Photo de Silvia Falconieri

Silvia Falconieri

Chargé de recherche, Sociologie et sciences du droit.

Institut des mondes africains — IMAF
Centre National de la Recherche ScientifiqueInstitut des mondes africains

Actualités scientifiques

Parution
14 août 2025
Colloque
20 juin 2024 · Nanterre
Séminaire
18 janv. 2024

Publications scientifiques

  • Ouvrages

    Silvia Falconieri (dir.), Fou et indigène. L'altérité au prisme du droit colonial en Afrique française: l'altérité au prisme du droit colonial en Afrique, Mare & Martin, 2025, Histoire du droit et des institutions, 273 p. 

    Silvia Falconieri, Philippe Auvergnon, Katia Barragan, Dominique Blonz-Colombo, Marc Boninchi [et alii], Histoire du droit du travail dans les colonies françaises (1848-1960), Mission de recherche Droit & Justice, 2016, 229 p. 

    Silvia Falconieri, La legge della razza. Strategie e luoghi del discorso giuridico fascista: strategie e luoghi del discorso giuridico fascista, Il Mulino, 2011, Studi, 321 p.  

  • Chapitres d'ouvrage

    Silvia Falconieri, « Du fou enchaîné à l’aliéné soigné. Le discours de l’administration des habous autour des maristanes (Maroc, 1912-1956) », in Silvia Falconieri (dir.), Fou et indigène. L'altérité au prisme du droit colonial en Afrique française :, Mare et Martin, 2025, pp. 17-37 

    Silvia Falconieri, « « Du « sujet » au « citoyen italien de race juive ». La circulation des catégories raciales dans le droit fasciste » », L. Zevounou (dir.), Race et droit, Paris, IFJD, :, , 2021   

    Silvia Falconieri, « I decreti antiebraici nei periodici giuridici italiani (1938-1943) », in Resta, G., Zeno-Zencovich, V. (dir.), Leggi razziali. Passato/Presente :, Roma Tre-Press, 2015, pp. 43-54 

    Silvia Falconieri, « Être juifs dans l’Italie fasciste. Du décret de réorganisation des Communautés juives aux lois raciales (1930-1943) », in Koussens, David, Amiraux, Valérie (dir.), Trajectoires de la neutralité :, Presses Universitaires de Montréal, 2014, pp. 50-60 

    Silvia Falconieri, Florence Renucci, « L'Autre et la littérature juridique : Juifs et indigènes dans les manuels de droit (XIX e -XX e siècles) », Des traités aux manuels de droit. Une histoire de la littérature juridique comme forme du discours universitaire :, Lextenso, 2014   

  • Articles

    Jean-Pierre Allinne, Luisa Brunori, Guillaume Calafat, Géraldine Cazals, Serge Dauchy, « Introduction », Clio@Thémis : Revue électronique d'histoire du droit, Association Clio et Thémis , 2024   

    Silvia Falconieri, « Écrire l’histoire juridique de la folie en Afrique française (fin XIXe siècle-1960). Sources et analyse croisée à l’aide des outils numériques »: Sources et analyse croisée à l’aide des outils numériques, Sources. Material & Fieldwork in African Studies, IFRA Nairobi, 2024   

    Silvia Falconieri, Laetitia Guerlain, Catherine Fillon, Florence Renucci, « Enseigner le droit hors des frontières nationales (XIXe-XXe siècles). Deuxième partie », Cahiers Jean Moulin, Centre Lyonnais d'Histoire du Droit et de la Pensée Politique, 2023, n°9 

    Silvia Falconieri, « Écrire l’histoire juridique de la folie en situation coloniale », Clio@Thémis : Revue électronique d'histoire du droit, Association Clio et Thémis , 2022   

    Silvia Falconieri, Timothy Collier, Isabelle Thiebau, Alain Zasadzinski, « Sources pour une histoire juridique de la folie en situation coloniale », Clio@Thémis : Revue électronique d'histoire du droit, Association Clio et Thémis , 2022, p. 19   

