Hocine Zeghbib, « Codifier la nationalité algérienne à l’indépendance. Soubassement sociohistorique et formalisation juridique », Outre-Mers, Outre-Mers, 2025, n°424-425, pp. 175-187
L’indépendance de l’Algérie posait la question de savoir quelle nationalité attribuer à ses habitants d’alors, musulmans, pieds-noirs et juifs. Le code de la nationalité de 1963 distingua entre nationalité d’origine et nationalité d’acquisition. La nationalité algérienne d’origine fut attribuée d’office aux seuls Français musulmans sur la base de la jouissance du « statut musulman » par une double filiation en ligne paternelle née en Algérie. Ce critère eut pour autre conséquence d’introduire une ambiguïté aux effets structurants : alors que le « statut musulman » de la période coloniale n’était pas d’ordre confessionnel, il en prit l’apparence dans le code de la nationalité rendant ainsi fluide et « naturel » le lien entre nationalité, identité, islamité et arabité, ces deux derniers éléments étant par ailleurs donnés pour caractéristiques de la nation algérienne. L’inclusion tardive de l’amazighité parmi ses traits marquants n’en transforme pas fondamentalement la nature qui, d’ethnoreligieuse, devient au mieux ethnoculturelle. En revanche, la consécration en 2005 de la binationalité, qui implique l’indifférence aux affiliations ethniques, religieuses ou culturelles, affecte pareille conception de la nation.
Hocine Zeghbib, Aissa Kadrid, « Alain Ruscio (dir.), Regards français sur l’Islam des Croisades à l’ère coloniale, Éditions du Croquant, coll. Sociétés et politiques en Méditerranée , 346 p., 20 € », La Pensée, La Pensée, 2023, n°412, pp. 146-148
Hocine Zeghbib, « Droit et culte musulman dans l’Algérie coloniale », Tumultes, Tumultes, 2022, n°58-59, pp. 203-226
Hocine Zeghbib, « À l’ombre des circulations verticales subsahariennes, des circulations horizontales intra-maghrébines ? », Migrations Société, Migrations Société, 2020, n°179, pp. 131-148
La mésentente entre les États du Maghreb, l’influence européenne grandissante en matière de lutte contre l’immigration et l’effet de loupe provoqué par le traitement médiatique des migrations subsahariennes ont fait passer au second plan la visibilité des circulations migratoires intra-maghrébines contemporaines dont on a du mal à prendre la mesure. De fait, les circulations horizontales intra-maghrébines, pourtant bien réelles, tendent à être invisibilisées en raison de la surexposition médiatique et sécuritaire des circulations verticales subsahariennes.
Hocine Zeghbib, « Les réfugiés environnementaux : Une catégorie juridique en devenir », Hommes & Migrations, Hommes & Migrations, 2012, n°1300, pp. 132-142
Le réchauffement climatique et les dégradations environnementales produisent d'importants mouvements de populations à l'intérieur des États et au-delà de leurs frontières. Le cas des déplacés environnementaux qui subissent de tels bouleversements est cependant loin d'être pris en compte de manière uniforme par la législation internationale. Si ces réalités aux contours variés échappent aux conventions en vigueur sur les réfugiés, elles nécessitent plus que jamais la mise en place d'un système de protection spécifique.
Hocine Zeghbib, « Les étrangers en Algérie : quel statut juridique ? », NAQD, NAQD, 2009, n°26-27, pp. 73-85
Si le droit de quitter son propre pays est toujours affirmé bien que parfois encore difficile à réaliser, le droit d’entrer dans un autre pays que le sien n’existe toujours nulle part. Encore moins le droit de séjourner librement dans le pays de son choix. C’est qu’en effet, la mondialisation a, d’une certaine manière, contribué à rendre suspecte, de plein droit, la présence de l’étranger sur le territoire de l’Etat national. Rares sont les Etats dans le monde qui échappent à ce phénomène de stigmatisation de l’étranger. Les Etats du pourtour méditerranéen ne font pas exception : ceux du littoral nord n’ont eu de cesse, dans le cadre de l’Union européenne, d’élever une « muraille juridique » destinée à maintenir les étrangers à distance respectable. Par effet de dominos et après quelque résistance souvent de façade, les Etats du littoral sud épousent la même logique et acceptent que leur territoire tienne le rôle de « douves » de la forteresse. C’est notamment le cas des Etats du Maghreb qui se dotent de législations répressives. L’Algérie, qui a longtemps opposé une fin de non recevoir aux sollicitations européennes, a fini par adopter, le 25 juin 2008, une telle législation dont la sévérité s’explique par le contexte géopolitique de son édiction et par le recours aux réflexes sécuritaires qu’inspire toujours et partout la présence de l’étranger sur le territoire de l’Etat national.
Hocine Zeghbib, « 9. Droit et migrations au Maghreb : au cœur de la fabrique », Hommes et sociétés, Hommes et sociétés, 2009, pp. 0290-6600
Hocine Zeghbib, « La loi, le juge et les pratiques religieuses », Actualité juridique Droit administratif, Dalloz , 2008, n°36, p. 1997
Hocine Zeghbib, « Normativité juridique et géopolitique des migrations en Méditerranée », Méditerranée. Revue géographique des pays méditerranéens / Journal of Mediterranean geography, Presses Universitaires de Provence
De nombreux facteurs expliquent les migrations : la recherche de débouchés commerciaux, la situation économique, sociale et, de plus en plus, culturelle, qui engendrent un besoin primordial de mobilité ; les guerres, les conflits intra-étatiques et les cataclysmes environnementaux qui poussent à l’exil et aux migrations forcées ; l’instrumentalisation, par les États modernes, pour consolider leurs marges frontalières ou acquérir de nouveaux territoires d’abord, pour affirmer ensuite leur souv...
Hocine Zeghbib, « L’accord franco-algérien de 1968, reflet de relations politiques tourmentées », L’Année du Maghreb, CNRS Éditions
Traité bilatéral faisant expressément référence « à la déclaration de principes des Accords d’Évian » qui instaurait la libre circulation entre l’Algérie et la France, l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 organisait, 6 ans après l’indépendance de l’Algérie, la circulation, l’emploi et le séjour des ressortissants algériens et de leurs familles en France. Lors de la campagne politico-médiatique suscitée par le projet de loi pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration (CIAI), ...