François Frison-Roche, « L’avenir incertain du Yémen », Questions internationales, Questions internationales, 2020, n°103-104, pp. 45-52
Au printemps 2020, le Yémen est entré dans sa sixième année d’affrontements intérieurs et d’interventions armées étrangères sur son sol. Comme le signale le groupe d’experts onusiens sur le Yémen, les conflits multiples qui font rage dans le pays depuis 2014 sont devenus tellement imbriqués qu’il est difficile de les dissocier les uns des autres1.
Après quelques mois d’accalmie, les bombardements venant d’Arabie saoudite en réplique à des tirs de drones houthis sur son territoire se sont intensifiés. On assiste également à un regain de violences armées inter-yéménites dans la région de Mareb au nord-est du pays2, mais aussi au sud entre « forces gouvernementales » et milices indépendantistes. Plus que jamais, l’avenir du Yémen semble donc incertain.
François Frison-Roche, « Guerre au Yémen : an V », Politique étrangère, Politique étrangère, 2019, n°Été, pp. 91-104
La guerre au Yémen est entrée dans sa cinquième année et s’est complexifiée. Affrontements tribaux et oppositions de puissances régionales s’y entremêlent. Le pays est morcelé et la situation humanitaire ne cesse de se détériorer. Les accords signés à Stockholm en décembre 2018 entre le gouvernement d’Abd Rabbo Mansour Hadi et les rebelles houthis peinent à produire des effets sur le terrain. Alors que le conflit s’enlise, les limites de l’action onusienne sont patentes.
François Frison-Roche, « Yémen : écrire la guerre, Franck Mermier (dir.). Paris, Classiques Garnier, 2018, 192 pages », Politique étrangère, Politique étrangère, 2018, n°Hiver, p. -
François Frison-Roche, « Yemen: Political and legal imbroglio, humanitarian disaster, military stalemate », Politique étrangère, Politique étrangère, 2017, n°Witer Issue, pp. 91-101
The Yemeni civil war has developed into a regional conflict with serious global implications. The Houthis, allied with former president Ali Abdullah Saleh and backed by Iran, are facing President Abdrabbuh Mansur Hadi’s forces, supported by a coalition led by Saudi Arabia and the United Arab Emirates. The humanitarian situation is catastrophic. Millions of people are at risk of famine or cholera. In this chaos, terrorist groups such as Al-Qaeda in the Arabian Peninsula and, to a lesser extent, ISIS, only prosper.
François Frison-Roche, « Catherine Durandin & Zoe Petre, La Roumanie Post 1989, L’Harmattan, Coll. Aujourd’hui l’Europe, Paris, 2008, 218 p. », Revue d’études comparatives Est-Ouest, Revue d’études comparatives Est-Ouest, 2009, n°40, pp. 187-191
François Frison-Roche, « Le DPS : parti charnière sur la scène politique bulgare », Hommes & migrations, Paris : Hommes & migrations et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2008, pp. 52-63
La Bulgarie abrite une forte minorité turque. Avant la chute du mur de Berlin, cette minorité subissait de nombreuses discriminations provoquant l'exil d'une partie de ces membres vers la Turquie. Aujourd'hui, comme les Rroms et les Pomaks, elle se regroupe derrière le DPS, un parti représentant la troisième force politique du pays. Décrié par les autres partis, le DPS est assimilé par le reste de la population bulgare à un parti communautaire, mais dispose d'un soutien indéfectible de ses membres, sans l'illusion d'aller au-delà.