    Silvia Falconieri, « Folli, mistici e ribelli. Diritto coloniale e alterazione mentale in Africa equatoriale francese », Contemporanea. Rivista di storia dell'800 e del '900, , 2022, n°3   

    Silvia Falconieri, « Droit et folie en situation coloniale. Perspectives impériales comparées (xixe-xxe siècle) », Clio@Thémis : Revue électronique d'histoire du droit, Association Clio et Thémis , 2022, n°22 

    Silvia Falconieri, Laetitia Guerlain, Lionel Zevounou, « Les juristes et la race. Analyse critique à partir de quelques textes (1880-1930) »: Présentation du dossier (Penser la race en juriste), Droit & société : théorie et sciences sociales du droit. , Cachan (ENS Cachan) : Droit & société, 2022, n°3   

    Silvia Falconieri, « Pathologies de l' âme indigène Les savoirs juridico-administratif et médical sur la folie en Afrique française », Histoire, médecine et santé, Éditions Méridiennes, 2022, pp. 27-49   

    Silvia Falconieri, « Race, santé et génie français . Un commentaire de Paul Esmein du Code de la famille de 1939 », Droit & société : théorie et sciences sociales du droit. , Cachan (ENS Cachan) : Droit & société, 2021, n°109   

    Silvia Falconieri, Laetitia Guerlain, Lionel Zevounou, « Les juristes et la race. Analyse critique à partir de quelques textes (1880-1930). Présentation du dossier », Droit et Société : Revue internationale de théorie du droit et de sociologie juridique, Librairie générale de droit et de jurisprudence (LGDJ) - Lextenso éditions , 2021   

    Silvia Falconieri, Laetitia Guerlain, Catherine Fillon, Florence Renucci, « Pour une histoire de l’enseignement du droit hors des frontières nationales (xixe-xxe siècle) », Cahiers Jean Moulin, Centre Lyonnais d'Histoire du Droit et de la Pensée Politique, 2021, n°7   

    Silvia Falconieri, Florence Renucci, Laetitia Guerlain, Catherine Fillon, « Enseigner le droit hors des frontières nationales (xixe-xxe s) », Cahiers Jean Moulin, Centre Lyonnais d'Histoire du Droit et de la Pensée Politique, 2021 

    Silvia Falconieri, « Le droit face à la race. Étude historique des expériences juridiques française et italienne au XXe siècle », Politika : la politique à l'épreuve des sciences sociales , Laboratoire d'excellence Transformation de l'État, politisation des sociétés et institution du social (Paris), 2021   

    Silvia Falconieri, « Du sujet au citoyen italien de race juive . La circulation des catégories raciales dans le droit fasciste », La Revue des droits de l'Homme, CTAD-CREDOF (Centre de recherche et d'études sur les droits fondamentaux) , 2021   

    Silvia Falconieri, Laetitia Guerlain, Lionel Zevounou, « Les juristes et la race. Analyse critique à partir de quelques textes (1880-1930) », Droit et société, Droit et société, 2021, n°109, pp. 557-569  

    Dans cet article fondateur, K. Crenshaw introduit le concept d’« intersectionnalité », pour penser le caractère composé des effets de subordination liés à des facteurs comme la race, le genre, l’âge, la sexualité, etc. Elle analyse d’abord trois affaires juridiques qui ont traité des questions de discrimination raciale et sexuelle pour montrer les limites des « analyses à enjeu unique » : DeGraffenreid v. General Motors, Moore v. Hughes Helicopter, Inc. et Payne v. Travenol. Dans aucune de ces affaires, les tribunaux n’ont permis aux plaignantes d’alléguer une discrimination fondée à la fois sur la race et le sexe. K. Crenshaw montre qu’il faut penser l’intersectionnalité des discriminations pour saisir et corriger la situation particulière des femmes noires. Dans un second temps, elle élargit la réflexion vers le cadre sociopolitique et suggère que la condition des femmes noires doit être mieux prise en compte tant par les mouvements féministes que par les mouvements anti-racistes.

