Le droit de la concurrence regroupe l'ensemble des dispositions législatives et réglementaires visant à garantir le respect du principe de libre concurrence au sein d'une économie de libre marché. La concurrence n'est pas un état naturel, son existence ne résulte pas des mécanismes spontanés du marché, il faut créer artificiellement les conditions permettant de transformer l'agressivité compétitive entre les opérateurs en jeu de système concurrentiel. En cela, la concurrence est bien un projet que le droit met en place et fait garder par les autorités de concurrence qui utilisent de multiples outils, à l'instar des sanctions, des remèdes. Le droit de la concurrence est un droit paradoxal car ses objectifs sont contradictoires. Les règles de concurrence limitent, dans une certaine mesure, la liberté de concurrence, mais dans le même temps, elles la protègent et la promeuvent. D'un côté, ces règles incitent les opérateurs à la vertu économique, au progrès, à l'innovation au bénéfice des autres opérateurs et des consommateurs. D'un autre côté, elles interdisent les abus de position dominante, et certaines concentrations d'entreprises, par le biais de l'intervention des pouvoirs publics, qui vise à assurer le bon fonctionnement du marché et éviter les positions d'abus dominante ou les concentrations d'entreprises susceptibles de menacer le maintien d'une concurrence effective. L'arbitrage entre les objectifs contradictoires du droit de la concurrence s'avère délicat. L'enjeu du sujet est donc d'observer comment ce droit économique parvient à mêler efficacement stimulation, protection et restriction de la concurrence.