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Maxime Huré

Maître de conférences, Science politique.

Université Perpignan · Faculté de Droit et des sciences économiques Centre de droit économique et du développement Yves Serra — CDED
Université de Perpignan - Via DomitiaFaculté de Droit et des sciences économiquesCentre de droit économique et du développement Yves Serra

Actualités scientifiques

Publications scientifiques

  • Thèse

    THESE
    Les réseaux transnationaux du vélo : Gouverner les politiques du vélo en ville De l'utopie associative à la gestion par les grandes firmes urbaines (1965-2010), soutenue en 2013 à Lyon 2 sous la direction de Renaud Payre présidée par Gilles Pollet, membres du jury : Patrick Hassenteufel, Emmanuel Négrier, Marie-Emmanuelle Chessel et Guillaume Faburel  

    Le développement du vélo en ville constitue aujourd’hui un impératif pour les élus, notamment au regard des injonctions en faveur du développement durable. Dans les années 2000, les dispositifs de vélos en libre service se sont imposés dans la majorité des villes européennes. Si leur développement a été guidé par des considérations écologiques, ces dispositifs valorisent plus généralement l’innovation politico-institutionnelle et le dynamisme économique des villes. Ces dispositifs se sont imposés grâce à des réseaux transnationaux structurés autour de la thématique du vélo. Ces réseaux invitent à considérer les échanges transnationaux comme vecteurs de transformations dans l’action publique urbaine. Les préoccupations pour le développement du vélo ont une histoire qui s’inscrit dans une série d’interactions entre les villes depuis les années 1970. L’analyse de la formation et des effets des réseaux transnationaux du vélo permet de définir des périodes et des régularités dans ces recompositions qui affectent à la fois les politiques du vélo en ville et l’organisation des pouvoirs politiques urbains. Une première période structurée par l’activité transnationale des associations de défense du vélo invite à comprendre le rôle des échanges dans la définition d’un problème public puis sa mise à l’agenda dans l’ensemble des villes européennes au cours des années 1970. Le traitement des problèmes pousse les élus et les agents administratifs à s’investir dans les échanges transnationaux pour construire une nouvelle compétence municipale fondée sur les expertises associatives. Cet investissement des municipalités caractérise la deuxième période, dans laquelle les municipalités s’affirment dans la mise en œuvre des politiques publiques du vélo en institutionnalisant des réseaux de collectivités au cours des années 1980-1990. Enfin, une troisième période s’engage à partir des années 2000 avec l’arrivée des entreprises du mobilier urbain et de l’affichage publicitaire dans les échanges transnationaux. Cet investissement des entreprises engendre une intense circulation des systèmes de vélos en libre service et confronte les élus urbains à l’exercice d’une régulation des relations avec ces grandes firmes, autant dans les interactions transnationales que dans celles qui se déroulent sur les territoires pour la gestion des services urbains. Ces réseaux transnationaux du vélo sont un moyen d’organiser les pouvoirs locaux et de légitimer les élus municipaux dans la conduite de l’action publique urbaine.

  • Ouvrages

    Maxime Huré, Louis Baldasseroni, Etienne Faugier, Claire Pelgrims, Stève Bernardin [et alii], Histoire des transports et des mobilités en France: XIXe-XXIe siècles, Armand Colin, 2022, Collection U (Histoire), 230 p.  

    Maxime Huré, Les mobilités partagées: régulation politique et capitalisme urbain, Éditions de la Sorbonne, 2022, Mobilités et sociétés, 188 p.  

    Maxime Huré, Vanessa Delevoye, Sophie Hasiak, Arnaud Passalacqua, Philippe Poinsot [et alii], La gratuité des transports: une idée payante ?, Le Bord de l'eau, 2022, Documents, 138 p. 

    Maxime Huré, Mathieu Flonneau, Arnaud Passalacqua (dir.), Métropoles mobiles: défis institutionnels et politiques de la mobilité dans les métropoles françaises, Presses universitaires de Rennes, 2021, [Hors-collection], 228 p. 