    Silvia Falconieri, «  Race , santé et  génie français  », Droit et société, Droit et société, 2021, n°109, pp. 607-616  

    En 1939, une longue étude consacrée au Code de la famille paraît dans la section doctrinale de la Gazette du Palais, sous la plume du professeur de droit civil, Paul Esmein. Dans les « Généralités », l’auteur s’arrête sur les principes inspirateurs des dispositions prises par le gouvernement Daladier en matière de famille, démographie et natalité. Dans ce commentaire introductif, Esmein mobilise à plusieurs reprises, et sous différentes acceptions, le mot « race ». En quel sens et de quelles manières, à la veille de l’avènement du régime de Vichy, Esmein emploie-t-il ce mot ? Qu’est-ce que la « race » dans le Code de la famille et dans l’étude d’un civiliste de son envergure ? Est-ce que ce mot recouvre la même signification dans le texte du décret du 29 juin 1939 et dans les « Généralités » de l’étude d’Esmein ? À l’aune de ces questionnements, cet article interroge et analyse les usages polysémiques de la « race » dans un commentaire doctrinal « ordinaire » d’un civiliste du xxe siècle.

    Silvia Falconieri, « Le droit, l’ordre racial et son (impossible) démantèlement », Grief, Grief, 2021, n°8/1, pp. 99-106  

    Silvia Falconieri, Laetitia Guerlain, Florence Renucci, « Enseigner le droit hors des frontières nationales nationales (XIXe-XXe siècles). Première partie », Cahiers Jean Moulin, Centre Lyonnais d'Histoire du Droit et de la Pensée Politique, 2021 

    Silvia Falconieri, « Pathologies de l’ âme indigène »: Les savoirs juridico-administratif et médical sur la folie en Afrique française, Histoire, Médecine, Santé, , 2021, n°20, pp. 27-49   

    Silvia Falconieri, « Droit colonial et anthropologie. Expertises ethniques, enquêtes et études raciales dans l’outre-mer français (Fin du XIXe siècle-1946) », Clio@Thémis : Revue électronique d'histoire du droit, Association Clio et Thémis , 2019, n°15   

    Silvia Falconieri, « La loi face à la race au 20e siècle — Une étude en histoire des systèmes juridiques métropolitains et coloniaux en France et en Italie », Zinbun : memoirs of the research Institute for humanistic studies, Kyoto University, Zinbun Kagaku Kenkyusyo (Kyoto), 2019 

    Silvia Falconieri, « Le Penant et le Dareste face au statut juridique des métis nés de parents inconnus. Une étude comparative (1891-1946) », Clio@Thémis : Revue électronique d'histoire du droit, Association Clio et Thémis , 2017   

    Silvia Falconieri, « La sfida all’oblio. Fonti per la storia giuridica del razzismo e dell’antisemitismo fascisti », Contemporanea : rivista di storia dell'800 e del '900, Il Mulino, 2016 

    Silvia Falconieri, « Un discours juridique pour le fascisme. Politiques impériale et raciale au prisme des revues de droit », Clio@Thémis : Revue électronique d'histoire du droit, Association Clio et Thémis , 2015 

    Silvia Falconieri, « Aux origines des cultures juridiques européennes. Yan Thomas entre droit et sciences sociales de Paolo Napoli, 2013 », Les Cahiers de la Justice, Les Cahiers de la Justice, 2014, n°4, pp. 697-702  

    Le présent article a pour objet de rendre compte au public français des recherches criminologiques internationales en matière de choix de la peine. Celles-ci ont mis en lumière des facteurs cognitifs, le nombre d'informations dont les juges disposent sur les justiciables comme sur les peines, les facteurs tenant à l'audience et à la manière dont les justiciables y apparaissent ainsi que le rôle qu'y jouent d'autres praticiens. La recherche française s'est penchée sur des facteurs institutionnels plus larges comme les choix opérés en juridiction en faveur de telles ou telles procédures.

