Daniel Bourmaud

Professeur
Science politique.
Faculté de droit et science politique
Institut de recherche Montesquieu
Centre Montesquieu de Recherches Politiques
  • Daniel Bourmaud, Philippe Claret (dir.), Maurice Duverger: l’héritage résistant d’un mal-aimé, Éditions Classiques Garnier Numérique, 2021, Classiques Garnier en ligne ( Rencontres ) ( Science politique ), 556 p. 

    Daniel Bourmaud, Nicolas Monceau (dir.), Rising powers, institutions and elites: Brazil, China, Russia, Turkey, Presses universitaires de Bordeaux, 2018, Science politique, 202 p. 

    Daniel Bourmaud (dir.), Libéralismes d'hier, libéralismes d'aujourd'hui, Presses universitaires de Bordeaux, 2015, Sciences politiques, 214 p. 

    Daniel Bourmaud, Marcel Morabito, Histoire constitutionnelle et politique de la France: 1789-1958, 5e éd., Montchrestien, 1998, Domat droit public, 495 p.   

    Daniel Bourmaud, La politique en Afrique, Montchrestien, 1997, Clefs ( Politique ), 160 p.   

    Daniel Bourmaud, Marcel Morabito, Histoire constitutionnelle et politique de la France, 1789-1958: 1789-1958, 2e éd., Montchrestien, 1996, Domat droit public, 457 p.     

    Daniel Bourmaud, Marcel Morabito, Histoire constitutionnelle et politique de la France: 1789-1958, 3e éd., Montchrestien, 1993, Domat droit public, 457 p.   

    Daniel Bourmaud, Marcel Morabito, Histoire constitutionnelle et politique de la France: 1789-1958, Montchrestien, 1991, Domat droit public   

    Daniel Bourmaud, Patrick Quantin (dir.), Les chemins de la démocratie, Karthala, 1991, 104 p. 

    Daniel Bourmaud, Histoire politique du Kenya: État et pouvoir local, Éditions Karthala et CREDU, 1988, Travaux et documents du CREPAO, 326 p.   

  • Daniel Bourmaud, « Le pouvoir au risque du sexe », 1995, pp. 145-152    

    Bourmaud Daniel. Le pouvoir au risque du sexe. In: Politique africaine, n°59, 1995. Le Bénin. pp. 145-152.

    Daniel Bourmaud, « Les élections au Kenya : victoire ou répit ? », 1993, pp. 141-146    

    Bourmaud Daniel. Les élections au Kenya : victoire ou répit ?. In: Politique africaine, n°49, 1993. L'Europe et l'Afrique : le maillon manquant. pp. 141-146.

    Daniel Bourmaud, « Kenya : démocratie et indépendance », 1992, pp. 135-140    

    Bourmaud Daniel. Kenya : démocratie et indépendance. In: Politique africaine, n°47, 1992. Le Mali : la transition. pp. 135-140.

    Daniel Bourmaud, Patrick Quantin, « Avant-propos », 1991, pp. 3-4    

    Bourmaud Daniel,Quantin Patrick. Avant-propos. In: Politique africaine, n°43, 1991. Les chemins de la démocratie. pp. 3-4.

    Daniel Bourmaud, Dominique Darbon, « La politique du pain : les mots et les choses (Kenya et Zimbabwe) », 1990, pp. 32-44    

    La politique alimentaire n’est pas cet ensemble de décisions techniques et objectivement rationnelles qu’on veut bien présenter parfois. Touchant aux fondements mêmes de l’autorité et de l’État, elle n’est qu’un enjeu contrôlé et modelé par les dirigeants politiques autour duquel s’affrontent tous les groupes sociaux aspirant au pouvoir.

    Daniel Bourmaud, « Kenya : Le retour des vieux démons », 1990, pp. 133-137    

    Bourmaud Daniel. Kenya : Le retour des vieux démons. In: Politique africaine, n°38, 1990. Le Niger : Chroniques d'un État. pp. 133-137.

    Daniel Bourmaud, « Les élections au Kenya : tous derrière et Moi devant », 1988, pp. 85-87    

    Bourmaud Daniel. Les élections au Kenya : tous derrière et Moi devant. In: Politique africaine, n°31, 1988. Le Congo, banlieue de Brazzaville. pp. 85-87.

