Christophe Voilliot, Christophe Le Digol, Virginie Hollard, Raphaël Barat (dir.), Histoires d'élections: représentations et usages du vote de l'Antiquité à nos jours, CNRS éditions, 2025, 480 p.
L'élection est de nos jours une pratique si familière qu'elle pourrait sembler consubstantielle à la démocratie et à la politique. Le bulletin de vote, l'urne ou l'isoloir sont devenus les compagnons habituels de l'électeur, à tel point qu'on peine à imaginer une élection sans eux. Or, de l'Antiquité romaine à la Ve République, de la monarchie française à la Venise du XVIIIe siècle, on découvre non seulement que l'élection est présente là où on ne soupçonnerait pas son existence, mais qu'elle recouvre une grande variété de pratiques et de sens : vote auriculaire à l'oreille d'un secrétaire, « à la ballotte » par boule d'approbation ou de réjection, vote à main levée, par appel nominal, par correspondance, par procuration ou plus récemment par voie électronique, etc. De même, en portant son attention au-delà du champ politique, l'ouvrage explore d'autres univers sociaux au sein desquels l'élection, bien présente, prend encore d'autres formes et d'autres significations : l'Église, la justice, l'université, le champ syndical, etc. Comment alors penser l'élection en tenant compte de l'ensemble de ces expériences sociales et politiques ? Histoires d'élections, en associant historiens et politistes, est une histoire polyphonique où coexistent et s'entremêlent à travers le temps et l'espace des pratiques et des représentations bien plus variées que l'élection contemporaine ne le laisse supposer
Christophe Voilliot, Frédéric Louault, Cédric Pellen, Bouchra Daoudi, Alfonso Myers Gallardo [et alii], La défaite électorale: productions, appropriations, bifurcations, Presses universitaires de Rennes, 2022
Christophe Voilliot, Pierre Allorant, Raluca Alexandrescu, Éric Anceau, Walter Badier [et alii], Les Dix décisives: 1869-1879, Presses universitaires de Rennes, 2022
« Belle Époque », « Trente glorieuses », « Années de plomb » : les noms de période ont servi aux historiens de « divisions imaginaires du temps ». Peut-on parler des « Dix décisives » pour la décennie 1869-1879, soulignant ainsi la continuité de l'influence libérale ? Cent cinquante ans après l'effondrement du Second Empire, de l'écrasement de la Commune de Paris et de la lente et incertaine conquête de la République, la décennie 1869-1879 mérite d'être revisitée. Le temps est venu d'offrir une synthèse renouvelée, prolongée d'une réflexion mémorielle sur les ressorts de l'établissement de « la plus longue des Républiques ». Quel est le moment décisif ? Sans doute celui durant lequel les choses se décident, où les acteurs sortent du provisoire, saisissent l'opportunité de l'instant de la décision. Les « Dix décisives » s'inscrivent en amont de l'installation durable de la Troisième République, enfin solidement aux mains des républicains : l'alliance politique et intellectuelle entre républicains modérés et libéraux orléanistes, préparée par une maturation et des échanges intellectuels, a servi de clé de voûte à la fondation durable de la République parlementaire en France
Christophe Voilliot, Christophe Granger, Laurent Le Gall, Sébastien Vignon, Patrick Champagne [et alii], Voter au village: les formes locales de la vie politique, XXe-XXIe siècles, Presses universitaires du Septentrion, 2021, Paradoxa, 310 p.