    Silvia Falconieri, « Razzismo e antisemitismo. Percorsi della storiografia giuridica italiana », Studi storici, , 2014 

    Silvia Falconieri, « Le droit de la race . Apprendre l’antisémitisme à la faculté de droit de Paris (1940-1944) », Clio@Thémis : Revue électronique d'histoire du droit, Association Clio et Thémis , 2012 

    Silvia Falconieri, « Les juristes d’outre-mer entre orientalisme et anthropologie. “Etrangers assimilés aux indigènes” et “ métis” dans le façonnage de l’ordre colonial (XIXe-XXe siècles) », Clio@Thémis : Revue électronique d'histoire du droit, Association Clio et Thémis , 2011   

  • Notices / fascicules

    Silvia Falconieri, « Mathea Gaudry », Dictionnaire des juristes. Colonies et Outre-mer (XVIIIe-XXe siècles), dir. F. Renucci,, 2022 

    Silvia Falconieri, Silvia Sebastiani, Jean-Frédéric Schaub, « Racisme : la politique du préjugé », L’Europe. Encyclopédie historique,, 2018 

  • Rapports de recherche

    Silvia Falconieri, La hantise du manque de main-d'oeuvre: Esquisse de la réglementation du travail à Madagascar (1896-1960), 2025   

    Silvia Falconieri, Jean-Pierre Le Crom, Philippe Auvergnon, Katia Barragan, Dominique Blonz-Colombo, Histoire du droit du travail dans les colonies françaises (1848-1960), 2017, 228 p.   

  • Communications

    Silvia Falconieri, « Régime des habous et soins psychiatriques au Maroc durant la période du protectorat », L’Autre aliéné. Histoire(s) juridique(s) de la folie en Afrique (XIXe-XXe siècles), Aubervilliers Campus Condorcet, le 19 septembre 2024 

    Colloque de clôture de l'ANR AMIAF sous la direction scientifique de Silvia Falconieri, CR, CNRS, IMAF

    Silvia Falconieri, « Penser, définir, classifier les révoltes (2) », le 20 juin 2024 

    Colloque organisé pour l'ISP, CNRS par Agathe Meridjen, ISP, Université Paris Nanterre et Thomas Ramonda, Mesopolhis, Sciences Po Aix avec l'IDHES, Sofiapol et Mesopolhis

    Silvia Falconieri, « Textualiser l'altérité. Les juristes et l'invention de l'indigène », le 22 février 2024 

    Séminaire organisé dans le cadre de l’ANR AMIAF

    Silvia Falconieri, « Histoire du Droit 2.0 », le 18 janvier 2024 

    Webinaire organisé par Louise Testot-Ferry, UT Capitole/CTHDIP et Ninon Maillard, Université Paris Nanterre/CHAD

    Silvia Falconieri, « Des mots de la colonisation : ruptures ou continuités ? », le 10 octobre 2023 

    Ateliers de droit colonial organisés par le MASTER Anthropologie Juridique et Conflictualité, OMIJ, GEOLAB Université de Limoges sous la direction scientifique de Monica Cardillo, Maître de conférences en Histoire du droit, Codirectrice du Master Anthropologie Juridique et Conflictualité et Dominique Taurisson-Mouret, Ingénieure de recherche CNRS, GEOLAB UMR 6042 en partenariat avec l’Académie des sciences d’outre-mer

    Silvia Falconieri, « Table ronde :Questions sensibles: Recherche, débat public polémique et sphères privées », Criminocorpus. 20 ans pour l’histoire de la justice Trajectoire, enjeux, questions vives. Colloque anniversaire, Paris, le 06 juin 2023 

    Silvia Falconieri, « La notion de mentalité indigène dans le droit colonial français », Séminaire : Histoire juridique de la folie en situation coloniale, Aubervilliers Campus Condorcet, le 17 février 2023 

    Silvia Falconieri, « Folie . L’ indigène aliéné dans le droit colonial », Ateliers de droit colonial. Les mots de la colonisation : Ruptures ou continuités ?, Limoges, le 02 février 2023 

    Silvia Falconieri, « Enseigner le droit hors des frontières nationales (XIXe-XXe siècles) », le 30 septembre 2022 

    3e journée d’études « Enseignants de droit hors de métropole » organisée par le Centre Lyonnais d'Histoire du Droit et de la Pensée Politique sous la direction scientifique de Frédéric Audren, CNRS, École de droit de Sciences Po, Isabelle Giraudou, University of Tokyo, Jean-Louis Halpérin, ENS, Guillaume Tronchet, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Emmanuelle Picard, ENS Lyon.

