• THESE

    Le consensus communautaire contre l'intégration intercommunale : séquences et dynamiques d'institutionalisation de la Communauté Urbaine de Lille (1964-2003), soutenue en 2005 à Lille 2 sous la direction de Frédéric Sawicki 

  • Fabien Desage, Clément Barbier, Vianney Schlegel, Janoé Vulbeau, Clément Cayol [et alii], Gouverner les territoires du Nord: capitalisme, race et pauvreté, Presses universitaires du Septentrion, 2025, Espaces politiques, 348 p.    

    Comment penser les transformations des territoires (post-)industriels ? À partir du croisement de recherches en sciences sociales menées depuis le Nord de la France, cet ouvrage propose une approche localisée du changement social. Il éclaire les reconversions de l’économie – industrielle, immobilière et environnementale –, la (re)production des frontières raciales – dans la gestion de la main-d’oeuvre, l’accès au logement et les mobilités transfrontalières – et le gouvernement de la pauvreté – depuis les trajectoires de (dé)cohabitation des jeunes de classes populaires, l’encadrement des usages de drogues et l’expérimentation d’un revenu minimum à l’échelle communale. On y retrouve les élus, techniciens, patrons, militants et habitants qui portent, subissent ou s’opposent aux restructurations des sociétés capitalistes et post-coloniales, bien souvent impulsées au nom d’une transition sans fin, tantôt « tertiaire », « sociale » ou « environnementale ». How can we think about the transformations of (post-)industrial areas? Based on a cross-section of social science research carried out in Northern France, this book adopts a local perspective on social change. It first sheds light on the restructuring of industrial, real estate and green economies, then on the (re)production of national and racial boundaries considering labour, housing, and international mobilities, and finally on the government of poverty from the (de)cohabitation trajectories of working-class youth, over the regulation of drug use, to the local experimentation of a universal basic income. It features elected representatives, corporate managers, activists and citizens who are involved in or opposed to the continuous restructuring of capitalist and post-colonial societies, driven in the name of a never-ending transition, whether this shift be to a “service economy” or to a more “sustainable” and “inclusive” urban society

    Fabien Desage, Rémi Lefebvre, Christian Le Bart, Jonathan Bocquet, David Le Bras [et alii], Politiser l'intercommunalité ?: le cas des élections locales de 2020, Presses universitaires du Septentrion, 2023, Espaces Politiques    

    Si l’intercommunalité a été plus présente dans les débats municipaux que lors des campagnes précédentes, les programmes des candidats restent toujours peu précis sur les prérogatives respectives de la municipalité et de la communauté / métropole. Les propositions de campagne ne se réfèrent que très rarement directement aux leviers d’action des EPCI à fiscalité propre et tendent par conséquent à placer le citoyen à distance de la réalité de l’action publique communautaire. En dévoilant les enjeux et les conséquences pour la commune du renforcement du rôle des institutions intercommunales, les candidats craignent d’affaiblir la croyance en la capacité d’action des maires, et donc de nuire à la mobilisation des citoyens autour du scrutin municipal. Face à la progression de l’abstention, les thèmes de la proximité (« tranquillité », « bien vivre », « sécurité ») sont toujours très présents dans les professions de foi et les programmes des prétendants au pouvoir municipal. La démocratie intercommunale reste évanescente

    Fabien Desage, Lorenzo Barrault-Stella, Brigitte Gaïti, Patrick Lehingue, Éric Agrikoliansky [et alii], La politique désenchantée ?: perspectives sociologiques autour des travaux de Daniel Gaxie, Presses universitaires de Rennes, 2022, 372 p.    

    "Cet ouvrage propose une réflexion de politistes et de sociologues qui s'adosse aux travaux de Daniel Gaxie, qu'il s'agisse de ceux sur la représentation et la professionnalisation politiques, sur la politisation des "profanes", sur le militantisme et ses rétributions ou encore sur les luttes au principe de l'action publique. Les textes réunis posent frontalement la question de l'actualisation des apports de cette sociologie politique et ils interrogent les manières de la renouveler." [Source : éditeur]

    Fabien Desage, Michel David, Bruno Duriez, Rémi Lefebvre, Georges Voix [et alii], Roubaix: 50 ans de transformations urbaines et de mutations sociales, Presses universitaires du Septentrion, 2019, Histoire et civilisations en ligne   

    Fabien Desage, Valérie Sala Pala (dir.), Le peuplement comme politiques: [colloque, Lyon et Saint-Etienne, 17 et 18 novembre 2011, Presses universitaires de Rennes, 2019, Géographie sociale, 385 p.    

    La notion de peuplement a refait surface ces vingt dernières années pour qualifier l'action des pouvoirs publics sur la répartition spatiale de populations, en fonction de certaines de leurs caractéristiques sociales, ethniques, religieuses, ou autres, réelles ou présumées. Ce livre interroge la manière dont cette question du peuplement a été historiquement construite, dans des contextes sociaux singuliers, qu'ils soient conflictuels ou apparemment pacifiés, qu'ils renvoient à des régimes démocratiques ou autoritaires

    Fabien Desage, Collectif Degeyter, Antonio Delfini, Fabien Eloire, Sociologie de Lille, 2017   

