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Grégory Daho

Maître de conférences, Science politique.

Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne · Ecole de Science politique de la Sorbonne Centre Européen de Sociologie et de Science Politique — CESSP
Université Paris 1 - Panthéon SorbonneEcole de Science politique de la SorbonneCentre Européen de Sociologie et de Science Politique

Actualités scientifiques

Colloque
25 avr. 2024 · Paris
Parution
12 juil. 2023
Journée d'étude
29 sept. 2022 · Aix-en-Provence

Publications scientifiques

  • Thèse

    THESE
    Une revanche des généraux : l'institutionnalisation de la coopération civilo-militaire en France, soutenue en 2013 à Paris 1 sous la direction de Michel Dobry, membres du jury : Frédéric Charillon, Didier Georgakakis, Sandrine Lefranc et Frédéric Ramel  

    Notre objet de thèse est l'émergence des activités civilo-militaires en France depuis la fin de la guerre froide. L'ensemble de ces activités vise à coordonner les relations entre les organisations militaires et les acteurs civils sur une zone d'intervention, qu'ils soient locaux (autorités politiques, religieuses et morales, populations, entreprises et associations, administrations, relais d'opinion) ou allogènes (OI, ONG, Agences des Nations Unies, bailleurs de fonds, entreprises, Services ministériels). A partir de l'observation des interactions entre organisations militaires et civiles ayant contribué non seulement à la formalisation du «concept» civilo-militaire mais surtout, à sa matérialisation en une «fonction opérationnelle», et au moyen d'outils sociologiques empruntés à différents courants (sociologie des relations internationales, sociologie militaire et sociologie des organisations), l'enjeu est de comprendre où, avec qui et comment, la coopération civilo-militaire s'est progressivement institutionnalisée au point de devenir aujourd'hui un outil ordinaire de gestion des crises internationales.

  • Ouvrages

    Grégory Daho, Florent Pouponneau, Johanna Siméant-Germanos (dir.), Entrer en guerre au Mali: luttes politiques et bureaucratiques autour de l'intervention française, éditions rue d'Ulm, 2024, 319 p.  

    Le 11 janvier 2013, dans une allocution télévisée, le président François Hollande annonçait que la France intervenait militairement pour venir en aide au Mali, alors que des groupes armés qualifiés de terroristes semblaient se diriger vers la capitale, Bamako. Cela marquait le début de l’opération Serval. Quoi de plus proche, en apparence, d’une décision souveraine et individuelle que cette annonce ? Le propos de cet ouvrage, appuyé sur un travail de terrain de plusieurs années (sources ouvertes, archives classifiées, entretiens, prosopographie…), est pourtant à rebours d’une perspective qui prétendrait isoler des moments discrets de la décision en en faisant une substance, saisissable et traçable : il s’attache à déplier ce que sont toutes les conditions plus générales de possibilité d’une entrée en guerre, et à identifier les luttes politiques et bureaucratiques au sein de l’appareil d’État dans lesquelles elle s’encastre. Il entend aussi montrer que l’on peut travailler empiriquement sur les sommets de l’État, fût-ce dans des domaines que l’on imagine verrouillés par le « secret défense », et que les relations internationales relèvent, en cela, du travail ordinaire des sciences sociales.

    Grégory Daho, Luc Klein (dir.), Les armes cèdent-elles toujours à la toge ?: regards interdisciplinaires sur les relations civilo-militaires en démocratie, mare & martin, 2023, Droit de la sécurité et de la défense, 250 p. 

    Initié dans le cadre du programme de recherche Sorbonne War Studies, cet ouvrage collectif, inédit en langue française, réunit une dizaine d’universitaires autour de la question de l’évolution de l’usage et des rôles des forces armées. Il contribue à renouveler la teneur des débats sur le contrôle démocratique des forces armées en promouvant un cadre analytique interdisciplinaire (Droit, Histoire, Science politique et Sociologie), et une démarche comparative (France, Allemagne, Etats-Unis, Royaume-Uni). Le présent ouvrage insiste, en outre, sur la dimension méthodologique et empirique du travail d’enquête sur les politiques de défense et de sécurité.