Christophe Voilliot, Serge Aberdam, Lluís Roura i Aulinas, Ludivine Bantigny, Yannick Beaulieu [et alii], Extrême ?: identités partisanes et stigmatisation des gauches en Europe (XVIIIe-XXe siècle), Presses universitaires de Rennes, 2019
En inventant la droite et la gauche comme forme de positionnement politique, la Révolution française voit poindre, aux confins d'un échiquier ainsi redéfini dès la fin de 1789, des formes de radicalité qui ont contribué à rendre le débat plus tendu. En même temps que la politique naît une forme d'« extrémisme » à droite comme à gauche, qui se caractérise par une grande attention théorique tout autant que par des pratiques de rupture avec le débat supposé plus calme des Assemblées. Les actes de ce colloque se proposent d'interroger la notion d'« extrême » depuis son apparition dans le débat révolutionnaire jusqu'à ses plus récentes manifestations, en France ou en Italie par exemple, où une gauche radicale a pu se manifester et continue d'exister sous différentes formes. Ce sont de multiples facettes de cette réalité mouvante qui sont ici proposées et étudiées. Qu'en est-il d'une définition précise de l'« extrême » ? Est-ce une posture idéologique revendiquée dans une Assemblée représentative ? Ou bien, de par sa radicalité, ne peut-elle se déclarer que dans un espace autre, celui de la militance, de la société civile et de l'action sociale ? Est-elle une réalité homogène ou bien à son tour traversée de nuances, voire d'oppositions qui la divisent ? Ne serait-elle pas plutôt une réalité et un mot imposés par ses détracteurs inquiets ou agressifs, sous la forme d'un stigmate visant à décrédibiliser depuis deux cents ans ceux dont la politique est dite d'« extrême gauche » ? « Extrême » devient alors un stigmate qui permet de ranger sous un même mot le terroriste, le partageux, la pétroleuse, ou le militant syndical trop actif. Qu'en est-il des acteurs de cette radicalité de gauche ? Qu'en est-il des systèmes de représentations qui, depuis plus de deux cents ans, tentent de la marginaliser au nom d'une politique du bon sens, au nom d'un centre modéré rejetant à sa périphérie celles et ceux qui sont considérés comme des dangers pour l'ordre public et social ? Il s'agit ici d'ouvrir des pistes pour inscrire dans l'histoire du politique cette réalité de la gauche « extrême », ces combats d'images, ces luttes de mots, autour d'une pensée et d'une pratique de gauche dont on essaie de savoir si elle est « extrême » parce que décalée par des discours dominants faisant de la modération l'objet de l'ordre politique
Christophe Voilliot, Christophe Le Digol, Virginie Hollard, Raphaël Barat, Histoires d'élections , 2018
L’élection est de nos jours une pratique si familière qu’elle pourrait sembler consubstantielle à la démocratie et à la politique. Le bulletin de vote, l’urne ou l’isoloir sont devenus les compagnons habituels de l’électeur, à tel point qu’on peine à imaginer une élection sans eux.
Or, de l’Antiquité romaine à la Ve République, de la monarchie française à la Venise du XVIIIe siècle, on découvre non seulement que l’élection est présente là où on ne soupçonnerait pas son existence, mais qu’elle recouvre une grande variété de pratiques et de sens : vote auriculaire à l’oreille d’un secrétaire, « à la ballotte » par boule d’approbation ou de réjection, vote à main levée, par appel nominal, par correspondance, par procuration ou plus récemment par voie électronique, etc. De même, en portant son attention au-delà du champ politique, l’ouvrage explore d’autres univers sociaux au sein desquels l’élection, bien présente, prend encore d’autres formes et d’autres significations : l’Église, la justice, l’université, le champ syndical, etc. Comment alors penser l’élection en tenant compte de l’ensemble de ces expériences sociales et politiques ?
