Nathalie Duclos

Professeur
Science politique.
Faculté de Droit, d'Economie et des Sciences Sociales

Institut de recherche juridique interdisciplinaire François Rabelais
  • THESE

    La fin des violences paysannes : les transformations à l'oeuvre dans les mobilisations d'agriculteurs sous la Vème République, soutenue en 1996 à Paris 1, sous la direction de Philippe Braud 

  • Nathalie Duclos, Xavier Crettiez, Violences politiques: théories, formes, dynamiques, Armand Colin et Cyberlibris, 2021, Collection U ( Science politique ), 285 p.  

    Guerres, attentats, violences de masse, mouvements de révolte sociale... l'actualité nationale et internationale est fortement marquée par des manifestations de violences politiques, parfois extrêmes, dans un contexte de transformations profondes de l'ordre mondial. Pour comprendre ces phénomènes et les mettre à distance, cet ouvrage propose une grille de lecture des violences politiques en convoquant les apports de la sociologie politique, de l'anthropologie, de l'histoire, des relations internationales et de la psychologie sociale. Il repose sur trois ambitions. La première est académique et cherche à identifier les grands débats théoriques sur le déclenchement et l'irruption des violences politiques. La deuxième est descriptive, passant en revue la variété des formes de la violence, allant du terrorisme à la guerre en passant par les révoltes de rue ou les massacres collectifs. La dernière est analytique et interroge les logiques de l'engagement individuel et collectif ainsi que celles de la sortie de la violence

    Nathalie Duclos, Courtiers de la paix: les vétérans au cœur du statebuilding international au Kosovo, CNRS éditions, 2018, CNRS éditions α, 343 p. 

    Nathalie Duclos, L'adieu aux armes ?: Parcours d’anciens combattants, Cairn et Karthala, 2016, Recherches internationales  

    La réintégration des anciens combattants dans la vie civile constitue un enjeu majeur des périodes dites post-conflit. L'expérience prouve que les vétérans sont souvent impliqués dans le regain de la violence ou de la guerre. La démobilisation des hommes en armes est devenue aujourd'hui une préoccupation prioritaire pour les organisations internationales qui financent de nombreux programmes de DDR (Désarmement, Démobilisation, Réintégration). Dans une perspective sociologique, cet ouvrage, L'adieu aux armes ? s'intéresse aux trajectoires des anciens combattants, à leurs parcours individuels et collectifs, qu'il saisit "par le bas". Le contexte social et politique de la démobilisation des vétérans n'est pas sans incidence sur leurs trajectoires, notamment en ce qu'il façonne leurs opportunités de réintégration à la vie civile et leur statut dans les figures imaginaires de la cité

    Nathalie Duclos, Dossier pour l'habilitation à diriger des recherches, 2015, 28 p. 

    Nathalie Duclos, War Veterans in Postwar Situations. Chechnya, Serbia, Turkey, Peru, and Côte d’Ivoire, Palgrave Macmillan, 2012, 301 p.   

    Nathalie Duclos, Nathalie Duclos (dir.), War veterans in postwar situations: Chechnya, Serbia, Turkey, Peru, and Côte d'Ivoire, Palgrave Macmillan, 2012, The Sciences Po series in international relations and political economy, 301 p. 

    Nathalie Duclos, David Garibay (dir.), L'adieu aux armes ? Parcours d'anciens combattants: parcours d'anciens combattants, Éditions Karthala, 2010, Recherches internationales, 432 p. 

    Nathalie Duclos, La fin des violences paysannes: les transformations à l'oeuvre dans les mobilisations d'agriculteurs sous la cinquième République, Atelier national de reproduction des thèses, Université Lille 3, 1999, Lille-thèses 

    Nathalie Duclos, Les violences paysannes sous la Ve République, Économica, 1998, Collection Politique comparée, 281 p.   

    Nathalie Duclos, Manifestation et maintien de l'ordre: le débat sur la légitimité de la violence d'Etat (1973-1986), l'auteur, 1990, 128 p. 

    Nathalie Duclos, L'évolution vers un partenariat des relations ONG-Pouvoirs publics pour les questions de développement et de coopération, l'auteur, 1989, 47 p. 

