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Deborah Senanedj

Maître de conférences, Droit privé et sciences criminelles.

Université Orléans · Institut Universitaire de Technologie de l'Indre Centre de Recherche Juridique Pothier — CRJP
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  • Thèse

    THESE
    Le juge et les sanctions unilatérales de l'inexécution du contrat, soutenue en 2021 à Université Paris Cité sous la direction de Dominique Legeais et Julien Martin présidée par Cécile Chainais, membres du jury : Dimitri Houtcieff (Rapp.), Judith Rochfeld (Rapp.), Nicolas Mathey  

    L'introduction de sanctions unilatérales en droit privé des contrats par la réforme du droit des contrats, du régime général et de la preuve des obligations, paraît induire un retrait du juge. Le juge n'aurait-il désormais plus guère l'apanage de la sanction, son rôle se bornant seulement à en contrôler l'édiction unilatérale par le créancier ? Cette lecture doit cependant être nuancée : l'analyse des sanctions unilatérales de l'inexécution du contrat à l'aune du droit administratif - plus familier de l'unilatéralisme que ne l'est le droit civil - atteste de la difficulté de saisir précisément la place et le rôle du juge en cette matière. Le développement de l'unilatéralisme n'a pas pour conséquence l'exclusion du juge : non seulement le créancier conserve la faculté de solliciter le prononcé d'une sanction judiciaire à l'encontre du débiteur défaillant, mais il est surtout impérieusement nécessaire que le juge conserve un pouvoir de contrôle de la sanction unilatéralement édictée. Par ailleurs, la sanction, constitutive d'un acte juridique unilatéral édicté par le créancier personne privée ne saurait produire les mêmes effets que son pendant administratif. Dépourvu du privilège du préalable, l'acte unilatéral du créancier personne privée ne saurait être paré de la présomption de légalité constitutive de la notion de norme : la présente étude permet ainsi de mettre au jour le lien nécessaire existant entre la présomption de légalité et la force obligatoire de l'acte. Elle atteste en outre de ce que les finalités de l'intervention du juge ne varient pas suivant que ce dernier prononce ou non la sanction : l'unilatéralisme n'influence en réalité que les modalités de cette intervention. Le juge apparaît en effet comme le seul en position de pallier les carences normatives de la sanction unilatérale de droit privé. À défaut d'accord du débiteur, l'acte juridictionnel demeure ainsi le seul à permettre la réalisation du droit de sanction du créancier.

  • Ouvrages

    Deborah Senanedj, Le juge et les sanctions unilatérales de l'inexécution du contrat: étude de droit comparé interne, LGDJ et un savoir-faire de Lextenso, 2025, Bibliothèque de droit privé, 405 p. 

    Le juge est-il relégué au rang des remplaçants ? C'est la question que l'on se pose face à la privatisation d'un certain nombre de sanctions de l'inexécution par l'ordonnance du 10 février 2016 ; privatisation qui pourrait conduire à la redéfinition de l'office du juge. Quelle place a-t-on concédée au juge ? Quel rôle lui a-t-on octroyé ? En ligne de fond, c'est à l'efficacité des sanctions unilatérales et au phénomène de déjudiciarisation qu'il est prêté une attention particulière. En guise de méthode, c'est au travers d'une analyse de droit comparé interne qu'il est proposé d'y répondre. Les sanctions, judiciaires sous l'empire du droit antérieur, deviennent, au moins pour certaines d'entre elles, unilatérales, avec l'entrée en vigueur de la réforme du droit des contrats. La consécration de sanctions unilatérales conduit à une modification de la place concédée au juge : le juge n'a en effet plus à intervenir a priori pour prononcer la sanction (comme c'était le cas sous l'empire du droit antérieur) mais seulement a posteriori pour contrôler la sanction unilatéralement édictée par le créancier. Pour autant, et malgré ce que suggère le développement de l'unilatéralisme, le rôle de l'autorité juridictionnelle n'en demeure pas moins déterminant. Pour quelles raisons ? Eh bien parce que le juge dispose d'une compétence persistante a priori et d'une compétence nécessaire a posteriori. Cette nécessité du juge apparaît tout à la fois pour parfaire la valeur normative de la sanction et pour forcer le débiteur à l'exécution de la sanction unilatéralement édictée. In fine, l'étude conduit à admettre, qu'à défaut d'accord du débiteur, le juge reste nécessaire à la réalisation de la sanction et demeure un auteur et un acteur indispensable à la satisfaction des intérêts du créancier.

    Deborah Senanedj, Nicolas Mathey, Lucas Bettoni, Yves El Hage, Olivier Penin, Guide de la négociation contractuelle: 2024/2025, LexisNexis, 2024, Guide, 858 p. 

  • Chapitres d'ouvrage

    Deborah Senanedj, Lucas Bettoni, Yves El Hage, Maxime Touchais, Nicolas Mathey, « Guide de la négociation contractuelle 24/25 »Nicolas Mathey (dir.), Guide de la négociation contractuelle 24/25 :, LexisNexis, 2024, pp. 487-528