• THESE

    Négocier l'asymétrie : les politiques extérieures européennes au regard des relations entre acteurs marocains et européens du gouvernement des migrations, soutenue en 2013 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Virginie Guiraudon présidée par Pierre Lascoumes, membres du jury : Frédéric Mérand (Rapp.), Alexis Spire (Rapp.), Didier Bigo et Nizar Messari   

  • Nora El Qadim, Collectif Mina-Quatre-Vingt-Treize, Doris Bonnet, Yasmine Bouagga, Blandine Destremau [et alii], Protection de l'enfance et jeunes en migration , Presses universitaires de Vincennes, 2025, 286 p.  

    Nora El Qadim, Le gouvernement asymétrique des migrations: Maroc-Union européenne thèse pour le doctorat en science politique à l'Institut d'Études Politiques de Paris, École doctorale de Science Po, Centres d'études européennes et soutenue publiquement le 9 décembre 2013, Dalloz, 2015, Nouvelle Bibliothèque de Thèses, 507 p.     

    Nora El Qadim, Virginie Guiraudon, Négocier l'asymétrie: les politiques extérieures européennes au regard des relations entre acteurs marocains et européens du gouvernement des migrations,, 2013, 621 p.  

    Cette thèse porte sur les relations entre le Maroc et l’Union européenne autour des questions migratoires depuis 1999, en particulier sur les négociations depuis 2003 d’un accord de réadmission, c’est-à-dire d’un accord organisant le retour forcé de migrants en situation irrégulière. À partir d’une approche postcoloniale, ce travail questionne l’eurocentrisme des analyses existantes des politiques extérieures de l’UE. L’objectif est de pluraliser les sujets des négociations internationales. Ceci passe d’abord par une étude de l’historicité et de la complexité institutionnelle des politiques migratoires marocaines. Ceci passe aussi par une analyse sociologique des pratiques de résistance des acteurs étatiques marocains aux pressions de l’Union européenne et des pays européens dans le domaine des politiques migratoires. Nous montrons ainsi que les négociations ne relèvent pas seulement du domaine des high politics, mais font aussi partie des pratiques quotidiennes d’acteurs administratifs engagés dans des luttes concurrentielles nationales et internationales. C’est dans ces luttes quotidiennes que transparaît la capacité d’action des acteurs marocains et la remise en cause de l’asymétrie des relations avec les pays européens.

    Nora El Qadim, Le tribunal administratif de Paris à l'épreuve des évolutions du contentieux des étrangers depuis 2007: changement juridique et impact organisationnel, 2008, 159 p. 

  • Nora El Qadim, « Re/penser la libre circulation », in Migreurop (dir.), Atlas des migrations dans le monde - Libertés de circulation, frontières et inégalités, Dunod, 2022 

    Nora El Qadim, « National states in the governance of mobilities », in Emma Carmel, Katharina Lenner, Regine Paul (dir.), Handbook on the Governance and Politics of Migration, Edward Elgar Publishing, 2021 

    Nora El Qadim, « The Funding Instruments of the EU’s Negotiation on External Migration Policy. Incentives for Cooperation? », EU External Migration Policies in an Era of Global Mobilities: Intersecting Policy Universes, Brill | Nijhoff, 2018 

    Nora El Qadim, Tatiana Eremenko, Elsa Steichen, « Southern Europeans in France: Invisible Migrants? », South-North Migration of EU Citizens in Times of Crisis, Springer International Publishing, 2017   

    Nora El Qadim, « De-Europeanising EUropean borders: EU-Morocco negotiations on migrations and the decentring agenda in EU studies », in M. Woons, S. Weier (Eds.) (dir.), Borderthinking, Borderlands: Developing a Critical Epistemology of Global Politics, E-International Relations, 2017 

  • Nora El Qadim, Monique Jo Beerli, « Par et pour les archives : vers une sociologie politique des mobilisations archivistiques transnationales », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2024, n°1, pp. 11-26 

    Nora El Qadim, Monique Jo Beerli, « Des mobilisations transnationales par et pour les archives », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2024, n°1 

    Nora El Qadim, Monique J. Beerli, « By and For Archives: Towards a Political Sociology of Transnational Archival Mobilisations », Critique internationale, Critique internationale, 2024, n°o 102, pp. 11-26   

    Following on from interdisciplinary debates that have long asserted the political nature of archives, this article examines the relationship between archiving and contestation in its transnational and international dimensions. Blurring the boundaries between archivists and activists, transnational archival mobilisations attribute multiple functions to archiving, spanning from the memorial and testimonial to the evidentiary and judicial. Situated within and circulating between the Middle East, Africa, and Europe, these mobilisations call into question the construction and preservation of archives, as well as their relocation, digitisation, and sharing. Our reflections – whether attending to the commemoration of forgotten socio-political actors, inter-state conflicts over historical “truths” and the ownership of archives, or the internationalisation of records management standards – contribute to debates on archives and the politics of archives as objects of study across the fields of history, anthropology, sociology, and political science.