  • Nathalie Duclos, Grégory Daho, Cécile Jouhanneau, « Political Sociology of International Interventions: Peacebuilders and the Ground », Journal of Intervention and Statebuilding, 2019, n°3 

    Nathalie Duclos, Grégory Daho, Cécile Jouhanneau, « Political Sociology of International Interventions: Peacebuilders and the Ground », Journal of Intervention and Statebuilding, 2019, n°3, pp. 249-262 

    Nathalie Duclos, Cécile Jouhanneau, « To Serve and Survey: French Gendarmes as International Police in Peacebuilding Missions in Bosnia and Kosovo », Journal of Intervention and Statebuilding, 2019, n°3, pp. 281-303 

    Nathalie Duclos, « Un nouveau radicalisme agraire ? », Critique internationale , 2006, n° 31, pp. 121-123   

    Nathalie Duclos, « Incertaine réconciliation au Kosovo », Raisons politiques , 2003, n° 9, pp. 141-159    

    Résumé Quelles sont les chances d’une réconciliation entre Serbes et Albanais au Kosovo, dans le cadre de la mission de consolidation de la paix conduite par l’ONU depuis 1999 ? Cette réconciliation est un objectif central des Nations unies, qui tentent de la faire advenir à partir d’une politique de multiethnicité. Mais c’est oublier que le processus de réconciliation doit être endogène et ne saurait être imposé de l’extérieur, d’autant que les conditions de conclusion d’un accord de paix ont failli à mettre véritablement un terme au conflit, chaque partie escomptant à l’avenir l’emporter sur l’autre partie. Un geste de repentance venant des Serbes pourrait peut-être enclencher un processus de réconciliation, mais il bute sur le sentiment de victimisation des Serbes.

  • Nathalie Duclos, « Reconciling British and Irish democratic rights : Union, Empire and the challenge of Irish Home Rule (1870-1914) », le 31 janvier 2019  

    Organisé par Marie-Violaine Louvet, Bairbre Ni-Chiosain, Charlotte Rault, Université Toulouse 1 Capitole (CAS, EA 801) et Philippe Cauvet, Susan Finding, Université de Poitiers (MIMMOC, EA 38120)

    Nathalie Duclos, Grégory Daho, Cécile Jouhanneau, « Introduction de la Section Thématique "Sociologie politique des interventions internationales », Congrès AFSP, ST n° 51 "Sociologie politique des interventions internationales : ce que les "terrains" font aux aceurs de la paix, Aix, le 22 septembre 2015 

  • Nathalie Duclos, Politiques publiques contre la violence : leçons comparatives - IPEV - Colloque de Tunis 

Actualités Publications ENCADREMENT DOCTORAL
  • Antoine Yenk, Le temps et les temporalités des négociations et du processus de paix pendant les Troubles, thèse en cours depuis 2021 en co-direction avec Roger Mac Ginty  

    Ce travail de thèse produit une analyse de la transition de la violence politique au processus de négociation à travers une analyse temporelle du processus de paix nord-irlandais. La thèse propose ainsi de réfléchir à une problématique peu abordée par le monde académique français. Cette réflexion permet de mettre en lumière les stratégies temporelles mises en œuvre par les différents acteurs et ses répercussions sur le processus de paix. Cette thèse vise à fournir une nouvelle perspective sur la temporalité entre l'utilisation de la violence et le calendrier des négociations. Elle s'efforce de favoriser une meilleure compréhension du temps en tant qu'outil d'analyse stratégique et met en évidence ses implications. Pour ce faire, ce travail s'appuie sur une analyse théorique des perceptions du temps et des temploralités dans les conflits et sur une étude de cas (Irlande du Nord). La thèse engage des acteurs politiques, militaires et civils, ainsi que des praticiens de la résolution des conflits, pour recueillir les éléments nécessaires à son élaboration.

    Hadrien Holstein, Militantisme post-conflictuel, reconversion des anciens combattants et ancrage socio-territorial, le cas des vétérans de l'IRA, thèse en cours depuis 2018  

    Analyse du militantisme post-conflictuel des militants républicains de la première génération conflictuelle et de la première génération post-conflictuelle

  • Kamina Diallo, La fabrique des « ex »-rebelles : analyse de la construction institutionnelle, politique et sociale des identités ex-combattantes en Côte d'ivoire, thèse soutenue en 2024 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Richard Banégas, membres du jury : Marielle Debos (Rapp.), Ousmane Zina  

