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Marie Loison-Leruste

Maître de conférences, Sociologie, démographie.

Université Sorbonne Paris Nord · UFR Droit, Sciences politiques et sociales Institut de droit public, sciences politiques et sociales — IDPS
Université Sorbonne Paris NordUFR Droit, Sciences politiques et socialesInstitut de droit public, sciences politiques et sociales

Actualités scientifiques

Journée d'étude
1 juin 2021

Publications scientifiques

  • Ouvrages

    Marie Loison-Leruste, Pascale Dietrich (dir.), La face cachée du mal-logement: enquête en marge du logement ordinaire, Ined éditions, 2025, Questions de population, 247 p.  

    Si les sans-abri, figures extrêmes de l’exclusion, suscitent une attention médiatique saisonnière, ils ne sont cependant que la partie visible d’une précarité résidentielle grandissante qui recoupe des réalités très diverses. Un nombre croissant de personnes vivent ainsi dans des centres d’hébergement mais aussi dans des campings, des camions ou même des voitures, des cabanes, des abris de fortune, sans oublier la rue et ses corollaires, gares, métro… Quelles trajectoires ont conduit ces personnes à vivre aux marges du logement ordinaire ? Comment vivent-elles cette situation ? Quelles ressources et quelles stratégies mettent-elles en place pour (sur)vivre et quels liens entretiennent-elles avec les services d’aide ? À partir d’entretiens effectués dans le cadre de plusieurs enquêtes, ce livre offre une immersion dans leur vie quotidienne. Loin des enjeux politiques et médiatiques, l’ouvrage souligne la diversité mais aussi l’épaisseur des existences de celles et ceux qui sont à la fois inaudibles et invisibles

    Marie Loison-Leruste, Gwenaëlle Perrier, L'écriture inclusive: le langage est politique !, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2024, L'opportune, 63 p.  

    Marie Loison-Leruste, Gwenaëlle Perrier, Camille Noûs (dir.), Genre, langue et politique: le langage non sexiste en débats, L'Harmattan, 2021, 294 p. 

    Marie Loison-Leruste, Philippe Le Cloerec, Berk Senturk, Hubert Dupont, Môôôsieur Philippe: fragments de vie avant le sans-abrisme sociologie de l'exclusion, Baromètre éditions, 2021, 119 p. 

    La garantie jeunes en action: usages du dispositif et parcours de jeunes, Centre d'études de l'emploi et du travail, 2016, Rapport de recherche, 130 p. 

    Marie Loison-Leruste, Habiter à côté des SDF: représentations et attitudes face à la pauvreté, L'Harmattan, 2014, Habitat et sociétés, 273 p.  

    Marie Loison-Leruste, Serge Paugam, Habiter à côté des SDF: représentations sociales et attitudes à l'égard des personnes sans domicile, 2009, 513 p. 

    Les SDF sont aujourd'hui des personnages emblématiques de l'exclusion urbaine des sociétés contemporaines. Ils portent en eux et sur eux les stigmates de leur étrangeté et incarnent la marginalité et la déviance. Cette recherche s'appuie sur une enquête à la fois qualitative et quantitative, réalisée auprès d'un échantillon de 423 personnes vivant à proximité de structures d'accueil et d'hébergement d'urgence. Ces dernières sont particulièrement sensibles à leur présence: elles constatent un certain nombre de nuisances dans leur environnement domestique et se sentent agressées par ces « indésirables» qui menacent la sécurité de leurs biens et de leurs proches. Elles mobilisent les représentations sociales négatives dont font l'objet les personnes sans domicile et distinguent les « bons» des « mauvais» SDF. Les riverains de ces structures d'hébergement adoptent différents types d'attitudes. De l'« indifférence » au « rejet engagé » en passant par la « critique du rejet » et le « rejet distant », ces attitudes ne sont pas le propre de quelques individus mais sont repérables dans l'ensemble des politiques sociales destinées aux personnes sans domicile. Elles mettent en exergue l'une des formes contemporaine de la régulation sociale du sans-abrisme qui se caractérise par une compassion sélective. En analysant le processus de catégorisation qui constitue le cœur des représentations sociales des SDF et structure les attitudes adoptées à leur égard, cette thèse permet de comprendre comment et pourquoi la question des SDF resurgit périodiquement dans le débat collectif.

