Narguesse Keyhani, Julien Boelaert, Samuel Coavoux, Estelle Delaine, Altaïr Despres, « La part du genre : Genre et approche intersectionnelle dans les revues de sciences sociales françaises au XXIe siècle », Actes de la recherche en sciences sociales, Actes de la recherche en sciences sociales, 2025, n°258-259, pp. 126-145
Narguesse Keyhani, Mathilde Pette, Danièle Lochak, Bastien Bracq, Annalisa Lendaro, « Les usages du droit dans la cause immigrée », Hommes & Migrations, Hommes & Migrations, 2024, n°1344, pp. 150-164
Le nouveau dossier proposé dans le cadre du projet de recherche Causimmi concerne les usages du droit, à l'heure où le Gisti fête ses 50 ans. Prenant son essor dans les années 1970, ce répertoire des luttes est central dans la cause immigrée parce qu’il touche à la défense des droits des étranger·ères présent·es sur le territoire depuis plusieurs années ou bloqué·es à la frontière. La défense peut se faire au titre de la demande de séjour, de la demande d’asile ou encore de la défense des droits humains. Si les professionnel·les du droit investissent les associations, ces dernières comptent également sur des militant·es qui développent une expertise juridique par la pratique.
Narguesse Keyhani, Liêm-Khê Luguern, Simeng Wang, Karine Meslin, Karim Taharount, « Mobilisations (d’)asiatiques », Hommes & Migrations, Hommes & Migrations, 2024, n°1343, pp. 201-212
Cette seconde série de notices biographiques proposée dans le cadre du projet de recherche CAUSIMMI porte sur les mobilisations asiatiques dans la cause immigrée. Derrière l’expression « mobilisations (d’)asiatiques » se cachent à la fois des personnes aux origines variées (notamment vietnamiennes, cambodgiennes et chinoises), mais également de milieux sociaux et de générations différents, employant des modes d’action pluriels. Cette série d’articles est également révélatrice des circulations relativement courantes entre les sphères académiques et militantes, comme en témoigne ici la place de Liêm-Khê Luguern, à la fois militante et chercheuse, membre du conseil scientifique de l’exposition Immigrations est et sud-est asiatiques depuis 1860, programmée au Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris jusqu’au 18 février 2024, et de l’équipe CAUSIMMI.
Narguesse Keyhani, Vincent-Arnaud Chappe, « National origin discrimination or racial discrimination? The mobilization of SNCF’s Moroccan railway workers », Ethnic and Racial Studies, Taylor & Francis (Routledge), 2023, n°4
Narguesse Keyhani, Camille François, Pierre Gilbert, Camille Masclet, « Espaces non mixtes : l'entre-soi contre les inégalités ? Introduction au dossier », Métropolitiques, Métropolitiques, 2021
Narguesse Keyhani, Vincent-Arnaud Chappe, « De la manifestation au procès : la mobilisation pour les cheminots marocains de la SNCF », Sociologie du Travail, Association pour le développement de la sociologie du travail, 2019, n°4, p. 28754
Narguesse Keyhani, Abdellali Hajjat, Cécile Rodrigues, « Proximité spatiale, distance raciale : Analyser la spatialisation des infractions racistes », Revue française de sociologie, Revue française de sociologie, 2019, n°60, pp. 341-383
RésuméCet article soulève la question de la relation entre la probabilité d'occurrence des infractions racistes et les caractéristiques sociodémographiques du territoire. Il s'agit d'abord de faire un état des lieux de la littérature étasunienne et britannique sur la spatialisation des actes racistes en dégageant trois pôles (surdétermination des variables économiques, des variables démographiques, et combinaison des variables économiques et démographiques) et une série d'hypothèses (pouvoir menaçant, pouvoir différentiel, « quartier à défendre »), puis de tester celles-ci à partir du cas français. L'analyse des données géographiques issues d'une enquête collective, portant sur 483 affaires d'infractions racistes traitées dans deux tribunaux correctionnels français, et leur traitement statistique (tris croisés et régression logistique) contestent la thèse du « quartier à défendre », la plus partagée dans la littérature existante, parce qu'elle ne rend compte que d'une partie des actes racistes. Il est préférable de distinguer « racisme de proximité » et « racisme à distance » ainsi que quatre configurations spatiales spécifiques : de voisinage, de « conquête », de « défense » et de neutralité territoriale. Le croisement des données spatiales avec une série d'indicateurs met en lumière l'influence de variables à la fois économiques, sociales et démographiques dans l'occurrence des actes racistes. Ainsi, en prolongeant l'analyse de Jean-Claude Chamboredon et Madeleine Lemaire sur les conflits sociaux dans les grands ensembles français, l'article montre que la proximité spatiale s'articule avec distance sociale et raciale, favorisant les infractions racistes.