    Cette thèse se penche sur la fabrique politique, institutionnelle et sociale des ex-combattant.e.s rebelles en Côte d’Ivoire après la fin de la crise en 2011. Elle analyse comment le processus d’identification et les identités des ex-combattant.e.s ont évolué dans un contexte post-conflit où une rébellion victorieuse a pris le pouvoir. Au cœur de cette recherche se trouve l’examen de l’influence des politiques de reconstruction post-conflit sur la société ivoirienne actuelle. L’étude s’interroge également sur le rôle de ces politiques dans la mobilité sociale des ex-combattant.e.s et la manière dont elles affectent leur intégration dans la société après leur engagement dans la rébellion. Une attention particulière est accordée à l’importance du genre dans l’analyse des identités et des parcours des ex-combattant.e.s, en particulier des femmes. L’approche adoptée est multiscalaire, explorant les échelles macropolitique, mesoscopique et microsociologique pour saisir la complexité de la construction identitaire des ex-combattant.e.s. La thèse vise à contribuer à une meilleure compréhension des dynamiques post-conflit, des défis de la reconstruction sociale et politique des ex-combattant.e.s et des enjeux identitaires dans les sociétés post-conflit.

    Maria Ghanem, The democratic contributions of political parties that were linked to former armed groups, thèse soutenue en 2023 à Lyon 2 sous la direction de David Garibay, membres du jury : Salvador Martí i Puig (Rapp.), Agnès Maillot et Véronique Dudouet  

    Cette thèse étudie les contributions des partis politiques précédemment liés à des groupes armés à une meilleure démocratie. La prémisse de base de cette étude est que l’engagement sincère de ces partis à faire avancer la démocratie dans les pays où ils émergent, conduit à un changement positif au niveau national, que le parti survive ou non comme institution politique. Une des principales conclusions de cette étude indique que les valeurs fondamentales qui unissent ces groupes en temps de guerre déterminent la façon dont ils mènent leur vie politique en temps de paix. L'étude porte sur quatre partis politiques, l'Alliance démocratique M-19 (AD M-19) en Colombie, le Front de Libération Nationale Farabundo Martí (FMLN) au Salvador, les Forces libanaises (LF) au Liban et le Sinn Féin (SF) en Irlande. La thèse est organisée en 7 chapitres, dont chacun est brièvement décrit dans les paragraphes suivants.Le premier chapitre décrit les motivations qui ont conduit au développement de cette recherche, examine la littérature existante et présente la méthodologie de recherche. Il montre que très peu d'études se concentrent sur la contribution de ces partis au processus de démocratisation des pays dans lesquels ils émergent et soutient qu'un regard plus approfondi sur les réalisations à long terme de ces acteurs, peut nous aider à mieux évaluer le succès de cette transition non pas en termes de succès électoral mais plutôt en termes du rôle de ces partis en tant que forces conduisant à un changement positif. Le chapitre 2 évalue le rôle de ces partis dans l'élargissement des frontières de la gouvernance démocratique. Cela comprend leur rôle dans la direction des efforts visant à promouvoir les droits de l'homme, à plaider pour la protection des libertés essentielles, à contribuer au développement d’une société civile plus dynamique, à promouvoir des élections libres et justes, et à favoriser un système judiciaire plus indépendant. Le chapitre 3 examine le rôle des facteurs exogènes qui échappent au contrôle des partis examinés. Les facteurs pris en compte incluent l'accord de paix, le système électoral, l'environnement politique, les alliances politiques, ainsi que l'expérience politique antérieure. Ce chapitre détermine que le soutien financier joue un rôle clé dans la survie de ces partis. Cependant, il met aussi évidence le fait que si le poids d'un tel facteur est important pour la survie de ces partis, son absence n’affecte pas leur performance en tant qu'agents de changement.Le chapitre 4 est une analyse comparative du fonctionnement interne des quatre cas examinés. En particulier, il se penche sur la démocratie interne, la cohésion, le mode de communication, le financement et le rôle du leadership au sein de ces partis. Ce chapitre révèle que les cas étudiés souffrent d’une faible démocratie interne et montre que la discipline de parti, l'inclusion des femmes, l'attrait ethnique et un leadership fort ont largement contribué au succès électoral de ces partis. Cependant, ces résultats démontrent également que la capacité de ces partis à promouvoir des pratiques démocratiques au niveau national ne semble pas dépendre de ces caractéristiques. Le chapitre 5 présente l'évolution idéologique des quatre cas étudiés. Il montre que, malgré l'adaptation de leurs idéologies aux besoins du contexte d'après-guerre, en tant que partis politiques, ces groupes sont restés dévoués aux engagements moraux qui ont déclenché leurs luttes armées. Cette section démontre que le système de valeurs de ces partis en temps de guerre s'est reflété dans leur comportement d'après-guerre.Les chapitres 6 et 7 présentent l’héritage politique et les dynamiques contemporaines de ces partis, et tirent quelques enseignements d'autres cas similaires.

