Marie Loison-Leruste, Marie Loison, « Le sans-domicilisme dans la Revue des politiques sociales et familiales : Les quatre âges des travaux sur l’exclusion du logement », Revue des politiques sociales et familiales, Revue des politiques sociales et familiales, 2026, n°155, pp. 25-31
En 1994, Y. Yakubovich publie le premier article sur les personnes sans abri dans Recherches et prévisions, qui deviendra la Revue des politiques sociales et familiales (RPSF). Cet article, qui porte sur les travaux du Conseil national de l’information statistique (Cnis) sur les sans-abri créé en 1993, s’inscrit dans un contexte particulier de développement des études quantitatives sur les populations en situation d’exclusion du logement. Il marque le début d’un intérêt constant de la RPSF pour les travaux sur les personnes sans domicile, qui vivent dans des lieux non prévus pour l’habitation ou dans des centres d’hébergement. Quatre âges, constituant différentes étapes successives des travaux portant sur le sans-domicilisme, se succèdent. Le premier, fondateur, est caractérisé par une volonté de compter et de qualifier le sans-domicilisme qui devient un problème public. Ensuite, trois autres âges font l’objet de contributions importantes dans la RPSF qui participent à la consolidation de ce champ de recherche sur l’exclusion du logement.
Marie Loison-Leruste, Marie Loison, « L’importance des violences de genre dans la production du sans-domicilisme caché des femmes », Terrains & travaux, Terrains & travaux, 2025, n°46, pp. 101-125
Marie Loison-Leruste, « Le sans-domicilisme. Réflexion sur les catégories de l’exclusion du logement », Revue française des affaires sociales, La documentation française, 2023, n°1, pp. 29-50
Marie Loison-Leruste, Marie Loison, « Le sans-domicilisme. Réflexion sur les catégories de l’exclusion du logement », Revue française des affaires sociales, Revue française des affaires sociales, 2023, pp. 29-50
L’absence de logement « à soi » n’est pas simple à définir et les sans-domicile forment une population hétérogène et fluctuante. La grande diversité de leurs trajectoires et de leurs situations résidentielles rend difficiles l’appréhension et la qualification du phénomène d’exclusion du logement. En France, depuis les travaux pionniers des années 1990 et jusqu’à aujourd’hui, différentes catégorisations ont été produites mais elles sont souvent méconnues et les mots employés génèrent des confusions ayant parfois des conséquences problématiques dans la mise en œuvre des politiques publiques à destination des populations concernées. Cette contribution propose d’ouvrir le débat en présentant le terme « sans-abrisme » comme une synecdoque du néologisme « sans-domicilisme ». Elle défend l’idée selon laquelle l’usage de ce dernier terme permet davantage d’éviter les confusions et la reproduction des idées reçues sur ces populations, de mieux prendre en compte les trajectoires spécifiques de certaines catégories de population exclues du logement et de mieux traduire le terme anglo-saxon homelessness (qui est aujourd’hui le plus souvent traduit par « sans-abrisme »). Ce faisant, il pourrait contribuer à la (re)constitution d’un champ de recherche français plus unifié sur cette question et à un meilleur dialogue entre recherche et action publique.
Marie Loison-Leruste, Olivia Samuel, François Théron, « L’écriture inclusive et ses usages dans les revues de sciences humaines et sociales », Revue des Sciences sociales, Presses Universitaires de Strasbourg, 2022, n°68
Marie Loison-Leruste, Gwenaëlle Perrier, « Un langage excluant ? Solidité, sincérité et enjeux des arguments d’opposition à l’écriture inclusive », Travail, genre et sociétés, L'Harmattan - Armand Colin - La Découverte |2009-....], 2022, n°1
Marie Loison-Leruste, Rosane Braud, Marie Loison, « Le sans-abrisme au féminin. Quand les haltes pour femmes interrogent les dispositifs d’urgence sociale », Travail, genre et sociétés, Travail, genre et sociétés, 2022, n°47, pp. 131-147
Cet article présente les résultats d’une enquête de terrain ethnographique réalisée entre novembre 2018 et octobre 2019 dans des haltes pour femmes sans-abri à Paris. Il rend compte des difficultés à définir et accueillir un public que les acteur·trice·s institutionnel·le·s et associatifs n’avaient pas anticipé. Loin d’accueillir seulement des femmes isolées, très désocialisées, en refus d’hébergement ou éloignées des dispositifs d’hébergement existants, les haltes rendent visibles des femmes en situation de grande vulnérabilité, présentant des caractéristiques sociales très différentes de celles des hommes accueillis dans des structures d’urgence comparables. Ce faisant, ces haltes questionnent le principe de la simple mise à l’abri d’urgence au regard des besoins d’accompagnement spécifiques de ces femmes longtemps restées invisibles dans les représentations sociales, les politiques publiques et les travaux scientifiques.
