La responsabilité du service public hospitalier est une responsabilité administrative, dont la particularité relève des spécificités des activités médicales et hospitalières. A cet effet, sa mise en cause, et par ricochet la réparation des préjudices subis par les victimes des dommages subséquents, nécessitent la prise en compte de divers éléments subjectifs qui sont intrinsèques à la pratique de l’art médical. Au Cameroun, cette responsabilité fait l’objet d’un encadrement diffus, principalement matérialisé par une réception duale qui relève à la fois du droit privé et du droit public. Une telle réception est à l’origine d’une ambiguïté certaine dans la détermination du juge compétent, tant la lettre de la loi semble attribuer cette compétence au juge judiciaire, tandis que son esprit la confère au juge administratif. Aux côtés de cet élément majeur caractéristique de la responsabilité du service public hospitalier en droit camerounais, d’autres considérations socioculturelles, juridiques et juridictionnelles se hissent en obstacles à l’engagement de ladite responsabilité, et donc à la réparation des préjudices qui en découlent. Une telle configuration explique et justifie que soit menée une étude analytique de cette responsabilité en contexte camerounais, à la lumière d’un droit dont les avancées en la matière sont incontestables. Le droit français de la responsabilité du service public hospitalier se présente en effet comme un droit mature, qui a réglé les difficultés actuelles du droit camerounais. Il a entre autres procédé à un partage précis de compétences entre les juges judiciaire et administratif, à la création d’un droit spécial qui déroge aux règles de droit applicables en droit privé et en droit public, à la mise en place d’une procédure amiable particulière en matière de réparation des dommages corporels, mais aussi à la création d’organismes chargés de régler des dommages graves relevant des aléas thérapeutiques. Au demeurant, l’étude analytique de la responsabilité du service public hospitalier à la lumière des avancées du droit français vise à réaliser un état des lieux du droit camerounais, afin de le niveler.