    Tiffen Le gall, La stratégie de communication du groupe État Islamique, sociologie d'un discours guerrier et violent de propagande et de sa réception par le droit pénal français, thèse soutenue en 2022 à CY Cergy Paris Université sous la direction de Xavier Crettiez, membres du jury : Laurent Bonelli (Rapp.), Olivier Cahn et Gilles Ferragu  

    Dans le sillage du groupe djihadiste Etat Islamique, un discours de propagande à la fois sophistiqué, violent et séduisant, pluri-supports et plurilingue, a investi largement le web 2.0, pour recruter des partisans partout dans le monde, et terroriser les ennemis de l’organisation. Face aux chiffres des départs de français vers la zone irako-syrienne, puis à la vague d’attentats sur le territoire, le droit pénal a dû s’adapter dans l’urgence pour venir endiguer ce phénomène relativement nouveau. Le droit s’était également saisi dans des termes proches mais non identiques de la propagande anarchiste au XIXème siècle.La problématique tournera autour de la compréhension du terme propagande, et de sa réappropriation par l'organisation terroriste djihadiste État Islamique. Elle se penchera sur la compréhension de ce discours, de ses acteurs et de son succès pour terroriser et recruter, afin de comprendre comment la réponse pénale s'est construite en opposition à ce phénomène. On cherchera à comprendre comment le droit tente d'endiguer ce discours par la prévention et la sanction, en créant et durcissant les infractions relatives à la consultation et à la diffusion de la propagande djihadiste, et comment la justice l'utilise pour condamner les aspirants djihadistes. On s’interrogera sur la participation de cette justice à la construction de ce que la doctrine appelle un droit pénal de l'ennemi. L'axe principal de la recherche tournera donc autour de la compréhension et l'analyse de ce discours, qui terroriste et recrute, et sa réception du point de vue de la société pénale. Nous analyserons dans un premier temps le discours proposé par l'État Islamique et ses acteurs, afin de comprendre comment celui-ci a émergé, quels sont les moyens mis en place pour le diffuser, mais surtout pour décrypter comment celui-ci parvient à terroriser et recruter. Dans un second temps, nous étudierons les politiques préventives et pénales mises en place pour lutter et endiguer ce phénomène, notamment les sanctions qui s'appliquent aux personnes qui consultent et relaient ces fichiers. Nous nous intéresserons à la manière dont l'émergence d'un discours violent peut contraindre le droit pénal à se saisir dans l'urgence d'un phénomène nouveau en s'appuyant sur un versant avant tout sécuritaire et punitif, préférant placer la sanction en amont de l'infraction. Il apparait que la justice et le droit vont lutter mais aussi utiliser la propagande : on va lutter en créant de nouvelles infractions en lien avec la propagande et sa consultation, sa diffusion, et durcir l'infraction d'apologie du terror isme ; et également l'utiliser à des fins de condamnation durant les procès ; consulter, relayer de la propagande devient un élément à charge mais aussi une infraction à part entière.Mots-clés : propagande, radicalisation, justice pénale, droit pénal de l’ennemi, antiterrorisme

    Ardijan Sainovic, Acteurs locaux et acteurs internationaux dans la construction de l’Etat. : Une approche interactionniste du cas du Kosovo, thèse soutenue en 2017 à Bordeaux sous la direction de Daniel C. Bach, membres du jury : Franck Petiteville (Rapp.), Brigitte Vassort-Rousset, Philippe Claret et Gilles Bertrand  