Narguesse Keyhani, « Lutrha Renee, Soehl Thomas, Waldinger Roger, 2018, Origins and destinations: The making of the second generation, New York, Russell Sage Foundation, 356 pages », Population, Population, 2019, n°74, pp. 355-357
Narguesse Keyhani, « Lutrha Renée, Sohel Thomas, Waldinger Roger, 2018, Origins and destinations: The Making of the Second Generation, New-York, Russell Sage Foundation, 356 p. », Population, Population, 2019, n°74, pp. 377-379
Narguesse Keyhani, Abdellali Hajjat, Cécile Rodrigues, « Saisir le racisme par sa pénalisation ? : Apports et limites d’une analyse fondée sur les dossiers judiciaires », Genèses, Genèses, 2019, n°116, pp. 125-144
L’article propose une réflexion sur les enjeux qui entourent la construction d’une base de données originale construite dans le cadre d’une enquête collective sur le traitement judiciaire des infractions racistes. Comment traiter, dans une perspective sociologique, des informations initialement produites par des acteurs à des fins professionnelles ? L’article avance plusieurs propositions pour objectiver le traitement judiciaire des infractions racistes.
Narguesse Keyhani, Abdellali Hajjat, Cécile Rodrigues, « (Un)confirmed racist offences: A sociological perspective on the judicial treatment of racist hate crimes in three criminal courts », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2019, n°69, pp. 407-438
This article examines the judicial treatment of offences of racial aggression and the phenomenon of attrition, through an investigation based on the case files of 500 racial hate crimes processed between 2006 and 2015 in three criminal courts in France. It shows that a combination of factors produce a high rate of case dismissal for unconfirmed racist offences, based on a hierarchy of infractions and types of racism, the differential treatment of victims and defendants (according to age, sex, social class, ethnicity, etc.), and the paradoxical over-representation of minorities among the suspects. Despite the legal and institutional differences between France and the United States, both countries draw on relatively similar forms of administrative and social comprehension.
Narguesse Keyhani, Abdellali Hajjat, Cécile Rodrigues, « Infraction raciste (non) confirmée. Sociologie du traitement judiciaire des infractions racistes dans trois tribunaux correctionnels », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2019, n°3
Narguesse Keyhani, Abdellali Hajjat, Cécile Rodrigues, « Saisir le racisme par sa pénalisation ? Apports et limites d’une analyse fondée sur les dossiers judiciaires », Genèses. Sciences sociales et histoire, Belin, 2019, n°3
Narguesse Keyhani, Vincent-Arnaud Chappe, « Les auxiliaires étrangers de la SNCF : une intégration professionnelle a minima ? », Connaissance de l'emploi, Centre d'études de l'emploi et du travail (Noisy-le-Grand), 2018, n°143
Narguesse Keyhani, « Agir sur l’opinion : Socio-histoire d’un répertoire d’action antiraciste », Terrains & travaux, Terrains & travaux, 2018, n°32, pp. 201-223
L’article s’intéresse à un épisode peu connu de la lutte contre le racisme, celle du gouvernement socialiste dans la première moitié des années 1980, alors que la Marche pour l’égalité et contre le racisme dénonce violences policières et discriminations. Des travaux sur la lutte contre les discriminations tendent à réduire l’action publique des années 1980 à une proclamation de principes désincarnés se contentant de dénoncer une « opinion publique raciste ». Ces travaux négligent la mobilisation du répertoire interculturel, la conception du racisme qu’elle véhicule et l’action publique qu’elle permet. L’article montre par contraste que le ciblage de l’opinion s’est dans ce cas accompagné d’une action censée agir sur la production d’inégalités dans l’accès aux droits.
Narguesse Keyhani, Vincent-Arnaud Chappe, « Cheminots marocains : une lutte syndicale et judiciaire », Plein droit, Plein droit, 2018, n°117, pp. 32-36
La lutte pour l'égalité menée pendant plus de vingt ans par les
cheminots marocains s'est déroulée à la fois sur le terrain syndical et
sur le terrain judiciaire. Emblématique du traitement discriminatoire
dont étaient victimes les travailleurs étrangers, cette lutte nous éclaire
sur les capacités de mobilisation de ces derniers et sur leurs rapports
avec les syndicats.