    Grégory Daho, Yann Richard (dir.), War, state and sovereignty: interdisciplinary challenges and perspectives for the social sciences, Palgrave Macmillan, 2023, 274 p.  

    This book addresses the links between war, state and sovereignty using an interdisciplinary approach. The authors and editors investigate the transformation of the state through the practices of security governance - an effective way to question the evolution of authority and legitimacy of state violence, and the organisation of human societies. This work contributes to the understanding of the transformation of state through the prism of security challenges and provides the means to identify the evolution of their regalian contours, the legal and technical forms of regulating violence, and the legitimisation of public power. This volume shows that the contribution of the social sciences is decisive for understanding the changes of the role and insertion of armed forces in their political, social and professional environment.

    Grégory Daho, Antoine Vauchez (dir.), Quelle sociologie politique pour l'enquête globale ?: autour d'Yves Dezalay, L'Harmattan, 2021, 221 p. 

    Grégory Daho, Emmanuel-Pierre Guittet, Julien Pomarède, Florent Pouponneau, Les territoires du secret: confidentialité et enquête dans les mondes pluriels de la sécurité, L'Harmattan, 2021 

    Grégory Daho, La transformation des armées: enquête sur les relations civilo-militaires en France, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 2020, Le (bien) commun, 406 p.  

    Grégory Daho, Laurent Bonelli, Hervé Rayner, Bernard Voutat, Jean-Marc Berlière, Les mondes du renseignement: entre légitimation et contestation, L'Harmattan, 2020, 300 p. 

    Grégory Daho, Emmanuel-Pierre Guittet, Julien Pomarède, Florent Pouponneau, Les territoires du secret: confidentialité et enquête dans les mondes pluriels de la sécurité, L'Harmattan, 2020, 134 p. 

    Grégory Daho, Michel Dobry, Frédéric Charillon, Didier Georgakakis, Sandrine Lefranc [et alii], Une revanche des généraux: l'institutionnalisation de la coopération civilo-militaire en France,, 2013, 706 p. 

    Grégory Daho, Amandine Gnanguênon, Édouard Jourdain, Conflits actuels: continuité ou mutation ?, la Documentation française, 2009, Questions de défense, 167 p. 

    Grégory Daho, Michel Dobry, Ressorts et pièges de la diplomatie normative: l'exemple des droits de l'homme dans la politique internationale,, 2005, 203 p. 

  • Articles

    Grégory Daho, Antoine Vauchez, Didier Bigo, Afrânio Garcia, « Les ficelles de l’enquête globale. Lectures, usages et débats autour de la sociologie de l’international d’Yves Dezalay », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté, sécurité et L'Harmattan, 2021, n°119120   

    Grégory Daho, Antoine Vauchez, « Le sociologue en globe-trotter Réceptions, apports et difficultés de la sociologie de l’international d’Yves Dezalay », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté, sécurité et L'Harmattan, 2021   

    Grégory Daho, « La désectorisation des politiques de sécurité. Le cas du recentrage interministériel du Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale », Revue française d'administration publique, Revue française d'administration publique, 2020, n°171, pp. 651-667  

    Cet article vise à expliciter l’évolution de la division du travail gouvernemental en matière de sécurité nationale. En retraçant les circonstances de la résurgence du Secrétariat général de la défense et la sécurité nationale (SGDSN) au cœur du jeu interministériel de gestion des crises, il entend combler un vide entre, d’un côté, une sociologie de l’action publique délaissant le secteur de la défense et, de l’autre, des études critiques de sécurité trop peu attentives à l’analyse des processus institutionnels. Après être revenu sur le contexte marquant l’obsolescence programmée du Secrétariat général au sortir de la Guerre froide, nous proposons deux niveaux d’analyse pour expliquer ce recentrage au cœur des circuits décisionnels : le premier, organisationnel, insiste sur les tournants opérationnel, doctrinal et institutionnel qu’a connus le Secrétariat, et le second, individuel, met en avant les positions et les ressources des Secrétaires généraux.