    Silvia Falconieri, « Écrire l'histoire juridique de la folie dans l'Afrique coloniale », Séminaire de formation à la recherche en Afrique (SéFRA), Aubervilliers (Campus Condorcet), le 31 mai 2022 

    Silvia Falconieri, « Administration et justice coloniale face à la folie. Faire parler les archives », Démi-journée d'études : Les archives pour une histoire juridique de la folie en situation coloniale, Aix-en-Provence (FR), le 28 mars 2022 

    Silvia Falconieri, « Histoire juridique de la folie en situation coloniale », le 01 mars 2022 

    Organisé dans le cadre d'un programme ANR - AMIAF sous la direction de T. Collier, Post-Doctorant, CNRS-IMAF et S. Falconieri, CR, CNRS-IMAF

    Silvia Falconieri, « Al confine tra follia, stregoneria e feticismo. La repressione delle rivolte indigene secondo il regime dell’indigenato (Africa subsahariana 1910-1960) », La violenza della follia. Diritto e medicina fra XIX e XX secolo, Teams, le 03 septembre 2021 

    Silvia Falconieri, « Écrire l’histoire juridique de la folie en situation coloniale(Afrique française, 1880-1960) », Histoire des sciences et de la médecine coloniale, Zoom, le 14 décembre 2020 

    Silvia Falconieri, « L’arsenal du juriste », le 30 novembre 2020 

    Séminaire organisé par Rainer Maria Kiesow, directeur d'études, EHESS / Centre Georg-Simmel (CGS) et Florence Bellivier, professeure des universités, Université Paris Nanterre.

    Silvia Falconieri, « Droit et colonialisme », Séminaire du PRI "Terrains du droit" - EHESS, Paris, le 01 octobre 2020 

    Silvia Falconieri, « Enseigner le droit hors des frontières nationales (XIXe-XXe siècles) », le 13 mars 2020 

    Cycle de journées d'études organisé sous la direction scientifique de Laetitia Guerlain, Silvia Falconieri, Catherine Fillon et Florence Renucci.

    Silvia Falconieri, « Les catégories du droit colonial à l’épreuve de la maladie mentale (Afrique française, XIXe-XXe siècles) », Soirées du LIER-FYT - EHESS, Paris, le 27 février 2020 

    Silvia Falconieri, « ‘‘Aliéné’‘ et ‘‘indigène’’. Histoire juridique de la folie en Afrique française », Conférences d'histoire du droit - Institut de Recherche Montesquieu, Bordeaux, le 12 février 2020 

    Conférence organisée pour l’IRM-CAHD par Laetitia Guerlain, Maître de conférences HDR en histoire du droit, Institut de recherche Montesquieu

    Silvia Falconieri, « L'arsenal du juriste », le 27 janvier 2020 

    Séminaire organisé sous la responsabilité de Florence Bellivier, professeur à l'Université Paris-Nanterre, et de Rainer Maria Kiesow, directeur d'études de l'EHESS (Centre Georg-Simmel)

    Silvia Falconieri, « La construction juridico-administrative de la folie en Afrique française », Médecines en situation coloniale et post-coloniale, Marseille, le 25 mars 2019 

    Silvia Falconieri, « La mentalité indigène entre normal et pathologique. Lieux et modes du traitement juridico-administratif de la folie en Afrique française (1900-1940) », L’« aliéné indigène ». Justice et administration face à l’altérité psychique en Afrique française. Perspectives historiques et enjeux actuels, Paris, le 11 mars 2019 

    Organisé par les membres de l’équipe de l’ANR AMIAF sous la responsabilité scientifique de Silvia Falconieri, CNRS / IMAF

    Silvia Falconieri, « Penser la dégénérescence », le 29 novembre 2018 

    Colloque organisé par l’institut de recherche en droit des affaires et du patrimoine de l’université de Bordeaux et le Musée d’Aquitaine, avec le centre aquitain d’histoire du droit et le centre Léon Duguit

