Silvia Falconieri

Chargé de recherche
Sociologie et sciences du droit.
Centre National de la Recherche Scientifique

Institut des mondes africains
  • HDR

    Histoire des usages juridiques du corps. Penser l’appartenance citoyenne en situation coloniale (Fin XIXe siècle-1960), HDR soutenue en 2025 

  • Silvia Falconieri (dir.), Fou et indigène. L'altérité au prisme du droit colonial en Afrique française: l'altérité au prisme du droit colonial en Afrique, Mare & Martin, 2025, Histoire du droit et des institutions, 273 p. 

    Silvia Falconieri, Philippe Auvergnon, Katia Barragan, Dominique Blonz-Colombo, Marc Boninchi [et alii], Histoire du droit du travail dans les colonies françaises (1848-1960), Mission de recherche Droit & Justice, 2016, 229 p. 

    Silvia Falconieri, La legge della razza. Strategie e luoghi del discorso giuridico fascista: strategie e luoghi del discorso giuridico fascista, Il Mulino, 2011, Studi, 321 p.  

  • Silvia Falconieri, « Du fou enchaîné à l’aliéné soigné. Le discours de l’administration des habous autour des maristanes (Maroc, 1912-1956) », in Silvia Falconieri (dir.), Fou et indigène. L'altérité au prisme du droit colonial en Afrique française, Mare et Martin, 2025, pp. 17-37 

  • Silvia Falconieri, « Écrire l’histoire juridique de la folie en situation coloniale », Clio@Thémis : Revue électronique d'histoire du droit, Association Clio et Thémis , 2022   

    Silvia Falconieri, Timothy Collier, Isabelle Thiebau, Alain Zasadzinski, « Sources pour une histoire juridique de la folie en situation coloniale », Clio@Thémis : Revue électronique d'histoire du droit, Association Clio et Thémis , 2022, p. 19   

    Silvia Falconieri, « Pathologies de l' âme indigène Les savoirs juridico-administratif et médical sur la folie en Afrique française », Histoire, médecine et santé, Éditions Méridiennes, 2022, pp. 27-49   

    Silvia Falconieri, « Race, santé et génie français . Un commentaire de Paul Esmein du Code de la famille de 1939 », Droit & société : théorie et sciences sociales du droit. , Cachan (ENS Cachan) : Droit & société, 2021, n°109   

    Silvia Falconieri, Laetitia Guerlain, Catherine Fillon, Florence Renucci, « Pour une histoire de l’enseignement du droit hors des frontières nationales (xixe-xxe siècle) », Cahiers Jean Moulin, Centre Lyonnais d’Histoire du Droit et de la Pensée Politique, 2021, n°7   

    Silvia Falconieri, Florence Renucci, Laetitia Guerlain, Catherine Fillon, « Enseigner le droit hors des frontières nationales (xixe-xxe s) », Cahiers Jean Moulin, Centre Lyonnais d’Histoire du Droit et de la Pensée Politique, 2021 

    Silvia Falconieri, Laetitia Guerlain, Lionel Zevounou, « Les juristes et la race. Analyse critique à partir de quelques textes (1880-1930) : Présentation du dossier », Droit et société, Droit et société, 2021, n°109, pp. 557-569  

    Silvia Falconieri, «  Race , santé et  génie français  : Un commentaire de Paul Esmein du Code de la famille de 1939 », Droit et société, Droit et société, 2021, n°109, pp. 607-616   

    En 1939, une longue étude consacrée au Code de la famille paraît dans la section doctrinale de la Gazette du Palais, sous la plume du professeur de droit civil, Paul Esmein. Dans les « Généralités », l’auteur s’arrête sur les principes inspirateurs des dispositions prises par le gouvernement Daladier en matière de famille, démographie et natalité. Dans ce commentaire introductif, Esmein mobilise à plusieurs reprises, et sous différentes acceptions, le mot « race ». En quel sens et de quelles manières, à la veille de l’avènement du régime de Vichy, Esmein emploie-t-il ce mot ? Qu’est-ce que la « race » dans le Code de la famille et dans l’étude d’un civiliste de son envergure ? Est-ce que ce mot recouvre la même signification dans le texte du décret du 29 juin 1939 et dans les « Généralités » de l’étude d’Esmein ? À l’aune de ces questionnements, cet article interroge et analyse les usages polysémiques de la « race » dans un commentaire doctrinal « ordinaire » d’un civiliste du xxe siècle.