    Nora El Qadim, Sebastian Cobarrubias, Paolo Cuttitta, Maribel Casas-Cortés, Martin Lemberg-Pedersen, « Interventions on the concept of externalisation in migration and border studies », Political Geography, Elsevier, 2023 

    Nora El Qadim, Beste İşleyen, « Border and im/mobility entanglements in the Mediterranean », Environment and Planning D: Society and Space, SAGE Publications, 2023, n°1  

    Nora El Qadim, Beste İşleyen, Nora El Qadim, « Border and im/mobility entanglements in the Mediterranean: Introduction to the special issue », Environment and Planning D: Society and Space, SAGE Publications, 2023, n°1, pp. 3-13  

    Nora El Qadim, « Les politiques migratoires européennes : à la recherche d’un impossible compromis ? », Migrations Société, CIEMI (Centre d'information et d'études sur les migrations internationales) , 2021, n°4, pp. 11-27 

    Nora El Qadim, « Les politiques migratoires de l’UE dans la tourmente », Migrations Société, CIEMI (Centre d'information et d'études sur les migrations internationales) , 2021, n°186 

    Nora El Qadim, Beste İşleyen, Leonie Ansems de Vries, Signe Sofie Hansen, « (Im)moral Borders in Practice », Geopolitics, Taylor & Francis (Routledge), 2021, n°5 

    Nora El Qadim, Antoine Pécoud, « Nouvelles perspectives sur la libre circulation », De Facto - Institut Convergences Migrations, Institut convergences Migrations, 2021, n°26  

    Nora El Qadim, « Les politiques migratoires européennes : à la recherche d’un impossible compromis ? », Migrations Société, Migrations Société, 2021, n°186, pp. 11-27   

    Les migrations sont fréquemment présentées dans l’actualité comme un « problème », avec des « crises migratoires » à répétition. Chaque réforme des politiques migratoires européennes cherche à les résoudre, et l’Union européenne (UE) est régulièrement blâmée de toutes parts, qualifiée soit d’ « Europe passoire », soit d’ « Europe forteresse ». L’introduction de ce dossier thématique analyse les impasses des politiques migratoires européennes en mettant en perspective la proposition d’un Nouveau pacte sur la migration et l’asile (NPMA) avec les évolutions préalables de ces politiques, qui se sont développées à différents degrés et dans différents secteurs depuis les années 1990. Elle montre donc que ces impasses ne peuvent se comprendre qu’à l’aune des tensions intra-européennes, des relations européennes avec les pays tiers et des tendances de fond des politiques migratoires nationales et européennes. Pour ce faire, elle revient sur trois aspects essentiels des politiques migratoires européennes : leur multiplicité ; la centralité et les usages de la notion de « crise » dans les débats sur les migrations ; enfin, les ambiguïtés de politiques résultant de compromis entre des États membres de l’Union européenne aux approches divergentes, qui tend à construire un environnement de plus en plus hostile à l’immigration de populations considérées comme indésirables.

    Nora El Qadim, « Born Digital? Digitization and the Birth of the Moroccan National Archives », History in Africa. A Journal of method, Cambridge University Press (CUP), 2020 

    Nora El Qadim, « L’expulsion des étrangers : le cas de la France », Questions internationales, Questions internationales, 2019, n°97, pp. 62-64  

    Nora El Qadim, « The symbolic meaning of international mobility: EU–Morocco negotiations on visa facilitation », Migration Studies , Oxford University Press, 2018, n°2 

    Nora El Qadim, « Lutte contre l’immigration irrégulière et conditionnalité de l’aide au développement », Migrations Société, Migrations Société, 2018, n°171, pp. 109-125  

    Nora El Qadim, « Can IR be anthropological? »: (Online Symposium : Meera Sabaratnam (Ed.) “Walking with Migrants: Ethnography as Method in IR”), International Studies Quarterly, Wiley, 2017  

    Nora El Qadim, « The ENP and migration », Global Affairs, , 2016, n°4  

    Nora El Qadim, « Genschel (Philipp), Jachtenfuchs (Markus), eds – Beyond the Regulatory Polity ? The European Integration of Core State Powers. – Oxford, Oxford University Press, 2014. XVI + 278 p. Figures. Index », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2015, n°65, p. -  

