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Les Grecs, les Arabes et nous. Enquête sur l'islamophobie savante

Les Grecs, les Arabes et nous. Enquête sur l'islamophobie savante

Irène Rosier-Catach

Édition : 2009

ISBN: 978-2-213-65138-5

Information transmise par Fr. Audren:
Irène Rosier-Catach (dir.) Philippe Büttgen , Alain de Libera, Marwan Rashed Les Grecs, les Arabes et nous.Enquête sur l'islamophobie savante

Paris, Fayard (Essais), nov. 2009, 374 p., ISBN/EAN:9782213651385/hachette:3602950, 24,00€ Présentation éditeurLa peur des Arabes et de l’islam est entrée dans la science. On règle à présent ses comptes avec l’Islam en se disant sans « dette » : « nous » serions donc supposés ne rien devoir, ou presque, au savoir arabo-musulman. L’Occident est chrétien, proclame-t-on, et aussi pur que possible.
Ce livre a plusieurs « affaires » récentes pour causes occasionnelles. Occasionnelles, parce que les auteurs, savants indignés par des contre-vérités trop massives ou trop symptomatiques, s’appuient sur ces dé-bats pour remettre à plat le dossier de la transmission arabe du savoir grec vers l’Occident médiéval. Occasionnelles, parce que les différentes contributions cherchent à cerner la spécificité d’un moment, le nôtre, où c’est aussi dans le savoir que les Arabes sont désormais devenus gênants.
Il est donc question ici des sciences et de la philosophie arabo-islamiques, des enjeux idéologiques liés à l’étude de la langue arabe, de ce que « latin » et « grec » veulent dire au Moyen Age et à la Renaissance, de la place du judaïsme et de Byzance dans la transmission des savoirs vers l’Europe occidentale, du nouveau catholicisme de Benoît XVI, de l’idée de « civilisation » chez les historiens après Braudel, des nouveaux modes de validation des savoirs à l’époque d’Internet, ou de la manière dont on enseigne aujourd’hui l’histoire de l’Islam dans les lycées et collèges.
Il est question dans ce livre des métamorphoses de l’islamophobie. Pour en venir à une vue plus juste, y compris historiquement, de ce que nous sommes : des Grecs, bien sûr, mais des Arabes aussi, entre autres.

Auteurs
  • Philippe Büttgen est chargé de recherche au CNRS (Laboratoire d’études sur les monothéismes, Paris).
  • Alain de Libera est directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études et professeur à l’université de Genève.
  • Marwan Rashed est professeur à l’Ecole normale supérieure.
  • Irène Rosier-Catach est directrice de recherche au CNRS (Laboratoire d’histoire des théories linguistiques, Paris) et directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études.

Source: http://www.fayard.fr/

Provincialiser l'Europe. La pensée postcoloniale et la différence historique

Provincialiser l'Europe. La pensée postcoloniale et la différence historique

D. Chakrabarty

Édition : 2009

ISBN: 978-2-354-80046-8

Information transmise par Fr. Audren: Dipesh Chakrabarty
Provincialiser l'Europe
La pensée postcoloniale et la différence historique

Trad. d’Olivier Ruchet et de Nicolas Vieillescazes, Eds. Amsterdam, oct. 2009, 384 p., ISBN:978-2-35480-046-8, 24€ Présentation éditeur
L’Europe n’est plus au centre du monde, l’histoire européenne n’incarne plus « l’histoire universelle », mais ses catégories de pensée et ses concepts politiques continuent de régir les sciences sociales, la discipline historique et nos représentations politiques.

Avoir pour projet de provincialiser l’Europe n’équivaut pas à rejeter la pensée européenne, il ne s’agit pas de prôner une « revanche postcoloniale ». Mais la pensée européenne, aussi indispensable soit-elle, est inadéquate pour appréhender l’expérience de la modernité politique dans les nations non occidentales. Comment s’affranchir de son « historicisme » ? Comment interpréter les faits sociaux sans les contraindre à se conformer au modèle, limité et exclusif, de l’accession progressive de tous, au cours de l’histoire, à une certaine conception de la « modernité » ? L’enjeu est de parvenir à renouveler les sciences sociales, à partir des marges, pour sortir d’une vision qui réduit les nations non européennes à des exemples de manque et d’incomplétude, et penser au contraire la diversité des futurs qui se construisent aujourd’hui.

Ce livre s’y essaie, en décrivant diverses manières d’être dans le monde – de l’intense sociabilité littéraire de Calcutta au rapport complexe des poètes indiens vis-à-vis de la nation, en passant par la façon dont les veuves indiennes ont vécu et fini par faire entendre leurs souffrances –, manières d’être dans le monde qui sont autant d’histoires singulières et fragmentaires, autant de réinterprétations, de traductions et de transformations pratiques des catégories universelles et abstraites de la pensée européenne.
Auteur
Dipesh Chakrabarty est professeur d’histoire, de civilisations et de langues sud-asiatiques à l’université de Chicago. Il est notamment l’auteur de Rethinking Working-Class History: Bengal 1890-1940.