    À Lille, le récit d’une agglomération reconvertie en métropole tertiaire, culturelle et créative semble avoir chassé les fantômes de la crise économique. Mais, cinquante ans après le début de sa désindustrialisation et sans nier les dynamiques économiques et culturelles nouvelles, la « bifurcation tertiaire » est loin d’avoir tenu ses promesses. Lille est aujourd’hui la grande agglomération régionale la plus ségrégée de France. Les politiques publiques nationales et locales se sont révélées impuissantes à réduire les inégalités sociospatiales héritées du développement industriel et à contrecarrer un chômage persistant. La reconversion tertiaire s’est accompagnée d’une précarisation accrue du marché du travail et de ségrégations renouvelées, tant sur le plan résidentiel que scolaire. Cet ouvrage rend compte de ces transformations, indissociablement politiques, économiques et sociales, qui font de l’agglomération lilloise un site privilégié pour comprendre les dynamiques inégalitaires des villes contemporaines. En couverture : Lille, du quartier de Moulins vers le centre-ville, été 2016 © Sylvie Jetluners.Sommaire : Pages de début (p. 1-2)| Introduction (p. 3-8)| I / De la ville industrielle aux reconversions tertiaires (p. 9-26)| II / La métropolisation comme salut ? (p. 27-42)| III / Sous la métropole, une ville populaire et inégalitaire (p. 43-66)| IV / Des jeunesses confrontées à un espace scolaire segmenté (p. 67-82)| V / Un bastion socialiste ? (p. 83-98)| VI / La culture, entre fiction politique et nouveau mythe urbain (p. 99-110)| Conclusion (p. 111-114)| Repères bibliographiques (p. 115-122)| Pages de fin (p. 123-128).

    Fabien Desage, Émilie Curinier-Biland (dir.), France / Québec: (se) comparer, De Boeck, 2017, 225 p. 

    Fabien Desage, Dominique Duprez, Nicolas Sallée (dir.), Le contrôle des jeunes déviants., Les Presses de l'Université de Montréal, 2017, 258 p.   

    Fabien Desage, Louis Jacob (dir.), Les aménagements de la participation, Lien social et Politiques, 2015   

    Fabien Desage, David Guéranger, La démocratie locale, ils n'en ont pas voulu, 1e éd., Mouvements, 2014, 77, 145156 p.   

    Au moment où se déroulent les élections municipales, on peut se demander pourquoi les structures intercommunales sont si rarement enjeux de débats politiques, alors que leurs prérogatives touchent à une multitude d’aspects de la vie quotidienne. Les auteurs1 replacent cette « dispense démocratique » dans l’histoire de la Ve République, en examinant notamment les positions des élus locaux de gauche et leurs évolutions. Cette histoire souligne le rôle des maires – sorte de « vaches sacrées » de la République – et de leurs logiques corporatistes. Elle appelle à repolitiser les institutions locales et à se mobiliser pour reprendre ce que ces élus ont confisqué, seuls moyens pour que se réalisent à nouveau des politiques locales « de gauche ».

    Fabien Desage, Manuel Schotté (dir.), Politiques du logement, Editions du Croquant, 2013, 126 p. 

    Fabien Desage, David Guéranger, La politique confisquée: Sociologie des réformes et des institutions intercommunales, éditions du croquant, 2011, Collection Savoir-agir, 247 p. 

    Fabien Desage, Frédéric Sawicki, Le consensus communautaire contre l'intégration intercommunale: séquences et dynamiques d'institutionalisation de la Communauté Urbaine de Lille (1964-2003),, 2011, 707 p.    

    Les institutions intercommunales en France sont presque toujours dirigées par des exécutifs collégiaux, associant des représentants municipaux de l'ensemble des formations partisanes . Ce mode de gestion atypique est justifié au nom de la technicité présumée des enjeux intercommunaux et de l'affirmation des politiques d'agglomération qu'il rendrait possible . Notre travail envisage le processus d'institutionnalisation de la CUDL, de sa genèse par les groupes réformateurs dans les annèes 1960, jusqu'à la consolidation d'un régime de " consensus ", terme utilisé par les élus eux-mêmes pour qualifier leurs accords interpartisans . La perspective socio-historique et ethnographique adoptée donne à voir les conditions pratiques de domestication par les maires des réformes successives. Le " consensus ", loin d'aboutir au renforcement de la capacité normative de la CUDL apparaît alors comme le vecteur principal de son maintien sous dépendance municipale et de l'entretien de son déficit démocratique .

    Fabien Desage, Nicolas Bué (dir.), Coalitions partisanes, De Boeck, 2010, 248 p. 

    Fabien Desage, Frédéric Sawicki, Le consensus communautaire contre l'intégration intercommunale: séquences et dynamiques d'institutionalisation de la Communauté urbaine de Lille (1964-2003), Atelier national de reproduction des thèses, Université de Lille III, 2007, Lille-thèses 

    Fabien Desage, Frédéric Sawicki, La bataille des corons : le contrôle du logement minier, enjeu politique majeur de l'après-charbon dans l'ancien bassin du Nord-Pas-de-Calais, Université de Lille 2, Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales, 1999, 224 p. 

  • Fabien Desage, Christelle Morel Journel, Valérie Sala Pala, « Le peuplement : couvrez ce dessein que nous ne saurions voir ? », in Desage, Fabien, Morel Journel, Christelle, Sala Pala, Valérie (dir.), Le peuplement comme politiques, Presses universitaires de Rennes, 2014, pp. 17-34 

  • Fabien Desage, Hadrien Herrault, « De nouveaux logements sociaux trop chers : la fabrique métropolitaine d’un  non-problème  », Espaces et sociétés, Espaces et sociétés, 2025, n°196, pp. 163-181  

    Fabien Desage, Clément Barbier, « En bons partenaires : Permanences et recompositions des liens entre promoteurs immobiliers et acteurs publics (agglomération lilloise, 1945-2000) », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2025, n°74, pp. 317-344  

    Fabien Desage, Tristan Haute, Marie Neihouser, Camille Kelbel, Thomas Soubiran, «  Variables lourdes  et effets de voisinage : Retours sur une enquête à la sortie des urnes à Roubaix », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2024, n°73, pp. 195-225   

    Cet article mobilise une méthode particulière d’analyse des choix électoraux : une enquête à la sortie des urnes à vocation représentative menée lors de l’élection présidentielle de 2022 dans la ville de Roubaix, un territoire à la fois populaire et inégalitaire. Notre enquête a porté sur 35 des 45 bureaux de vote de la ville (4 266 questionnaires). Nous expliquons dans un premier temps qu’il est possible de contenir les biais associés aux enquêtes à la sortie des urnes. Nous présentons ensuite la manière dont ce dispositif permet une étude fine des déterminants sociaux du vote en milieu populaire. Nous montrons enfin que le caractère localisé du dispositif permet de documenter, autrement que par l’intermédiaire de données agrégées, l’existence d’effets de voisinage.