    Daniel Bourmaud, « Élections et autoritarisme. La crise de la régulation politique au Kenya », 1985, pp. 206-235    

    Ni démocratique, ni dictatorial, le système politique kenyan appartient à la catégorie des régimes autoritaires. Le pluralisme dans la compétition électorale est limité par l'existence d'un parti unique, d'une administration très centralisée et d'une idéologie officielle évacuant tout débat. L'élection ne permet donc pas l'alternance mais assure la légitimité et la reproduction des élites en ravivant les clivages liés aux organisations sociales précoloniales. Fonctionnel dans une société essentiellement rurale, ce mécanisme s'avère beaucoup moins adapté à un milieu urbain en forte expansion comme en témoignent les élections de 1983 marquées par une baisse générale de la participation, particulièrement accentuée dans les villes (Nairobi, Mombasa). Les difficultés du mécanisme électoral à agir comme régulateur politique global risquent dès lors de renforcer les tendances autoritaires du régime.

  • Daniel Bourmaud, Wauthier (Claude) - Quatre présidents et l’Afrique : de Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand. - Paris, Le Seuil, 1995, Paris : Editions Karthala et PERSÉE : CNRS & ENS de Lyon, 1997, pp. 163-164    

    Bourmaud Daniel. Wauthier (Claude) - Quatre présidents et l’Afrique : de Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand. - Paris, Le Seuil, 1995. In: Politique africaine, n°68, 1997. Politiques internationales dans la région des Grands Lacs. pp. 163-164.

    Daniel Bourmaud, Guichaoua (André), Goussault (Yves) - Sciences sociales et développement - Paris, Armand Colin, 1993, Paris : Editions Karthala et PERSÉE : CNRS & ENS de Lyon, 1995, pp. 171-172    

    Bourmaud Daniel. Guichaoua (André), Goussault (Yves) - Sciences sociales et développement - Paris, Armand Colin, 1993. In: Politique africaine, n°57, 1995. L'Angola dans la guerre. pp. 171-172.

  • Daniel Bourmaud, « Duverger revisité : regards critiques sur l’œuvre scientifique », le 08 juin 2017  

    Organisé par l’Institut de Recherche Montesquieu (Université de Bordeaux), en partenariat avec Le Centre Maurice Hauriou (Université Paris Descartes) et la Maison des Sciences de l’Homme Aquitaine

    Daniel Bourmaud, « Les Départements français d’Amérique (DFA) au seuil du XXIe siècle », le 13 octobre 2016 

Actualités Publications ENCADREMENT DOCTORAL
  • Badr Karkbi, Partis religieux et sécularisation, thèse soutenue en 2021, membres du jury : Philippe Portier (Rapp.), Enzo Pace (Rapp.), Frédérique Rueda, René Otayek et Asma Nouira    

    Renouant avec le comparatisme, cette thèse ambitionne de repenser l’articulation du religieux et du politique, à travers un objet classique de la science politique : les partis politiques. Les recherches sur les partis islamistes et les partis démocrates-chrétiens européens restent le plus souvent cloisonnées, donnant lieu à des études monolithiques. Afin de favoriser cette approche comparative, nous avons déplacé le curseur en Italie, sismographie de la transformation européenne, où la Démocratie chrétienne a peu attiré l'appétit des politologues, et ce, malgré sa longue domination (1945 – 1990). Partant, une analyse des trajectoires de l'islamisme tunisien et le parti démocrate-chrétien italien comble ce déficit et révèle les limites du nouveau projet islamiste. Cette « tectonique des plaques » est d'autant plus justifiée par la mutation inédite que connaît l'islam politique tunisien post-printemps après le Xe congrès d’Ennahdha. Rompant avec sa radicalité, le parti cherche à se spécialiser dans le domaine politique en amorçant un processus de sécularisation qui tend vers « la démocratie musulmane ». Examiner ce tournant à la lumière du référent démocrate-chrétien, c'est investir deux espaces méditerranéens et réinscrire la sécularisation au cœur de la politique comparée.

