Arnault Skornicki, Jérôme Tournadre, La nouvelle histoire des idées politiques. Nouvelle édition, La Découverte, 2024, 127 p.
Arnault Skornicki, Jérôme Tournadre, La nouvelle histoire des idées politiques, La Découverte, 2024, Collection Repères, 127 p.
L'histoire des idées politiques s'est longtemps résumée au commentaire savant de grands penseurs discutant de grandes questions éternelles. De par le monde, les entreprises de refondation se sont pourtant multipliées depuis les années 1960, portées par des approches parfois divergentes, mais s'accordant sur la nécessité de traiter les idées comme des faits insérés dans la réalité historique. Longtemps restée en marge, la France a fini par être gagnée par ces courants étrangers et par développer à son tour de nouvelles entreprises collectives originales. Ce panorama national et international met en relation les divers courants de cette historiographie renouvelée. Disséquant les apports d'écoles consacrées (Cambridge School, sémantique historique allemande, généalogie foucaldienne, histoire sociale des idées politiques, etc.) et mettant en perspective des thématiques ayant peu fait l'objet de synthèses (idées et milieux populaires, idées et décision publique, etc.), il offre des réponses à des questions essentielles : qu'est-ce qu'une idée politique ? Les idées politiques sont-elles le fruit du seul génie créateur de leurs auteurs ? Gouvernent-elles le monde ?
Arnault Skornicki, Pierre Crétois, Stéphanie Roza, Thomas Boccon-Gibod, Yannick Bosc [et alii], Le républicanisme social: une exception française ?, Éditions de la Sorbonne et OpenEdition, 2022
Dans la grande tradition républicaine européenne, la France ferait-elle figure d'exception, par le contenu qu'elle aurait donné à son républicanisme ? Et ce contenu se distinguerait-il avant tout par son insistance particulière sur la question de la justice sociale et de l'égalité des conditions ? Telle est la double question qu'affronte le présent volume, ayant réuni des chercheurs venus d'horizons divers : historiens, politistes, philosophes. La question de l'existence d'une spécificité, ni même, a fortiori, d'une exception républicaine française demeure ouverte à l'issue du parcours que propose l'ouvrage. Celui-ci réunit néanmoins certains éléments qui montrent que par l'appel à la souveraineté populaire et l'exigence d'une action politique en faveur de formes plus ou moins fortes d'égalitarisme, la tradition républicaine française revêt une radicalité particulière
Arnault Skornicki, Alain Jacques Lemaître, Frédéric Bidouze, Bertrand Binoche, Peter Robert Campbell [et alii], Le monde parlementaire au XVIIIe siècle, Presses universitaires de Rennes et OpenEdition, 2019
L'histoire de la relation entre les corps intermédiaires et le pouvoir royal est longtemps restée dominée par un conflit d'interprétation lié à des considérations sur la Révolution française et ses origines. Elle a nourri une historiographie abondante et en pleine renaissance, tant en France que dans le monde anglo-saxon. Cet ouvrage entend d'abord s'interroger sur les liens qui unissent le roi et ses cours, dans leur constellation et leur singularité, en replaçant cette opposition dans l'histoire de l'Ancien Régime. Les auteurs des communications alimentent ce débat en menant une réflexion sur le vocabulaire politique du monde parlementaire. Ils s'interrogent également sur la place et le rôle des parlements dans la respublica au XVIIIe siècle et le développement d'une « culture juridique des conflits politiques » dans la construction de la monarchie absolue. Réunissant des chercheurs britanniques, canadiens et français, il mobilise, dans une approche pluridisciplinaire, l'histoire moderne, mais aussi le droit, l'art et la philosophie, pour comprendre l'effort des acteurs du monde parlementaire pour donner sens et valeur aux mutations du langage de leur temps
Arnault Skornicki, Claire Pagès, Stéphane Dufoix, Florence Delmotte, Florence Hulak, Norbert Elias et les disciplines: [journée d'étude, Paris, 2014, Presses universitaires François-Rabelais, 2018, 158 p.
Arnault Skornicki, Marc Belissa, Nathalie Caron, David Feutry, Annick Foucrier [et alii], État, pouvoirs et contestations dans les monarchies française et britannique et dans leurs colonies américaines, vers 1640 - vers 1780, Ellipses, 2018, 240 p.