    Maxime Huré, Mathieu Flonneau, Léonard Laborie, Arnaud Passalacqua, Stève Bernardin [et alii], Les transports de la démocratie: approche historique des enjeux politiques de la mobilité, Presses universitaires de Rennes, 2019  

    Mobilité et démocratie forment en apparence un couple historique idéal. Union de deux idéaux en tout cas, dont Les transports de la démocratie éclairent les destinées variées et les affinités tumultueuses. S'ils semblent indissociables, ces deux idéaux se posent mutuellement des problèmes en pratique. La reconfiguration au cours du temps des liens qui les unissent et parfois les entravent dans un environnement changeant : tel est le sujet de ce volume. Écrit depuis plusieurs perspectives disciplinaires (histoire, science politique, géographie et économie), ce livre est centré d'une part sur la France, tout en offrant des points de comparaison avec d'autres espaces politiques, et d'autre part sur le second XXe siècle, tout en s'autorisant des échappées vers les périodes antérieures. Démocratie technique, écosystèmes de mobilité et équation des déplacements : ces opérateurs de la pensée sur les mobilités durables y gagnent en profondeur et s'en trouvent décapés. Avec ce recueil, l'histoire décloisonnée de la mobilité et des transports témoigne de sa maturité

    Maxime Huré, Vincent Béal, Sébastien Gardon, Marie-Clotilde Meillerand, Max Rousseau, Hélène Peskine (dir.), (Re) penser les politiques urbaines: retour sur vingt ans d'action publique dans les villes françaises 1995-2015, PUCA, 2018, Recherche, 341 p. 

    Maxime Huré, Les mobilités partagées: nouveau capitalisme urbain, Publications de la Sorbonne, 2017, Mobilités et sociétés, 159 p. 

  • Articles

    Maxime Huré, « Des Vélib’ à la romaine? Un standard européen au défi du territoire romain », Rome : École Française de Rome, PERSÉE : Université de Lyon et CNRS & ENS de Lyon, 2014, pp. 85-95  

    Cet article analyse l’implantation d’un système de vélos en libre-service au cœur de Rome. En décalage avec le succès observé dans les autres villes européennes, ce dispositif a rencontré des difficultés récurrentes. Celles-ci sont liées non seulement aux spécificités du contexte romain, notamment au plan patrimonial, mais aussi à la complexité du système d’acteurs attaché au projet. En effet, cette innovation s’est développée à l’interface entre un programme européen de diffusion des systèmes de vélos en libre-service et la stratégie d’un opérateur privé, la société espagnole Cemusa, qui souhaitait faire de Rome une vitrine internationale susceptible de lui assurer une position sur un marché en plein essor. Le cas romain permet donc de soulever la question de la circulation des objets et des acteurs dans le champ de la mobilité urbaine, mais aussi celle de la territorialisation de l’action publique.

    Maxime Huré, « Vélib alla romana? Una sfida europea al territorio romano », Rome : École Française de Rome, PERSÉE : Université de Lyon et CNRS & ENS de Lyon, 2014, pp. 83-93  

    L’articolo analizza la creazione di un sistema di bike sharing nel cuore di Roma. Rispetto al successo che questo servizio ha avuto nelle altre città europee, nella capitale italiana ha incontrato, non di meno, varie difficoltà legate non solo alle specificità del contesto romano, in particolar modo quello patrimoniale, ma anche alla complessità del sistema di attori coinvolti nel progetto. Infatti, questa innovazione si è sviluppata con il coinvolgimento di un programma europeo di diffusione del bike sharing e la strategia di un operatore privato, l’azienda spagnola Cemusa, che sperava di fare di Roma la vetrina internazionale che gli avrebbe assicurato un ruolo di prim’ordine nel settore. Il caso romano permette dunque di sollevare il problema della circolazione e degli attori coinvolti nel campo della mobilità urbana, ma anche quello della territorializzazione dell’a-zione pubblica.