    Jihene Mastour, Le principe d'égalité hommes-femmes en République Tunisienne de Bourguiba à Ben Ali, thèse soutenue en 2019 sous la direction de Frédérique Rueda, membres du jury : Hamadi Redissi (Rapp.), Wagdi Sabete Ghobrial    

    Les recherches menées dans cette étude se situent dans le cadre de l’analyse du volontarisme étatique dans l’accélération du processus d’égalité entre les femmes et les hommes. Notre postulat de départ est que l'émancipation de la femme en Tunisie émane d'une volonté politique impulsée depuis le haut par le pouvoir tunisien par le biais d’une réforme juridique. Nous défendons l’idée selon laquelle le rapport entre l’État et la question féminine en Tunisie demeure indissociable. La libération des Tunisiennes ayant été portée par le dirigisme étatique dans le cadre d’un régime de type autoritaire, il nous a semblé important de chercher à comprendre et à expliquer les paradoxes de ce projet autoritaire de modernisation ainsi que les dynamiques sociales et les tensions qui en résultent. Notre réflexion s’est constituée autour d’un deuxième axe, à savoir le rapport complexe qu’entretient le régime autoritaire tunisien avec la question féminine. Nous avons ainsi émis l’hypothèse que les raisons de l’engagement du régime dépassent la simple émancipation des femmes ou l’instauration d’une égalité entre les sexes pour s’inscrire dans une logique de contrôle, de répression, et dans un rapport clientéliste. Cette partie constitue une critique du féminisme d’État en Tunisie et de la manière avec laquelle il monopolise la question féminine. Nous en sommes venus à analyser la monopolisation de la cause féminine par le régime tunisien ainsi que les réactions et/ou les mobilisations des femmes et leur opposition à cette politique féministe autoritaire.

    Luigi Gatti, Idéologie et déconstruction de l'Etat, thèse soutenue en 2017, membres du jury : Michel Hastings (Rapp.), Hubert Peres (Rapp.), Tanasije Marinković et Philippe Claret    

    La littérature scientifique associe communément l’idéologie à la construction d’un groupe, d’une société, d’un régime. Ici, il s’agit d’expliquer comment une idéologie, projetant de bâtir une Yougoslavie communiste et indépendante, cause la chute du régime et la dislocation de la fédération yougoslave. Un examen minutieux de la doctrine ainsi que de la pratique politique issues de l’idéologie yougoslaviste met en exergue les contradictions à l’origine de l’échec yougoslave. Reconsidérer l’autonomie des acteurs politiques et de leurs idées offre de rendre pleinement intelligible l’impasse du modèle yougoslave.

    Roman Volkov, La Russie de Vladimir Poutine: sociologie politique d'un Etat néopatrimonial, thèse soutenue en 2017, membres du jury : Jean-Robert Raviot (Rapp.), Christophe Roux (Rapp.), Olga Belova, Caroline Dufy et Dominique Colas    

    Quel est le modèle politique de la Russie de Vladimir Poutine ? Ce travail de thèse propose une analyse compréhensive du cas russe grâce au concept de néopatrimonialisme. En s’inspirant de la sociologie politique des élites, de la sociologie historique de l’Etat et de l’économie politique nous proposons de reconstruire les logiques d’actions des acteurs dans le cadre d’un système d’interaction dont l’Etat néopatrimonial est un idéaltype. Celui-ci tient à deux dimensions essentielles qui légitiment sa domination : l’autocratie institutionnalisée renvoie aux rouages politiques, tandis que le capitalisme de connivence illustre le rôle de l’entreprise néopatrimoniale et des réseaux politico-économiques dans la redistribution des ressources. Malgré sa stabilité, ce modèle produit des effets émergeants dont la « dépolitisation institutionnelle » qui rend impossible l’institutionnalisation du pluralisme politique tandis que la confusion des sphères politique et économique participe à l’émergence d’une classe dirigeante qui verrouille les espaces de renouvellement élitaire.

