• THESE

    La formation de la nouvelle bourgeoisie islamique en Turquie : le cas du MÜSİAD, soutenue en 2011 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Nilüfer Göle 

  • Dilek Yankaya, Bochra Kammarti, Marie-Claire Willems, David Douyère, Dominique Desmarchelier (dir.), Nommer le religieux, ENS Éditions, 2024, 136 p. 

    Dilek Yankaya, Yohanan Benhaïm, Uğur Kaya (dir.), Turquie: retour de l'autoritarisme, l'Harmattan, 2018, 193 p. 

    Dilek Yankaya, Uğur Kaya, Les relations de la Turquie avec la Syrie, Institut français d’études anatoliennes, 2014, Les dossiers de l'IFEA en ligne (Série la Turquie aujourd'hui en ligne)   

    Dilek Yankaya, La nouvelle bourgeoisie islamique: le modèle turc, Presses universitaires de France, 2013, Proche Orient, 214 p.  

    Dilek Yankaya, Nilüfer Göle, La formation de la nouvelle bourgeoisie islamique en Turquie: le cas du MÜSİAD,, 2011, 490 p.  

    Cette thèse porte sur la formation de la nouvelle bourgeoisie islamique en Turquie. Le MÜSİAD, association patronale islamique, apparaît comme sujet historique de ce processus : il a défini cette bourgeoisie, l’a organisée, représentée, institutionnalisée et reproduite. L’objectif est de mettre en évidence les activités des entrepreneurs en lien avec leurs principes mobilisateurs, leurs valeurs légitimatrices et leurs intérêts en fonction des enjeux principaux vis-à-vis desquels ils se positionnent et des changements de la structure contextuelle dans laquelle ils évoluent. C’est une sociologie politique de la transformation de la contre-élite islamiste en bourgeoisie islamique ayant les moyens de façonner le changement social en Turquie. S’appuyant sur une enquête sociologique menée auprès de fondateurs et d’adhérents, l’étude de la création, de la transformation et de l’organisation du MÜSİAD permet de retracer la sociohistoire du fondement, de l’empowerment de la nouvelle bourgeoisie. Cette sociohistoire vise à contribuer aux théories constructivistes de la formation des groupes sociaux. L’étude de la mobilisation, de la culture de l’organisation et de l’esprit du travail de la communauté du MÜSİAD permet de mettre en évidence la particularité islamique de cette bourgeoisie. Le rapport revendicatif et doctrinaire à l’islam se transforme en source morale subjectivée en interaction avec les normes de la société de marché. Se construisent alors des « sélectivités islamiques », signe de distinction de cette nouvelle bourgeoisie. La notion « sélectivité islamique » est ensuite proposée comme un outil théorique pour étudier la pluralité de l’islam contemporain.

  • Dilek Yankaya, Alia Gana, Mohamed Oubenal, « Acteurs économiques et pouvoir politique au Maghreb et au Moyen-Orient post-2011 (Dossier thématique) », Mondes en Développement, De Boeck, 2022, n°198, p. 198 

    Dilek Yankaya, Alia Gana, Mohamed Oubenal, « Quelles nouvelles imbrications du politique et de l’économique après les  printemps arabes  ? Introduction », Mondes en Développement, De Boeck, 2022, n°2, pp. 7-18 

    Dilek Yankaya, Lucas Faure, Nathalie Ferrière, Camille Noûs, « Le religieux et le développement : négociations politiques des convictions morales », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2022, n°3, pp. 9-21   

    Dilek Yankaya, « Du cadre d’action collective au programme partisan : ancrages patronaux des islamismes en Turquie et en Tunisie », L'Année du Maghreb, CNRS Éditions, 2020, n°22 

    Dilek Yankaya, Clément Steuer, Hassan Zouaoui, « Nommer l’islam politique. Répertoire lexical d’un réformisme et ses réappropriations locales dans les noms de partis islamistes », Mots: les langages du politique, ENS Éditions (Lyon), 2019, n°120   

  • Dilek Yankaya, « Nation, religions et démocratie : un nouvel agencement ? », le 04 juin 2021  

    Organisée par l’AFSR - Association Française de Sciences sociales des Religions

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Prunelle Aymé, Gouverner avec les femmes, gouverner les femmes dans la Turquie de l'AKP : l'action sociale dans la ville de Gaziantep, thèse soutenue en 2022 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Élise Massicard présidée par Vincent Dubois, membres du jury : Jean-Louis Briquet (Rapp.), Catherine Achin et Assia Boutaleb    