  • Chapitres d'ouvrage

    Marie Loison-Leruste, Pascale Dietrich-Ragon, Manuella Roupnel-Fuentes, « Articuler les approches quantitative et qualitative », in Paugam Serge (dir.), L'enquête sociologique, Presses universitaires de France et Coll. Quadrige, 2010 

    Marie Loison-Leruste, « La FEANTSA : vers une catégorisation européenne des "SDF" ? », in Bruneteaux Patrick, Terrolle Daniel (dir.), L'arrière-cour de la mondialisation. Ethnographique des paupérisés, Éditions du Croquant, 2010 

  • Articles

    Marie Loison-Leruste, « Le sans-domicilisme. Réflexion sur les catégories de l’exclusion du logement », Revue française des affaires sociales, La documentation française, 2023, n°1, pp. 29-50 

    Marie Loison-Leruste, Gwenaëlle Perrier, « Un  langage excluant  ? Solidité, sincérité et enjeux des arguments d’opposition à l’écriture inclusive », Travail, genre et sociétés, L'Harmattan - Armand Colin - La Découverte |2009-....], 2022, n°1 

    Marie Loison-Leruste, « Sans-abrisme et travail social au féminin », Nouvelle Revue du travail, Nouvelle revue du travail, 2020, n°17 

    Marie Loison-Leruste, Julie Couronné, François Sarfati, « La Garantie jeunes en action : usages du dispositif et parcours de jeunes », Connaissance de l'emploi, Centre d'études de l'emploi et du travail (Noisy-le-Grand), 2016, n°133   

    Marie Loison-Leruste, « Au cœur de l’exclusion Enquête auprès des salariés d’Emmaüs », Sociologie, Presses universitaires de France (PUF), 2015, n°4, p. 359 

  • Rapports de recherche

    Marie Loison-Leruste, Julie Couronné, François Sarfati, La Garantie jeunes en action. Usages du dispositif et parcours de jeunes, 2016, 133 p.   

  • Communications

    Marie Loison-Leruste, « L’écriture inclusive », L’écriture inclusive, le 01 juin 2021 

    Organisée pour le Laboratoire PRINTEMPS, USVQ par Marie Loison-Leruste, Gwenaëlle Perrier, Olivia Samuel et François Théron

Encadrement doctoral

  • Rapporteur

    Estelle Filipe, Recourir aux institutions médicosociales de l'addiction : une enquête sur les publics féminins en France hexagonale et en Guyane, soutenue en 2025 sous la direction de Marie Jauffret-Roustide présidée par Philippe Bataille, membres du jury : Patrick Peretti-Watel (Rapp.), Stéphanie Guyon  