    Rose Fazli Estabragh, L'Etat Taliban en Afghanistan 1996-2001, thèse soutenue en 2016, membres du jury : Thomas Lindemann (Rapp.), Sébastien-Yves Laurent et Hubert Peres    

    Cette thèse est destinée à appréhender le phénomène Taliban d'un autre point de vue, c'est-à-dire en tantqu'État, durant la période 1996-2001. À cet égard, nous avons utilisé la théorie d'Alain Touraine relative auxmouvements sociaux, distinguant trois grands principes caractérisant un mouvement social : l'identité, l'oppositionet la totalité, ces trois éléments étant interdépendants. Le premier chapitre de cette thèse est destiné à analysercomment les Talibans, en tant que sujet historique, ont été créés dans un contexte de guerre et d'opposition. Sontainsi successivement abordés la guerre avec l'Union soviétique, les Moudjahidins, les guerres civiles, les oppositionsrégionales et le clivage essentiel entre sunnites et chiites. Ensuite, il a été tenté de clarifier la façon dont le caractèretotalitaire de l'identité de l'Etat Taliban est renforcé par ses deux dimensions organisationnelles : l'islamisme et lepachtounisme, ce qui a conduit à confronter le régime des Talibans à la définition du modèle classique de régimetotalitaire concernant les institutions et la domination. La dernière partie aborde la question de la chute de l'EtatTaliban. La contradiction entre l'universalisme idéologique et l'existence des Talibans en tant qu'Etat a conduit àl'isolement sur la scène internationale. Les Talibans échouent par ailleurs à établir une domination intégrale enAfghanistan et se trouvent confrontés à une crise de légitimité interne ouvrant la voie à leur chute. En conclusion, ilest souligné la façon dont les Talibans ont mis en place une centralisation politique, en dépit de la profondeur desclivages tribaux et idéologiques. Pour atteindre leurs buts, ils se sont concentrés principalement sur trois éléments :l'islam fondamentaliste, la conscience nationale et tribale et l'honneur du guerrier. Finalement par le moyen de lathéorie de George Bataille, l'auteur de la présente thèse tente de préciser que les Talibans ont échoué à établir leuremprise totalitaire dans le climat hétérogène de la société afghane, malgré leurs efforts pour imposer les troiséléments d'homogénéisation susmentionnés.

    Alfred Ramadji, L'opposition partisane dans le systeme politique tchadien 1993 – 2011, thèse soutenue en 2015, membres du jury : Michel Hastings (Rapp.), Hubert Peres (Rapp.), Slobodan Milacic et René Otayek    

    La recherche menée dans cette thèse se situe dans le cadre global de l’étude des partis politiques au Tchad. Mais, au-delà de l’expérience partisane, notre propos met en évidence la nature même de l’antagonisme partisan. Nous défendons l’idée que l’opposition mobilise et gère mal ses ressources politiques. D’une part, l’offre politique qu’elle propose est idéologiquement faible, peu claire et moins contrastée et, d’autre part, elle développe une stratégie inefficace et incohérente de gestion de ses ressources politiques. Un autre axe majeur de notre réflexion dans cette thèse, défend l’idée que les limites internes ne sauraient suffire à justifier l’impuissance et l’inefficacité de l’opposition. Le parti au pouvoir oeuvre, lui aussi, à affaiblir l’opposition pour ainsi conforter son hégémonie. En effet, dans la compétition politique avec le MPS, l’opposition subit une sorte d’échange inéquitable. De fait, le parti au pouvoir bénéficie d’un avantage comparatif dû à sa position, notamment dans la mainmise sur tout l’appareil d’État, et dans le contrôle absolu qu’il exerce sur les institutions de la République.

    Mustapha Arihir, Les relations extérieures franco-algériennes à l'épreuve de la reconnaissance des torts infligés, de 1962 à nos jours: étude du rôle de la reconnaissance dans le processus de la coopération et de la réconciliation, thèse soutenue en 2014 en co-direction avec Thomas Lindemann, membres du jury : Klaus-Gerd Giesen (Rapp.), Valérie-Barbara Rosoux (Rapp.), Mathias Delori    