    Silvia Falconieri, « Le droit, l’ordre racial et son (impossible) démantèlement », Grief, Grief, 2021, n°8/1, pp. 99-106  

    Silvia Falconieri, « Le Penant et le Dareste face au statut juridique des métis nés de parents inconnus. Une étude comparative (1891-1946) », Clio@Thémis : Revue électronique d'histoire du droit, Association Clio et Thémis , 2017   

    Silvia Falconieri, « Gaëlle Clavandier, La Mort collective. Pour une sociologie des catastrophes, Paris, Éd. du CNRS, 2004, 255 p. », Corps, Corps, 2016, n°14, pp. 209-212  

    Silvia Falconieri, « Aux origines des cultures juridiques européennes. Yan Thomas entre droit et sciences sociales de Paolo Napoli, 2013 », Les Cahiers de la Justice, Les Cahiers de la Justice, 2014, n°4, pp. 697-702  

    Silvia Falconieri, « Le refus d'un  nouvel ordre  géopolitique bâti sur la  race  : La Nouvelle revue de droit international privé (1934-1944) », Relations internationales, Relations internationales, 2012, n°149, pp. 89-100   

    RésuméEn 1939, la section doctrinale du quatrième numéro de la Nouvelle revue de droit international privé est tout entière consacrée à la vague de législation raciale qui d’Allemagne s’étend aux autres pays européens, menaçant de bouleverser de fond en comble les fondements du droit international public et privé. Dès les premières années de sa fondation, la  nrdip semble comme hantée par les changements que le régime national-socialiste, par sa production normative, est susceptible d’entraîner sur les équilibres internationaux. Quelles sont les préoccupations majeures de Lapradelle et de ses collaborateurs ? Quelle est la position de la nrdip vis-à-vis de ce « nouvel ordre » juridique fondé sur la « race » ? Comment des données comme celles de « race » et de « santé du peuple », propres au domaine de la science biologique, sont-elles mobilisées dans le discours de ces spécialistes du droit international privé ? En répondant à ces questions, cet article détermine la place de cette nouvelle revue, de ses fondateurs et de ses collaborateurs dans le contexte de la science du droit international privé français et européen des années 1930-1940.

  • Silvia Falconieri, « Mathea Gaudry », Dictionnaire des juristes. Colonies et Outre-mer (XVIIIe-XXe siècles), dir. F. Renucci, 2022 

    Silvia Falconieri, « Racisme : la politique du préjugé » (dir.), L’Europe. Encyclopédie historique, 2018 

  • Silvia Falconieri, Jean-Pierre Le Crom, Philippe Auvergnon, Katia Barragan, Dominique Blonz-Colombo, Histoire du droit du travail dans les colonies françaises (1848-1960), 2017, 228 p.   

  • Silvia Falconieri, « Régime des habous et soins psychiatriques au Maroc durant la période du protectorat », L’Autre aliéné. Histoire(s) juridique(s) de la folie en Afrique (XIXe-XXe siècles), Aubervilliers Campus Condorcet, le 19 septembre 2024  

    Colloque de clôture de l'ANR AMIAF sous la direction scientifique de Silvia Falconieri, CR, CNRS, IMAF

    Silvia Falconieri, « Penser, définir, classifier les révoltes (2) », le 20 juin 2024  

    Colloque organisé pour l'ISP, CNRS par Agathe Meridjen, ISP, Université Paris Nanterre et Thomas Ramonda, Mesopolhis, Sciences Po Aix avec l'IDHES, Sofiapol et Mesopolhis

    Silvia Falconieri, « Textualiser l'altérité. Les juristes et l'invention de l'indigène », le 22 février 2024  

    Séminaire organisé dans le cadre de l’ANR AMIAF

    Silvia Falconieri, « Histoire du Droit 2.0 », le 18 janvier 2024  

    Webinaire organisé par Louise Testot-Ferry, UT Capitole/CTHDIP et Ninon Maillard, Université Paris Nanterre/CHAD