Histoires d’élections, en associant historiens et politistes, est une histoire polyphonique où coexistent et s’entremêlent à travers le temps et l’espace des pratiques et des représentations bien plus variées que l’élection contemporaine ne le laisse supposer.Sommaire : Pages de début (p. 1-4)| Introduction (p. 5-15)| 1. Tirage au sort et égalité des voix dans les élections romaines (p. 19-38)| 2. Le vote « par correspondance » à Rome Enjeux et réalités d’une pratique singulière (p. 39-56)| 3. Le contrôle aristocratique des élections : le rôle du président des comices (p. 57-71)| 4. Le concile de Bâle (1431-1449) ou la systématisation des élections (p. 73-89)| 5. Théories et pratiques électorales des ursulines de Québec entre 1639 et 1708 (p. 91-112)| 6. Savoir-faire et renouveau électoral : l’expérience des assemblées provinciales de 1778 et 1787 (p. 113-137)| 7. Une technologie démocratique ? L’invention du bulletin de vote (1500-1900) (p. 139-151)| 8. Élections et réformes dans la République de Venise Le procès des patriciens Contarini et Pisani pour fraude électorale en 1780 (p. 155-168)| 9. Pratiques électives et culture politique Le cas de l’élu de la noblesse aux états de Bourgogne (xviie-xviiie s.) (p. 169-183)| 10. Universitas electorum. L’université de Paris comme laboratoire politique aux derniers siècles du Moyen Âge (p. 185-202)| 11. L’élection comme vocation et comme stratégie Deux affaires de la fin du xviie siècle (p. 203-224)| 12. Les élections dans les communautés régulières médiévales (p. 227-254)| 13. L’élection épiscopale à la fin du Moyen Âge Individus, corps et société (p. 255-268)| 14. Voter à la diète du Saint-Empire (1532-1555) Consentir et s’opposer à la décision collective (p. 269-283)| 15. Élire un roi Échec d’un processus de légitimation en 1593 (p. 285-306)| 16. Du mandat impératif au mandat représentatif La formation d’une première division du travail politique (1789-1791) (p. 307-323)| 17. Légitimités contradictoires, légitimités croisées Les élections prud’homales, de leur généralisation à leur suppression (p. 325-343)| 18. Le syndicalisme à l’épreuve des urnes Éléments pour une sociologie politique de la « démocratie sociale » (p. 345-358)| 19. Les élections sacerdotales, sous la République romaine Un exemple de politisation et de démocratisation ? (p. 361-374)| 20. L’utilisation du troisième livre du Traité des lois de Cicéron dans les débats sur le vote par billet pendant la crise de 1707 à Genève (p. 375-394)| 21. L’impossible vote à Québec (1663-1677) La fronde électorale d’un gouverneur ? (p. 395-417)| 22. Passé et présent de l’élection dans l’œuvre romanesque d’Émile Zola Quelques remarques provisoires (p. 419-434)| 23. Processus de politisation et constitution d’une scène électorale municipale à Roubaix (1892-1896) (p. 435-453)| 24. Le « bilan largement positif » des élections de 1987 Enjeux politiques de l’organisation et de la contestation d’un scru
Christophe Voilliot, Le département de l'Yonne en 1848: analyse d'une séquence électorale, Éditions du Croquant, 2017, Collection Sociologie historique, 237 p.
Christophe Voilliot, Alain Garrigou, Sylvie Aprile, Patrick Lehingue, Hélène Michel [et alii], L'analyse configurationnelle des élections, suivie de quelques considérations personnelles sur le département de l'Yonne, 2017, 400 p.
Christophe Voilliot (dir.), L'ordre électoral: savoirs et pratiques, Société d'histoire de la révolution de 1848 et des révolutions du XIXe siècle, 2011, Revue d'histoire du XIXe siècle, 206 p.
Christophe Voilliot, Éléments de science politique, l'Harmattan, 2010, Logiques politiques, 206 p.
Christophe Voilliot, La candidature officielle: une pratique d'État de la Restauration à la Troisième République, Presses Universitaires de Rennes, 2005, Collection Carnot, 298 p.
Christophe Voilliot, Bernard Lacroix, La candidature officielle en France de la Restauration aux débuts de la Troisième République: retour sur l'historiographie d'une pratique d'Etat,, 2002, 558 p.
La "candidature officielle" prend d'abord la forme d'une technologie de sortie de la crise qui marque les débuts de la Seconde Restauration dans les années 1815-1816. A cette occasion se mettent en place des mécanismes de sélection des candidats dont la mise en regard avec les pratiques administratives et les pratiques électorales lors des élections à la Chambre des députés ayant suivi la dissolution de septembre 1816 conduit à une définition préalable de la "candidature officielle" comme une tentative de contrôle centralisé des nominations à effectuer. Ces pratiques sont ensuite étudiées sous l'angle des conjonctures gouvernementales et des configurations électorales susceptibles de favoriser leur récurrence puis la généralisation de leur usage dans le cadre de l'extension du suffrage à partir de 1848. Cette généralisation des pratiques de la "candidature officielle" s'accompagne de l'émergence d'un travail électoral des agents de l'Etat. La dernière partie de ce travail est consacrée à l'euphémisation des pratiques de la "candidature officielle" à travers l'étude des différentes formes de contestation dont elles furent l'objet et la persistance de formes de candidatures recommandées ("candidature officieuse"), jusqu'au tournant du XXe siècle.