  • Communications

    Maxime Huré, « L’État et le rail : les transports ferroviaires au prisme de la puissance publique », le 27 septembre 2021 

    Colloque organisé par l'ULB et le réseau Ferinter, avec le soutien du CRISS et des laboratoires Printemps (UVSQ), Pacte (Université de Grenoble) et MIL (UPEC).

Encadrement doctoral

  • Thèses dirigées

    Aude Raynaud, Conflits d'usage chez les cyclistes et les piétons urbains, entre politiques publiques et identité politique, soutenue en 2023 à ScSo Sciences Sociales en co-direction avec Nathalie Ortar 

    Le Plan vélo et marche (2023) du gouvernement annonce un double changement de paradigme en termes de mobilité : il ancre le développement du vélo comme objectifs des collectivités et inclut la marche dans ces objectifs. L'augmentation de la part modale de ces modes dits actifs se heurte à un demi-siècle d'aménagements spatio-temporels en faveur de l'automobile, et nécessite une reconfiguration des espaces et des imaginaires. Toutefois, l'espace disponible est limité et les différents modes de déplacements sont souvent obligés de cohabiter sur un même espace, notamment les piétons et les cyclistes, regroupés sous la bannière des modes actifs et/ou doux. Cette situation de proximité forcée est à l'origine de nombreux conflits d'usage. Les politiques publiques mises en place par les collectivités influent sur les rapports entre les pratiquant×es de l'espace. La pratique dominante d'un mode de déplacement chez un×e individu×e entrainerait la création d'une identité politique liée à ce mode de déplacement. Cette identité jouerait un rôle dans les interactions entre usager.es de la route, et notamment dans les conflits d'usage. C'est pourquoi nous étudierons les différentes formes de conflits, leur intensité, les protagonistes, etc. ainsi que les politiques publiques des collectivités et les identités politiques des usager×es afin de comprendre le phénomène des conflits d'usage dans sa globalité et de pouvoir tracer les grandes lignes de voies de résolution de ces conflits.

  • Rapporteur

    Cédric Ludovic Fandio, Prise en compte de l’équité sociale dans les politiques de mobilité urbaine : une comparaison des villes intermédiaires européennes, soutenue en 2022 à Lyon sous la direction de Jean-Pierre Nicolas présidée par Hélène Mainet-Valleix, membres du jury : Nadine Machikou Ndzesop (Rapp.), Christophe Déprés et Dominique Mignot   

    Plusieurs facteurs favorisent ou au contraire limitent la prise en compte de l’équité sociale dans les politiques de mobilité urbaine. Selon le cas, cela participe soit à plus de justice sociale, soit à accroître les inégalités sociales et/ou territoriales. Parmi ces facteurs, la conception que les acteurs impliqués dans la mise en œuvre des politiques de mobilité urbaine se font des finalités que doivent poursuivre ces politiques, détermine la manière dont cette équité est prise en compte. Dès lors, la mise œuvre d’une politique de mobilité urbaine diffère fondamentalement selon la vision de la justice sociale que les acteurs en ont, et donc des finalités sociales ou économiques que ceux-ci considèrent qu’elle doit poursuivre. Par ailleurs, si cette question a déjà pu être abordée dans les grandes agglomérations, ceci est beaucoup moins le cas dans les villes de taille moins importante. Pour rendre compte de ces différences et analyser la manière dont les acteurs locaux appréhendent les enjeux sociaux dans les politiques de mobilité de leur territoire, cette thèse s’est intéressée au cas de quatre villes intermédiaires à l’échelle européenne, dotées de sensibilités culturelles différentes relatives à chaque contexte national et local, ainsi qu’à leur système de gouvernance de la mobilité. Il s’agit des aires urbaines de Clermont-Ferrand et de Perpignan en France, de Mons en Belgique, et de Norwich en Grande-Bretagne. Une série d’entretiens semi-directifs a été réalisée auprès des acteurs de mobilité urbaine de ces quatre territoires, dont 17 acteurs à Clermont-Ferrand, 14 acteurs à Perpignan, 11 acteurs à Mons, et 9 acteurs à Norwich. Les discours recueillis ont été ensuite analysés grâce à une grille d’analyse construite à partir des principales théories de la justice sociale que sont l’utilitarisme, le libéralisme égalitaire de Rawls, et l’approche par les capacités de Sen. À l’issue de l'analyse, il se dégage quatre principaux enjeux de mobilité urbaine qui se rapportent aux problématiques environnementales, économiques, et sociales de l’action publique : il s’agit des enjeux d’accessibilité du territoire, des enjeux tarifaires, des enjeux liés à l’amélioration de la performance du transport en commun et la réduction de la place de la voiture, et enfin des enjeux d’accompagnement des publics fragiles et d’accès des PMR au système de transport. Ces enjeux renvoient à différentes visions de la justice sociale correspondant aux trois principales théories de la justice sociale. Et parmi les acteurs interrogés, les problématiques économiques et environnementales apparaissent prédominantes par rapport aux problématiques sociales.