Arnault Skornicki, Chloé Gaboriaux (dir.), Vers une histoire sociale des idées politiques, Presses universitaires du Septentrion et OpenEdition, 2018, 322 p.
Arnault Skornicki, La Gran sed de estado. Michel Foucault y las ciencias sociales, Dado Ediciones, 2017, 273 p.
Arnault Skornicki, Chloé Gaboriaux (dir.), Vers une histoire sociale des idées politiques, Presses universitaires du Septentrion, 2017, Espaces politiques, 319 p.
Arnault Skornicki, La grande soif de l'Etat. Michel Foucault avec les sciences sociales: Michel Foucault avec les sciences sociales, Editions Les Prairies ordinaires, 2015, Essais, 288 p.
Arnault Skornicki, Jérôme Tournadre, La nouvelle histoire des idées politiques, La Découverte, 2015, Collection Repères ( Sciences politiques, droit ), 123 p.
Arnault Skornicki, L'économiste, la cour et la patrie: l'économie politique dans la France des Lumières, CNRS éditions, 2011, Culture & société, 446 p.
Arnault Skornicki, Jean-Marie Demaldent, Bernard Lacroix, Les rationalisations politiques d’une science nouvelle: essai sur l’économie politique en France, 1750-1776, 2007, 731 p.
Cette étude porte sur la formation de l’économie politique en France à un moment clé de son histoire, de Gournay à Turgot en passant par la physiocratie. Cette « science nouvelle », loin de se constituer en discipline spécialisée et autonome, devint l’un des principaux modes du discours politique des Lumières durant le second XVIIIe siècle, jusqu’à revendiquer – avec les physiocrates – un monopole sur l’ensemble des savoirs politiques. Cet essai d’histoire sociale des idées explore dans ses divers aspects la dimension politique, quelque peu déniée aujourd’hui, de l’économie, en s’appuyant sur un corpus élargi de textes imprimés et d’archives. Il défend la thèse que l’économie politique française des Lumières n’est ni une simple philosophie de la liberté conçue par des savants épris de raison et d’humanité, ni une idéologie universalisant les intérêts d’une bourgeoisie ascendante, mais un savoir d’État qui s’est formé contre la société de cour et le système des privilèges. Les principaux acteurs de ce savoir sont des hommes de lettres et des administrateurs entretenant un rapport complexe à la politique. Leur « libéralisme » ne signifie pas une hostilité envers l’État, mais une technologie politique proposant la liberté comme mode de régulation sociale et la science comme moyen de retremper la légitimité de la monarchie. L’institution d’un marché concurrentiel, débarrassé des privilèges, était vue comme le moyen de refonder les élites et, par là, de rationaliser l’ordre politique. Reine des sciences, l’économie politique devint la science des rois avec l’accession de Turgot au pouvoir
Arnault Skornicki, « Economic bienfaisance and the Physiocratic rhetoric of charity », in Studies in Early Modern European History (dir.), Ideas of Poverty in the Age of Enlightenment, Manchester University Press, 2024, pp. 37-59
Arnault Skornicki, Anthony Mergey, « « Pierre-Samuel du Pont de Nemours, un parcours dans le long XVIIIe siècle » », in A. Mergey, A. Skornicki (dir.), Le Siècle de du Pont de Nemours. Politique, droit & histoire des Lumières à la Restauration, Oxford University Studies in the Enlightenment, 2023
Arnault Skornicki, « The Physiocratic Counter-History of Trade », Histories of Trade as Histories of Civilisation, Springer International Publishing, 2021
Arnault Skornicki, « Foucault et le monopole de la violence physique légitime », in Ayad Soulef (dir.), Les logiques du droit : science de la norme et des régimes de domination, Mare & Martin, 2019
Arnault Skornicki, « Le pour et le contre. Galiani, la diplomatie et le commerce des blés », C. Carnino, A. Tiran (dir.), Economie et politique chez Ferdinando Galiani, Paris, Honoré Champion, 2018, p. 319-340, Honoré Champion, 2018
Arnault Skornicki, « Libéralisme, économie politique et critique de la monarchie dans la France moderne », D. Cohen (dir.), Etat, pouvoirs et contestations dans les Monarchies française et britannique et colonies américaines, Paris, Ellipses, Coll. CAPES/Agrégation, 2018, p. 58-72., 2018