    Fabien Desage, Clément Barbier, Antonio Delfini, « Bâtir ou périr ? : Les inégales (re)conversions de la bourgeoisie industrielle nordiste dans l’immobilier (1945-1990) », Actes de la recherche en sciences sociales, Actes de la recherche en sciences sociales, 2022, n°242, pp. 22-45   

    Les approches globales des transformations du capitalisme soulignent la succession de régimes d’accumulation distincts, un « second circuit » financiarisé post-fordiste ayant remplacé le « premier circuit » industriel et manufacturier. En-deçà de ces mutations macro-économiques bien documentées, cet article éclaire l’inscription localisée et historiquement ancrée de ces transformations, en s’intéressant à l’émergence d’un marché de la promotion immobilière dans l’agglomération lilloise, au tout début des années 1960. Loin d’être la conséquence mécanique de processus externes, celle-ci apparaît largement dépendante des investissements précoces de grands industriels locaux ou de leurs héritiers, mais aussi des reconfigurations de l’action publique locale. La comparaison de quelques trajectoires de (re)conversion immobilière, plus ou moins abouties, donne également à voir le rôle essentiel des positions et des dispositions de ces industriels, qui déterminent leur propension inégale à investir ce nouveau secteur d’activité et à abandonner l’ancien.

    Fabien Desage, Émilie Biland, « Vers un enracinement cosmopolite : Sciences et pratiques de la comparaison internationale », Politix, Politix, 2018, n° 120, pp. 7-35   

    Dans un livre désormais classique, le politiste américain Sydney Tarrow soulignait les ressources internes mobilisées par les militant·e·s engagé·e·s dans des causes transnationales, évoquant des formes de « cosmopolitisme enraciné ». En analysant le développement récent des circulations entre la France et le Québec, cet article montre, de manière symétrique, combien la comparaison internationale constitue une dimension de plus en plus fréquente, voire obligée, de pratiques sociales et politiques ancrées localement et/ou nationalement. Ainsi, et en dépit des multiples différences qui caractérisent ces sociétés si souvent rapprochées, la France et le Québec tendent à former un vis-à-vis comparatif, dont les ressortissant·e·s, chercheur·e·s mais aussi et surtout fonctionnaires, militant·e·s, élu·e·s, journalistes – tendent à se comparer. Défendant une épistémologie réflexive, cet article invite donc les comparatistes savants à interroger leurs propres méthodes, en tenant compte des usages ordinaires de la comparaison parmi leurs enquêté·e·s (qui se comparent, autant qu’on les compare), ainsi que des enjeux internes de ce comparatisme désormais généralisé.

    Fabien Desage, Emilie Biland, « France / Québec : (se) comparer », Politix, De Boeck, 2017, n°120, p. 228 

    Fabien Desage, « Excluded from inclusion: Building social housing in times of austerity and “social diversity” (Quebec/France) », Espaces et sociétés, Espaces et sociétés, 2017, n°o 170, pp. 15-32   

    Over the past decade, in both France and Quebec, the establishment of social housing quotas has become one of the primary instruments used by public authorities to encourage the development of social housing. These quotas are binding in France while only serving as incentives in Quebec, but they proceed from similar rationales, in that they promote social mixing as a goal of public policy and emphasize the “development opportunities” to be provided by private actors amid reduced government spending. Field research conducted in two French metropolitan areas (Nantes and Lille) and one in Quebec (Montréal) suggests that the principle of “social housing quotas” has only been accepted by the mayors of residential municipalities and project developers—its traditional opponents—on the implicit condition that access is restricted to those already living in the municipality (France) or applicants selected by the housing cooperative network (Quebec). In other words, that the most undesirable, stigmatized groups are excluded.

    Fabien Desage, Emilie Biland, « Vers un enracinement cosmopolite. Sciences et pratiques de la comparaison internationale », Politix, De Boeck Supérieur, 2017, n°120, pp. 7-35 

    Fabien Desage, «  Un peuplement de qualité  : Mise en œuvre de la loi SRU dans le périurbain résidentiel aisé et discrimination discrète », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2016, n°VOL. 5, pp. 83-112   

    La lutte contre la ségrégation socio-spatiale fait partie des objectifs affichés des politiques urbaines en France, depuis le début des années 1990 au moins. Longtemps tournée exclusivement vers les « quartiers sensibles », la Loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU) de décembre 2000 semble infléchir la tendance, en obligeant les communes résidentielles périurbaines d’une certaine taille à atteindre progressivement un taux de 20% de logements sociaux minimum. D’abord contournée, l’application de cette loi devient plus effective à partir de 2008. En appuyant sur l’étude de sa mise en œuvre dans l’agglomération lilloise, l’article se propose, dans un premier temps, d’expliquer ce changement d’attitude inattendu des élus concernés. Dans un second temps, en se concentrant sur le cas d’une commune résidentielle supérieure de cette aire urbaine, il pointe la contrepartie essentielle mais discrète de ce ralliement : l’exercice d’une « préférence communale » dans l’attribution des nouveaux logements. Il résulte de cette discrimination discrète que le développement du logement social dans les communes privilégiées, loin d’infléchir les inégalités socio-spatiales à l’échelle des agglomérations, tend plutôt à les renforcer.