    Nora El Qadim, « Postcolonial Challenges to Migration Control: French-Moroccan Cooperation Practices on Forced Returns », Security Dialogue, SAGE Publications, 2014, n°3 

    Nora El Qadim, « L’étude des politiques migratoires internationales : ‘gouvernance mondiale’ et ‘gestion internationale’ des migrations », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2013, n°34   

    Nora El Qadim, « Contentieux des étrangers et vague managériale au tribunal administratif de Paris », Droit et Société : Revue internationale de théorie du droit et de sociologie juridique, Librairie générale de droit et de jurisprudence (LGDJ) - Lextenso éditions , 2013, n°84 

    Nora El Qadim, « À propos de Martin Geiger, Antoine Pécoud (eds), The Politics of International Migration Management (Migration, Minorities and Citizenship), Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2010, X + 306 p., index ; et Alexander Betts (ed.), Global Migration Governance, Oxford, Oxford University Press, 2011, XX + 344 p., index. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2013, n°Vol.63, p. -  

    Nora El Qadim, « Contentieux des étrangers et vague managériale au tribunal administratif de Paris », Droit et société, Droit et société, 2013, n°84, pp. 313-338   

    Cet article s’intéresse aux conséquences d’une modification du droit des étrangers sur un tribunal administratif en 2007. Face à ce qui a été perçu comme une augmentation massive du contentieux des étrangers, suite à la création d’une décision administrative, les obligations de quitter le territoire français (OQTF), l’usage d’instruments managériaux a été généralisé. Une réorganisation du travail a aussi été adoptée afin de faire face à une « crise » du tribunal. Rationalité légale et managériale ont été confrontées. Cet article montre comment des changements techniques du droit sont des instruments de modification de la politique d’immigration à moindre coût. Ces changements ont accentué des tensions au sein du tribunal et généré des débats tant sur le contentieux des étrangers que, plus généralement, sur le rôle de la justice administrative en France.

    Nora El Qadim, « La politique migratoire européenne vue du Maroc : contraintes et opportunités », Politique européenne, Politique européenne, 2010, n°31, pp. 91-118   

    La présence de migrants sub-sahariens, relativement nouvelle au Maroc, n’a été reconnue qu’après 2000. En effet, bien que les projets de ces migrants ne soient pas nécessairement linéaires, ils sont considérés comme des migrants « en transit » dans le cadre des négociations avec les pays européens. En fait, le Maroc n’est pas le simple exécutant des politiques migratoires européennes : la présence de ces migrants sur son territoire, de même que sa situation stratégique proche des frontières de l’Union européenne, a pu servir de « rente géographique ». Ainsi, les différents niveaux de négociations – nationaux ou européen – sont utilisés pour obtenir le plus d’avantages possibles en échange d’une participation active à la lutte contre les migrations irrégulières, notamment à travers la signature d’accords de réadmission. L’interprétation de ces accords lors de leur mise en oeuvre créé également de nouvelles opportunités de négociations.

    Nora El Qadim, « La politique migratoire européenne vue du Maroc : contraintes et opportunités », Politique européenne, l'Harmattan, 2010, n°31 

  • Nora El Qadim, Sergio Carrera, Jean-Pierre Cassarino, Mehdi Lahlou, EU-Morocco Cooperation on Readmission, Borders and Protection: A model to follow?, 2016   

  • Nora El Qadim, « L’ordre public saisi par l’asile », le 20 octobre 2023  

    Colloque organisé par Jean-Louis Iten, Université Paris 8 - CRJP8 et Nora Stirn, Sciences Po Paris - CRJP8

    Nora El Qadim, « Les relations UE-Turquie », le 01 décembre 2017 

    Nora El Qadim, Nora El Quadim, « Contentieux des étrangers et vague managériale au tribunal administratif de Paris », Journée d'étude « jeunes chercheurs » : "La justice prise dans la vague managériale", "Les instruments de la managérialisation", Saint-Étienne, le 05 juin 2009 

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Sabine Dini, Gouverner les migrations internationales par le don. Une ethnographie économique de l'intervention du Haut-Comissariat des Nations unies pour les réfugiés et de l'Organisation internationale pour les migrations à Djibouti (1977-2019), thèse soutenue en 2021 à Paris 13 sous la direction de Antoine Pécoud présidée par Frédéric Ramel, membres du jury : Philippe Steiner (Rapp.), Dominique Vidal (Rapp.), Catherine Colard-Fabregoule et Giulia Scalettaris    