  • Membre du jury

    Manon Eskenazi, Voir, faire et vivre la ville pour le vélo : pratiques du vélo et politiques de mobilité dans deux métropoles européennes, soutenue en 2022 à Paris Est sous la direction de Marie-Hélène Massot présidée par Arnaud Passalacqua, membres du jury : Hélène Reigner (Rapp.), Patrick Rérat (Rapp.), Anne Hecker   

    Depuis une vingtaine d’années, le vélo a le vent en poupe dans les villes européennes. Ce mode de déplacement, qui a connu son heure de gloire dans la première moitié du vingtième siècle, a périclité après la seconde guerre mondiale avec le développement de l’automobile et l’étalement des villes et des distances de déplacement. Mais depuis les années quatre-vingt-dix, la montée en puissance du paradigme de la mobilité durable et du concept de proximité dans les politiques publiques a favorisé la mise à l’agenda politique du vélo, et contribué à une croissance de l’usage du vélo en ville.Cette thèse s’intéresse aux modalités du « retour du vélo » dans les villes européennes, et questionne la manière dont les politiques mises en œuvre pour le développement du vélo agissent sur les pratiques et inversement. En croisant des approches issues de la sociologie des pratiques et de la science politique, elle propose une grille de lecture de l’intégration du vélo dans le système de mobilité urbaine et dans l’espace urbain. Elle positionne l’analyse autour de trois éléments qui constituent la grille de lecture et d’interprétation des relations questionnées : les représentations, les artefacts et les compétences.Une approche comparative est adoptée pour mettre en lumière les effets de contexte dans la production des politiques et le développement des pratiques. La méthode utilisée s’appuie sur deux enquêtes de terrain réalisées dans les métropoles du Grand Lyon et de Hambourg, et a croisé des entretiens semi-directifs avec des acteurs des politiques du vélo et des cyclistes avec de l’observation. La thèse met en évidence l’importance de l’organisation du territoire dans la production des représentations du vélo, qui influencent le type d’instruments mobilisés dans la politique vélo et les formes que vont prendre localement les pratiques. Celles-ci s’organisent et sont réalisées sur deux plans qui interagissent constamment, celui du mode de vie et de la répartition des activités dans l’espace et la vie quotidienne, et celui de la rue, de son aménagement et du déplacement. Dans ces deux plans, les usagers s’approprient, détournent et font des mésusages de ce qui est produit par la puissance publique pour maintenir les pratiques du vélo et leur mode de vie. Pour ce faire, ils s’appuient également sur des éléments qui échappent au contrôle de la politique publique, et dont la présence explique la forme et la prégnance des pratiques du vélo localement.