    Fabien Desage, Emmanuel Bellanger, Jean Rivière, Patrick Lehingue, « 30 ans après Enjeux municipaux. », Métropolitiques, Métropolitiques, 2014   

    Fabien Desage, Emmanuel Bellanger, Jean Rivière, « Les scrutins municipaux sous le regard des sciences sociales », Métropolitiques, Métropolitiques, 2014   

    Fabien Desage, David Guéranger, « La démocratie locale, ils n’en ont pas voulu », Mouvements : des idées et des luttes, La découverte, 2014, n°77  

    Fabien Desage, « 20 % de logements sociaux minimum, mais pour qui ? : La loi SRU à l'épreuve de la  préférence communale  », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2013, n°24, pp. 35-40  

    Fabien Desage, Manuel Schotté, « Politiques du logement », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2013, n°24, pp. 7-9  

    Fabien Desage, Christelle Morel Journel, Valérie Sala Pala, « Peupler la ville : les politiques de gentrification et bien d’autres choses encore… [coord. du dossier du n°13 de : Métropoles] », Métropoles, ENTPE ; ENS éditions, 2013, p. -  

    Fabien Desage, « La ségrégation par omission ? : Incapacités politiques métropolitaines et spécialisation sociale des territoires », Géographie, économie, société, Géographie, économie, société, 2012, n°14, pp. 197-226   

    RésuméL’étude de la ségrégation socio-spatiale est au cœur de la sociologie urbaine depuis presque un siècle. Si la plupart des travaux se penchent sur ses déterminants individuels ou macro-économiques, l’analyse du rôle des pouvoirs publics dans les dynamiques ségrégatives n’est devenue centrale que plus récemment. Dans cet article, nous revenons d’abord sur le lent développement de « politiques intercommunales de l’habitat » en France, souvent présentées comme un antidote à la ségrégation résidentielle entre communes. Nous montrons cependant que le renforcement de l’action communautaire, spectaculaire ces dernières années, n’est acquis qu’à la condition de préserver la centralité des communes et des maires dans les choix en matière de peuplement. C’est en ce sens qu’on peut parler d’une « ségrégation par omission », qui traduit plus largement l’incapacité politique persistante des structures métropolitaines de mettre en œuvre des politiques redistributives ou planificatrices sur leur territoire.

    Fabien Desage, Murray Edelman, Claire Habart, « L'espace et l'ordre social », Politix, Politix, 2012, n°97, pp. 7-24   

    RésuméCe texte est la traduction inédite d’un article peu connu du politiste américain Murray Edelman (1919-2001), paru en 1978 sous le titre « Space and the Social Order », dans le Journal of Architectural Education. Dans son propos, adressé initialement à des architectes ou étudiants en architecture, M. Edelman interroge le rôle spécifique des espaces et des bâtiments (notamment publics) dans l’institutionnalisation de l’ordre social et, en particulier, dans la réaffirmation des hiérarchies symboliques et des catégories qui le sous-tendent.

    Fabien Desage, David Guéranger, « De quoi l'intercommunalité est-elle le nom ? »: Retour sur une révolution conservatrice, Pouvoirs Locaux : les cahiers de la décentralisation / Institut de la décentralisation, Institut de la décentralisation, 2011, n°90, pp. 15-20   

    Fabien Desage, « L'institutionnalisation des Communautés urbaines : desseins et impasse d'un volontarisme réformateur (1964-1971) », Genèses, Genèses, 2010, n°80, pp. 90-113   

    RésuméDepuis la fin du xixe siècle, le renforcement de la coopération intercommunale apparaît pour des groupes réformateurs centraux comme le moyen de pallier le « morcellement communal » français. À travers une analyse de la genèse de la loi sur les communautés urbaines de décembre 1966, puis de son institutionnalisation dans l’agglomération lilloise, l’article se propose de montrer comment les projections gouvernementales se sont heurtées à des processus complexes de traduction et d’appropriation localisées. Au-delà de l’intercommunalité, cette étude de cas permet d’interroger le volontarisme réformateur et certains de ses impensés sociologiques.

    Fabien Desage, David Guéranger, « La démocratisation de l'intercommunalité n'aura pas lieu », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2010, n°11, pp. 19-27  

    Fabien Desage, « Un régime de grande coalition permanente ? : Éléments lillois pour une sociologie des  consensus  intercommunaux », Politix, Politix, 2010, n°88, pp. 133-161   

    Résumé Les élections municipales de mars 2008 en France ont donné lieu à de nombreuses controverses au sujet des alliances partisanes du MODEM pour le second tour. Quelques semaines après ces élections, pourtant, de nombreux exécutifs de structures intercommunales se mettaient en place, associant les principales formations partisanes de droite et de gauche dans une relative indifférence médiatique. Cet article cherche à éclairer les conditions de possibilité de ces « grandes coalitions », atypiques dans le paysage national. Il s’appuie pour ce faire sur une observation ethnographique réalisée au sein de la CU de Lille au début des années 2000. Loin de résulter d’un dépassement temporaire des clivages ou de la technicité de ces structures, comme aiment à le justifier leurs principaux protagonistes, les « consensus » communautaires reposent sur un ensemble de compromis institutionnalisés. Ils impliquent dès lors toute une machinerie politico-administrative spécialisée dans le règlement des différends à huis clos et dans la dépolitisation partisane des conflits.

    Fabien Desage, Nicolas Bué, « Le  monde réel  des coalitions : L'étude des alliances partisanes de gouvernement à la croisée des méthodes », Politix, Politix, 2010, n°88, pp. 7-37   

    Résumé Cet article retrace les principaux développements dans l’étude des coalitions de gouvernement depuis cinquante ans. Il revient ainsi sur la constitution progressive d’une « théorie des coalitions » comme sous-champ autonome de la science politique internationale. Initialement imprégné du paradigme du choix rationnel et d’un fort positivisme, celui-ci se diversifie avec l’introduction progressive d’études plus qualitatives et, corrélativement, avec la multiplication des variables prises en compte pour expliquer les comportements coalitionnels. Ce bref état de l’art ouvre ensuite à une présentation thématique des articles qui composent ce dossier. Le déplacement du regard que ces derniers opèrent et la perspective sociologique qui les guide permettent d’éclairer de façon originale certains des débats les plus prégnants dans la théorie des coalitions (question de l’unicité partisane, processus d’institutionnalisation et gouvernement des alliances) tout en explorant des pistes plus originales (l’expérience coalitionnelle, l’autonomisation tendancielle du jeu coalitionnel).

