Notre thèse part de la problématique sans cesse croissante sur l'utilité et de l'État, et de la constitution dans les sociétés africaines postcoloniales, qu'elle analyse sur le double plan synchronique et diachronique. À la vérité elle prend corps dans bien de considérations identitaires que la science juridique ne peut ignorer, dont le trait principal est le rapport de l'État au droit. En effet, on y observe depuis les indépendances, une dynamique contrariée de droit et de non droit ; et qui fait de plusieurs des États d'Afrique noire francophone, des lieux communs à l'autoritarisme. De sorte que le sens de l'État et de la constitution semble ne pas avoir été stabilisé. Cela alimente une fragilité systémique qui rend ces États à la fois, vulnérables pour eux-mêmes, et dangereux pour leurs citoyens. La trame de notre thèse est de sortir l'État et la constitution du dogme simpliste du déjà-là perpétuel ; et son objectif est de lire, décrire et prescrire les chemins de leur fonctionnalité et de leur utilité sociale. Il est question d'investir au travers des représentations sociales, les capacités des États africains subsahariens postcoloniaux non pas seulement à réguler mais aussi, à s'autoréguler. De ce point de vue, l'analyse pose l'État et la constitution comme deux construits sociaux issus d'un consensus définitivement non éternel. En suivant le fil de cette intuition, notre thèse reconfigure la hiérarchie entre État et citoyens comme totalité supérieure. Elle interroge les potentialités des modes invisibilisés de responsabilisation de l'État, du droit, et de l'État de l'État de droit. À l'intersection poreuse de la légalité et de la légitimité, notre étude s'intéresse à la théorie de la désobéissance civile et l'introduit dans un dialogue tendu avec les systèmes de droit des États d'Afrique noire francophone. En charriant les certitudes par un balisage des contextes sociaux, notre thèse esquisse une démarche qui devra aboutir à l'instauration d'un ordre social rendant raison à la dimension utilitariste de l'État et de la constitution. À travers deux moments, notre thèse situera la désobéissance civile dans un double rapport à l'ordre constitutionnel : un rapport formel de tension d'abord, et ensuite un rapport graduel de responsabilisation. Véritable voyage au cur de l'internormativité, notre thèse propose d'ouvrir les horizons sur les autres lieux de production des normes, tant pour ce qui est de leur compatibilité que pour ce qui est des processus nécessaires de mise en cohérence avec les ordres juridiques étatiques. Démarche travaillée par l'urgence impérieuse de réconcilier l'État et le droit aux défis du temps.