    Grégory Daho, Antoine Vauchez, « Globe-trotting Sociology », Political Anthropological Research on International Social Sciences, , 2020   

    Grégory Daho, Natacha Gally, « Le cabinet ministériel comme espace frontière. Les collaborateurs ministériels passés par la sphère privée sous la présidence de François Hollande », Revue française d'administration publique, Revue française d'administration publique, 2019, n°168, pp. 849-874  

    RésuméCet article contribue au débat sur le brouillage de la frontière public/privé en examinant l’expérience des membres de cabinets ministériels dans la « sphère privée » sous la présidence de François Hollande. Il discute l’ouverture au « privé » des viviers de recrutement et les formes variées de « privatisation » des carrières des collaborateurs de ministres, en réinterrogeant les contours de la catégorie « privé ». Il montre que les cabinets constituent un « espace frontière » dans la mesure où ils abritent un nombre relativement important d’individus ayant circulé entre les sphères publique et privée et cherche à préciser les profils de ces « passeurs ».

    Grégory Daho, Nathalie Duclos, Cécile Jouhanneau, « Political Sociology of International Interventions: Peacebuilders and the Ground », Journal of Intervention and Statebuilding, Taylor & Francis (Routledge), 2019, n°3 

    Grégory Daho, Nathalie Duclos, Cécile Jouhanneau, « Political Sociology of International Interventions: Peacebuilders and the Ground », Journal of Intervention and Statebuilding, Taylor & Francis (Routledge), 2019, n°3 

    Grégory Daho, « Les pratiques des diplomates françaisParis, CNRS Éditions », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2018, n°VOL. 7, pp. 123-133  

  • Communications

    Grégory Daho, « Les acteurs civils et militaires de la décision en matière de Défense Nationale », le 30 mai 2024 

    Conférence citoyenne organisée par le CRDT, Faculté de droit, Université Reims Champagne-Ardenne

    Grégory Daho, « De Serval à Barkhane », le 25 avril 2024 

    Colloque organisé par l'Institut pour la paix et le Sorbonne War Studies, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

    Grégory Daho, « Les multiples visages de l’autonomie stratégique européenne », le 28 octobre 2022 

    Organisé par l'IREDIES, Paris 1 Panthéon-Sorbonne dans le cadre des Entretiens de la Défense européenne avec le programme Sorbonne War Studies et l’École doctorale du Collège européen de sécurité et de défense

    Grégory Daho, « Démocraties et relations civilo-militaires », le 29 septembre 2022 

    Organisées par l’Institut Louis Favoreu et l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM) avec le soutien de l’Association pour les études sur la guerre et la stratégie (AEGES)

    Grégory Daho, « Guerre et souveraineté », le 07 juin 2022 

    Organisé par le programme Sorbonne War Studies, Paris 1 Panthéon-Sorbonne

    Grégory Daho, « Corps et guerre », le 19 décembre 2019 

    Colloque annuel de l'Association pour les Études sur la Guerre et la Stratégie - AEGES

    Grégory Daho, « Le soldat et le citoyen », le 13 décembre 2017 

    Organisé par le Centre Thucydide

    Grégory Daho, Nathalie Duclos, Cécile Jouhanneau, « Introduction de la Section Thématique Sociologie politique des interventions internationales », Congrès AFSP, ST n° 51 "Sociologie politique des interventions internationales : ce que les "terrains" font aux aceurs de la paix, Aix, le 22 septembre 2015 

    Grégory Daho, « Sociologie politique des interventions internationales: Introduction générale de la section thématique », 13ème congrès de l'Association Française de Science Politique, Aix-en-Provence, 22-24 juin 2015, Aix-en-Provence, le 01 janvier 2015 

Encadrement doctoral

  • Membre du jury

    Luca Ferrini, Why does Europe go to war? Deconstructing the political discourse of Europe’s military intervention in Mali and Niger 2013-2022, soutenue en 2025 à Université Paris Cité sous la direction de Marc-Antoine Pérouse de Montclos présidée par Philippe Boulanger, membres du jury : Nadine Machikou Ndzesop (Rapp.), Federica Bicchi et Sébastien Boulay   