Marie Loison-Leruste, Marie Loison, Gwenaëlle Perrier, « Un langage excluant ? Solidité, sincérité et enjeux des arguments d’opposition à l’écriture inclusive », Travail, genre et sociétés, Travail, genre et sociétés, 2022, n°47, pp. 153-156
Marie Loison-Leruste, Rosane Braud, « Le sans-abrisme au féminin.Quand les haltes pour femmes interrogent les dispositifs d'urgence sociale », Travail, genre et sociétés, L'Harmattan - Armand Colin - La Découverte |2009-....], 2022, n°47
Marie Loison-Leruste, Rosane Braud, Camille Noûs, « Professionnaliser les bénévoles », Le sociographe, Champ social, 2021, n°1, pp. 79-92
Marie Loison-Leruste, Gwenaëlle Perrier, Camille Noûs, « Introduction. Le langage inclusif est politique : une spécificité française ? », Cahiers du Genre, L'Harmattan , 2021, n°69, pp. 5-29
Marie Loison-Leruste, Gwenaëlle Perrier, « Itinéraire d’une universitaire engagée. Éliane Viennot et le langage non sexiste. Entretien », Cahiers du Genre, L'Harmattan , 2021, n°69
Marie Loison-Leruste, Marie Loison, Rosane Braud, Camille Noûs, « Professionnaliser les bénévoles : Le travail gratuit au sein d’un dispositif pour femmes sans domicile », Le Sociographe, Le Sociographe, 2021, n°73, pp. 79-92
Cet article interroge la place des bénévoles dans un dispositif d’accueil d’urgence pour femmes sans domicile. L’Escale fonctionne grâce à la présence d’une équipe salariée et de nombreuses intervenantes, « profanes » ou « professionnelles », qui effectuent un « travail gratuit » essentiel à l’accompagnement de ces femmes. Malgré les efforts réalisés pour les professionnaliser, le dispositif ne parvient pas à éviter le désengagement des bénévoles. La porosité des frontières entre bénévolat et salariat questionne l’organisation, le sens et la pérennité du dispositif et fragilise l’ensemble des acteur·trices.
Marie Loison-Leruste, Gwenaëlle Perrier, Marie Loison, Lucy Garnier, « Interview of Eliane Viennot about non-sexist language: the trajectory of a politically committed academic », Cahiers du Genre, Cahiers du Genre, 2021, n°o 69, pp. 109-129
Marie Loison-Leruste, Marie Loison, Gwenaëlle Perrier, Camille Noûs, Lucy Garnier, « Inclusive language as a political issue: A French specificity? (Introduction) », Cahiers du Genre, Cahiers du Genre, 2021, n°o 69, pp. 5-29
Marie Loison-Leruste, « Sans-abrisme et travail social au féminin », Nouvelle Revue du travail, Nouvelle revue du travail, 2020, n°17
Marie Loison-Leruste, Julie Couronné, François Sarfati, « Ce qu’une sortie positive de la Garantie jeunes veut dire », Vie sociale, ERES - CEDIAS-Musée Social, 2020, n°2930
Marie Loison-Leruste, Julie Couronné, Marie Loison, François Sarfati, « Ce qu’une sortie positive de la Garantie jeunes veut dire », Vie sociale, Vie sociale, 2020, n°29-30, pp. 183-199
Cet article est issu d’une enquête ethnographique menée dans trois missions locales au cours de laquelle nous avons observé la mise en œuvre de la Garantie jeunes. Il s’agit d’un dispositif d’insertion sociale et professionnelle à destination de jeunes considéré.e.s comme « ni en emploi, ni en formation, ni en études » avec des ressources très faibles. Les critères institutionnels retenus pour considérer une « sortie positive » de la Garantie jeunes se rapportent à l’emploi et uniquement à l’emploi. L’enquête menée nous incite à adopter une lecture alternative, fondée sur les parcours observés. Nous nous sommes plus particulièrement intéressé.e.s aux différentes raisons qui expliquent que certain.e.s jeunes soient parvenu.e.s à s’approprier le dispositif et comment il leur a permis de « s’en sortir ». À quoi tient la réussite de ces jeunes ? Quelles sont les ressources dont ils et elles disposent ? Notre approche de ces « jeunes qui s’en sortent » vise à interpréter leur mise en mouvement comme le produit de la rencontre entre une proposition institutionnelle, par nature collective, et des caractéristiques sociales mises à l’épreuve dans leur parcours biographique.