    Silvia Falconieri, « Des mots de la colonisation : ruptures ou continuités ? », le 10 octobre 2023  

    Ateliers de droit colonial organisés par le MASTER Anthropologie Juridique et Conflictualité, OMIJ, GEOLAB Université de Limoges sous la direction scientifique de Monica Cardillo, Maître de conférences en Histoire du droit, Codirectrice du Master Anthropologie Juridique et Conflictualité et Dominique Taurisson-Mouret, Ingénieure de recherche CNRS, GEOLAB UMR 6042 en partenariat avec l’Académie des sciences d’outre-mer

    Silvia Falconieri, « La notion de mentalité indigène dans le droit colonial français », Séminaire : Histoire juridique de la folie en situation coloniale, Aubervilliers Campus Condorcet, le 17 février 2023 

    Silvia Falconieri, « Folie . L’ indigène aliéné dans le droit colonial », Ateliers de droit colonial. Les mots de la colonisation : Ruptures ou continuités ?, Limoges, le 02 février 2023 

    Silvia Falconieri, « Enseigner le droit hors des frontières nationales (XIXe-XXe siècles) », le 30 septembre 2022  

    3e journée d’études « Enseignants de droit hors de métropole » organisée par le Centre Lyonnais d'Histoire du Droit et de la Pensée Politique sous la direction scientifique de Frédéric Audren, CNRS, École de droit de Sciences Po, Isabelle Giraudou, University of Tokyo, Jean-Louis Halpérin, ENS, Guillaume Tronchet, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Emmanuelle Picard, ENS Lyon.

    Silvia Falconieri, « Administration et justice coloniale face à la folie. Faire parler les archives », Démi-journée d'études : Les archives pour une histoire juridique de la folie en situation coloniale, Aix-en-Provence (FR), le 28 mars 2022 

    Silvia Falconieri, « Histoire juridique de la folie en situation coloniale », le 01 mars 2022  

    Organisé dans le cadre d'un programme ANR - AMIAF sous la direction de T. Collier, Post-Doctorant, CNRS-IMAF et S. Falconieri, CR, CNRS-IMAF

    Silvia Falconieri, « L’arsenal du juriste », le 30 novembre 2020  

    Séminaire organisé par Rainer Maria Kiesow, directeur d'études, EHESS / Centre Georg-Simmel (CGS) et Florence Bellivier, professeure des universités, Université Paris Nanterre.

    Silvia Falconieri, « Enseigner le droit hors des frontières nationales (XIXe-XXe siècles) », le 13 mars 2020  

    Cycle de journées d'études organisé sous la direction scientifique de Laetitia Guerlain, Silvia Falconieri, Catherine Fillon et Florence Renucci.

    Silvia Falconieri, « Aliéné et indigène. Histoire juridique de la folie en Afrique française », le 12 février 2020  

    Conférence organisée pour l’IRM-CAHD par Laetitia Guerlain, Maître de conférences HDR en histoire du droit, Institut de recherche Montesquieu

    Silvia Falconieri, « L'arsenal du juriste », le 27 janvier 2020  

    Séminaire organisé sous la responsabilité de Florence Bellivier, professeur à l'Université Paris-Nanterre, et de Rainer Maria Kiesow, directeur d'études de l'EHESS (Centre Georg-Simmel)

    Silvia Falconieri, « La mentalité indigène entre normal et pathologique. Lieux et modes du traitement juridico-administratif de la folie en Afrique française (1900-1940) », L’« aliéné indigène ». Justice et administration face à l’altérité psychique en Afrique française. Perspectives historiques et enjeux actuels, Paris, le 11 mars 2019  

    Organisé par les membres de l’équipe de l’ANR AMIAF sous la responsabilité scientifique de Silvia Falconieri, CNRS / IMAF

    Silvia Falconieri, « Penser la dégénérescence », le 29 novembre 2018  

    Colloque organisé par l’institut de recherche en droit des affaires et du patrimoine de l’université de Bordeaux et le Musée d’Aquitaine, avec le centre aquitain d’histoire du droit et le centre Léon Duguit