Christophe Voilliot, « Nanterre 2021 : à la recherche des traces du mouvement du 22 mars », Spécificités, Spécificités, 2025, n°19, pp. 192-198
Christophe Voilliot, « Julien Rycx, Georges Laguerre, un Bel-Ami en politique (1858-1912) : Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2023 », Revue d’histoire du XIXe siècle, Revue d’histoire du XIXe siècle, 2024, n°68, pp. 232-233
Christophe Voilliot, « Frinault (Thomas), Karila-Cohen (Pierre), Neveu (Érik) – Qu’est-ce que l’opinion publique ? Dynamiques, matérialités, conflits. – Paris, Gallimard, 2023 (Folio essais). 500 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2024, n°73, pp. 512-513
Christophe Voilliot, « Une histoire sensible du corps préfectoral », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2024, n°73, pp. 340-343
Christophe Voilliot, Christophe Le Digol, Émilie Rosenblieh, « Élection et tirage au sort, pratiques d’hybridation », Genèses. Sciences sociales et histoire, Genèses, 2024, n°134, pp. 3-11
Christophe Voilliot, Christophe Le Digol, Émilie Rosenblieh, « Election et tirage au sort, pratiques d'hybridation », Genèses. Sciences sociales et histoire, Belin, 2024, n°134, pp. 3-11
Christophe Voilliot, « 1. L’opération électorale », Repères, Repères, 2024, n°3e éd., pp. 0993-7625
Christophe Voilliot, « Comment compter les voix ? : Considérations actuelles sur l’arithmétique des élections », Raison publique, Raison publique, 2023, n°26, pp. 153-167
Christophe Voilliot, « L’entreprise comme lieu de pouvoir politique : la discipline électorale au Creusot à la fin du XIXe siècle », Entreprises et histoire, Entreprises et histoire, 2021, n°104, pp. 213-217
Christophe Voilliot, « Martin-Gay (Bruno) – Le coup d’État en permanence ? L’agent public et l’enjeu césarien de la candidature officielle sous le Second Empire. – Paris, Éditions de Boccard, 2015 (Romanité et modernité du droit). 394 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2019, n°69, p. -
Christophe Voilliot, « Corder (J. Kevin), Wolbrecht (Christina) – Counting Women’s Ballots. Female Voters from Suffrage through the New Deal. – New York, Cambridge University Press, 2016 (Cambridge Studies in Gender and Politics). 316 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2018, n°68, p. -
Christophe Voilliot, « Free jazz made in France. Contribution à l’étude des dynamiques de radicalisation dans la France des années 1960 et 1970 », Politix, Politix, 2018, n° 120, pp. 179-200
Cet article est une contribution à l’analyse des phénomènes de surenchère à la radicalité à partir de l’étude des musiciens qui se sont réclamés de l’esthétique du free jazz en France. Si l’assignation à la radicalité de ce courant musical est d’abord le fruit d’un transfert et d’une réception complexe et décalée d’une forme musicale apparue aux États-Unis par ses commentateurs français, elle fait aussi écho à l’engagement politique de musiciens dans le contexte du « mai » français et du désengagement lié au reflux militant des années 1970. En les restituant, à partir de témoignages et de l’étude de la presse musicale et militante de l’époque, cet article tente de reconstruire une dynamique de radicalisation à la fois originale et partiellement oblitérée.
