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  • THESE

    Le marché français du livre d’économie (1945-2015) : contribution à une histoire sociale des idées économiques, soutenue en 2019 à Paris 1 sous la direction de Frédérique Matonti présidée par Gisèle Sapiro, membres du jury : Frédéric Lebaron et Mathieu Hauchecorne     

  • Jean-Michel Chahsiche, Antoine Vauchez, Jérôme Pacouret, « Le nouveau service de l'Etat. Sociologie des régulateurs français », in Antoine Vauchez (dir.), Le moment régulateur. Naissance d'une contre-culture de gouvernement, Presses de Sciences Po, 2024 

  • Jean-Michel Chahsiche, « Qui a le droit de parler d’économie ? La parole économique légitime au prisme de l’édition économique contemporaine », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2022, n°28, pp. 157-178   

    On propose dans cet article d’étudier la construction d’une offre plurielle et concurrentielle de discours sur l’économie au travers du marché contemporain du livre d’économie. Par une analyse de correspondances multiples réalisée sur 147 auteurs récents de livres d’économie, on objective dans un premier temps les ressources et les titres au nom desquels les locuteurs s’expriment, puis on met en évidence les effets propres des éditeurs, eux aussi dotés de ressources inégales, sur les discours économiques. L’étude fait ainsi apparaître l’importance du capital académique comme principe de légitimation des discours économiques, mais aussi la façon dont le fonctionnement du champ éditorial pèse sur l’offre de livres économiques en favorisant la publication d’experts multipositionnés.

    Jean-Michel Chahsiche, «  Le ministre des Impôts prélève aussi des idées, bien plus que des impôts . Deux prix de livres d’économie sous le  haut patronage du ministère de l’Économie et des Finances  », Politix, Politix, 2022, n° 134, pp. 33-58   

    Depuis les années 2000, Bercy s’est engagé dans une politique de pédagogie économique réunissant des acteurs multiples, publics, privés et associatifs. L’une des manifestations de cette politique est « le haut patronage du ministère de l’Économie et des finances » accordé à deux instances de consécration des livres d’économie : le Prix du livre d’économie, organisé par l’association Lire la société, proche des élites politico-administratives et de la presse économique, et le Prix Turgot du meilleur livre d’économie financière, remis par un think tank proche des élites financières, le Cercle Turgot.Au travers de l’étude de leur environnement institutionnel (les entreprises et institutions publiques partenaires) et de la prosopographie de leurs acteurs (organisateurs, jurés et lauréats), cette recherche interroge une forme particulière de rapport entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel sur l’économie.On montre ainsi que les deux prix fonctionnent comme des instances de captation et de contrôle de ressources dont les jurés et organisateurs sont relativement dépourvus : les titres de légitimité intellectuelle et scientifique, positions académiques et d’expertise, et la notoriété médiatique des auteurs distinguent ces derniers de ceux qui les consacrent. Si ce différentiel trahit l’hétéronomie du travail de consécration, confié à des agents et institutions dépourvus de légitimité dans les sphères de production des savoirs économiques, notre enquête montre que la fonction de consécration se double d’une fonction latente de socialisation entre élites économiques, intellectuelles et médiatiques, et d’une fonction idéologique de promotion du libéralisme économique, qui bénéficie du « haut patronage de Bercy ».

    Jean-Michel Chahsiche, « Les intermédiaires dans la fabrique des idées économiques : L’économie aux Éditions Maspero et La Découverte au tournant des années 1980 », Raisons politiques, Raisons politiques, 2017, n°67, pp. 119-140   

    RésuméCet article entend montrer l’intérêt de la notion d’« intermédiaires », qui désigne le travail de mise en relation de l’offre et de la demande d’un bien culturel, en histoire sociale des idées. Pour ce faire, on revient sur le renouvellement du volet économie du catalogue des éditions Maspero/La Découverte au tournant des années 80, alors que l’éditeur connaît d’importantes difficultés financières. Impulsé par François Gèze, qui succède définitivement à François Maspero en 1983, ce renouvellement du catalogue conduit à l’éviction de la littérature d’économie politique marxiste qui caractérisait l’édition économique chez Maspero dans les années 60-70. La ligne éditoriale adoptée par François Gèze et ceux qui l’entourent se caractérise par le développement d’une offre d’ouvrages pédagogiques (les collections « Repères » et « L’État du monde ») et la place centrale accordée à la jeune théorie de la régulation.Après être revenu sur les recompositions qui affectent les champs intellectuel, académique et éditorial et la position qu’occupent les éditions Maspero dans ces espaces, on s’attarde sur la trajectoire sociale de François Gèze, par contraste avec celle de François Maspero, afin de saisir les ressources et les contraintes qui pèsent sur le travail d’intermédiation. Enfin, les dernières parties reviennent sur le renouveau de la politique éditoriale en économie, et tentent de montrer que l’éviction des économistes marxistes du catalogue est moins le fruit d’un projet conscient des éditeurs que d’une politique éditoriale désormais orientée par la demande plutôt que l’offre intellectuelle, par contraste avec la période antérieure.

    Jean-Michel Chahsiche, « De l' éthique du care  à la  société du soin  : la politisation du care au Parti socialiste », Raisons politiques, Raisons politiques, 2014, n°56, pp. 87-104   

    RésuméAu printemps 2010, la première secrétaire du Parti socialiste défend dans une interview au journal Mediapart une « société du soin » qu’elle fonde sur l’éthique du care théorisée par la psychologue américain Carol Gilligan. La violence des réactions qui suivent cette première mention médiatique du care en France conduit à une série de prises de position publiques des acteurs de l’introduction initiale du concept en France. Alors que les introducteurs académiques initiaux dénoncent la « misogynie » des élites intellectuelles, politiques et médiatiques françaises et « l’amateurisme » du PS dans son utilisation du care, les artisans de la politisation du concept tentent d’apporter des correctifs aux premiers échos médiatiques. L’article se concentre sur la séquence de politisation du care au PS : nous reviendrons sur l’investissement politique du concept dans le cadre du Laboratoire des idées socialistes afin de rendre compte des formes et logiques de la soumission des intellectuels à la commande politique (1) par lesquelles les significations attachées à la notion de care se transforment radicalement (2) : éthique féministe opposée à la fois à la tradition déconstructiviste du féminisme français et à la théorie de la justice de John Rawls, le care devient au PS l’instrument théorique d’une rénovation de l’État-providence autour de la mission de services publics personnalisés.

  • Jean-Michel Chahsiche, Antoine Vauchez, Isabelle Boucobza, Olivia Bui-Xuan, Un champ de la régulation publique indépendante?: Acteurs, registres de justification et formes d'autorité politique des agences de régulations en France, 2019   

  • Jean-Michel Chahsiche, « L’Etat des économistes », le 21 novembre 2019  

    Organisé pour le CURAPP par Isabelle Gouarné, Emmanuel Monneau, Mathieu Hauchecorne, et Antoine Vion