Source: http://www.editionsamsterdam.fr/

L’administration des faveurs. L’État, les sourds et les aveugles (1789-1885)

L’administration des faveurs. L’État, les sourds et les aveugles (1789-1885)

François Buton

Édition : 2009

ISBN: 978-2-753-50851-4

François Buton L’administration des faveurs. L’État, les sourds et les aveugles (1789-1885)

Rennes, PU Rennes (Histoire), 2009, 450 p., ISBN:978-2-7535-0851-4, 24€

Présentation éditeur:
Portant sur le long XIXe siècle, de la Révolution aux débuts de la Troisième République, l’ouvrage interroge tout à la fois le poids de l’État sur la société, son mode de fonctionnement, et la place faite aux personnes handicapées en France. L’enquête montre que l’administration chargée d’accorder la faveur de l’éducation aux enfants sourds ou aveugles confère à l’activité éducative une stabilité et un prestige qui d’un côté favorisent l’innovation pédagogique et la construction d’identités collectives valorisantes, de l’autre font obstacle à la pleine reconnaissance du droit à l’instruction. C’est que « l’administration des faveurs » ne désigne ici pas seulement la distribution d’avantages par l’État (par opposition à la reconnaissance de droits), mais aussi les modes de recrutement et de fonctionnement d’une administration qui, bien que progressivement bureaucratisée, autorise des formes d’appropriation du pouvoir d’État susceptibles de résister avec succès aux propositions du pouvoir politique républicain. En traitant de questions concrètes (pourquoi pense-t-on ensemble les sourds et les aveugles ? qu’est-ce qu’un établissement « public » au XIXe siècle ? où passe la frontière entre « l’État » et la « société » ? comment en vient-on à interdire la langue des signes dans les années 1880 ?), l’ouvrage propose finalement bien plus qu’une histoire sociale des aveugles et des sourds ou une histoire politique de l’éducation spécialisée : une analyse socio-historique de l’État, attentive aux représentations et aux pratiques, soucieuse de mieux comprendre les processus sociaux, historiques et politiques qui ont « fait » l’État et les réalités concrètes et différenciées que résume commodément la notion même d’« action de l’État ».

Sommaire
Chapitre 1 : Sous la protection de l’État
Chapitre 2 : « Les sourds-muets et les aveugles » comme catégorie d’État
Chapitre 3 : Les Institutions, un État dans l’État ?
Chapitre 4 : Public/Privé. Bureaucratisation des Institutions d’État et structuration de la bienfaisance
Chapitre 5 : Les sourds et les aveugles comme groupes sociaux. L’État et les identités collectives
Chapitre 6 : La parole contre les signes. La révolution oraliste et le Congrès de Milan
Chapitre 7 : Naissance de l’éducation spéciale. L’administration française contre le droit à l’instruction

Auteur
François Buton est chargé de recherches au CNRS (CURAPP - Centre universitaire de recherche sur l’action publique et le politique – épistémologie et sciences sociales, Université de Picardie, Amiens).

Presses Universitaires de Rennes
Campus de la Harpe
2, rue du Doyen Denis Leroy
35 044 RENNES cedex

Cf. http://www.pur-editions.fr

Les émotions, la Révolution française et le présent

Les émotions, la Révolution française et le présent

Exercices pratiques de conscience historique

Sophie Wahnich

Édition : 2009

ISBN: 978-2-271-06743-2

Paris, CNRS Eds., 10/2009, 300 p., ISBN:978-2-271-06743-2, 25.00€

Présentation éditeur

1789. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen inscrit à l’article 2 un droit de résistance à l’oppression fondé sur le pouvoir normatif des sentiments et des émotions.
1795. Les thermidoriens évacuent ce droit et refoulent du même coup les émotions de l’espace public.
Une division apparaît alors dans le champ des savoirs : les sciences morales et politiques, dont l’histoire, se séparent de la littérature et des beaux-arts.

Depuis, le discours historique oscille entre un désir de science qui lui fait oublier sa nature fondamentalement littéraire et politiquement sensible, et un désir de politique qui l’oblige à renouer avec sa dimension narrative et littéraire.
De la figure de l’homme sensible du XVIIIe siècle au modèle d’un historien sensible aujourd’hui, le passage est possible. Penser la contemporanéité de l’un permet d’imaginer la nécessité de l’autre : un historien réconcilié avec sa fonction critique dans le présent de l’histoire, ses compétences scientifiques et ses compétences littéraires. C’est dans cet effort que l’histoire peut redevenir un savoir politique disponible.

 

Auteur

Sophie Wahnich est historienne, chercheur au Laios/IIAC, EHESS/ CNRS. Elle a notamment publié L’impossible citoyen, l’étranger dans le discours de la Révolution française, Albin Michel, 1997, La liberté ou la mort, essai sur la terreur et le terrorisme, La Fabrique éditions, 2003, La longue patience du peuple, 1792 naissance de la République, Payot, Paris, 2008.

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