Marie Loison-Leruste, Rozenn Le Berre, Marie Loison, Gwenaëlle Perrier, « Femmes sans domicile », Lien Social, Lien Social, 2019, n°1257, pp. 18-24
Marie Loison-Leruste, Julie Couronné, Marie Loison, François Sarfati, « D’une politique de défamilialisation à des pratiques de refamilialisation : les ressources des jeunes saisies par la Garantie jeunes », Revue française des affaires sociales, Revue française des affaires sociales, 2019, pp. 79-96
À partir d’une enquête ethnographique menée dans trois missions locales, cet article analyse les représentations et les usages de l’allocation mensuelle versée dans le cadre de la Garantie jeunes. Il s’agit d’un dispositif d’insertion sociale et professionnelle à destination des « jeunes Neets vulnérables ». Le propos porte à la fois sur les positions et sur les pratiques des acteur·trices, qu’il s’agisse des professionnel·les (conseiller·es d’insertion et directions de mission locale) ou des destinataires.La Garantie jeunes relève du principe d’activation et les ressources économiques versées dans son cadre sont un encouragement à la mise en action des destinataires. L’article met en évidence une tension entre défamilialisation et refamilialisation qui caractérise l’usage que font les jeunes de l’allocation. Alors que ce dispositif est construit sur le principe de la défamilialisation de l’aide sociale, son appropriation par les jeunes révèle au contraire un usage familial très fort, dévoilant ainsi des « transferts familiaux inversés ». Néanmoins, l’allocation qu’ils et elles perçoivent à titre individuel, les conforte aussi comme individus. Individus en capacité de contribuer au collectif familial.
Marie Loison-Leruste, Marie Loison, Gwenaëlle Perrier, « Les trajectoires des femmes sans domicile à travers le prisme du genre : entre vulnérabilité et protection », Déviance et Société, Déviance et Société, 2019, n°43, pp. 77-110
Moins nombreuses que les hommes sans domicile, moins
souvent évoquées dans la littérature académique portant sur
l’exclusion ou sur le genre, moins repérables dans les représentations sociales et très peu souvent sans-abri, les femmes
sans domicile sont relativement invisibles. Cet article combine
des analyses qualitatives et quantitatives pour comprendre,
dans une perspective de genre, les trajectoires de ces femmes
et leur prise en charge institutionnelle. Les femmes sans domicile sont exposées à des formes spécifiques de violences,
structurantes dans leurs trajectoires de vie, mais bénéficient
également de formes de protection particulières via une prise
en charge institutionnelle différente de celle des hommes.
Ces violences et ces formes de protection sont fondées sur le
genre, qui constitue donc à la fois un facteur de vulnérabilité
et de protection pour les femmes sans domicile.
Marie Loison-Leruste, Anne Petiau, Marie Loison, Céline Loriente, « L’ouverture à la concurrence », Lien Social, Lien Social, 2019, n°1242, pp. 28-29
Marie Loison-Leruste, Anne Petiau, « La recherche-action dans le champ de la lutte contre les exclusions : un dispositif en tension », Sociologies pratiques, Presses de Sciences Po , 2018, n°37, pp. 81-90
Marie Loison-Leruste, Marie Loison, Anne Petiau, « La recherche-action dans le champ de la lutte contre les exclusions : un dispositif en tension », Sociologies pratiques, Sociologies pratiques, 2018, n°37, pp. 81-90
La recherche-action que nous menons depuis 2016 met en œuvre un dispositif d’analyse participative avec des professionnelles du travail social, de la psychiatrie et du soin médical travaillant auprès de personnes sans-abri. Si chacune a ses propres raisons pour s’engager dans cette démarche, la confrontation de leurs points de vue avec celui des sociologues peut révéler des tensions et nous amène en retour à nous interroger sur les enjeux et les effets de la production du discours sociologique dans un contexte d’interaction.
Marie Loison-Leruste, Julie Couronné, François Sarfati, « La Garantie jeunes en action : usages du dispositif et parcours de jeunes », Connaissance de l'emploi, Centre d'études de l'emploi et du travail (Noisy-le-Grand), 2016, n°133
Marie Loison-Leruste, Marie Loison, « Au cœur de l’exclusion Enquête auprès des salariés d’Emmaüs », Sociologie, Sociologie, 2015, n°6, pp. 359-376
Cet article s’intéresse aux « premières lignes » de l’Association Emmaüs qui travaillent dans le champ de la lutte contre les exclusions, en contact direct et quotidien avec les personnes sans domicile. Ces intervenants rencontrent des difficultés à exercer leur travail d’accompagnement, expriment des sentiments d’insécurité et de souffrance au travail, et sont soumis à l’imprévisibilité et à des injonctions contradictoires, dans un contexte d’urgence sociale toujours plus grande. Ils mettent donc en place des stratégies d’adaptation informelles pour répondre aux demandes qui leur sont adressées de la part de l’association et du public qu’ils accueillent. L’incertitude inhérente à la nature de leur travail fragilise finalement l’ensemble des acteurs et l’association elle-même.
Marie Loison-Leruste, « Au cœur de l’exclusion Enquête auprès des salariés d’Emmaüs », Sociologie, Presses universitaires de France (PUF) , 2015, n°4, p. 359
Marie Loison-Leruste, Marie Loison, « 23 - Éloigner les indésirables », Le Lien social, Le Lien social, 2014, pp. 1285-3097
Marie Loison-Leruste, Marie Loison, Gwenaëlle Perrier, « Focus – La fabrique des droits sociaux individualisés », Informations sociales, Informations sociales, 2013, n°178, pp. 124-127
Marie Loison-Leruste, Pascale Dietrich, Marie Loison, Manuella Roupnel, « 10 – Articuler les approches quantitative et qualitative », Quadrige, Quadrige, 2012, pp. 0291-0489