    Fabien Desage, « GIRAUD (Olivier), WARIN (Philippe), dir. – Politiques publiques et démocratie. – Paris, La Découverte/PACTE, 2008 (Recherches. Territoires du politique). 430 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2010, n°59, p. -  

    Fabien Desage, David Guéranger, « La démocratisation de l'intercommunalité n'aura pas lieu », Savoir/Agir, Editions du Croquant [2003-...., 2010, n°11, pp. 19-27 

    Fabien Desage, « I. Le consensus communautaire contre l'intégration intercommunale. Séquences et dynamiques d'institutionnalisation de la communauté urbaine de Lille (1964-2003) », CNRS Editions, Paris : CNRS Editions et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2007, pp. 623-634   

    Desage Fabien. I. Le « consensus » communautaire contre l'intégration intercommunale. Séquences et dynamiques d'institutionnalisation de la communauté urbaine de Lille (1964-2003). In: Annuaire des collectivités locales. Tome 27, 2007. Les collectivités territoriales et l'énergie. pp. 623-634.

    Fabien Desage, Jérôme Godard, « Désenchantement idéologique et réenchantement mythique des politiques locales », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2005, n°55, pp. 633-661   

    Résumé Les concepts issus des approches cognitives des politiques publiques ont connu un engouement scientifique réel ces dernières années, également perceptible dans les travaux consacrés à l'analyse des politiques locales. L?article propose une lecture critique de leur usage, à partir d?une réflexion à la fois théorique et empirique. Un resserrement de la focale d?observation et un changement dans les méthodes permettent de révéler certains des faux-semblants du « sens partagé » et de se déprendre d?une conception trop réifiante et trop mécaniste du rôle des « idées ». L?article suggère ainsi de privilégier plutôt une approche en terme de pluralité des régimes de croyances et de mobiliser d?autres notions disponibles, comme celle de « mythe » chez les historiens, afin de rendre compte du rapport médiat des idées à l'action.

    Fabien Desage, Lassave P., Les sociologues et la recherche urbaine dans la France contemporaine, Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2003, pp. 208-211   

    Desage Fabien. Lassave P., Les sociologues et la recherche urbaine dans la France contemporaine. In: Politix, vol. 16, n°63, Troisième trimestre 2003. Fréquentations militantes, sous la direction de Jean-Philippe Heurtin. pp. 208-211.

  • Fabien Desage, David Guéranger, Mathilde Gralepois, François Benchendikh, Romain Lajarge, Solidarité intercommunale: Partager richesse et pauvreté ?, 2011, 242 p. 

    Fabien Desage, François Benchendikh, Mathilde Gralepois, David Guéranger, Solidarité intercommunale. Partager richesse et pauvreté ?: Note de synthèse, 2011   

  • Fabien Desage, David Guéranger, La fonction DGS d'une communauté est clairement politisée. Entretien avec F.Desage et D.Guéranger, 2012, 2 p. 

    Fabien Desage, David Guéranger, La politique confisquée: Séminaire, Toulouse, 17/02/2012, 2012 

    Fabien Desage, David Guéranger, Présentation de l'ouvrage La politique confisquée': Séminaire au Congrès de la section régionale Nord-Pas-de-Calais de l'Association des Administrateurs Territoriaux de France, Boulogne-sur-Mer, 15/09/2012, 2012 

    Fabien Desage, David Guéranger, Présentation de l'ouvrage La politique confisquée: Séminaire du CERAPS, Lille, 05/05/2012, 2012 

    Fabien Desage, David Guéranger, La politique confisquée dans les espaces ruraux, 2012 

    Fabien Desage, David Guéranger, Présentation de l'ouvrage La politique confisquée: Séminaire CURAPP, Amiens, 20/01/2012, 2012 

    Fabien Desage, David Guéranger, Présentation de l'ouvrage La politique confisquée: Séminaire ERMES, Nice, 03/02/2012, 2012 

    Fabien Desage, David Guéranger, Présentation de l'ouvrage La politique confisquée: Séminaire - Congrès annuel de l'Association des Administrateurs Territoriaux de France, Rennes, 22/06/2012, 2012 

    Fabien Desage, David Guéranger, A propos de la confiscation politique, 2011 

    Fabien Desage, Thomas Alam, Jérémie Nollet, La gestion territorialisée des crises et risques sanitaires, 2008 

  • Fabien Desage, « Politiques du logement : l’alerte des sciences sociales », le 16 mai 2024  

    Journée d'études organisée par le CRESPPA-CSU, CNRS

    Fabien Desage, « Discrétions partisanes », le 23 septembre 2021  

    Organisé par le Clersé (UMR8019 / Univ. de Lille, CNRS), le CERAPS (UMR8026 / Univ. de Lille, CNRS, Sciences Po Lille), le CESSP (UMR8209 / Univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CNRS, EHESS)

    Fabien Desage, « Transferts, exports-imports, circulations. Quels paradigmes pour la science politique ? », le 19 décembre 2019  

    Organisé par Cécile Leconte, MCF en science politique HDR à Sciences Po Lille, CERAPS et Guillaume Courty, Pr. de science politique à l'Université de Lille, CERAPS, en partenariat avec le CERAPS et l'Université de Lille

    Fabien Desage, « Les Gilets jaunes. Enigmes et premières pistes d’analyse », le 14 février 2019  

    Conférence-débat organisée par le CERAPS (UMR 8026), en partenariat avec Médiapart et Médiacités.