Arnault Skornicki, « Norbert Elias et l’histoire des idées politiques », Claire Pagès (dir.), Norbert Elias et les disciplines, Presses Universitaires de Tours, 2018, pp. 59-84
Arnault Skornicki, « Cuando Foucault dice ‘Estado’. Conversación con Arnault Skornicki por David J. Domínguez González y Mario Domínguez Sánchez », La gran sed de Estado. Michel Foucault y las ciencias sociales, Dado Ediciones, 2018
Arnault Skornicki, Chloé Gaboriaux, Jérémie Barthas, « Idées, histoire et sciences sociales. Entretien avec Quentin Skinner », in Skornicki, Arnaud, Gaboriaux, Chloé (dir.), Vers une histoire sociale des idées politiques, Presses universitaires du Septentrion, 2017, pp. 9-23
Arnault Skornicki, « Construction des frontières pratiques et symboliques », Cohen (Antonin), Lacroix (Bernard), Riutort (Philippe) [dir.], Nouveau manuel de science politique, Paris, La Découverte, « Grand Repères », 2009, p. 74-85, 2009
Arnault Skornicki, « La figure du roi citoyen : discussion avec Arnault Skornicki », Tribonien. Revue critique de législation et de jurisprudence, Société de législation comparée, 2024, n°1, pp. 76-90
Arnault Skornicki, « Le gouvernement des pauvres et l’encyclopédisme au XVIIIᵉ siècle », Journal of interdisciplinary history of ideas, GISI- Università di Torino, 2023, n°23, p. 7
Arnault Skornicki, Jérémie Barthas, « Ideas, History and Social Sciences. An Interview with Quentin Skinner », Theoria: A Journal of Social and Political Theory, Berghahn Books, 2022, n°173
Arnault Skornicki, « Ceci n’est pas de l’histoire des idées. Lecture de Quentin Skinner, Visions politiques I. Sur la Méthode », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2021, n°1
Arnault Skornicki, Frédérique Matonti, Déborah Cohen, Jacques Guilhaumou, « Révolution française et sciences sociales », Annales historiques de la Révolution française, Armand Colin, 2020, n°400
Arnault Skornicki, « La deuxième vie du doux commerce. Métamorphoses et crise d’un lieu commun à l’aube de l’ère industrielle », Astérion, École Normale Supérieure de Lyon, 2019
À l’issue des guerres napoléoniennes, l’avènement d’un nouvel équilibre international parut faire entrer l’Europe dans une ère de paix durable. Cette vision d’un XIXe siècle relativement pacifique doit cependant être notablement amendée par trois constats : le développement du paupérisme menaçant la paix sociale ; les révoltes et révolutions qui émaillèrent l’histoire du continent ; la nouvelle phase de guerres coloniales. Ces réalités n’échappèrent pas aux contemporains, et Albert O. Hirschm...
Arnault Skornicki, Eva Debray, « Après et avec Hirschman : topographie d'un lieu commun », Astérion, École Normale Supérieure de Lyon, 2019
Arnault Skornicki, Eva Debray, « Après et avec Hirschman : topographie d’un lieu commun », ENS Éditions, 2019
Dans un célèbre petit volume, Les passions et les intérêts, l’économiste Albert O. Hirschman retrace la formation, aux XVIIe et XVIIIe siècles, de ce qu’il nomme la « doctrine du doux commerce », qui est constitutive de la pensée libérale et qui fut développée alors « en faveur du libre essor des activités lucratives privées ». Selon Hirschman, une première version du doux commerce met en exergue les effets pacificateurs du commerce, en insistant pour ce faire sur une opposition entre intérêt...
Arnault Skornicki, « Sur les traces de la théorie foucaldienne de l’État », Histoire@Politique : revue du Centre d'histoire de Sciences Po, Centre d’histoire de Sciences Po, 2017, n°32, pp. -3238
Dans cet article, je reviens sur le parcours de recherche et les circonstances qui ont amené à l’écriture de l’ouvrage La grande soif de l’État. Michel Foucault avec les sciences sociales (paru fin 2015 aux Prairies ordinaires). J’espère également mettre en évidence ses principaux apports : les bénéfices de la comparaison entre généalogie et sociologie historique, d’une part, et de l’autre la portée et les limites de la contribution foucaldienne à la « théorie de l’État ». Ma réflexion partai...