    La thèse interroge les conditions de félicité de l’intervention du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) entre 1977 et 2019 à Djibouti, un petit État de la Corne de l’Afrique. La preuve a été administrée selon une « sévère discipline inductive » : dix-huit mois d’observation participante, l’analyse de 1524 pages d’archives du ministère de l’Intérieur djiboutien, quatre terrains de saturation, et 27 entretiens. Elle a conduit à mettre en perspective les logiques d’intervention des deux OIGs comme deux variations d’une « relation asymétrique » des OIGs avec l’État djiboutien. Si l’intervention mise en œuvre par le HCR s’enlise dans le conflit, à l’inverse celle de l’OIM permet de fonder une alliance avec l’État-hôte. Le régime des migrations internationales met en œuvre une logique de transformation des politiques migratoires nationales qui repose sur un régime d’aide. Dans ce cadre, le travail organisationnel réalisé par les deux OIGs consiste à orchestrer un transfert de ressources, permettant d’apparier des États bailleurs de fonds avec l’État djiboutien récipiendaire. Mobiliser les travaux traitant de la sociologie du don, notamment le concept de « don organisationnel » a permis de rendre compte de la divergence des résultats des interventions fondées sur l’aide des deux cas analysés. Sous quelles conditions, en dépit de leur distance tant normative que géographique, le travail organisationnel permet-il de construire un lien de solidarité entre des États de l’ordre international en situation d’asymétrie, mis en rapport par un transfert de ressources ? La démonstration mobilise le concept de don au sens maussien comme un fait social total doté d’une force contraignante. Elle défend l’idée que, sous certaines conditions, la nature de la relation d’aide forgée par les organisations est à même d’obliger l’État récipiendaire, en instituant une véritable détermination au plan de la relation et en parvenant à enclencher une logique de réciprocité entre les États. La thèse repose sur trois grands arguments théoriques qu’elle ancre empiriquement en décrivant le travail organisationnel des deux OIGs. Le premier souligne l’indistinction entre ordre juridique et échange économique. Il met en valeur la manière dont, la norme de protection pour le HCR, et, le principe de souveraineté pour l’OIM, se confondent avec l’acte matériel du transfert des ressources. Le second met en lumière la manière dont le régime de don fabrique des logiques de valorisation qui gomment la distinction entre les hommes pris dans l’échange, sujets juridiques, et les choses échangés, biens en circulation. Le dernier argument dévoile le mécanisme précis d’effectuation de la contrainte sociale. Il montre comment la possibilité de la contrainte se fonde sur le formalisme et l’artifice qui donnent au don toute son efficace. La thèse a plus généralement pour ambition de montrer que, en situation d’asymétrie, la conditionnalité de la relation contractuelle échoue à fonder une relation d’obligation entre les États. Elle mobilise le paradigme du don afin de défendre l’idée que, tout au contraire, la possibilité d’établir un ordre normatif contraignant entre des États en situation d’asymétrie repose sur un socle relationnel qui ressort du symbolique.

    Elsa Tyszler, Derrière les barrières de Ceuta & Melilla : rapports sociaux de sexe, de race et colonialité du contrôle migratoire à la frontière maroco-espagnole, thèse soutenue en 2019 à Paris 8 sous la direction de Jane Freedman présidée par Adelina Miranda, membres du jury : Mahamet Timera (Rapp.), Almudena Cortés (Rapp.)   

    Ce travail de thèse s’intéresse au contrôle migratoire mis en œuvre à la frontière maroco-espagnole et à ses effets sur les personnes ciblées. Mettant en lumière les processus de minorisation des ressortissant-e-s d’Afrique centrale et de l’Ouest candidat-e-s à l’Europe, cette étude, basée sur une ethnographie multisituée menée aux échelles locale et micro-locale, amène à penser les rapports sociaux de sexe et de race en jeu dans les régimes migratoires en place. Elle tente de dénaturaliser les figures du « migrant subsaharien » et de la « migrante subsaharienne » pour dévoiler les processus qui se jouent derrière ces catégories racialisées et genrées, ancrées dans un contexte d’externalisation des frontières européennes, et de négociations permanentes entre l’UE, ses États membres (ici l’Espagne) et leurs alliés africains (ici le Maroc) pour la lutte contre l’immigration dite clandestine. Elle essaie également de décrypter et de mettre en perspective théorique les violences systémiques qui régissent cette situation de frontières militarisée, ainsi que les résistances qui y ont lieu. Elle amène alors à examiner la question suivante : comment comprendre l’institutionnalisation tacite du recours à la violence mortifère contre les labellisé-e-s « Subsahariens » à la frontière maroco-espagnole ? Pour répondre, il faut regarder de chaque côté de la frontière, mais aussi la considérer comme un ensemble ; confronter les points de vue des contrôleur-se-s et des contrôlé-e-s, appréhender le passé cristallisé dans le présent : penser la colonialité des politiques migratoires espagnoles, et au-delà, du régime européen des migrations.