    Les raisons qui incitent les anciens belligérants à se réconcilier et à coopérer intéressent autant les praticiens que les théoriciens, elles sont cependant un sujet de débats controversés.Les études, peu nombreuses, menées sur les relations franco-algériennes, bien qu’elles soulignent l’importance de l’élément du passé dans l’évolution de ces relations depuis l’indépendance, elles n’identifient pas néanmoins son rôle en confrontation avec d’autres facteurs, car elles visent à atteindre d’autres objectifs.Cette présente thèse se veut alors une étude constructiviste du rôle du passé dans le processus de coopération et de réconciliation. Une approche globalisante qui n’exclue pas le rôle des facteurs objectifs ou personnels de l’éclosion du processus de coopération et de réconciliation, mais elle tend à les lier à une représentation de soi et à l’identification de l’autrui. Ces deux derniers éléments sont importants dans la définition de la relation à autrui et dans l’expression des relations belliqueuses ou coopératives. La reconnaissance est un moyen par lequel des rapports conflictuels peuvent se transformer en rapports plus coopératifs.Notre étude des relations extérieures franco-algériennes, montre que l’interaction antérieure de l’Algérie avec la France a généré une quête de reconnaissance. La représentation du passé inclue l’image d’une mémoire victimaire (torts infligés) et/ou d’une mémoire de vainqueur (gloires). En langage constructiviste, ceci indique une reconnaissance ou un déni de reconnaissance.Le déni de reconnaissance a incité l’Algérie à chercher un rapport d’égalité. Le succès de sa révolution d’indépendance lui a octroyé une identité de rôle (porte parole de Tiers-Monde). Ces deux éléments (la quête de l’égalité mais aussi l’affirmation de son identité de rôle) ont influencé le processus de coopération et de réconciliations entre la France et l’Algérie, notamment à l’ère de Boumediene (1965-1978). Bien que le rapprochement avec la France depuis l’arrivée d’Abdelaziz Bouteflika au pouvoir en 1999 a rendu la coopération inéluctable, néanmoins le processus de réconciliation a connu plusieurs reports, en raison de nombreux dénis de reconnaissance, tel que le vote d’une loi le 23 février 2005, au niveau de l’Assemblée française, qui insiste sur un certain « rôle positif » de la colonisation, suivi par d’autres dénis, lors de la présidence de Nicolas Sarkozy. Alors qu’à l’arrivée de l’élu socialiste sur la tête de l’Etat français, les choses ont changé progressivement vers l’établissement d’une réconciliation et de relations solides et durables. En concédant sur le plan de la mémoire, en reconnaissant les souffrances, les injustices et les torts, François Hollande veut donner aux relations franco-algériennes une nouvelle tournure, l’apaisement et la réconciliation

    Alain Patrick Patou Ngye, Domination personnelle et élite politique au Gabon (1968-2009), thèse soutenue en 2013 sous la direction de Slobodan Milacic, membres du jury : Hubert Peres (Rapp.), Patrick Quantin (Rapp.)    

    La présente thèse éclaire l’intelligibilité du régime politique gabonais sous Omar BONGO (1968-2009). Plus précisément, elle relève que la domination personnelle et l’analyse élitiste sont deux approches complémentaires dans la compréhension du politique au Gabon et partant, en Afrique subsaharienne. Elle montre à cet effet qu’Omar BONGO n’a pas pu compter que sur lui-même pour se maintenir au pouvoir pendant près d’un demi-siècle. Il a dû également s’appuyer sur un groupe d’acteurs, appelé élite politique, dont l’organisation et le fonctionnement étaient néanmoins empreints de son pouvoir personnel. En effet, l’accès à cette élite était régi par le clientélisme et le népotisme, deux rapports d’échange qu’Omar BONGO avait érigés en principe de gestion du personnel supérieur de l’État. Le premier lui permettait de se constituer une clientèle capable d’œuvrer par délégation ou de façon autonome à sa longévité politique. De ce fait, les acteurs qui composaient cette clientèle étaient dotés chacun d’un capital de ressources variées qu’ils activaient et faisaient fructifier de façon à l’aider à conserver son sceptre. La valorisation de ce capital auprès d’Omar BONGO les conduisait d’ailleurs à se livrer une lutte acharnée dans laquelle la fin justifiait les moyens. Quant au népotisme, il amena à Omar BONGO de faire des membres de sa famille officielle et ceux de sa famille officieuse ses proches collaborateurs dans le gouvernement, l’administration présidentielle et le Parti démocratique gabonais (PDG). Politique de l’affection, il lui permettait ainsi d’avoir une emprise plus importante sur l’élite politique et sur l’appareil d’État car, en faisant de son pouvoir une affaire de famille, Omar BONGO savait pouvoir compter sur des acteurs dont la loyauté et la détermination seraient également un atout pour sa longévité politique.