    Fabien Desage, « Les élu·e·s aiment-ils la démocratie ? », le 15 novembre 2018 

    Fabien Desage, Patrick Gilbert, Clement Riviere, « Métropolitiques : une revue à la croisée des mondes savants, professionnels et politiques est-elle possible ? », Congrès de l'Association française de sociologie (AFS), Amiens, le 03 juillet 2017 

    Fabien Desage, David Guéranger, « Intermunicipal cooperation in France : toward au new local elitism ? », Congrès de l'Association Internationale de Science politique (IPSA), RC05 "Comparative studies on local governments and politics, Madrid Spain, le 08 juillet 2012 

    Fabien Desage, David Guéranger, « Les réformes de l'organisation territoriale en France et au Québec : tout changer pour que rien ne change ? », Séminaire du CERIUM : La question urbaine dans la France contemporaine. Gouvernement des territoires et des populations, Montréal, le 18 octobre 2012 

    Fabien Desage, David Guéranger, « La politique confisquée et les espaces ruraux  », CAESER, Dijon, le 07 décembre 2011 

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Henri Brianchon, La consommation foncière dans l'agglomération lilloise , thèse en cours depuis 2021 en co-direction avec Nicolas Bue  

    À partir d'une étude sociohistorique et sociopolitique des agglomérations lilloise et amiénoise, ce projet de thèse propose d'étudier les causes et les effets proprement politiques de l'étalement urbain, qui n'a cessé de progresser ces dernières décennies en dépit des injonctions à la maîtrise de l'espace et du foncier. Cette recherche sera structurée autour de trois dimensions. La première analysera la construction de l'étalement urbain comme « problème public ». Nous nous intéresserons à l'évolution du cadrage et des solutions apportées à ce problème, à sa réception et à sa construction à l'échelle locale, à sa mobilisation dans la définition des politiques intercommunales d'aménagement urbain, et aux critiques dont il a fait l'objet. La deuxième étudiera la « mise en politiques publiques » de la périurbanisation. Nous proposons de réaliser une histoire croisée des politiques intercommunales d'aménagement du territoire et de l'urbanisation des communes périurbaines de ces agglomérations depuis les années 1960. Nous espérons ainsi comprendre les logiques politiques, institutionnelles et administratives qui ont sous-tendu l'urbanisation de ces communes, en étant particulièrement attentif à la cohabitation – et aux éventuelles contradictions – entre les orientations nationales, intercommunales et communales. La troisième dimension cherchera à déterminer comment s'imbriquent évolution des profils sociodémographiques des habitants et des élus périurbains, et urbanisation (ou non) de leur commune.

    Antoine Mazot, La politique au camping. Analyse comparée des rapports au politique des classes populaires en France et au Québec., thèse soutenue en 2020 à Université de Lille 20182021 en co-direction avec Alexis Spire    

    Des deux bords de l’Atlantique, d’importantes recompositions des scènes partisanes et des résultats électoraux inopinés agitent les analyses politiques, médiatiques et pour partie universitaires. Ces phénomènes sont parfois interprétés au travers du prisme de la « montée des populismes ». Certains travaux pointent du doigt le « peuple » et sa propension à se laisser séduire, voire berner, par des leaders « populistes ». L’explication, souvent sur la base d’enquêtes de sondage, serait à trouver dans le vote, pêlemêle, des « perdants de la mondialisation », des classes populaires ou encore du monde ordinaire des zones rurales. Le constat d’un champ politique apparemment chamboulé par les franges dominées du monde social s’accompagne du paradoxe de pauvres votant contre leurs intérêts supposés. En France, ces questionnements s’inscrivent en partie dans des débats autour du vote des classes populaires dans un contexte d’effacement du clivage gauche-droite comme référent politique. Au contraire, au Québec, la scène partisane est présentée comme de plus en plus polarisée autour de ce clivage en raison du moindre attrait de la cause souverainiste tandis que la notion de classes populaires n’est pas aussi centralement mobilisée par les analyses politiques. En comparant ces deux cas distincts, ce travail de recherche vise à éclairer sous un jour qualitatif les rapports à la politique et au politique des classes populaires en France et au Québec. Sur la base d’une enquête ethnographique dans deux campings populaires dans le Pas-de-Calais et dans la partie sud de la région de Québec, ce travail étudie par le bas et dans une perspective comparée les représentations et les attitudes politiques de campeuses et de campeurs saisonniers dans des contextes de loisirs. Je mobilise comme données d’enquête une campagne d’une cinquantaine d’entretiens, des observations ethnographiques réalisées pendant deux saisons estivales dans ces deux campings et dans d’autres espaces de loisirs. En analysant les représentations ordinaires des sphères partisanes et les sens sociaux du vote auprès des enquêté-e-s rencontré-e-s, ce travail souligne une même distance soupçonneuse vis-à-vis du champ politique auprès de groupes sociaux aux propriétés sociales comparables. Le vote y apparait comme une information politique équivoque et parfois difficilement interprétable. A rebours des seuls schèmes savants de compréhension du jeu politique, ce travail souligne la mobilisation parmi les classes populaires françaises et québécoises d’outils profanes comparables, les indices et les rumeurs, qui observés in situ illustrent la pluralité des modes d’appréhension de la politique. Pour partie faiblement connectées aux enjeux du champ politique, souvent en écho à des expériences personnelles, les attitudes politiques des classes populaires nécessitent d’être étudiées dans une perspective plus large. Ces rapports au politique se comprennent davantage en réinscrivant ces représentations politiques et du monde social dans les relations qu’entretiennent ces enquêté-e-s à l’État et dans les frontières identitaires et de classe qu’ils et elles mobilisent pour se situer socialement. Cette recherche souligne ainsi les divergences et les effets de trajectoires sociales et de lieu dans les visions du monde que mobilisent les classes populaires dans ces deux espaces nationaux. Ma contribution vise donc à éclairer sous un autre jour les recompositions des scènes partisanes en France et au Québec en abordant la question au travers des rapports ordinaires à la politique des classes populaires. Elle esquisse une sociologie politique des classes populaires au Québec et prend position dans les débats portant sur la droitisation des classes populaires et sur la « montée des populismes » en France et au Québec en proposant une contribution méthodologique à l’ethnographie du politique.