    Les institutions du secteur médicosocial de l’addiction qui incluent principalement les centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usager·es de drogues (CAARUD) et les centres de soin d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) accueillent en France un public majoritairement masculin. Depuis vingt ans, les femmes représentent seulement 20 à 25 % des bénéficiaires et demeurent, selon les professionnel·les de santé, largement invisibilisées au sein des institutions. Cette thèse appréhende ce phénomène comme un problème public qui articule non-recours aux soins et inégalités de genre. Ce problème a été formulé par des acteur·rices du champ de l’addiction, des responsabilités y ont été imputées (stigmatisation et violences subies par les usagères) et des organismes publics l’ont publicisé et inscrit à l’agenda politique. Le cadrage genré du problème public rend visible les difficultés rencontrées par les professionnel·les dans la prise en charge des femmes en addictologie. Toutefois, il tend à homogénéiser les expériences des usagères et à privilégier le point de vue des institutions et de leurs représentant·es. En déplaçant la focale de la « prise en charge » vers le « recours » et en adoptant une approche biographique centrée sur les expériences des bénéficiaires, cette recherche interroge les conditions de possibilité du recours, dans un contexte marqué par d’importants obstacles genrés. L’enquête « par le bas », fondée sur une méthodologie mixte (entretiens, observations, statistiques) en France hexagonale et en Guyane, articule plusieurs niveaux d’analyse. Dans un premier temps, une typologie statistique met en évidence la forte hétérogénéité des usagères de CAARUD et de CSAPA, réparties en quatre clusters aux profils distincts qui ne mobilisent pas les mêmes prestations institutionnelles : des femmes consommatrices d’alcool et de cannabis vivant dans des conditions stables et médicalement encadrées ; des femmes consommatrices de médicaments vulnérables, mais bien suivies ; des femmes consommatrices d’héroïne en situation de précarité et peu visibles ; des femmes consommatrices de crack en situation de grande précarité et de marginalité. Le type de consommation de drogues et les conditions de vie façonnent des formes variées de recours institutionnel, mais ne suffisent pas à les expliquer. La thèse examine ensuite les logiques institutionnelles et territoriales et les acteur·rices intermédiaires qui facilitent ou obstruent l’accès aux institutions. Les usagères franciliennes et guyanaises ne font pas face aux mêmes contraintes institutionnelles et territoriales dans leurs recours aux soins et à l’assistance sociale (systèmes et organisations médicosociales, normes bureaucratiques). Trois types d’intermédiaires structurent le recours : les administrateur·rices (médecin, justice), les aidant·es du recours (proche, travailleur·ses du social) et les acteur·rices qui le contraignent (homme usager, personne disqualifiant le recours, etc.). Enfin, la recherche analyse comment les dispositions, les représentations et les discours des usagères vis-à-vis du soin et de l’addiction peuvent favoriser ou freiner la mobilisation des institutions. Le recours des femmes en addictologie est le produit d’une rencontre située entre des parcours socialement différenciés, des normes institutionnelles, des territoires et des subjectivités. La thèse éclaire ainsi la manière dont les rapports sociaux, les rapports aux institutions et les parcours de vie travaillent les conditions d’accès aux soins en addictologie pour les femmes usagères, et propose un regard renouvelé sur le problème public de non-recours.

    Mathilde Henky, (Dé)matérialiser l'Etat social. Les conseillères à l'emploi, les travailleuses sociales et les chômeur.ses face à la dématérialisation des services publics de l'emploi., soutenue en 2024 sous la direction de Sophie Bernard présidée par Delphine Corteel, membres du jury : Nicolas Duvoux (Rapp.), Maud Simonet et Jean-Marie Pillon   

    Entre 2011 et 2022, la dématérialisation a fait l’objet d’une forte publicisation par les pouvoirs publics. Devenue un dispositif du New Public Management, elle permettrait, d’après les réformateurs, de simplifier le travail, d’améliorer la qualité du service public et de maitriser les dépenses publiques. En partant de cet objet d’étude, la thèse vise à comprendre comment les services publics de l’emploi ont déployé ce dispositif dans leurs administrations et quels en ont été les conséquences sur l’organisation du travail. Pour ce faire, la thèse se centre sur Pôle Emploi et les services sociaux et montre, qu’au-delà d’être un dispositif gestionnaire, la dématérialisation est mise au service des politiques d’activation. En prenant appui sur une enquête ethnographique auprès des conseillères à l’emploi, des travailleuses sociales et des chômeur.ses, la thèse met en évidence que la dématérialisation reconfigure la division du travail entre les professionnelles et les chômeur.ses d’une part, entre les groupes professionnels travaillant dans les agences locales d’autre part. En se plaçant des deux côtés du guichet, on montre alors que les travailleuses et les chômeur.ses négocient l’exécution de certaines tâches et font chacun.e un usage autonome de la règle visant initialement à les rendre actif.ve dans un contexte de renforcement des politiques d’activation. Enfin, en se focalisant plus précisément sur les travailleur.ses, la thèse met en exergue que, malgré des normes concurrentes de professionnalisme qui structurent leurs conceptions du travail, les conseillères à l’emploi et les travailleuses sociales s’accommodent plus ou moins de la dématérialisation.