    Rudy Bessard, Pouvoir personnel et ressources politiques: Gaston Flosse en Polynesie francaise., thèse soutenue en 2013    

    L’entrepreneur politique tend à dominer un espace sociopolitique par le jeu stratégique d’une matrice de ressources politiques. Ainsi, le leadership du notable Gaston Flosse, dans la collectivité d’outre-mer de Polynésie française, présente les facettes d’un pouvoir personnel en République. Ce type de domination de l’espace polynésien est mis en évidence par la plasticité d’un leadership politique autoritaire, fondé sur de multiples ressources matérielles et symboliques. L’étude de ce leadership politique interroge l’exercice de la démocratie représentative à Tahiti et dans la Vème République.

  • Adrien Schu, De la guerre à la paix: une explication clausewitzienne de la cessation du recours à la violence, thèse soutenue en 2015 sous la direction de Dario Battistella, membres du jury : Thomas Lindemann (Rapp.), Jean-Vincent Holeindre (Rapp.), Frédéric Charillon et Benoît Durieux    

    Ce travail de thèse a pour ambition de proposer une nouvelle explication dubasculement de la guerre à la paix. Nous débutons notre recherche en nous intéressant, dans unepremière partie, à la définition de la guerre et de la fin de la guerre. Nous défendons alors l’idéeselon laquelle la guerre, conçue comme l’une des phases alternatives des relations bilatérales entregroupes sociaux, prend fin dès lors qu’au moins l’un des deux belligérants aux prises cesse derecourir à la violence. Nous établissons ensuite une typologie des différentes modalités de la fin dela guerre : nous posons qu’un belligérant arrête d’employer la violence soit parce qu’il n’en est plusphysiquement capable (nous parlons d’incapacité physique), soit parce qu’il en a pris la décision(nous parlons de renoncement politique). Nous soutenons l’hypothèse selon laquelle seul lerenoncement politique conduit à la continuation des relations entre groupes sociaux et donc à lapaix.Dans une seconde partie, nous nous réapproprions l’opposition introduite par Clausewitz entre laguerre absolue et les guerres réelles afin de mettre au jour notre propre explication du renoncementpolitique. La notion de guerre absolue nous permet de démontrer que le renoncement politiquen’est possible qu’à condition que l’Etat valorise davantage un intérêt autre que celui à l’origine deson recours à la violence. Nous proposons finalement qu’un Etat prend la décision de renoncer àla violence quand il ne pense plus pouvoir réaliser l’objectif politique qu’il poursuit violemmentsans nuire de façon inacceptable à un intérêt qu’il juge plus important.

    Amjad Shihab, Le projet d'un Etat palestinien, thèse soutenue en 2012 sous la direction de Slobodan Milacic, membres du jury : Paul Alliès (Rapp.), Rita Moucannas-Mazen (Rapp.)    

    Cette thèse est consacrée à l'étude du projet de création d’un Etat palestinien. Elle pose la question de la possibilité de la naissance d’un tel Etat, conformément aux critères juridiques et politiques de l'Etat. Analysées les causes de l’échec des tentatives précédentes. Nous avons constaté que depuis la défaite des armées arabes en 1967, et à ce jour, la direction palestinienne n’avait pas une stratégie claire, aggravé par les divisions internes, ainsi que par la volonté manifeste de l'occupant israélien de rendre plus difficile une telle création.Notre recherche vise à montrer que si l'Etat palestinien peut être créé en droit, sa viabilité reste subordonnée à la bonne volonté d'Israël, quand bien même il bénéficierait de soutiens diplomatiques sincères de l’ensemble des acteurs internationaux. Ainsi, les Palestiniens se voient proposer, après les accords d'Oslo, plus qu'une autonomie et moins qu'un Etat,(Etat client), car dépourvu de toute forme de souveraineté. La « communauté internationale » n'a manifestement pas fait assez de pressions pour contraindre Israël à geler la colonisation, et ce malgré ses promesses de créer un Etat palestinien viable et indépendant, selon les présidents américains successifs.Ce travail aboutit à la conclusion que le projet d'un Etat palestinien est devenu un projet irréaliste dans le contexte politico-juridique actuel.