François Frison-Roche, « Les pouvoirs périphériques des présidents d'Europe post-communiste : symboles ou pouvoirs réels ? », Armand Colin, Paris : Armand Colin et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2008, pp. 9-47
Les constitutions des pays d'Europe post-communiste accordent aux présidents de la République toute une panoplie de pouvoirs constitutionnels tels qu'on peut les trouver dans de nombreuses constitutions occidentales. Une majorité de ces présidents sont élus au suffrage universel direct et disposent de pouvoirs - qualifiés ici de « périphériques » dans la mesure où ils ne sont pas a priori essentiels - qui leur permettent néanmoins de jouer un rôle de premier plan sur la scène politique. Les pouvoirs constitutionnels qui ont été attribués (sur les armées, les services de renseignement, le conseil de sécurité nationale ou certains pouvoirs de crise) révèlent toute l'ambiguïté des acteurs de la transition des années 1990. La plupart ont voulu se partager concrètement le pouvoir grâce à la mise en place d'un modèle institutionnel mixte (ou semi-présidentiel) plutôt que d'établir un véritable régime parlementaire ou présidentiel.
François Frison-Roche, Spas-Dimitrov Sodev, « Les enjeux de la Réforme du système judiciaire en Bulgarie », Revue Internationale des Sciences Administratives, Revue Internationale des Sciences Administratives, 2005, n°71, pp. 631-645
RésuméLa réforme des systèmes judiciaires des pays d’Europe post-communiste a été et reste l’un des critères essentiels d’adhésion à l’Union européenne. Dans ces pays, ces réformes ont été plus longues et plus difficiles qu’on pouvait s’y attendre et le cas de la Bulgarie, en 2005, ne fait pas exception. L’article présente, d’une part, les aspects législatifs et constitutionnels de la réforme du système judiciaire en Bulgarie et, d’autre part, le contexte historique et politique de celle-ci. Il montre que l’introduction du principe démocratique de séparation et d’indépendance du pouvoir judiciaire peut avoir certaines conséquences négatives sur le fonctionnement du système judiciaire soumis désormais au contrôle de sa propre émanation, le Conseil judiciaire supérieur, trop corporatiste pour exercer efficacement l’autorégulation permettant d’éliminer la politisation et la corruption endémique des magistrats. Il montre également la distinction qu’on doit faire et qu’on doit faire accepter entre l’indépendance du pouvoir judiciaire dans l’exercice de ses fonctions judiciaire et la nécessité d’introduire le contrôle hiérarchique par voie administrative du fonctionnement efficace du système judiciaire et de gestion de ses moyens.
François Frison-Roche, « Les chefs d'Etat dans les PECO : Pouvoirs constitutionnels et poids politique », Le Courrier des pays de l'Est, Le Courrier des pays de l'Est, 2004, n°1043, pp. 52-66
Après la chute des régimes communistes, les acteurs de la transition en Europe post-communiste
ont eu le choix entre le modèle
«parlementaire» classique et un
modèle «semi-présidentiel». Dans
le contexte d’incertitude et de
méfiance réciproques de l’époque,
ce n’est pas un hasard si une
majorité de pays choisit le
second, qui permet de «neutraliser» les différents pouvoirs
pour qu’aucune domination politique majeure ne puisse être
exercée par un camp sur un
autre. Cette «instrumentalisation» du droit est mise en place
par l’intermédiaire d’une distribution caractéristique des pouvoirs au sein de l’exécutif qui
induit des logiques institutionnelles et des comportements
politiques. Atravers l’étude d’un
échantillon représentatif de six
pays, on constate que le poids
politique des Présidents élus au
suffrage universel direct est
désormais une réalité dans le
paysage politique. Ils disposent
de pouvoirs certains, s’en servent
et ne peuvent donc pas être assimilés à leurs homologues dans
un régime parlementaire classique. Par leur jurisprudence, les
Cours constitutionnelles ont
largement précisé et affermi les
prérogatives présidentielles,
encore renforcées par la mainmise sur certains services de
renseignement ou la présidence
d’instances du type Conseil de
sécurité nationale. Toutefois,
cette «ingénierie démocratisante» ne peut que très difficilement aboutir à une «présidentialisation» de la vie politique,
car la combinaison de diverses
règles institutionnelles est impossible. On retrouve là l’ambiguïté
politique initiale de la transition
et la méfiance à l’égard de
Présidents qui ne devaient en
aucun cas ressembler à des
substituts de secrétaires généraux du Parti communiste.