    Silvia Falconieri, « Les lieux et les formes de l’enseignement juridique hors de la métropole », le 22 novembre 2018 

    Programme de recherche associant le Centre lyonnais d'histoire du droit et de la pensée politique (CLHDPP), l'Institut des mondes africains (IMAF) et le Centre aquitain d'histoire du droit (IRM-CAHD)

  • Multimédia

    Silvia Falconieri, Colonisation, quand le droit enferme les esprits, 2025  

Encadrement doctoral

  • Thèses dirigées

    Stefano Stanca, L’Hôpital Neuropsychiatrique de Berrechid : au Maroc, l’histoire d’une psychiatrie coloniale différente de l’École d’Alger., en préparation, inscription en 2024 à Paris EHESS en co-direction avec Teodoro Tagliaferri 

  • Rapporteur

    Aya Bejermi, De la normativité islamique au droit positif : le cas de l'interdiction des incapables devant les conseils de tutelle égyptiens (1873-1955), soutenue en 2026 à Bordeaux sous la direction de Laëtitia Marie Guerlain et Baudouin Dupret présidée par Nader Hakim, membres du jury : Nathalie Bernard-Maugiron (Rapp.), Moussa Abou Ramadan   

    Sous l’effet conjugué des influences khédiviale, européenne et ottomane, la conceptualisation d’un droit positif codifié en Égypte s’est progressivement éloignée de la doctrine islamique classique (fiqh). Dans le fiqh hanafite, la personne interdite est assimilée à un mineur soumis à une double tutelle : sur la personne (wilāya ʿalā al-nafs) et sur les biens (wilāya ʿalā al-māl). Si l’interdiction relevait du qādī, cette compétence est transférée en 1873 aux conseils de tutelle (majālis ḥisbiyya), créés dans un contexte de crise économique. Dès le début du XIXe siècle, l’Égypte s’engage dans un processus de construction étatique et bureaucratique, marqué par la « positivisation du droit ». Les premières entreprises codificatrices et la mise en place de nouvelles juridictions, tout au long du XIXe siècle, traduisent l'affirmation d'une normativité juridique émanant de l’État. Ce mouvement s’intensifie dans les années 1870 avec l’adoption de codes et la création des tribunaux mixtes (maḥākim al-mukhtaliṭa) et indigènes (maḥākim al-aḥliyya), inscrivant durablement l’Égypte dans la tradition civiliste, malgré l’occupation britannique. La fonction judiciaire est également redéfinie, de nouvelles professions juridiques émergent et une infrastructure judiciaire étatique se met en place. Ce « droit positif », constitutif de l’État égyptien, entre toutefois en tension avec la normativité islamique issue de la sharīʿa et du fiqh, laquelle est aussi affectée par la positivisation. Les tribunaux de la sharīʿa sont réorganisés et intégrés sous le contrôle de l’État. Les juges continuent de statuer selon le fiqh hanafite, mais sur la base de textes écrits inspirés de la codification française et dans un champ de compétence progressivement réduit. Cette compétence est désormais circonscrite à une catégorie nouvelle, le « statut personnel » (al-aḥwāl al-shakhṣiyya), notion empruntée au droit romain et adaptée au contexte égyptien par Muḥammad Qadrī Pacha (1821-1888). Ce code officieux traite notamment de l’interdiction (ḥajr), sur la base des catégories classiques du fiqh telles que la prodigalité (safh) ou la démence (ʿath), qui définissent l’incapacité juridique (ʿadam al-ahliyya) selon des critères sociojuridiques distincts de ceux de la médecine moderne. Parallèlement, de nouveaux concepts issus des sciences médicales modernes, introduites dès 1827 avec la création de l’école de médecine par Clot Bey, pénètrent le raisonnement juridique : « faiblesse des facultés mentales », sénilité ou maladies psychiatriques deviennent des causes recevables d’incapacité. L’étude du contentieux de l’interdiction, à partir de décisions publiées à la première moitié du XXe siècle, principalement dans la revue juridique égyptienne al-Muhāmā, révèle une transformation lexicale et argumentative : les catégories du fiqh sont conservées, mais intégrées dans un raisonnement de droit positif, fondé notamment sur la distinction entre forme (shakl) et fond (mawḍūʿ), l’évaluation des faits et le recours à l’expertise médicale. Le fiqh n’est donc pas aboli, mais reconfiguré : ses concepts sont dissociés de leurs modes classiques de preuve et combinés à des catégories issues des sciences modernes. Par l’étude de la jurisprudence relative à l’incapacité, cette thèse documente le phénomène global de la positivisation du droit à l’échelle de l’Égypte et de la mise en place de son système juridique contemporain.

