Didier Mineur, Philippe Crignon, Nicolas Arens, Daniel Augenstein, Julien Barroche [et alii], Le moment européen: approches philosophiques de l'Union européenne, Hermann, 2024, 306 p.
La série de crises multiformes que connaît l’Union européenne depuis plusieurs années révèle une situation d’entre-deux intenable. Le processus supposé in(dé)fini d’intégration s’est à la fois trop et trop peu engagé, et l’Europe découvre aujourd’hui sa propre finitude (géographique, politique, historique). Il faut désormais terminer l’Europe, mais en quel sens ? Les contributions de cet ouvrage dégagent les voies d’analyse et de réflexion philosophique qui permettent de comprendre si et comment l’Union européenne peut enfin devenir une forme politique, démocratique et juste
Didier Mineur (dir.), Désordres dans la démocratie, PUF, 2020, 197 p.
Didier Mineur, Carré de Malberg: le positivisme impossible, Michalon Éditions, 2019, Le bien commun, 113 p.
Didier Mineur, Adeline Beaurepaire-Hernandez, Emmanuel Debono, Vivien Faraut, Emmanuel Fureix [et alii], L'entre-deux électoral: une autre histoire de la représentation politique en France, XIXe-XXe siècle, Presses universitaires de Rennes, 2019
Didier Mineur, Le Pouvoir de la majorité: Fondements et limites, Éditions Classiques Garnier numérique, 2017, PolitiqueS, 403 p.
Didier Mineur, Felix Heidenreich, Daniel Schulz (dir.), Die Bürger und ihr Staat: Les citoyens et leur etat, LIT, 2014, Kultur und Technik, 130 p.
Didier Mineur, Archéologie de la représentation politique: structure et fondement d'une crise, Presses de la fondation nationale de sciences politiques, 2011, Domaine Fait politique, 292 p.
Didier Mineur, Archéologie de la représentation politique , 2010
Ce livre prend pour objet ce que l'on appelle la « crise de la représentation » : partant de l'idée qu'elle est affaire de discours, il se propose d'en mettre au jour les régimes de vérité.
La représentation politique a été conçue, à ses origines, comme l'invention d'une communauté qui ne lui préexiste pas. C’est pourquoi les discours critiques de la représentation se référant à la réalité du peuple, et à la « bonne représentation », ont toujours existé, et peuvent être lus à la lumière de trois grandes présuppositions relatives au peuple « réel »: l’unité substantielle, trahie par des divisions politiques factices, la diversité d’opinions fallacieusement réduite par la représentation, les majorités réelles auxquelles manquent les courroies de transmission qui permettraient de les traduire.
L’ouvrage, s’appuyant sur le cas français, analyse ainsi les critiques émises au cours de quatre périodes de l’histoire du régime parlementaire en France, et s’interroge sur la persistance de la « crise de la représentation » dans la période contemporaine, alors que l’économie du régime représentatif a été transformée par les partis politiques et, en particulier, par l’avènement du phénomène majoritaire.
En définitive, les individus ne sauraient se reconnaître durablement dans la représentation qui est donnée d’eux, en raison de l’indéfinition des fins, propre à la modernité démocratique. La « crise de la représentation », ainsi, se confond ultimement avec le politique lui-même en régime de modernité.Sommaire : Pages de début (p. 1-6)| Remerciements (p. 7)| Préface (p. 9-15)| Avant-propos (p. 17-34)| Présentation (p. 35-39)| Chapitre 1 / Philosophie de la représentation (p. 41-88)| Chapitre 2 / L'invention du gouvernement représentatif (p. 89-144)| Présentation (p. 145-149)| Chapitre 3 / La représentation entre unité et pluralité (p. 151-198)| Chapitre 4 / La représentation en « crise » (p. 199-243)| Chapitre 5 / La représentation impossible (p. 245-281)| Conclusion (p. 283-287)| Pages de fin (p. 289-295).
Didier Mineur, Carré de Malberg , 2010
Raymond Carré de Malberg, considéré comme l'un des guides de la pensée juridique française, a tenté de concilier deux traditions. Celle, allemande, de l'Isolierung, qui veut faire du droit une science positive en libérant son étude de toute considération extra-juridique pour se concentrer sur sa rationalité; et celle, française, qui recherche "l'esprit des lois", un idéal politique transcendant.Sommaire : Pages de début (p. 3-6)| Introduction (p. 7-15)| 1. Légalité et légitimité (p. 17-43)| 2. Le gouvernement représentatif (p. 45-70)| 3. De la volonté nationale à la volonté générale (p. 71-105)| Conclusion (p. 107-109)| Bibliographie (p. 111-112)| Pages de fin (p. 113-125).
Didier Mineur, Jean-Marie Donegani, Archéologie de la crise de la représentation politique,, 2004, 894 p.