  • Membre du jury

    Estelle Filipe, Recourir aux institutions médicosociales de l'addiction : une enquête sur les publics féminins en France hexagonale et en Guyane, soutenue en 2025 sous la direction de Marie Jauffret-Roustide présidée par Philippe Bataille, membres du jury : Patrick Peretti-Watel (Rapp.), Stéphanie Guyon  

    Les institutions du secteur médicosocial de l’addiction qui incluent principalement les centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usager·es de drogues (CAARUD) et les centres de soin d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) accueillent en France un public majoritairement masculin. Depuis vingt ans, les femmes représentent seulement 20 à 25 % des bénéficiaires et demeurent, selon les professionnel·les de santé, largement invisibilisées au sein des institutions. Cette thèse appréhende ce phénomène comme un problème public qui articule non-recours aux soins et inégalités de genre. Ce problème a été formulé par des acteur·rices du champ de l’addiction, des responsabilités y ont été imputées (stigmatisation et violences subies par les usagères) et des organismes publics l’ont publicisé et inscrit à l’agenda politique. Le cadrage genré du problème public rend visible les difficultés rencontrées par les professionnel·les dans la prise en charge des femmes en addictologie. Toutefois, il tend à homogénéiser les expériences des usagères et à privilégier le point de vue des institutions et de leurs représentant·es. En déplaçant la focale de la « prise en charge » vers le « recours » et en adoptant une approche biographique centrée sur les expériences des bénéficiaires, cette recherche interroge les conditions de possibilité du recours, dans un contexte marqué par d’importants obstacles genrés. L’enquête « par le bas », fondée sur une méthodologie mixte (entretiens, observations, statistiques) en France hexagonale et en Guyane, articule plusieurs niveaux d’analyse. Dans un premier temps, une typologie statistique met en évidence la forte hétérogénéité des usagères de CAARUD et de CSAPA, réparties en quatre clusters aux profils distincts qui ne mobilisent pas les mêmes prestations institutionnelles : des femmes consommatrices d’alcool et de cannabis vivant dans des conditions stables et médicalement encadrées ; des femmes consommatrices de médicaments vulnérables, mais bien suivies ; des femmes consommatrices d’héroïne en situation de précarité et peu visibles ; des femmes consommatrices de crack en situation de grande précarité et de marginalité. Le type de consommation de drogues et les conditions de vie façonnent des formes variées de recours institutionnel, mais ne suffisent pas à les expliquer. La thèse examine ensuite les logiques institutionnelles et territoriales et les acteur·rices intermédiaires qui facilitent ou obstruent l’accès aux institutions. Les usagères franciliennes et guyanaises ne font pas face aux mêmes contraintes institutionnelles et territoriales dans leurs recours aux soins et à l’assistance sociale (systèmes et organisations médicosociales, normes bureaucratiques). Trois types d’intermédiaires structurent le recours : les administrateur·rices (médecin, justice), les aidant·es du recours (proche, travailleur·ses du social) et les acteur·rices qui le contraignent (homme usager, personne disqualifiant le recours, etc.). Enfin, la recherche analyse comment les dispositions, les représentations et les discours des usagères vis-à-vis du soin et de l’addiction peuvent favoriser ou freiner la mobilisation des institutions. Le recours des femmes en addictologie est le produit d’une rencontre située entre des parcours socialement différenciés, des normes institutionnelles, des territoires et des subjectivités. La thèse éclaire ainsi la manière dont les rapports sociaux, les rapports aux institutions et les parcours de vie travaillent les conditions d’accès aux soins en addictologie pour les femmes usagères, et propose un regard renouvelé sur le problème public de non-recours.

    Mathilde Henky, (Dé)matérialiser l'Etat social. Les conseillères à l'emploi, les travailleuses sociales et les chômeur.ses face à la dématérialisation des services publics de l'emploi., soutenue en 2024 sous la direction de Sophie Bernard présidée par Delphine Corteel, membres du jury : Nicolas Duvoux (Rapp.), Maud Simonet et Jean-Marie Pillon   

