Problématique de recherche: Comment naît et se transforme une armée nationale à partir et contre l'héritage soviétique ? Notre but est d'étudier la naissance d'une armée nationale. En effet, à l'accession à l'indépendance, la Géorgie n'avait pas de forces armées propres, mais les militaires géorgiens étaient intégrés dans l'armée soviétique. Si de nombreuses facettes du passage des républiques soviétiques à des Etats indépendants ont été étudiées, rares sont pourtant les études portant sur la création des forces armées (Sieca). L'une de nos questions portera sur l'héritage soviétique : en quoi a-t-il a servi à l`Etat pour créer des forces armées ? Le passé, la trajectoire des militaires géorgiens soviétiques ont-ils été exploités par l`Etat, ou au contraire, oubliés, ou voire rejetés et pourquoi ? Pour ce faire, nous allons nous appuyer sur les quelques travaux scientifiques existants géorgiens et étrangers. Nous dépouillerons les revues et les magazines militaires géorgiens depuis 1988, les autobiographies des militaires et réaliserons des interviews avec des militaires et d'anciens combattants. Trois axes principaux, étayés ci-dessous, seront mis en exergue et structureront la thèse : ➢Le poids de l'héritage militaire soviétique ➢ Importance des militaires géorgiens dans l'Armée rouge (nombre, grades, état d'esprit des militaires soviétiques de nationalité géorgienne...) et leur expérience dans des conflits (Afghanistan notamment). ➢ Présence en Géorgie du district militaire de Transcaucasie, importance des forces frontalières en raison de la frontière avec un pays membre de l'OTAN (la Turquie). ➢ « Privatisation » des armements et équipements disponibles à partir de la fin des années 1980. ➢ Gestion par le nouvel Etat de cet héritage (recrutements, épuration ou pas? efforts de formation...) Le contexte national (en Géorgie) ➢ L'hétérogénéité ethnique, linguistique, religieuse, dans la RSS de Géorgie; comment cette diversité a-t-elle été abordée. ➢ Les positions des différentes forces politiques sur les questions militaires, le poids des groupes paramilitaires. ➢ Les moyens employés pour conforter le sentiment national dans l'armée, et autour de l'armée (mode de recrutement, brassage des différentes composantes, utilisation de l'histoire nationale, des héros et légendes, des symboles...) L'environnement extérieur ➢ Les relations avec les Etats post-soviétiques voisins (Arménie, Azerbaïdjan, Ukraine...): Modèles, alliés ou ennemis potentiels? ➢ Les relations avec les puissances régionales (Turquie, Iran...) ➢ Les relations avec la Russie (coopération, opposition, menace?) ➢ Les relations avec l'Otan et les USA (aides, pressions?) ➢ Des milices paramilitaires à une armée nationale : désintégration, privatisation, reprise en main par l'Etat : Le rôle des conflits en Ossétie du Sud et en Abkhazie dans la constitution de l'armée. Qui sont les officiers géorgiens en 1991, où ont-ils servi avant, comment se sont ils comportés en 90-91 ? Quel fut le rôle des ex-combattants dans la reconstruction et des forces armées ➢ La question des bases militaires soviétiques en territoire géorgien la formation des militaires : Professionnalisation et conscription L`assistance étrangère (états-unienne, européenne) La particularité de l`objet de recherche: Cette thèse a pour objectif d'étudier l'engagement ou désengagement des ex-combattants dans un nouvel État, dans l'espace post-soviétique, dans le cas de la Géorgie. Nous proposons de nous pencher sur la formation et les transformations des forces armées géorgiennes des années 1990, qui aspirent à l'intégration de la Géorgie dans l'OTAN. Contexte : Les militaires géorgiens reprirent d'abord les méthodes soviétiques et ne commencèrent à vraiment transformer l'armée que dix ans plus tard, en 2004 sous la présidence de Mikheil Saakashvili. Cette adaptation nécessita un effort colossal: organisationnel, méthodologique, matériel, et culturel avant tout si l'on tient compte de l'extraordinaire éventail géopolitique propre à la situation strat