  • Janoé Vulbeau, Roubaix : la construction d'une ville face aux Algériens. Politiques urbaines et racialisation (1950-1990), thèse soutenue en 2021 à Rennes 1 sous la direction de Thibault Tellier présidée par Isabelle Backouche, membres du jury : Emmanuel Bellanger (Rapp.), Valérie Sala Pala (Rapp.), Angéline Escafré-Dublet et Loïc Vadelorge    

    Cette thèse vise à investiguer de manière croisée la question du peuplement des Algériens, la stigmatisation spatiale et raciale et les politiques urbaines menées à Roubaix entre 1950 et 1990. À l’aide du concept de la racialisation institutionnelle, nous cherchons à comprendre comment la conception spatiale de cette population a été posée comme un problème et la manière dont ces politiques ont tenté de contraindre et limiter leur présence dans le ville.Cette enquête nous a permis de saisir et d’analyser trois grandes temporalités, qui font l’objet des différentes parties de ce travail. Les deux premières parties qui s’intéressent à la politique de rénovation urbaine, puis de résorption de l’habitat insalubre, des années 1960 aux années 1970, montrent comment, en dépit de logiques différentes au cours du temps, elles ont conduit au renforcement de la stigmatisation des Algériens et à l’accroissement de leur ségrégation. La troisième partie, qui porte sur les années 1980, analyse la manière dont la dimension raciale est de plus en plus euphémisée au sein de ces politiques, ciblant alors uniquement de manière discrète la population algérienne.À travers l’étude de ces trois temporalités, cette thèse interroge la production institutionnelle des différences raciales et ses effets sur le peuplement urbain.

    Antoine Lévêque, Desservir la banlieue : Métropolisation et relégation des quartiers d'habitat social dans l'agglomération lyonnaise (1959-2019), thèse soutenue en 2021 à Lyon sous la direction de Renaud Payre et Anne-France Taiclet présidée par Jean-Yves Dormagen, membres du jury : Anne-Cécile Douillet (Rapp.), Hélène Reigner (Rapp.), Sylvie Tissot      

    À partir du cas de la desserte en transport en commun de la commune de Vaulx-en-Velin dans l’agglomération lyonnaise, cette thèse interroge les évolutions du traitement des classes populaires dans l’action publique urbaine. Depuis l’établissement d’une zone à urbaniser en priorité dans les années 1960, jusqu’à aujourd’hui, la mise en politique contrariée de la desserte des grands quartiers d’habitat social de la commune nous renseigne sur l’évolution de la représentation des classes populaires dans l’action publique. Elle éclaire les processus par lesquels une distribution moins avantageuse de la ressource publique s’exerce à leur endroit malgré l'intégration progressive du personnel municipal des communes de banlieue aux structures du gouvernement métropolitain.

    Christophe Parnet, Du modernisateur au notable : la métropole comme instrument de pouvoir Étude comparée des constructions métropolitaines de Lyon et d'Aix-Marseille-Provence, thèse soutenue en 2021 à Lyon sous la direction de Gilles Pollet présidée par Renaud Payre, membres du jury : Hélène Reigner (Rapp.), Anne-Cécile Douillet (Rapp.), Patrick Le Lidec    

    Cette recherche interroge le processus contemporain de construction institutionnelle des métropoles en France, à travers la comparaison des cas de Lyon et d’Aix-Marseille-Provence. Elle analyse ces créations institutionnelles dans une perspective historique, depuis la politique des métropoles d’équilibre dans les années 1960 jusqu’à l’entrée en vigueur des deux métropoles (2015-2016). D’un projet porté par l’Etat modernisateur, la question métropolitaine est appropriée localement à mesure que les élus locaux gagnent en autonomie durant cette période. L’analyse de la séquence réformatrice des années 2010 renseigne à la fois sur les configurations territoriales singulières forgées historiquement, en même temps qu’elle fournit de nouvelles ressources politiques permettant d’en modifier les équilibres. Adoptant un regard multi-situé de la réforme métropolitaine, cette recherche renseigne sur l’exercice du pouvoir urbain et ses hiérarchies, en soulignant l’importance des ressources politiques conférées par la multipositionnalité, caractéristique de trajectoires politiques notabiliaires. En ce sens, la métropolisation comme processus politique concourt à renforcer les hiérarchies au sein du pouvoir local.

    Camille Foubert, Traiter la différence : le tri des patient.es par les personnels hospitaliers en France et au Québec, thèse soutenue en 2020 à Paris EHESS sous la direction de Alexis Spire présidée par Bénédicte Zimmermann, membres du jury : Laurence Kotobi (Rapp.), Anne Paillet (Rapp.), Sylvie Fainzang   