Christophe Voilliot, « Pour une analyse configurationnelle des élections. Norbert Elias et le vote. », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2018, n°109
Christophe Voilliot, « Dubasque (François), Kocher-Marbœuf (Éric), dir. – Terres d’élections. Les dynamiques de l’ancrage politique. 1750-2009. – Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2014 (Histoire). 426 p. Figures. Index », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2015, n°65, p. -
Christophe Voilliot, « Les candidatures gouvernementales sous la IIIe République », Parlement, Revue d'histoire politique, Parlement, Revue d'histoire politique, 2015, n°22, pp. 161-167
Christophe Voilliot, « Des candidatures officielles en 1871 ? Du constat de l'impossible à l'hypothèse du pensable », Parlement, Revue d'histoire politique, Parlement, Revue d'histoire politique, 2012, n°16, pp. 11-22
RésuméComment expliquer la persistance d’un soupçon historiographique concernant l’existence de “candidatures officielles” lors des élections nationales de février 1871 ? En nommant des “préfets de combat”, dont beaucoup avaient participé à l’organisation des listes officielles et dont certains d’entre eux avaient été élus en avril 1848, Gambetta a pu donner l’impression à ses contemporains qu’il s’apprêtait à rejouer la partition de son prédécesseur Ledru-Rollin. Cette hypothèse a longtemps été intégrée dans les logiques de calcul des acteurs… Elle a ensuite été consolidée par l’historiographie immédiate, dont les écrits sont en règle générale peu favorables à Gambetta, et par les travaux de la commission d’enquête sur le Gouvernement de la Défense nationale.
Christophe Voilliot, « Malandain (Gilles) – L’introuvable complot. Attentat, enquête et rumeur dans la France de la Restauration. – Paris, Éditions de l’EHESS, 2011 (En temps & lieux). 336 p », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2011, n°61, p. -
Christophe Voilliot, « DÉLOYE (Yves), IHL (Olivier) – L’acte de vote. – Paris, Presses de Sciences Po, 2008. 568 p. Bibliogr. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2008, n°58, p. -
Christophe Voilliot, « KARILA-COHEN (Pierre), L’État des esprits. L’invention de l’enquête politique en France (1814-1848), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. Carnot , 2008,402 pages, index, bibliographie. », Politix, Politix, 2008, n°83, pp. 239-242
Christophe Voilliot, « La figuration de l'élection dans l'espace social d'un roman balzacien : Le député d'Arcis », A contrario, A contrario, 2003, n°1, pp. 32-51
RésuméPar l’analyse simultanée des structures narratives et des problèmes de composition du roman de Balzac, Le député d’Arcis, cet article veut faire apparaître les contraintes spécifiques d’une représentation littéraire de l’opération électorale dans la France de la Monarchie de Juillet. Forme non contrôlée scientifiquement d’objectivation d’une séquence électorale, l’écriture romanesque dessine expérimentalement une configuration électorale dont l’analyse permet la mise au jour des présupposés du romancier sur les processus électifs de cette époque et en retour permet d’appréhender l’espace social du roman.
Christophe Voilliot, Laurent Quéro, « Du suffrage censitaire au suffrage universel : Évolution ou révolution des pratiques électorales ? », Actes de la recherche en sciences sociales, Actes de la recherche en sciences sociales, 2001, n°140, pp. 34-40
RésuméL’étude des pratiques électorales à l’occasion des élections à l’Assemblée constituante des 23 et 24 avril 1848 fait apparaître des continuités avec les élections et les pratiques antérieures. Loin d’être une « révolution » dans les pratiques, qui n’auraient ainsi plus grand-chose à voir avec celles inscrites dans les trois modèles de configuration électorale observables lors des élections censitaires de la Monarchie de Juillet (domination notabiliaire, concurrence arbitrée et candidature ministérielle), le suffrage universel apparaît à cette occasion comme un processus complexe par lequel se prolongent, au prix d’adaptations multiples, les formes antérieures de domination et de nomination.
Christophe Voilliot, Laurent Quéro, « Du suffrage censitaire au suffrage universel », Maison des sciences de l'homme, Paris : Maison des sciences de l'homme et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2001, pp. 34-40
Du suffrage censitaire au suffrage universel.
Évolution ou révolution des pratiques électorales?
L'étude des pratiques électorales à l'occasion des élections à l'Assemblée constituante des 23 et 24 avril 1848 fait apparaître des continuités avec les élections et les pratiques antérieures. Loin d'être une «révolution» dans les pratiques, qui n'auraient ainsi plus grand-chose à voir avec celles inscrites dans les trois modèles de configuration électorale observables lors des élections censitaires de la Monarchie de Juillet (domination notabiliaire, concurrence arbitrée et candidature ministérielle), le suffrage universel apparaît à cette occasion comme un processus complexe par lequel se prolongent, au prix d'adaptations multiples, les formes antérieures de domination et de nomination.