  • Kevin Alleno, « La Françafrique »: naissance, usages et réceptions d'un mythe, thèse soutenue en 2021 sous la direction de Bernard Bruneteau, membres du jury : Frédéric Ramel (Rapp.), Frédéric Lambert et Sabine Jansen    

    Cette thèse d’histoire sociale des idées politiques analyse la naissance, les usages et les réceptions du concept de « Françafrique ». Forgé par l’ancien président de l’association Survie, François-Xavier Verschave, qui reprenait une formule de F. Houphouët-Boigny, il constitue un instrument puissant du soft power de cette association. Ce concept s’est largement diffusé au sein de la société au point de constituer une grille de lecture des relations franco-africaines pour les médias et de se diffuser largement au sein de la culture populaire. Avec ce succès, on peut même parler de mythe au sens où ce concept apparaît au moment même où émergent de profondes mutations dans les relations franco-africaines. Si bien qu’il existe bien un décalage entre la représentation véhiculée par le concept de « Françafrique » et la réalité de la politique africaine de la France aujourd’hui. Sans que cela ne signifie que ces rapports soient guéris totalement des maux dénoncés par les militants associatifs, journalistes et politiques qui mobilisent ce concept. Cette thèse étudie ainsi dans un premier temps les matériaux historiques à partir desquels a été bâti le concept de « Françafrique » qui reformule, en fait, l’imaginaire colonial. Il s’agit ensuite d’analyser comment le concept de « Françafrique » s’est diffusé au sein du débat public français et est devenu un mythe. Et enfin, dans la dernière partie, nous étudions les conséquences de ce mythe sur la politique africaine de la France. Nous analysons comment le concept de « Françafrique », qui constitue un stigmate fort, a modifié un pan de la politique étrangère de la France.

    Jin Meng, Contributions de la Chine et de la Francophonie dans la consolidation de la paix en Afrique Francophone: les cas du Mali, de la Côte d'Ivoire et du Sénégal, thèse soutenue en 2016 sous la direction de Brigitte Vassort-Rousset, membres du jury : Antoine Kernen (Rapp.), Lukas K. Sosoe et Maurice Portiche     

    Madina Bello, Médiation et résolution des conflits armés : le cas du conflit ivoirien (1999 - 2007), thèse soutenue en 2015 à Montpellier sous la direction de Hubert Peres, membres du jury : Marc Smyrl (Rapp.), Christophe Roux (Rapp.)  

    La Côte d’Ivoire, pays d’Afrique de l’Ouest prospère et stable depuis le début de l’indépendance de 1960, bascule dans une longue et douloureuse guerre, le 24 décembre 1999, à la suite d’une mutinerie de soldats. S’en suit alors un intense ballet diplomatique visant à rétablir la paix et la Côte d’Ivoire assiste alors à plusieurs tentatives de médiation internationale. Cette recherche vise à comprendre la notion de succès en médiation en proposant de modéliser le conflit ivoirien à partir d’un modèle de la théorie des jeux, celui du dilemme du prisonnier.

  • Théophile Nésiba Funga, Construction dynastique par les élections: cas de présidentielles de 2006 et de 2011 en République Démocratique du Congo, thèse soutenue en 2021 sous la direction de Rémy Bazenguissa et François Palama Bongo Nzinga, membres du jury : Camille Kuyu Mwissa (Rapp.), Basile Toronzoni Ngama-Nzo Mbio (Rapp.), Joseph Tonda, Aïcha Pemboura et Clemens Zobel    

    Le thème des élections en Afrique est souvent abordé sous l'angle des violences. De ce fait, la plupart des études en restent à une approche normative où les élections sont perçues seulement à l'aune de la paix et la violence en représente une version pervertie. Or, ce projet comporte deux originalités. D'une part, sa vocation typologique et comparative dans la mesure où elle permet de reconstruire une configuration précise, la dynastie, produite par les élections en Afrique. Ce travail ouvre ainsi une nouvelle perspective en attirant l'attention sur l'ordre de la parenté dans la reconstruction du politique. D'autre part, alors que les études articulent souvent leur approche sur le présent, ce travail propose d'éclairer ce régime du temps par le passé en reconstruisant les intrigues historiques permettant de comprendre les dynamiques dynastiques. Transposée sur notre terrain de recherche, grâce à l’approche quantitative, la question de la néo-patrimonialisation du pouvoir en RDC par le dispositif des élections, a permis de valider la réalité redoutée : l’existence des dynasties constituées et bien d’autres en constitution. Bien plus, la reproduction systémique de ces dynasties ne dépend pas de la volonté des acteurs, bien que ceux-ci, par leurs actions y contribuent, mais surtout c’est le fait que c’est le principe de l’articulation entre d’une part les dynamiques internes de la classe politique depuis 1960 et d’autre part les dynamiques mondiales de la « communauté internationale, qui s’impose comme seul mode de légitimité politique. Ainsi vidé de sa substance comme le démontrent les résultats des deux cycles électoraux de 2006 et de 2011 analysés, le vote issu des élections dites multipartites et qui impose au cœur des dispositifs du pouvoir en RDC les héritiers biologiques, est perçu bien plus comme une mutation de néo patrimonialisme qu’un simple processus du concept.