    Comment les intervenants internationaux peuvent-ils (re)construire des institutions légitimes après un conflit intra-étatique ? En d’autres termes, quels facteurs déterminent le résultat du statebuilding post-conflit ? D’un côté, l’approche dominante, dite « technique », soutient que des ressources significatives (financières, humaines, politiques) permettent aux intervenants internationaux de construire les institutions voulues. Au Kosovo, les acteurs internationaux ont établi une administration internationale dotée de pouvoirs exécutifs et des ressources étendues et maintenues tout au long du processus. Or, le bilan du statebuilding est mitigé. D’un autre côté, le paradigme de la « paix libérale » affirme que la libéralisation (politique et économique) contribue au résultat limité des opérations post-conflit car elle est mal appliquée, illégitime voir dangereuse pour les sociétés sortant de conflits violents. Cette approche néglige aussi bien les facteurs internes que les variations dans les intentions internationales et se base, comme l’approche technique, sur un postulat implicite (erroné) de l’asymétrie porteuse de rapports de pouvoir qui favoriseraient les intervenants internationaux. En conséquence, ces approches ignorent la manière dont les acteurs locaux peuvent résister aux normes et objectifs internationaux.Pour expliquer les variations du résultat du statebuilding international, nous proposons un modèle théorique alternatif en modélisant une approche multicausale et séquentielle d’un jeu à deux niveaux. Notre thèse est la suivante. Les variations dans l’issue du statebuilding sont fonction des interactions stratégiques, elles-mêmes déterminées par les changements dans les préférences et les relations de puissance entre les intervenants internationaux et les élites politiques locales. Le statebuilding est étudié comme un processus interactif, mettant en relation potentiellement trois acteurs clés qui dominent le paysage politique post-conflit. Dans ces conditions, le statebuilding est un succès uniquement si les réformes internationales ne menacent pas le pouvoir politique des élites locales – pouvoir qui s’appuie sur deux piliers, le nationalisme et les pratiques informelles – et que les acteurs internationaux ont mobilisé suffisamment de ressources pour amener les élites locales à adopter et appliquer les réformes désirées.Or, le cas du Kosovo montre que les préférences des acteurs ne s’alignent que très rarement. Le statebuilding international a été instrumentalisé et miné par les préférences divergentes et contradictoires entre les principaux acteurs clés. Les acteurs internationaux ont voulu créer un Etat démocratique et multinational, mais ont privilégié la stabilité car ils ont été confrontés à des élites politiques locales – kosovar-albanaises et kosovar-serbes – préoccupées par le pouvoir et la domination de leur groupe sur autrui et par le maintien du leadership à l’intérieur de leur propre groupe. Entraînant ainsi une multiplication des autorités et à une fragmentation de la légitimité : deux systèmes politiques et sociaux persistent et empêchent la cohésion et le caractère multinational de l’Etat. L’intervention de l’UE a permis de changer le jeu en contribuant à apaiser la situation sur le terrain. Mais des tensions persistent, confortant le compromis.

    Fuad Pashayev, La médiation dans la résolution des conflits internationaux : Martti Ahtisaari à Aceh et au Kosovo, thèse soutenue en 2017 à Paris 1 sous la direction de Thomas Lindemann, membres du jury : Anne Dulphy (Rapp.), Daniel Castro Rojas et Grégory Daho  

    Cette recherche analyse la médiation dans la résolution des conflits internationaux, à partir de deux interventions médiatives de Martti Ahtisaari, au milieu des années 2000. Cet ancien secrétaire général-adjoint des Nations unies, ancien président finlandais, prix Nobel de la paix 2008, se voit comme l'homme du centre et non l'homme du milieu. Il se perçoit intimement comme l'homme-de de la paix, son véritable co-décideur. Cette étude dévoile sa coulisse médiative selon une approche empruntée à E. Goffman. Ce travail s'appuie sur une trentaine d'entretiens, réalisées avec des personnalités impliqués dans le deux médiations. Notre approche donne la parole aux «adversaires médiatifs» du célèbre finlandais sous-représentés dans la littérature disponible, à l'instar de l'expert australien Damien Kingsbury. Nous avons aussi mobilisé des images animées ou fixes ; certaines sont inédites. La thèse examine les rapports entre médiation et négociation, via le rôle de divers acteurs internationaux, comme le ONG, l'UE, les États-Unis et l'ONU.