    Silvia Falconieri, « Les lieux et les formes de l’enseignement juridique hors de la métropole », le 22 novembre 2018  

    Programme de recherche associant le Centre lyonnais d'histoire du droit et de la pensée politique (CLHDPP), l'Institut des mondes africains (IMAF) et le Centre aquitain d'histoire du droit (IRM-CAHD)

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Stefano Stanca, L’Hôpital Neuropsychiatrique de Berrechid , thèse en cours depuis 2024 en co-direction avec Teodoro Tagliaferri 

  • Paul-Emmanuel Babin, Le Front judiciaire franco-belge pendant la guerre d’indépendance algérienne : avocat(e)s et militant(e)s des droits humains en réseau de part et d'autre de la frontière belge, thèse soutenue en 2025 à Université de Lille 2022 sous la direction de Florence Renucci présidée par Sylvie Thénault, membres du jury : Jérôme De Brouwer (Rapp.), Sébastien Le Gal (Rapp.), Francine Bolle et Hélène Vialle      

    Inscrire la guerre d’indépendance algérienne dans une histoire des avocats implique de mettre en avant la figure peu consensuelle de « l’avocat militant ». Dans ce contexte particulier de la décolonisation, il s’agit de comprendre comment un avocat peut être en même temps militant d’une cause politique en acceptant de s’écarter du cadre de la légalité. Réunis dans un collectif pour défendre les nationalistes algériens, membres de la Fédération France du Front de Libération Nationale (FF FLN), ces avocats mobilisent des arguments de droit, tant dans « l’arène judiciaire » qu’en dehors. En cela, ces avocats engagés ont mis en place une stratégie de défense inédite consistant à réunir un « front judiciaire » composé de praticiens et de théoriciens du droit à l’intérieur d’un réseau franco-belge. Dans la pratique, leur conception de la défense politique ne se résume pas à la « défense de rupture », tant s’en faut. L’originalité de leur approche réside plutôt dans le fait d’agir en liaison avec d’autres militants des droits humains qui, eux, se définissent plutôt comme des activistes agissant contre la législation d’exception. Ces activistes, appelés aussi communément « porteurs de valises », proposent des réponses militantes qui peuvent être légales et humanitaires, mais aussi illégales et politiques, puisque franchir la frontière brouille toutes ces distinctions. Si cette recherche revendique son inscription dans une « histoire au ras des vies », son objectif est de pouvoir distinguer les principaux enjeux de la « juridicisation » de la cause algérienne réalisée par un réseau d’acteurs. L’analyse des interactions à l’intérieur de la nébuleuse qui s’étend entre Paris et Bruxelles permet de comprendre tout d’abord l’implication de la Belgique dans la guerre d’indépendance algérienne. Elle offre ensuite la possibilité de faire apparaître un fait jusqu’à présent méconnu : il s’agissait principalement d’un collectif d’avocates et d’un réseau européen du soutien dirigé par des femmes, dont l’action a été déformée par la vision genrée de leur action. Enfin, cette recherche met en relief le véritable apport doctrinal des avocats de la FF FLN, et tout particulièrement des avocats belges, par rapport à la possibilité de poursuivre les crimes commis pendant la guerre d’indépendance algérienne. Anticipant les lois d’amnistie, ils ont voulu constituer un crime sui generis, à partir d’une réflexion sur les éléments spécifiques du « crime de colonialisme » en droit international, réflexion qui écartait les autres infractions concurrentes. Une nouvelle analyse de la solution proposée par ces avocats engagés rend plus complexe un débat essentiellement juridique dont les prolongements dépassent le cadre étudié.

    Sonia Baï, La justice en Algérie : l'exemple de la Cour d'appel d'Alger 1841-1955, thèse soutenue en 2024 à Université de Lille 2022 sous la direction de Florence Renucci présidée par Farid Lekéal, membres du jury : Guillaume Boudou (Rapp.), Éric de Mari (Rapp.)    