    Cette thèse porte sur la participation des femmes au gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP) en Turquie. En dépit de la sous-représentation politique des femmes, la mise en place de ce que l’AKP a nommé le « municipalisme des services » a permis à des militantes, bénévoles et professionnelles de devenir actrices du gouvernement au quotidien. L’action sociale a été largement déléguée à des femmes, bien que souvent à des postes subalternes. Quelles sont les conséquences de l’émergence de ces nouvelles actrices ? Elles contribuent au développement d’un gouvernement du social paramunicipal, reposant sur la délégation à un secteur associatif aux marges d’autonomie variables. Leurs circulations et multipositionnements font d’elles des intermédiaires entre les champs associatif, partisan et municipal. En pratique, les dispositifs d’action sociale, qui ciblent d’abord les femmes des classes populaires, véhiculent des normes qui reposent à la fois sur l’activation et la moralisation des femmes. Dans ces dispositifs se forge aussi le rapport ordinaire des bénéficiaires aux institutions. Or, la forte pénétration de l’action publique locale par les logiques partisanes en fait des lieux de mise en contact avec l’AKP, où se superposent aide, contrôle et mobilisation. Ainsi, l’émergence de ces figures féminines de l’action publique renouvelle les modalités de la domination politique et sociale en Turquie. Cette recherche s’appuie sur une enquête de terrain dans la ville de Gaziantep. 90 entretiens ont été réalisés avec des acteur·rice·s de l’action sociale locale ainsi qu’avec des bénéficiaires. Des observations ont également été menées dans plusieurs dispositifs.

  • Lalla Amina Drhimeur, Politiques publiques et référent islamique : les cas des Partis de la justice et développement turc (AKP) et marocain (PJD) dans une perspective comparée, thèse soutenue en 2025 à Lyon 2 sous la direction de Haoues Seniguer présidée par Karine Bennafla, membres du jury : Francesco Cavatorta (Rapp.), Myriam Aït-Aoudia (Rapp.), Gilles Pollet et Jean Marcou   

    Cette étude analyse l’ascension et l’évolution de l’AKP en Turquie et du PJD au Maroc, deux partis politiques à référentiel islamique ayant progressivement accédé au pouvoir en adaptant leur discours et leurs stratégies à leur environnement politique et socio-économique. L’objectif est d’examiner comment ils ont concilié leur référentiel idéologique avec les exigences concrètes de l’exercice du pouvoir, et comment cette articulation a, en retour, influencé leur idéologie ainsi que leurs politiques publiques.Ce projet s’appuie sur la littérature consacrée aux partis politiques opérant dans des contextes contraignants et apprenant à naviguer entre dynamiques locales et internationales. Il mobilise une méthodologie combinant l’analyse documentaire, des entretiens qualitatifs, et une approche comparative fondée sur le modèle des « systèmes les plus différents ».Une fois au pouvoir ou aux affaires, l’idéologie de l’AKP et du PJD a évolué sous l’effet de la compétition électorale et des contraintes institutionnelles. Les deux partis ont privilégié une approche pragmatique et une logique de survie pour se maintenir au pouvoir. À l’instar d’autres mouvements islamistes ailleurs, ils ont progressivement adopté une orientation économique néolibérale, centrée sur la libéralisation des marchés et l’attraction des investissements étrangers. Cette inflexion a parfois désenchanté leur base électorale traditionnelle, attachée aux valeurs conservatrices. Pour tenter de la fidéliser, ils ont eu recours à un discours moralisateur et ont cherché à institutionnaliser la charité. L’islam devient alors un cadre éthique accompagnant le néolibéralisme, plutôt qu’une alternative idéologique à celui-ci.En matière de politique étrangère, ces partis ont renoncé à un projet islamiste de type transnational ou internationaliste pour adopter une posture nationaliste et pragmatique. L’AKP et le PJD ont recouru à un discours civilisationnel opposant le monde musulman à l’Occident, mais à des fins distinctes : l’AKP a utilisé ce registre pour marginaliser l’opposition intérieure, tandis que le PJD l’a mobilisé pour contester, symboliquement, l’hégémonie de la monarchie. Dans les deux cas, l’islam devient un instrument de soft power permettant à l’État de séduire la diaspora et de renforcer son influence sur la scène internationale.Le néoconservatisme et le populisme deviennent progressivement le nouveau visage de l’islamisme. Pour l’AKP comme pour le PJD, l’État est érigé en garant des valeurs religieuses et conservatrices. Les politiques publiques visent à façonner les citoyens selon une vision du monde normative. Les deux partis perpétuent une conception complémentaire des rôles de genre, dans laquelle les femmes sont assignées à la sphère familiale et se substituent partiellement à l’État dans les fonctions de soin et de protection sociale. Néanmoins, l’islamisme se féminise : la création de sections féminines et le rapprochement avec des organisations de femmes partageant leur idéologie constituent des instruments de légitimation et de mobilisation, leur permettant d’élargir leur base sociale et de diffuser leur vision du monde.À force de concessions, la philosophie politique originaire de ces deux partis perd en cohérence et en force mobilisatrice. Face à cette érosion idéologique, l’AKP et le PJD adoptent une stratégie populiste, opposant un « peuple pur » à une « élite corrompue ». Ce populisme leur permet non seulement de consolider leur pouvoir, mais aussi d’attirer de nouveaux électeurs en se présentant comme fidèles à leurs racines idéologiques. Il leur sert également à masquer leurs contradictions internes, notamment l’écart croissant entre leur discours idéologique et leurs politiques publiques effectives.