L'immunité des chefs d'État non signataires du Statut de Rome soulève une tension fondamentale entre le droit international coutumier, qui garantit aux dirigeants en exercice une immunité personnelle absolue, et le droit pénal international, qui vise à assurer la responsabilité individuelle pour les crimes les plus graves. Alors que l'article 27 du Statut de Rome exclut toute immunité devant la Cour pénale internationale, cette règle ne s'impose pas aux États non parties, permettant à leurs dirigeants de continuer à invoquer les protections coutumières. L'affaire Omar el-Béchir illustre cette contradiction, qui met en évidence les limites de la coopération étatique et les obstacles à l'effectivité de la justice pénale internationale. Une évolution de la coutume ou un renforcement des mécanismes de coopération apparaît nécessaire pour surmonter ces tensions.