    Cette étude en histoire du droit présente les spécificités de la Cour d’appel d’Alger, de sa création par l’ordonnance du 28 février 1841 jusqu’à son démantèlement en 1955 où elle se trouve amputée de trois chambres avec la création des cours d’appel d’Oran et de Constantine. Elle s’appuie sur l’analyse des sources juridiques et judiciaires extraites principalement dans de nombreux fonds d’Archives mettant en exergue les tergiversations autour de son implantation et sa progressive affirmation grâce à l’accroissement de son domaine de compétence. La thèse étudie la place ambivalente de la Cour d’Alger comme objet politique sous « tension » face aux politiques métropolitaines et locales. Elle s’illustre notamment lors des conflits ministériels incessants en France entraînant des incohérences sur le territoire algérien. Ensuite, quant à la politique locale, les sources traduisent une collaboration étroite, ou au contraire une profonde rivalité entre les gouverneurs généraux, véritables artisans de la politique coloniale locale et la Cour d’Alger, en particulier à travers son procureur général, acteur doté d’attributions exorbitantes. Cet aspect révèle la position particulière occupée par la Cour d’Alger qui a longtemps rejeté tout projet de démantèlement de son monopole. L’étude propose donc d’analyser, au- delà du rôle judiciaire stricto sensu, le rôle politique considérable de la Cour d’Alger, en confortant notamment les politiques coloniales menées, faisant fi de la séparation des pouvoirs.

    Cordille-Verdia Babongui-Mba, Économie occulte et ordre statutaire : sociologie imaginative de la production des fous mystiques au Gabon, thèse soutenue en 2023 à Paris EHESS sous la direction de Rémy Bazenguissa et Joseph Tonda présidée par Georice Bertin Madébé, membres du jury : Roberto Beneduce (Rapp.), Parfait Dtematio Akana, Richard Rechtman, Mesmin-Noël Soumaho et Emmanuelle Kadya Tall   

    Cette thèse propose une sociologie imaginative de la production des fous mystiques, et plus précisément de leur esprit, au Gabon. Elle montre que cette production est liée aux tensions qu’exerce le néolibéralisme sur l’ordre statutaire qui organise les relations de la vie quotidienne à travers l’opposition entre les “Mamadou”, les puissants, et les “Makaya”, les dominés. La notion de production est ici prise dans tous les sens. D’abord par ce qui rend les fous visible, le désengagement de l’État puis, la mise en place d’une économie occulte où des “Mamadou”, majoritairement, et des “Makaya” s’offrent les services des nganga ou féticheurs pour capturer ces esprits. Et enfin, de manière métaphorique, production dans le sens de ce que fabrique l’esprit du fou en terme de richesses, du fait de sa possession par d’autres alors que son corps, inutile, est exclu du monde du travail. Le constat qui découle de nos enquêtes de terrain, menées à partir d’entretiens semi directifs et d’ observations, laisse apparaître un lien de dépendance entre la réussite sociale et la folie. Ce rapport social suggère la possibilité de réussir sans travailler et qu’en l’occurrence les fous sont le produit de cet enrichissement déconnecté du travail. Deux modalités de la production des fous apparaissent à savoir “on se rend fou” et “on est rendu fou” qui, loin de correspondre seulement à un imaginaire de la maladie et de l’enrichissement occulte, sous tendent aussi la critique des politiques publiques. En cherchant à comprendre les logiques sous jacentes à la production des fous, nous avons pu établir que les économies occultes surviennent au Gabon dans un contexte de crises où les inégalités sociales émergentes sont traduites dans l’imaginaire religieux de la prédation mystique. Donc, ce rapport social met aux prises deux catégories statutaires socialement construites, les “Mamadou” et les “Makaya” qui évoluent dans un rapport de force, à la fois réel et imaginaire, dans lequel les trajectoires d’accumulation et de guérison mobilisent les mêmes idiomes du fétichisme. Ainsi, les fous, loin d’être de simples malades, seraient, selon le sens émique, des “fonctionnaires fantômes” ou, en d’autres termes, ils seraient métonymiquement réduits à la richesse, ce qui confère à leur esprit une simple valeur d’usage dans un marché double et invisible où leur capture opère dans le cadre d’un ordre sacrificiel qui concerne tous les Gabonais.