéologique de Bordeaux, CV (2014), p. 237-240.

[27] Revue Française d’Histoire du Livre, 138, 2017, p. 53-77.

[28] Le Livre en Aquitaine. XVe-XVIIIe siècles, Atlantica, 1998, p. 191.



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