    La situation géopolitique mondiale incite l'Union européenne (UE) et ses États membres à renouveler la réflexion sur leur rôle dans les conflits. L'engagement au Sahel est en ce sens le cas le plus récent d'intervention militaire européenne et représente une occasion unique pour réfléchir au potentiel de la politique européenne de sécurité et de défense commune (PSDC). Entre 2013 et 2022, quelque 50 000 soldats de 14 États membres de l'UE se sont relayés au Mali et au Niger, ce qui constitue de loin l'engagement militaire européen le plus important après le déploiement en Afghanistan. Pourquoi l'Europe s'engage-t-elle militairement en dehors de ses frontières ? Dans quelles conditions un consensus s'établit-il autour du recours à l'armée pour intervenir en dehors de l'Europe ? Alors que le narratif politique s'est concentré sur la stabilisation et la lutte contre le terrorisme djihadiste, il est largement reconnu qu'aucun de ces objectifs n'a été atteint, ni que les groupes non étatiques combattus aient eu des liens avec des réseaux terroristes mondiaux susceptibles de menacer l'Europe. Comment en est-on arrivé à un consensus aussi large autour d'une présence militaire au Sahel ? Qu'est-ce que cela nous enseigne sur l'utilisation potentielle d'instruments militaires de l'Europe dans d'autres contextes ? Cette recherche s'inscrit dans la sociologie des relations internationales, appliquant un cadre théorique constructiviste qui met l'accent sur le rôle des idées, des valeurs, des croyances et des institutions dans la construction du narratif. L'analyse se concentre sur les trois États membres de l'UE qui, à l'exception de la France qui est déjà étudiée en détail dans la littérature existante, ont été les plus engagés au Mali et au Niger: l'Allemagne, la République tchèque et l'Italie. La méthodologie se décline en trois phases. La première étape donne une lecture du narratif justifiant l'intervention militaire à travers l'analyse d'un ensemble de données constitué de 10 000 tweets. Dans la deuxième phase, le processus de prise de décision pour l'envoi de troupes allemandes, tchèques et italiennes au Mali et au Niger est analysé à l'aide de données provenant de 120 débats parlementaires, de communiqués et de conférences de presse. Dans la troisième phase, 50 entretiens semi-structurés permettent d'analyser les résultats perçus de la présence militaire, ainsi que l'incohérence entre le discours officiel d'intervention et d'autres logiques d'intervention. La déconstruction du narratif sur l'intervention indique un rôle clé des croyances et des normes, des peurs, des interactions de réseau et des institutions. En ce qui concerne les croyances et les normes, l'analyse souligne les sphères limitées du possible que l'Europe s'est permis en encadrant le risque et en concevant sa réponse politique. En termes de peurs, la réponse viscérale contre le terrorisme et l'immigration a empêché l'adoption d'une approche sensible aux conflits. En termes de réseaux, la diplomatie transactionnelle entre les États membres de l'UE a contribué à renforcer la distorsion de la réponse politique. En termes d'institutions, le fait que l'UE soit une jeune institution désireuse de construire son identité en tant que garant d'un ordre international a contribué à cimenter la réponse militaire.

    Cosme Journiac, L’engagement chinois dans les activités de paix onusiennes : acceptabilités et transformations des pratiques, soutenue en 2025 à Paris 1 sous la direction de Yves Buchet de Neuilly présidée par Delphine Allès, membres du jury : Nathalie Duclos (Rapp.), Florent Pouponneau (Rapp.), Hugo Meijer  