  • Membre du jury

    Paul-Emmanuel Babin, Le Front judiciaire franco-belge pendant la guerre d’indépendance algérienne : avocat(e)s et militant(e)s des droits humains en réseau de part et d'autre de la frontière belge, soutenue en 2025 à Université de Lille 2022 sous la direction de Florence Renucci présidée par Sylvie Thénault, membres du jury : Jérôme De Brouwer (Rapp.), Sébastien Le Gal (Rapp.), Francine Bolle et Hélène Vialle    

    Inscrire la guerre d’indépendance algérienne dans une histoire des avocats implique de mettre en avant la figure peu consensuelle de « l’avocat militant ». Dans ce contexte particulier de la décolonisation, il s’agit de comprendre comment un avocat peut être en même temps militant d’une cause politique en acceptant de s’écarter du cadre de la légalité. Réunis dans un collectif pour défendre les nationalistes algériens, membres de la Fédération France du Front de Libération Nationale (FF FLN), ces avocats mobilisent des arguments de droit, tant dans « l’arène judiciaire » qu’en dehors. En cela, ces avocats engagés ont mis en place une stratégie de défense inédite consistant à réunir un « front judiciaire » composé de praticiens et de théoriciens du droit à l’intérieur d’un réseau franco-belge. Dans la pratique, leur conception de la défense politique ne se résume pas à la « défense de rupture », tant s’en faut. L’originalité de leur approche réside plutôt dans le fait d’agir en liaison avec d’autres militants des droits humains qui, eux, se définissent plutôt comme des activistes agissant contre la législation d’exception. Ces activistes, appelés aussi communément « porteurs de valises », proposent des réponses militantes qui peuvent être légales et humanitaires, mais aussi illégales et politiques, puisque franchir la frontière brouille toutes ces distinctions. Si cette recherche revendique son inscription dans une « histoire au ras des vies », son objectif est de pouvoir distinguer les principaux enjeux de la « juridicisation » de la cause algérienne réalisée par un réseau d’acteurs. L’analyse des interactions à l’intérieur de la nébuleuse qui s’étend entre Paris et Bruxelles permet de comprendre tout d’abord l’implication de la Belgique dans la guerre d’indépendance algérienne. Elle offre ensuite la possibilité de faire apparaître un fait jusqu’à présent méconnu : il s’agissait principalement d’un collectif d’avocates et d’un réseau européen du soutien dirigé par des femmes, dont l’action a été déformée par la vision genrée de leur action. Enfin, cette recherche met en relief le véritable apport doctrinal des avocats de la FF FLN, et tout particulièrement des avocats belges, par rapport à la possibilité de poursuivre les crimes commis pendant la guerre d’indépendance algérienne. Anticipant les lois d’amnistie, ils ont voulu constituer un crime sui generis, à partir d’une réflexion sur les éléments spécifiques du « crime de colonialisme » en droit international, réflexion qui écartait les autres infractions concurrentes. Une nouvelle analyse de la solution proposée par ces avocats engagés rend plus complexe un débat essentiellement juridique dont les prolongements dépassent le cadre étudié.

    Sonia Baï, La justice en Algérie : l'exemple de la Cour d'appel d'Alger 1841-1955, soutenue en 2024 à Université de Lille 2022 sous la direction de Florence Renucci présidée par Farid Lekéal, membres du jury : Guillaume Boudou (Rapp.), Éric de Mari (Rapp.)   