La crise de la représentation structurelle, tient au dispositif juridique des origines du gouvernement représentatif, lui-même hérité de la philosophie contractualiste : la représentation politique invente une unité qui ne lui préexiste pas. La volonté une censée être la leur doit donc paraître abstraite aux individus. Tout au long d'un siècle d'existence du régime représentatif en France, les critiques adressées à la représentation lui opposent un peuple réel, tantôt caractérisé par son unité profonde ou par l'existence de majorités durables, contre des majorités politiques factices, tantôt par sa diversité que ne reflète pas la représentation politique. Pourtant, le gouvernement représentatif depuis la IIIe République s'est profondément restructuré : la Ve République, à l'aune du pouvoir gaullien, prétendait traduire l'unité profonde dont se réclamait une espèce de critique de la représentation, elle a ensuite connu le système partisan à vocation majoritaire si longtemps attendu par une autre, qui devait permettre la traduction fidèle des majorités populaires. La crise subsiste pourtant, les volontés majoritaires paraissent toujours abstraites aux gouvernés. C'est donc en deçà du dispositif philosophico-juridique à une donnée fondamentale de la politique moderne qu'il faut revenir, la perte des fins communes prédéterminées que le pouvoir ancien ne faisait qu'accomplir, pour trouver son origine : elle tiendrait, sur la base de cette perte, à l'aliénation des volontés singulières par un pouvoir qui n'exprime plus aucune identité commune antécédente. Peut-être faut-il alors rechercher l'accomplissement de l'autonomie individuelle du côté de la participation directe.
Didier Mineur, Identité et représentation: les structures conceptuelles du gouvernement représentatif, 1999
Didier Mineur, « Représentation », in Aurélia Bardon, Benjamin Boudou (dir.), Théorie politique, Bruylant, 2025
Didier Mineur, « Drawing lots in Politics : A Matter of democratic Legitimacy », in Geoffrey Grandjean (dir.), Against Sortition, Imprint Academic, 2024
Didier Mineur, « La crise de la représentation, envers de l'indétermination démocratique », in Philippe Poirier, Anne Levade, Nadim Farhat (dir.), Res publica et parlement, Bruylant, 2023
Didier Mineur, « « Ce que la crise du modèle cosmopolitique nous dit de la démocratie. La thèse de la cooriginarité de la démocratie et des droits de l’Homme à l’épreuve de la question des frontières de l’UE » », in Philippe Crignon (dir.), Le moment européen. Approches philosophiques de l’Union européenne, Hermann, 2023
Didier Mineur, « Theories of parliamentarism, philosophies of democracy », Handbook of Parliamentary studies: Interdisciplinary approaches to legislatures, Londres, Edward Elgar Publishing, 2020, p.86-101, Edward Elgar Publishing, 2020
Didier Mineur, « L’élection, plus démocratique que le tirage au sort ? », Raison Publique, : Presses universitaires de Rennes, 2023, n°1
Didier Mineur, « Démocratie, délibération et vérité », France Forum, France Forum, 2023, n°413, pp. 14-16
Didier Mineur, « L’élection, plus démocratique que le tirage au sort ? », Raison publique, Raison publique, 2023, n°26, pp. 81-103
Didier Mineur, « Les implications normatives de la règle de majorité », IGITUR Arguments philosophiques, Université d'Aix-Marseille, Centre Gilles Gaston Granger, 2022, n°2, pp. 14-32
Didier Mineur, « Présentation », Cités, Cités, 2020, n°83, pp. 9-12
Didier Mineur, « Qu’est-ce que la démocratie illibérale ? », Cités, Cités, 2019, n°79, pp. 105-117
Didier Mineur, « Légitimité de l’origine et légitimité de la conduite du pouvoir chez Kant et Fichte », Cités, Cités, 2018, n°76, pp. 141-150
Didier Mineur, « Quoi de neuf en philosophie politique ? Traversée de publications récentes : Présentation », Cités, Cités, 2017, n°71, pp. 107-170
Didier Mineur, « La délibération préalable à la décision majoritaire : justification substantielle ou procédurale ? », Raisons politiques, Raisons politiques, 2015, n°60, pp. 129-147
RésuméLes défenseurs d’une conception substantielle de la démocratie s’emploient à établir la vertu épistémique de la décision à la majorité, soit sa capacité à produire des décisions justes ou sages. Pour nombre d’entre eux, c’est le fait que le vote ait été précédé par une délibération qui donne à son résultat de bonnes chances d’être correct. Cet argument se heurte pourtant à une objection forte : il n’existe aucun critère indépendant de la rationalité permettant de vérifier la qualité substantielle de la délibération et de la décision majoritaire qui la conclut. L’ambition épistémique de la discussion ne saurait donc correspondre à la poursuite de la vérité, mais seulement à la recherche d’un accord. La règle de majorité, quant à elle, ne peut se justifier que comme procédure équitable de décision lorsque l’accord, précisément, ne se produit pas. Dès lors, si la délibération préalable accroît la légitimité de la décision à la majorité, ce n’est donc pas parce que la décision majoritaire obtenue à l’issue d’une discussion doit être considérée comme étant objectivement plus raisonnable que l’avis de la minorité, mais parce que, sur fond de désaccord, elle a donné à chacun la possibilité de convaincre les autres et de réaliser l’accord autour de son point de vue.