    Le milieu hospitalier est le lieu d’un apparent paradoxe où les professionnel•les affirment qu’on « soigne tout le monde pareil », mais que « chaque patient•e est différent•e ». L’adaptation et la modulation des discours et des pratiques de soins y sont à la fois revendiquées comme un impératif à la réalisation du travail (para)médical et niées comme productrices de différenciations. À partir de ce constat empirique, je me suis intéressée aux usages sociaux par les professionnel•les de santé des caractéristiques sociales de leurs patient•es. Ce travail consiste en une comparaison située basée sur une enquête de terrain par observations et par entretiens. Celle-ci a été menée pendant environ un an au sein de plusieurs services de maladies chroniques du métabolisme (obésité, diabète, médecine interne) dans trois centres hospitalo-universitaires, situés pour deux d’entre eux à Paris et en région parisienne et pour le dernier à Montréal. Il ne s’agit pas de traiter de manière symétrique les « deux côtés ». Le choix d’une observation microsociologique a été au contraire délibérément effectué dans le but de dénaturaliser le cadre « national » et d’en questionner la prééminence. Malgré l’existence de certaines différences (présence différentielle de la religion majoritaire, bilinguisme français-anglais très répandu au Québec…), la prise en compte et les pratiques autour des besoins ou demandes des patient•es y sont largement similaires. L’analyse de la prise en compte des caractéristiques sociales des patient•es par les professionnel•les semble dans les deux contextes répondre d’abord aux mêmes enjeux : celui d’organiser et de permettre le travail dans un contexte où celui-ci est relationnel et sur l’humain. Au croisement de plusieurs champs (la sociologie du travail, la sociologie de l’État et la sociologie des rapports sociaux et des inégalités) et à partir d’une analyse au niveau de la relation et les interactions entre professionnel•les de santé et patient•es à l’hôpital public, cette thèse explore la chaîne ou la somme des petites décisions, réalisées de façon routinière et permanente, par les professionnel•les hospitalier•es, de classement, de priorisation ou de négligence. Celles-ci constituent le phénomène du tri des patient•es à l’hôpital. Elles sont prises dans la tension permanente entre personnalisation du soin et différenciation sociale des traitements. Elles fondent également la production localisée de la « différence », de classe, de race et de sexe, dans la configuration étudiée qu’est la prise en charge à l’hôpital public.

    Manon Pesle, La petite fabrique de l'action éducative : ethnographie métropolitaine, thèse soutenue en 2016 à Université Grenoble Alpes ComUE sous la direction de Alain Faure présidée par Dominique Glasman, membres du jury : Éric Verdier (Rapp.), Patricia Loncle-Moriceau (Rapp.), Claire Dupuy      

    L'action éducative de la communauté d'agglomération Grenoble Alpes métropole se développe dans les quartiers défavorisés de l'agglomération, auprès des enfants et de leurs parents. La thèse analyse la fabrique quotidienne de cette politique publique, en questionnant les cadres cognitifs à l’œuvre, par l'observation des acteurs qui élaborent l'action. De prime abord, les pratiques observées donnent à voir une prépondérance de procédures de fonctionnement et d'outils et une absence de construction d'un sens politique. À partir d'une immersion au sein de l'institution métropolitaine et d'une méthodologie inductive, Manon Pesle décrypte la construction d'une vision du monde gestionnaire, celle que chaque acteur soutient pour faire fonctionner l'institution et ses instruments d'action publique dans un objectif d'efficacité. Les acteurs visent à rendre l'action réactive, rationnelle et performante. L'analyse révèle que ces principes d'action constituent une vision du monde portée et encadrée par l'institution métropolitaine, où deux matrices cognitives se développent : l'une individuelle et l'autre techniciste. Ces matrices irriguent l'institution, mais aussi les relations éducatives qui se développent avec les parents et les enfants. L'individu, qu'il soit agent métropolitain ou parent d'un enfant en difficulté d'un quartier défavorisé, est conduit à se responsabiliser face à son quotidien et à sa situation. La matrice techniciste s'ancre dans une idée de la modernité et du progrès, elle prône la croyance en l'outil dans l'efficacité et la performance. Pour autant, cette vision du monde, portée par les instruments d'action publique, n'est pas formulée et travaillée comme telle par les acteurs, fonctionnaires et élus qui, pris dans les contraintes inter-institutionnelles et politiques, l'entretiennent. Le pouvoir politique métropolitain polycentré et son leadership fondé sur la fonction de médiation ne parviennent pas à requalifier les enjeux techniques en enjeux politiques. La thèse donne à voir une politique éducative métropolitaine à qui il manque, non pas une mise en récit et en scène, mais un régime de vérité général qui soit maîtrisé par les acteurs de la métropole.

    Clément Barbier, Les métamorphoses du traitement spatial de la question sociale : approche croisée de deux grands projets de renouvellement urbain dans les agglomérations de Lille et de Hambourg, thèse soutenue en 2015 à Paris 8 sous la direction de Yves Sintomer et Dieter Läpple présidée par Sylvie Tissot, membres du jury : Carsten Keller (Rapp.), Suzanne Frank   

    Inscrite dans une démarche constructiviste, cette recherche socio-historique porte sur la genèse des projets de l'Union, aux confins des communes de Roubaix, Tourcoing et Wattrelos et de l'Internationale Bauaustellung (IBA) Hamburg, sur l'île de Wilhelmsburg. Pour ce faire, elle recourt à des matériaux ethnographiques (observation de réunions, entretiens approfondis) et aux archives des différentes instances publiques engagées dans les projets étudiés de 1990 à 2014. Cette étude porte d'une part sur les réseaux de réformateurs contribuant à la construction des catégories de «  quartier défavorisé  » (benachteiligter Stadtteil) et d'«  attractivité métropolitaine  » (internationale Ausstrahlung). Prenant en compte le contexte économique des agglomérations de Lille et Hambourg et les circulations transnationales et infranationales qui ont contribué à nourrir ce processus de catégorisation, ce travail met au jour que la spatialisation des problèmes sociaux et son articulation à la catégorie d'«  attractivité métropolitaine  », participent d'une même dynamique d'occultation progressive de la question sociale. Cette démonstration illustre d'autre part les mécanismes de production du consensus mis en place une fois ces alternatives politiques écartées. En refaçonnant le concept de «  mythe d'action publique  », ce travail dégage quatre systèmes de justifications de l'étude en situation de l'instrumentation de l'IBA et de l'Union et des arènes de négociations qu'ils instaurent  : attractivité, excellence, bonne gouvernance et justice spatiale. Ils constituent un outil d'analyse privilégié pour l'étude des contradictions sous-jacentes à ces deux grands projets de renouvellement urbain.