    Entre 2011 et 2022, la dématérialisation a fait l’objet d’une forte publicisation par les pouvoirs publics. Devenue un dispositif du New Public Management, elle permettrait, d’après les réformateurs, de simplifier le travail, d’améliorer la qualité du service public et de maitriser les dépenses publiques. En partant de cet objet d’étude, la thèse vise à comprendre comment les services publics de l’emploi ont déployé ce dispositif dans leurs administrations et quels en ont été les conséquences sur l’organisation du travail. Pour ce faire, la thèse se centre sur Pôle Emploi et les services sociaux et montre, qu’au-delà d’être un dispositif gestionnaire, la dématérialisation est mise au service des politiques d’activation. En prenant appui sur une enquête ethnographique auprès des conseillères à l’emploi, des travailleuses sociales et des chômeur.ses, la thèse met en évidence que la dématérialisation reconfigure la division du travail entre les professionnelles et les chômeur.ses d’une part, entre les groupes professionnels travaillant dans les agences locales d’autre part. En se plaçant des deux côtés du guichet, on montre alors que les travailleuses et les chômeur.ses négocient l’exécution de certaines tâches et font chacun.e un usage autonome de la règle visant initialement à les rendre actif.ve dans un contexte de renforcement des politiques d’activation. Enfin, en se focalisant plus précisément sur les travailleur.ses, la thèse met en exergue que, malgré des normes concurrentes de professionnalisme qui structurent leurs conceptions du travail, les conseillères à l’emploi et les travailleuses sociales s’accommodent plus ou moins de la dématérialisation.

    Louise Lacoste, Entre travail d'insertion et travail de la rue : contraintes, contradictions et arbitrages dans l'accompagnement vers l'emploi des personnes sans domicile, soutenue en 2024 sous la direction de Maud Simonet présidée par Matthieu Hély, membres du jury : Anne Revillard (Rapp.), Nicolas Duvoux (Rapp.), Patricia Loncle-Moriceau    

    Cette thèse s’intéresse aux enjeux du déploiement des dispositifs Premières Heures et donc plus largement aux politiques d’emploi à destination des personnes sans domicile. Ces dispositifs prennent acte de la manière dont les personnes à la rue sont majoritairement exclues de l’emploi et situées aux marges du marché du travail. Ils visent à les y (ré)insérer via un accompagnement par le travail « sur-mesure », proposé soit par des structures d’insertion par l’activité économique soit par des structures du secteur de l’accueil hébergement insertion. L’enquête a été conduite auprès d’une vingtaine d’associations déployant ces dispositifs et une partie a été menée dans un cadre de recherche-action. À partir de ces éléments, la recherche articule perspective interactionniste et perspective intersectionnelle pour déployer trois approches sociologiques : une sociologie des mondes associatifs étudiant les organisations des secteurs de l’action sociale et de l’insertion par le travail ; une sociologie politique des politiques sociales d’emploi et de leur réception ; et enfin une approche biographique permettant de rendre compte des trajectoires des salarié·es en insertion dans ces dispositifs et d’éclairer leurs situations et conditions actuelles de travail et d’emploi. La thèse alors permet une réflexion autour des catégories de pensée et d’action des dispositifs d’insertion et de la manière dont ils sont questionnés tant par les expériences de leurs destinataires que par les enjeux propres aux organisations qui les portent.

    Marion Giovanangeli, Femmes et mères à surveiller : accueil, assistance et prise en charge des familles sans-domicile par la Ville de Paris (1890-2018), soutenue en 2023 sous la direction de Arnaud Mias présidée par Dominique Méda, membres du jury : Axelle Brodiez-Dolino (Rapp.), Bruno Milly (Rapp.)   

    Cette thèse retrace l’histoire de la prise en charge des femmes sans-domicile accompagnées d’enfant par la Ville de Paris de la fin du XIXème siècle à aujourd’hui. Par l’analyse des structures municipales, elle rend compte de l’évolution de cette prise en charge, mais aussi des pratiques professionnelles. Elle donne à voir la transformation des publics accueillis et de leurs problématiques, et son incidence sur les dispositifs pensés par les décideurs. Cette thèse analyse la prise en charge du point de vue de l’institution, des professionnelles et des femmes concernées, par la mobilisation de matériaux multiples : observations, archives, entretiens, exploitation de bases de données. Elle permet de resituer la question des femmes sans-domicile dans le contexte plus global des familles pauvres et de leurs stratégies pour échapper à la misère. Elle déconstruit les représentations qui structurent depuis plus d'un siècle les politiques d'assistance sociale et les pratiques professionnelles, montrant la permanence des tensions qui les traversent : pauvres méritants contre pauvres oisifs, femmes vulnérables à secourir contre femmes dangereuses à surveiller, femmes déviantes contre mères à éduquer.