    Cette thèse explore la transformation de l’engagement de la République populaire de Chine (RPC) dans les opérations de maintien de la paix (OMP) des Nations unies entre 1971 et 2021. Initialement opposée à ces pratiques perçues comme des instruments impérialistes, la RPC est devenue un important contributeur, tant sur le plan financier que militaire. Ce tournant multilatéral, d’autant plus étonnant qu’il contraste avec le désengagement d’autres grandes puissances, est pour partie tributaire de dynamiques d’acceptabilité des acteurs chinois ainsi que de leurs pratiques et conceptions au sein d’un système multilatéral complexe. En adoptant une approche relationnelle et sociologique sur le temps long, ce travail examine comment les acteurs chinois naviguent dans le secteur de la sécurité collective, façonnant et étant façonnés par ses règles et normes. La notion d’acceptabilité, envisagée comme un processus dynamique, relationnel et conflictuel, est centrale pour analyser les processus d’apprentissage, d’hybridation et de négociation qui permettent aux acteurs chinois d’intégrer, d’adapter et parfois de reconfigurer les pratiques multilatérales. En s’adaptant aux attentes et aux règles formelles et informelles des pratiques onusiennes, les représentants chinois s’assurent de leur acceptabilité auprès des autres acteurs. Ils peuvent alors amorcer des tentatives de modification des règles et pratiques en vigueur dans cet écosystème. Ce faisant, ils suscitent des résistances de la part des autres acteurs du système, remettant en question l’acceptabilité même des pratiques et conceptions chinoises. Loin d’une trajectoire linéaire, l’engagement chinois se révèle être le produit de luttes, d’ajustements et d’interactions dans un contexte en perpétuelle évolution où l’acceptabilité n’est pas simplement une question de conformité aux normes, mais aussi de gestion des attentes collectives et de maintien d’un équilibre entre influence croissante et résistance des autres acteurs. Mobilisant des méthodes mixtes — analyses quantitatives, entretiens, observations -, cette thèse met en évidence les tensions entre l’acceptation croissante de la RPC comme acteur majeur et les résistances qu’elle suscite. Elle retrace l’intégration chinoise dans le système onusien, soulignant l’évolution progressive de ses contributions façonnées par des ajustements et apprentissages face aux transformations des contextes et aux contraintes internationales. Cette thèse analyse ensuite la diversité des pratiques des acteurs chinois sur le théâtre des opérations, sur leur territoire national et au sein des arènes décisionnelles onusiennes, révélant des interactions complexes entre logiques bureaucratiques nationales et exigences multilatérales, qui transforment à la fois les acteurs impliqués et les instruments multilatéraux eux-mêmes. Enfin, elle explore les conséquences de cet engagement accru sur les structures multilatérales, mettant en lumière une redistribution des ressources, une reconfiguration des hiérarchies onusiennes et des résistances suscitées par les pratiques chinoises dans un contexte de rééquilibrage des rapports de force internationaux. En s’éloignant des approches normatives ou stato-centrées pour étudier les dynamiques d’intégration et de contestation, elle propose une réflexion sur les modalités des transformations contemporaines des rapports de force au sein des Nations unies et du multilatéralisme.

    Anne-Lise Dall'Agnola, Invalides français et disabled veterans états-uniens aujourd'hui : une reconnaissance sociale inégale ?, soutenue en 2023 à Paris 8 sous la direction de Dominique Memmi présidée par Bruno Cabanes, membres du jury : Yannick Barthe (Rapp.), Marie Buscatto (Rapp.), Marie Cartier  

    Aux États-Unis et en France, les (anciens) militaires en situation d’invalidité liée à l’exercice de leur profession sont inégalement représentés dans l’espace public et les médias. Là où les disabled veterans états-uniens sont très présents, les invalides français semblent absents du monde social. Grâce à une enquête de terrain menée dans les deux pays auprès de personnels de recrutement des forces armées (48), de responsables d’associations d’anciens militaires (23), d’invalides (16) et de disabled veterans (16), complétée par des observations, un travail d’archives et une analyse sémiotique des campagnes de recrutement de l’US Army et de l’armée de Terre, cette recherche montre que cet écart est le résultat de plusieurs facteurs. …/…Il résulte d’abord des capacités inégales des Armées à produire des discours sur elles-mêmes aptes à remporter l’adhésion du public à présent qu’elles sont devenues des troupes professionnelles. Mais cet écart résulte surtout de causes matérielles. Il existe en effet des différences de fond dans les systèmes de protection sociale et dans les associations qui défendent et prennent en charge les combattants, les invalides, les veterans et les disabled veterans dans les deux pays. Les disabled veterans sont ainsi plus visibles que leurs homologues français parce que c’est là la condition de leur prise en charge. Par conséquent, les associations qui les représentent travaillent activement à leur visibilisation : d'une part pour maintenir la légitimité sociale de la catégorie administrative et sociale de "veteran" qui leur accorde des droits sociaux réservés ; d'autre part parce que ces associations dépendent de cette visibilité pour sécuriser leurs revenus. En France, où la citoyenneté sociale n'est pas conditionnée au passage sous les drapeaux et où les associations sont à la fois financièrement autonomes et regroupées au sein d'un entre-soi combattant aux liens étroits, elles cultivent au contraire la discrétion.