Arnault Skornicki, « Los orígenes teológico-políticos del biopoder. Pastoral y genealogía del Estado », Sociología Histórica, Ediciones de la Universidad de Murcia, 2015, pp. 67-91
Arnault Skornicki, « La découverte de l'économie, entre science et politique », Dix-Huitième Siècle, Société Française d'Étude du Dix-Huitième Siècle (SFEDS) Diffusé par la Librairie Vrin, 2014, n°1
Arnault Skornicki, « La France des Lumières et l'humanisme commercial. Bilan et perspectives historiographiques », Histoire, économie et société, Armand Colin, 2013, n°4, pp. 75-89
Arnault Skornicki, « Comme une envie de système. », Editions Hermann, 2010
Je remercie tout particulièrement Élodie Cassan et Claire Pagès pour leur rigueur de lecture et leur franchise dans la critique ; il va de soi que mes erreurs et errements n’engagent que moi. L’épistémologie des Lumières fut bien souvent reconduite à des formes un peu plates d’empirisme, à un optimisme positiviste un peu naïf, qui trouveraient leur vérité et leur grandeur ultimes dans la théorie humienne de la connaissance – c’est-à-dire dans le scepticisme et la critique radicale de la causa...
Arnault Skornicki, « Fin de la violence ou fin de l’utopie ? », Editions Hermann, 2008
Ce texte part d’une remarque de Foucault sur le socialisme pour réinterroger la capacité politique de ce dernier, son aptitude à constituer une « gouvernementalité » propre. D’un étonnement devant un étonnement Selon Foucault, la gouvernementalité moderne est le fruit d’un croisement entre le pouvoir pastoral (qui dit ce que doivent faire les hommes pour assurer leur salut) et le pouvoir souverain (qui dit par la loi ce qu’ils ne doivent pas faire et exigent d’eux l’obéissance). À partir du x...
Arnault Skornicki, « Gérard Mauger, Comment je suis parlé. Les émeutiers et leurs exégètes. À propos de L’Émeute de novembre 2005, une révolte protopolitique », Editions Hermann, 2007
Le 27 octobre 2005, trois adolescents de Clichy-sous-Bois sortent d’une partie de football et s’en vont rentrer chez eux à la tombée de la nuit. Ils prennent un détour par un chantier, dont le gardien, croyant y voir des resquilleurs, alerte la police. Interpellés, sans papiers d’identité, ils prennent la fuite. Poursuivis, ils se réfugient dans le périmètre interdit d’un transformateur électrique. Deux mourront électrocutés, le troisième survivra, mais sera gravement brûlé. Le soir même, un ...
Arnault Skornicki, « Bruno Amable et Stefano Palombarini, L’économie n’est pas une science morale », Editions Hermann, 2006
La sociologie critique n’a pas toujours bonne presse dans le monde intellectuel, sciences sociales comprises, soupçonnée qu’elle est de faire de l’agit-prop partisane (comme en témoignerait l’activisme politique du dernier Bourdieu), ou de prendre les acteurs sociaux pour des idiots culturels incapables de réfléchir au sens de leur propre expérience et dont seul le savant informé serait à même de dévoiler les ressorts secrets. Pis, elle serait coupable d’un fâcheux économisme qu’elle impute p...
Arnault Skornicki, « L'ÉTAT, L'EXPERT ET LE NÉGOCIANT : LE RÉSEAU DE LA SCIENCE DU COMMERCE SOUS LOUIS XV », Genèses. Sciences sociales et histoire, Belin, 2006, n°4, pp. 4-26
Arnault Skornicki, « Le Biopouvoir : détournement des puissances vitales ou invention de la vie ? », Editions Hermann, 2005
Dirigée à l’origine contre l’hypothèse répressive, la notion de biopouvoir a récemment servi d’appui à « la réaffirmation d’un enracinement vitaliste de la politique », en particulier autour des travaux d’Antonio Negri et Michael Hardt. Le problème que ceux-ci se posent dans Empire est le suivant: où trouver un point de résistance dans le corps social si celui-ci est investi par le « biopouvoir » au point d’épouser son mouvement vital? Leur solution consiste à déceler un élément d’extériorité...