    Bilel Ainine, Islam politique et entrée en radicalité violente. Le cas des salafistes radicaux violents algériens, thèse soutenue en 2016 à Université ParisSaclay ComUE sous la direction de Xavier Crettiez, membres du jury : Gilles Dorronsoro (Rapp.), Luis Martinez et Emmanuel Blanchard  

    Résumé : Cette thèse s’intéresse à la question de la radicalisation violente chez les salafistes algériens. Elle tente de comprendre comment s’effectue le glissement d’un militantisme (ou d’une sympathie) en faveur d’un islam politique légal, vers un activisme clandestin versé dans l’action violente sous le seau du djihad armé. Saisir le cheminement de cette entrée en radicalité, nous amène d’abord à réfléchir sur la radicalisation de la pensée religieuse comme première étape du processus étudié. L’engagement au profit du djihad est ensuite tributaire d’une construction (ou reconstruction) identitaire fondée sur un renversement moral de l’ordre socioreligieux établi. Les représentationsqui en émanent sont le produit d’une socialisation de l’individu à une pensée radicalisée qui, lorsqu’elle est combinée à d’autres variables facilitatrices ou incitatrices, le prédispose à passer à l’acte. Ainsi, au niveau macro, les opportunités/menaces agissent comme des facteurs facilitateurs ou précipitateurs dans l’engagement armé ; la répression et la fermeture du champ politique sont à ce titre, les variables les plus redondantes dans l’explication de l’entrée en radicalité chez les salafistes algériens. Au niveau méso et micro, l’influence des réseaux préconstitués (organisations armées, réseaux de soutiens logistiques…) et des liens sociaux (amis, voisins, famille…) pèse lourdement sur le choix de l’engagement collectif et individuel. Enfin, les chocs moraux et les récits mémoriels sur la répression subie peuvent aussi nous éclairer à saisir un certain nombre de trajectoires de radicalisation violente chez les djihadistes algériens

  • Philippe Eyebe Awono, Opérations de paix, action humanitaire et sécurité humaine en Afrique francophone : la dialectique de l'urgence et du développement pérenne en République centre-africaine, République démocratique du Congo et au Mali, thèse soutenue en 2021 à Lyon sous la direction de François David, membres du jury : Thierry Balzacq (Rapp.), Frédéric Turpin (Rapp.), Valérie-Barbara Rosoux, David Cumin et Marie-Eve Desrosiers    

    En mobilisant une approche comparée entre la République Centrafricaine, la République Démocratique du Congo et le Mali, cette thèse propose une analyse critique des processus de sortie de crise et de reconstruction en Afrique tels que mis en route par les opérations de paix. Il en ressort une analyse désenchantée de la pratique du maintien de la paix en Afrique menée pour la plupart sous le prisme de l’urgence. Le paradigme de l’urgence plutôt producteur d’une paix négative, notamment l’arrêt circonstanciel des hostilités et la quasi-victoire militaire est soumis à la rude épreuve de la gouvernance et des calculs des acteurs qui hypothèquent la sortie durable des crises et la paix positive. La thèse renouvelle les études sécuritaires africaines et décrypte les dynamiques profondes qui informent les mécanismes de maintien de la paix. Des mécanismes qui n’offrent finalement pas une chance à la sécurité humaine de prendre corps dans ces pays, car les préalables en termes de stabilisation efficace restent limités.

    Johanna María González Mojica, Les FARC et la lutte pour la reconnaissance : aspects symboliques, émotionnels, moraux et identitaires de la violence armée en Colombie, thèse soutenue en 2013 à Bordeaux 4 sous la direction de Thomas Lindemann, membres du jury : David Garibay (Rapp.), Xavier Crettiez (Rapp.), Jacques Faget et Olivier Dubos  

    RESUME en français : La confrontation armée en Colombie se distingue par sa durée, son intensité et sa complexité. L’un des acteurs principaux de cet affrontement est la guérilla des FARC. Leur étude, à partir de la théorie de la reconnaissance d’Axel Honneth, permet de prendre en compte le rôle des besoins de reconnaissance, exprimés par ce groupe et ses membres, dans le développement du conflit. En effet, la violence guérillera plonge ses racines dans des dénis de reconnaissance dans les sphères de l’affection (maltraitance infantile, violence intrafamiliale, exactions des groupes armés), du droit (privation de droits-exclusion) et de la solidarité (indignité-injustice). Les aspects de la lutte pour la reconnaissance, menée par ce mouvement, ont évolué dans le temps, en fonction des interactions avec d’autres acteurs comme le gouvernement colombien et des variables comme le narcotrafic, passant d’une lutte pour l’obtention de la dignité et de l’égalité, à une lutte pour le prestige et l’affirmation d’identités idéalisées.