    Izadora Xavier do Monte, Bon bagay et bandidos : genre, race, nationalité et les Casques bleus brésiliens en Haïti, soutenue en 2019 à Paris 8 sous la direction de Jane Freedman présidée par Anne-Marie Devreux, membres du jury : Ioana Cîrstocea (Rapp.), Giuseppe Cocco (Rapp.)  

    Le maintien de la paix est une activité nouvelle qui a pris son essor depuis les années 1990. Pour l’armée brésilienne, elle est également une activité d’exception. Dans sa plus grande contribution à une opération du Conseil de sécurité de l’ONU, le Brésil a envoyé 22 mille militaires pour participer à la Mission de Nations unies pour la Stabilisation en Haïti entre 2004 et 2017. Cet apport s’est fait dans le contexte d’un « engagement critique multilatéral » de la part du Parti des Travailleurs au pouvoir à l’époque. Que font ces militaires sur le terrain ? Quel est leur interprétation de ce nouveau cadre multilatéral et humanitaire, en théorie si éloigné des fonctions militaires « classiques » ? En partant d’une enquête qualitative et des observations menées à Port-au-Prince et à Brasília, ainsi que d’une grille de lecture du genre, cette thèse essaie de comprendre l’international « par le bas », à partir des discours et des pratiques des acteurs sur le terrain. La masculinité, la nationalité et les rapports de race dans ses imbrications et dans des logiques propres au contexte brésilien sont clés dans la compréhension du maintien de la paix et de l’ordre international. Le maintien de la paix illumine pas seulement les transformations de l’activité militaire dans le XXIe siècle, mais également les transformations dans la masculinité. Dans le cas brésilien, les opérations de paix ne sont pas un emploi de « basse intensité », comme pour ses homologues du Nord. C’est une activité chargée de « valeur guerrière », une occasion d’incorporation de la « fierté nationale » et de mise à jour des discours banals sur la nationalité et les qualités de l’« homme brésilien ».

    Fuad Pashayev, La médiation dans la résolution des conflits internationaux : Martti Ahtisaari à Aceh et au Kosovo, soutenue en 2017 à Paris 1 sous la direction de Thomas Lindemann présidée par Dario Battistella, membres du jury : Nathalie Duclos (Rapp.), Anne Dulphy (Rapp.), Daniel E. Rojas  

    Cette recherche analyse la médiation dans la résolution des conflits internationaux, à partir de deux interventions médiatives de Martti Ahtisaari, au milieu des années 2000. Cet ancien secrétaire général-adjoint des Nations unies, ancien président finlandais, prix Nobel de la paix 2008, se voit comme l'homme du centre et non l'homme du milieu. Il se perçoit intimement comme l'homme-de de la paix, son véritable co-décideur. Cette étude dévoile sa coulisse médiative selon une approche empruntée à E. Goffman. Ce travail s'appuie sur une trentaine d'entretiens, réalisées avec des personnalités impliqués dans le deux médiations. Notre approche donne la parole aux «adversaires médiatifs» du célèbre finlandais sous-représentés dans la littérature disponible, à l'instar de l'expert australien Damien Kingsbury. Nous avons aussi mobilisé des images animées ou fixes ; certaines sont inédites. La thèse examine les rapports entre médiation et négociation, via le rôle de divers acteurs internationaux, comme le ONG, l'UE, les États-Unis et l'ONU.