Didier Mineur, Paul Audi, Christian Godin, Vincent Descombes, « À propos de : Courtine, Dagognet, Descombes, Gauchet, Gayon, Guenancia », Cités, Cités, 2014, n°58, pp. 179-222
Didier Mineur, « After Foucault: Political Philosophy in France since the 1980s », Cités, Cités, 2013, n°o 56, pp. 51-76
Didier Mineur, « Compte rendu », Diogène, Diogène, 2013, n°239-240, pp. 262-268
Didier Mineur, « Les enjeux des élections de 2012 en France », Cités, Cités, 2011, n°47-48, pp. 258-262
Didier Mineur, « Les justifications de la règle de majorité en démocratie moderne », Raisons politiques, Raisons politiques, 2010, n°39, pp. 127-149
RésuméCet article porte sur les fondements de la légitimité de la règle majoritaire en démocratie. Les différents principes de la légitimité formulés par les philosophies des Lumières se conjuguent avec l'unanimité plutôt qu'avec la majorité : l'idéal selon lequel la raison est créatrice de ses normes plutôt qu'elle ne les découvre dans l'ordre des choses, l'idéal de l'autonomie de chacun et l'idéal du peuple souverain. On dégage donc de l'histoire des idées politiques modernes trois types de légitimations du principe majoritaire, chacune d'entre elles faisant du principe majoritaire une approximation de la raison, de l'autonomie et de l'unité. On fait par ailleurs l'hypothèse que ces justifications sous-tendent la pratique du vote en démocratie, ce que l'on tente de montrer en évoquant les débats tenus lors de deux référendums contemporains, exceptionnels en ce qu'ils ont été l'occasion d'une mise en uvre explicite de ces justifications ordinairement implicites, le référendum national de ratification du TCE du 29 mai 2005, et le référendum interne au Parti socialiste de décembre 2004.
Didier Mineur, « Les partis politiques et la logique philosophico-juridique de la représentation politique », Raisons politiques, Raisons politiques, 2005, n°20, pp. 89-109
Résumé
Cet article se propose, à partir de la perception des partis politiques de deux juristes de la fin du 19ème siècle, d’analyser la transformation que le système partisan aurait apportée à la représentation politique. Selon ce que l’on peut appeler la logique philosophico-juridique de la représentation politique, qui était celle des origines du gouvernement représentatif, la volonté nationale ne préexiste pas à la représentation ; pour le juriste italien Miceli et pour le juriste français Esmein, à la fin du 19ème siècle, les partis politiques transforment profondément cette économie de la représentation : de par leur définition, les partis se réclament d’une volonté populaire antécédente et font évoluer le gouvernement représentatif vers ce que Esmein appelle un régime « semi-représentatif ». On veut ici démontrer que les partis politiques ne font, malgré les apparences, qu’hériter de la fonction du représentant des origines, qui consiste à inventer une unité qui ne leur préexiste pas, de telle sorte que la représentation politique, remaniée par les partis, participe toujours d’une logique d’abstraction de la volonté étatique vis-à-vis des volontés des représentés.
Didier Mineur, « Représentation et régime représentatif chez kant », Revue Française d'Histoire des Idées Politiques, Revue Française d'Histoire des Idées Politiques, 2005, n°21, pp. 73-87
RésuméPar l’expression « régime représentatif », Kant entend une distinction entre la volonté à l’oeuvre dans la législation, qui doit être universelle, et la volonté exécutive, qui peut être particulière. Il s’agit pour les gouvernants, dans l’acte même de la législation, de se représenter, et de représenter par là-même le peuple sous l’espèce d’une volonté une. De sorte que l’on pourrait croire que le « régime représentatif » ne désigne pas un gouvernement représentatif proprement dit. Cet article se propose au contraire de mettre en lumière le lien entre Repräsentation et Volksvertretung : c’est l’impératif de représentation du peuple sous l’espèce de l’unité qui rend nécessairela représentation politique.
Didier Mineur, « Dominique Colas, Citoyenneté et nationalité, Paris, Gallimard, 2004 (Folio histoire) », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2004, n°54, p. -