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  • THESE

    Gouverner avec les femmes, gouverner les femmes dans la Turquie de l'AKP : l'action sociale dans la ville de Gaziantep, soutenue en 2022 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Elise Massicard présidée par Vincent Dubois, membres du jury : Jean-Louis Briquet (Rapp.), Dilek Yankaya (Rapp.), Catherine Achin et Assia Boutaleb   

  • Prunelle Aymé, Élise Massicard, Vincent Dubois, Jean-Louis Briquet, Dilek Yankaya [et alii], Gouverner avec les femmes, gouverner les femmes dans la Turquie de l'AKP: l'action sociale dans la ville de Gaziantep, Sciences Po, 2022, 697 p.  

    Cette thèse porte sur la participation des femmes au gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP) en Turquie. En dépit de la sous-représentation politique des femmes, la mise en place de ce que l’AKP a nommé le « municipalisme des services » a permis à des militantes, bénévoles et professionnelles de devenir actrices du gouvernement au quotidien. L’action sociale a été largement déléguée à des femmes, bien que souvent à des postes subalternes. Quelles sont les conséquences de l’émergence de ces nouvelles actrices ? Elles contribuent au développement d’un gouvernement du social paramunicipal, reposant sur la délégation à un secteur associatif aux marges d’autonomie variables. Leurs circulations et multipositionnements font d’elles des intermédiaires entre les champs associatif, partisan et municipal. En pratique, les dispositifs d’action sociale, qui ciblent d’abord les femmes des classes populaires, véhiculent des normes qui reposent à la fois sur l’activation et la moralisation des femmes. Dans ces dispositifs se forge aussi le rapport ordinaire des bénéficiaires aux institutions. Or, la forte pénétration de l’action publique locale par les logiques partisanes en fait des lieux de mise en contact avec l’AKP, où se superposent aide, contrôle et mobilisation. Ainsi, l’émergence de ces figures féminines de l’action publique renouvelle les modalités de la domination politique et sociale en Turquie. Cette recherche s’appuie sur une enquête de terrain dans la ville de Gaziantep. 90 entretiens ont été réalisés avec des acteur·rice·s de l’action sociale locale ainsi qu’avec des bénéficiaires. Des observations ont également été menées dans plusieurs dispositifs.

    Prunelle Aymé, Engagement féminin conservateur et inclusion à la sphère politique: le cas de la branche féminine du Parti de la Justice et de Développement en Turquie, 2017, 120 p. 

  • Prunelle Aymé, « « Nous construisons des ponts ». Des femmes intermédiaires du gouvernement local sous l’AKP en Turquie », in Isil Erdinç et Benjamin Gourisse (dir.), La domination politique en Turquie. Une analyse relationnelle, Karthala, 2022 

  • Prunelle Aymé, « Résumé de thèse : Gouverner avec les femmes, gouverner les femmes dans la Turquie de l’AKP. L’action sociale dans la ville de Gaziantep », Civitas Europa, Civitas Europa, 2025, n°54, pp. 393-396  

    Prunelle Aymé, « Les petites mains d’Erdogan », L'Histoire, L'Histoire, 2024, n°524, pp. 64-69  

    Prunelle Aymé, « Aldrin P., Fournier P., Geisser V., Mirman Y. (dir.), 2022, L’enquête en danger. Vers un nouveau régime de surveillance dans les sciences sociales, Paris, Armand Colin, 379 p., 24,90 €. », Agora débats/jeunesses, Agora débats/jeunesses, 2024, n°96, pp. 148-150  

    Prunelle Aymé, « Quitter le parti pour mieux le servir : trajectoires de reconversion des militantes de l’AKP et partisanisation du secteur de l’aide sociale », Politix, Politix, 2023, n° 138, pp. 183-204   

    Cet article interroge les stratégies plus ou moins discrètes d’ancrage social d’un parti dominant. Il analyse la manière dont les femmes issues du milieu de l’AKP en Turquie contribuent au gouvernement via leur engagement dans l’action sociale, domaine crucial pour la popularité de ce parti. À partir d’une enquête dans la ville de Gaziantep entre 2018 et 2021, l’article montre que l’action sociale est un secteur largement délégué, au niveau local, à des femmes militantes, bénévoles ou professionnelles, dont une partie est liée à l’AKP. L’étude des phénomènes de multipositionnement, de désengagement et de reconversion des femmes entre le parti, les institutions publiques et leurs partenaires révèle que les trajectoires féminines peuvent relever de formes discrètes de patronage. Dans l’ensemble, le débordement des logiques militantes contribue dans le contexte de domination de l’AKP à la partisanisation de l’action publique locale. Des répertoires d’action partisans ont été importés dans des dispositifs qui constituent des interfaces entre les pouvoirs publics et certains groupes sociaux privilégiés de l’électorat de l’AKP. C’est ainsi un cas particulièrement intéressant pour explorer la manière dont la discrétion partisane peut être mobilisée par un parti dominant, et le rôle des femmes dans cette stratégie d’ancrage et de contrôle social.

    Prunelle Aymé, « Housewives and Entrepreneurs: Local Coalitions of Power and the Political Construction of Women’s Entrepreneurship in Turkey », Social Politics, Oxford University Press (OUP), 2022, n°3  

    Prunelle Aymé, « 6.  Nous construisons des ponts  : Des femmes intermédiaires du gouvernement local sous l’AKP en Turquie », Meydan, Meydan, 2022  

    Prunelle Aymé, « Entre contraintes et subjectivation politique : le militantisme féminin au Parti de la justice et du développement en Turquie », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2020, n°88 

    Prunelle Aymé, « Entre contraintes et subjectivation politique : le militantisme féminin au Parti de la justice et du développement en Turquie », Critique internationale, Critique internationale, 2020, n°88, pp. 111-130   

    Les possibilités de subjectivation politique dans l’engagement partisan sont ici questionnées à partir d’entretiens et d’observations auprès de militantes de la branche féminine de l’AKP en Turquie. À rebours d’un raisonnement dichotomique en termes d’oppression et d’émancipation, il s’agit d’étudier les incidences de l’engagement sur les trajectoires des militantes, notamment à travers leur réappropriation des normes de genre. La notion de subjectivation politique s’applique ici dans trois domaines : la transformation des rapports quotidiens à l’espace et au temps ; la négociation des rôles familiaux et les rappels à l’ordre qui l’accompagnent ; l’accès à des rétributions symboliques, matérielles et professionnelles. L’étude des dispositifs encadrant le militantisme confirme que la subjectivation a lieu sous contrôle institutionnel, qu’elle est limitée par des cadres moraux et conditionnée à la loyauté au parti. Le processus varie toutefois en fonction de la position sociale des enquêtées, révélant l’hétérogénéité interne à l’AKP et les décalages entre l’élite et les militantes de la base du parti concernant leurs discours, leurs pratiques et leurs carrières.

  • Prunelle Aymé, « Faire de la recherche en science politique », le 25 septembre 2025  

    Séminaire organisé par la faculté de droit, Université de Lorraine dans le cadre de la Semaine de la recherche