    Benjamin Fargeaud, La doctrine constitutionnelle sous la IVe République: Naissance d'une nouvelle génération de constitutionnalistes, thèse soutenue en 2018 sous la direction de Olivier Beaud, membres du jury : Cécile Guérin-Bargues (Rapp.), Renaud Baumert (Rapp.), Jean-Marie Denquin et Philippe Lauvaux    

    En 1945, la période de la Libération devait également être un moment de rénovation pour le droit constitutionnel. Au moment même où la France se dotait d’une nouvelle Constitution, une nouvelle génération de constitutionnalistes accède au devant de la scène. A la génération des « disciples », qui elle-même avait succédé à la génération des fondateurs, succède celle que Marcel Prélot avait baptisée la « troisième génération de constitutionnalistes » et qui devait être la génération des « novateurs ». La rénovation du droit constitutionnel s’avéra toutefois un programme difficile à mettre en œuvre. La IVe République, malgré l’adoption d’une Constitution nouvelle, est rapidement revenue aux pratiques et usages de la IIIe République antérieure, décevant ainsi les espoirs de la doctrine constitutionnelle et les tentatives de façonner un droit constitutionnel propre au nouveau régime. Constatant l’échec du droit constitutionnel à encadrer la vie parlementaire, les constitutionnalistes ont alors délaissé le terrain de la technique constitutionnelle et se sont tournés vers la science politique afin de refonder leur discipline. Si cette voie politiste a permis à la « jeune école de droit public » d’aborder des champs de recherches nouveaux, tels que les partis politiques ou l’histoire des idées politiques, elle l’a toutefois détournée du terrain de la technique constitutionnelle sur lequel allait finalement se jouer la révision constitutionnelle de 1958, qui a consacré la Constitution de la Ve République.

    Papa Loum, La politique de décentralisation et les nouvelles stratégies de développement: le cas du Sénégal., thèse soutenue en 2013 sous la direction de Hubert Peres, membres du jury : Christophe Roux (Rapp.), Michel Hastings (Rapp.), Marc Smyrl    

    La décentralisation dans sa globalité est une réalité au Sénégal depuis une vingtaine d'années. Cependant il existe très peu d'études sur ce processus, pays où pourtant, on note une riche production en sciences sociales. Et depuis, l'arrivée au pouvoir d'élus locaux a profondément changé les rapports des acteurs entre eux et vis-à-vis de l'Etat central. De nouvelles tensions sont apparues, se cristallisent autour des ressources financières et budgétaires, et du transfert des compétences. Ainsi la définition par les législateurs et par l'Etat des compétences et des prérogatives des collectivités locales, a donné lieu à beaucoup d'atermoiements et d'imprécisions, particulièrement dans le domaine fiscal, de l'aménagement du territoire et de gestion du foncier. Pourtant ces formes de régulations parfois ambigües, parfois innovantes, sont importantes à cerner pour concrétiser les objectifs de la décentralisation : le développement. Dire qu'il reste beaucoup à faire pour consolider la progression d'une autonomie concrète des collectivités locales et d'une stratégie de développement au Sénégal, relève dans l'état des réformes, de l'euphémisme. Pour autant, l'enjeu actuel des programmes de décentralisation ne se limite pas à ses seuls aspects ; l'autonomisation institutionnelle des instances locales nécessite également de rester attentifs à la question du développement local et durable. S'agit-il d'un mythe supplémentaire ? On sait en effet que la marche vers cette autre alternative risque de prendre encore beaucoup de temps.