    Cette étude en histoire du droit présente les spécificités de la Cour d’appel d’Alger, de sa création par l’ordonnance du 28 février 1841 jusqu’à son démantèlement en 1955 où elle se trouve amputée de trois chambres avec la création des cours d’appel d’Oran et de Constantine. Elle s’appuie sur l’analyse des sources juridiques et judiciaires extraites principalement dans de nombreux fonds d’Archives mettant en exergue les tergiversations autour de son implantation et sa progressive affirmation grâce à l’accroissement de son domaine de compétence. La thèse étudie la place ambivalente de la Cour d’Alger comme objet politique sous « tension » face aux politiques métropolitaines et locales. Elle s’illustre notamment lors des conflits ministériels incessants en France entraînant des incohérences sur le territoire algérien. Ensuite, quant à la politique locale, les sources traduisent une collaboration étroite, ou au contraire une profonde rivalité entre les gouverneurs généraux, véritables artisans de la politique coloniale locale et la Cour d’Alger, en particulier à travers son procureur général, acteur doté d’attributions exorbitantes. Cet aspect révèle la position particulière occupée par la Cour d’Alger qui a longtemps rejeté tout projet de démantèlement de son monopole. L’étude propose donc d’analyser, au- delà du rôle judiciaire stricto sensu, le rôle politique considérable de la Cour d’Alger, en confortant notamment les politiques coloniales menées, faisant fi de la séparation des pouvoirs.

    Cordille-Verdia Babongui-Mba, Économie occulte et ordre statutaire : sociologie imaginative de la production des fous mystiques au Gabon, soutenue en 2023 à Paris EHESS sous la direction de Rémy Bazenguissa et Joseph Tonda présidée par Georice Bertin Madébé, membres du jury : Roberto Beneduce (Rapp.), Parfait Dtematio Akana, Richard Rechtman, Mesmin-Noël Soumaho et Emmanuelle Kadya Tall  

    Cette thèse propose une sociologie imaginative de la production des fous mystiques, et plus précisément de leur esprit, au Gabon. Elle montre que cette production est liée aux tensions qu’exerce le néolibéralisme sur l’ordre statutaire qui organise les relations de la vie quotidienne à travers l’opposition entre les “Mamadou”, les puissants, et les “Makaya”, les dominés. La notion de production est ici prise dans tous les sens. D’abord par ce qui rend les fous visible, le désengagement de l’État puis, la mise en place d’une économie occulte où des “Mamadou”, majoritairement, et des “Makaya” s’offrent les services des nganga ou féticheurs pour capturer ces esprits. Et enfin, de manière métaphorique, production dans le sens de ce que fabrique l’esprit du fou en terme de richesses, du fait de sa possession par d’autres alors que son corps, inutile, est exclu du monde du travail. Le constat qui découle de nos enquêtes de terrain, menées à partir d’entretiens semi directifs et d’ observations, laisse apparaître un lien de dépendance entre la réussite sociale et la folie. Ce rapport social suggère la possibilité de réussir sans travailler et qu’en l’occurrence les fous sont le produit de cet enrichissement déconnecté du travail. Deux modalités de la production des fous apparaissent à savoir “on se rend fou” et “on est rendu fou” qui, loin de correspondre seulement à un imaginaire de la maladie et de l’enrichissement occulte, sous tendent aussi la critique des politiques publiques. En cherchant à comprendre les logiques sous jacentes à la production des fous, nous avons pu établir que les économies occultes surviennent au Gabon dans un contexte de crises où les inégalités sociales émergentes sont traduites dans l’imaginaire religieux de la prédation mystique. Donc, ce rapport social met aux prises deux catégories statutaires socialement construites, les “Mamadou” et les “Makaya” qui évoluent dans un rapport de force, à la fois réel et imaginaire, dans lequel les trajectoires d’accumulation et de guérison mobilisent les mêmes idiomes du fétichisme. Ainsi, les fous, loin d’être de simples malades, seraient, selon le sens émique, des “fonctionnaires fantômes” ou, en d’autres termes, ils seraient métonymiquement réduits à la richesse, ce qui confère à leur esprit une simple valeur d’usage dans un marché double et invisible où leur capture opère dans le cadre d’un ordre sacrificiel qui concerne tous les Gabonais.