    Noemi Stella, La précarité résidentielle à l'aune de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre : une analyse longitudinale des modes d'hébergement des personnes LGBTQ+ sans logement personnel en Île-de-France., soutenue en 2023 sous la direction de Florence Maillochon présidée par Marylène Lieber, membres du jury : Marianne Blidon (Rapp.), Yaëlle Amsellem-Mainguy et Éric Fassin  

    Insaisissables ou invisibilisé·es dans les enquêtes sur l’absence de logement personnel menées au niveau parisien, francilien et national, les personnes LGBTQ+ sont néanmoins présentes et leurs trajectoires résidentielles marquées par une imbrication de discriminations et de soutiens spécifiques. Une approche biographique longitudinale sur trois ans et demi au sein d’une recherche-action menée auprès de 48 enquêté·es LGBTQ+ entre 16 et 35 ans a permis de rendre visible leurs parcours résidentiels et les tactiques d’hébergement employées pour fuir la rue en Île-de-France. La grande majorité d’entre eux et elles étant des personnes exilées dont le statut juridique a évolué au fil du temps, la situation administrative représente un facteur de discrimination majeur dans leurs trajectoires résidentielles institutionnelles.Dans un premier temps, je montre les effets de la saturation structurelle du système d’hébergement généraliste et du Dispositif National d’Accueil (DNA) sur les personnes LGBTQ+. Pour ce faire, j’ai d’une part mise en évidence la période de latence entre la date de la première demande d’hébergement réalisée et celle à laquelle la personne a effectivement été hébergée dans un dispositif, la forte mise en mobilité contrainte des exilé·es les plus précarisé·es par leur statut juridique, ainsi que leur surreprésentation parmi les « sorties sèches », c’est-à-dire les fins de prise en charge par l’établissement sans propositions d’hébergement. Je montre, d’autre part, comment ces dispositifs reproduisent des modèles cis-hétéronormatifs via leur organisation spatiale et le manque de formation des équipes, amenant de manière paradoxale à les invisibiliser -via des injonctions au passing cis-hétérosexuel- et en même temps à les surexposer quand iels sont « visibles » et ciblé·es par des discriminations au sein des hébergements. En rendant les questions liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre spécifiques, marginales et reléguées à l’espace privé, ces dispositifs concourent ainsi à vulnérabiliser davantage les personnes LGBTQ+ hébergées.En l’absence d’une prise en charge institutionnelle, et en raison des conditions d’insalubrité et des discriminations vécues, les personnes LGBTQ+ en précarité résidentielle déploient d’autres tactiques informelles afin d’avoir accès à des hébergements temporaires. Si des travaux ont été publiés sur les personnes sans-domicile accueillies dans des services d’hébergement, sur les personnes habitant dans des formes particulières d’habitat et sur celles sans-abri, il est très difficile d’avoir des informations sur les personnes sans logement personnel hébergées de manière « contrainte » au sens de l’Insee, et temporaire chez des tiers. À travers des entretiens répétés et une approche ethnographique, trois grands types de « réseaux d’hébergement informels » se sont dessinés : les membres de la famille, les personnes LGBTQ+ -du pays d’origine et franciliennes- et les compatriotes cis-hétérosexuel·les habitant en Île-de-France. Ce travail permet ainsi d’analyser les conditions d’hébergement, les coûts et les contreparties demandées contre ces hébergements, en fonction du type de « réseau » mobilisé et des ressources -économiques, administratives, militantes, de genre et sexuelles- détenues par les hébergé·es.In fine, la recherche-action a concouru à la création d’un Centre d’Hébergement d’Urgence (CHU) LGBTQ+ « en diffus » à Paris, l’Escale, cordonné par l’association BASILIADE, qui propose un accompagnement pluridisciplinaire -social, médical, psychologique, juridique et professionnel- aux personnes hébergées. Ce dispositif a été conçu avec les enquêté·es, dont une partie a pu en bénéficier à l’ouverture des premiers appartements en 2020 et 2021.