Narguesse Keyhani, Vincent-Arnaud Chappe, « La fabrique d’un collectif judiciaire : La mobilisation des cheminots marocains contre les discriminations à la SNCF », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2018, n°68, pp. 7-29
RésuméL’article porte sur la mobilisation des cheminots marocains, engagés dans les années 1970 par la SNCF comme contractuels, et ayant fait condamner l’entreprise ferroviaire pour discrimination. L’ethnographie du processus judiciaire explore les relations entre mobilisations et action judiciaire et leurs effets sur la formation des collectifs. En revenant sur les conditions d’une action au long cours, exceptionnelle par le nombre de plaignants, et sur les modalités de sa traduction judiciaire, il montre que la judiciarisation participe à la constitution de ce collectif, mais qu’elle fait apparaître une tension entre conscientisation des plaignants et dépossession par les professionnels du droit.
Narguesse Keyhani, Vincent-Arnaud Chappe, « La fabrique d’un collectif judiciaire : la mobilisation des cheminots marocains contre les discriminations à la SNCF », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2018, n°1, pp. 7-29
Narguesse Keyhani, Sylvain Laurens, « Introduction. La production officielle des différences culturelles. », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2017, n°107, pp. 9-13
Narguesse Keyhani, « La question des races dans un cadre administratif républicain : la création de la Commission nationale pour les études des relations interethniques », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2017, n°107, pp. 61-76
Narguesse Keyhani, « Aline Prevert, (2014), La lutte contre les discriminations. Genèse et usages d’une politique publique, Paris, L’Harmattan, 402 p. », Cahiers de la LCD, Cahiers de la LCD, 2016, n°2, pp. 142-146
Narguesse Keyhani, « Former pour dépolitiser : L'administration des immigrés comme cible de l'action publique », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2012, n°VOL. 1, pp. 91-114
RésuméL’article analyse, pour les années 1975-1990, les conditions et modalités de la mobilisation de savoirs sur les relations interculturelles par le secrétariat d’État aux Travailleurs immigrés et par les organisations parapubliques sous tutelle de l’administration. Située aux marges de la Direction de la Population et des migrations, l’une d’entre elles, l’ADRI, est chargée de promouvoir un dialogue entre « Français » et « immigrés ». Elle contribue à instituer l’interaction administrative avec les immigrés comme cible de l’action publique. L’article montre que la formation aux relations interculturelles des agents des services publics est la déclinaison, en termes administratifs, du mot d’ordre du dialogue. Mais la mobilisation de ces savoirs permet également de revendiquer un territoire d’action spécifique dans un contexte de forte politisation de l’enjeu de l’insertion des immigrés. Cette revendication passe par une requalification et une dépolitisation du problème public de l’insertion.
Narguesse Keyhani, Mathilde Pette, Danièle Lochak, Bastien Bracq, Annalisa Lendaro, « Les usages du droit dans la cause immigrée », Hommes & migrations. Revue française de référence sur les dynamiques migratoires, EPPD - Cité nationale de l'histoire de l'immigration
1972 : la cause immigrée et le tournant de la défense [Mathilde Pette] Les années 1970 marquent un tournant dans les politiques migratoires avec les premières mesures de restriction de l’immigration depuis l’après-guerre. L’ordonnance du 2 novembre 1945 est modifiée une première fois en 1972 par les circulaires Marcellin-Fontanet qui interdisent toute régularisation administrative d’un travailleur étranger présent sur le territoire français ne disposant pas d’un contrat de travail et d’un log...
Narguesse Keyhani, « La question des races dans un cadre administratif républicain : la création de la Commission nationale pour les études des relations interethniques », Cultures & Conflits, Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité
« Force est de créditer l’immigré d’une culture » : c’est ainsi qu’Abdelmalek Sayad commente ironiquement l’inflation des usages de la notion de culture dans les discours politiques, administratifs, mais aussi militants sur les travailleurs immigrés à la fin des années 1970 . Cette multiplication de discours sur la culture des migrants ne peut alors manquer d’interroger le sociologue de la double absence tant elle contraste avec la séquence historique qui précède. Comme l’ont montré de nombre...
Narguesse Keyhani, Vincent-Arnaud Chappe, « De la manifestation au procès : la mobilisation pour les cheminots marocains de la SNCF », Sociologie du travail, Association pour le développement de la sociologie du travail
Le 31 janvier 2018, plus de huit cents cheminots retraités et originaires du Maroc gagnaient leur procès devant la chambre sociale de la cour d’appel de Paris, au terme d’une action judiciaire contre la SNCF afin de faire reconnaître le caractère discriminatoire de leur statut (Chappe et Keyhani, 2018a). Ces contractuels, communément appelés « PS25 » par leurs collègues par référence à la nomenclature qui distingue les différentes catégories du personnel de la SNCF, n’ont pu accéder au statut...