Isabelle Bruno, Franck Cochoy, Illel Kieser el Baz, Michel Callon, Cédric Calvignac, Du lien marchand: comment le marché fait société essai(s) de sociologie économique relationniste, Presses universitaires du Midi, 2020
Isabelle Bruno, Florence Jany-Catrice, Béatrice Touchelay (dir.), The social sciences of quantification: from politics of large numbers to target-driven policies, Springer, 2016, Logic, argumentaion & reasoning, 204 p.
Isabelle Bruno (dir.), Enquête sur le made in France: la marque France à l'épreuve de la mondialisation, First Éditions, 2015, 284 p.
Isabelle Bruno, Emmanuel Didier, Julien Prévieux (dir.), Statactivisme. Comment lutter avec des nombres: comment lutter avec des nombres, La Découverte / Zones, 2014, 269 p.
Isabelle Bruno, Emmanuel Didier, Benchmarking: l'État sous pression statistique, Editions de La Découverte, Zones, 2013, 209 p.
Isabelle Bruno, À vos marques®, prêts cherchez ! La stratégie européenne de Lisbonne, vers un marché de la recherche, Éditions du croquant, Paris, 2008, 3e éd., Mouvements, 2012, 71, 3639 p.
RésuméLa stratégie de Lisbonne ne concerne pas uniquement la recherche et l’enseignement supérieur. Ses visées sont bien plus larges et ambitieuses. Elle incite les pays de l’Union européenne à réformer leur économie et leurs services publics pour promouvoir l’avènement du capitalisme cognitif. Les chercheurs, les enseignants-chercheurs et leur travail sont des éléments fondamentaux d’un tel programme. Mais l’élaboration et l’application de la stratégie de Lisbonne ne sont pas de leur ressort ; l’élaboration et l’application de la stratégie de Lisbonne impliquent de transformer les modes de financement et de gestion du travail de recherche pour « inviter » les chercheurs et les enseignants-chercheurs à devenir des acteurs efficaces et engagés dans le projet de faire de l’Union européenne la première économie mondiale fondée sur la connaissance. Cestransformations passent par des réformes des administrations nationales dont la LOLF, le Pacte pour la recherche et la LRU sont les illustrations françaises. Les extraits du livre À vos marques ®, prêts cherchez !, d’Isabelle Bruno, livrent des clés pour mieux identifier les objectifs des réformes françaises de la recherche et de l’enseignement supérieur et leur encastrement dans un projet européen. Ils rendent également compte des outils et des technologies de gestion qui soutiennent l’application de la LOLF, du Pacte pour la recherche et de la LRU. Ces passages ont une autre vertu, d’autant plus précieuse aujourd’hui. Ils permettent de rappeler combien les programmes des partis socialistes européens en matière de recherche et d’enseignement supérieur ne diffèrent pas substantiellement de ceux promus puis exécutés par la droite. D’ailleurs, la définition et l’adoption de la stratégie de Lisbonne – dont l’un des instigateurs, l’ancien Premier ministre portugais Antonio Guterres, était alors à la tête de l’International socialiste – est une composante de la « vague rose » que connut l’Union européenne au tournant du xxe et du xxie siècle.
Isabelle Bruno, Pierre Clément, Christian Laval, La grande mutation: néolibéralisme et éducation en Europe, Institut de recherches de la FSU, 2010, Comprendre et agir, 135 p.
Isabelle Bruno, À vos marques®, prêts... cherchez !: la stratégie européenne de Lisbonne, vers un marché de la recherche, Éditions du Croquant, 2008, Collection savoir/agir, 267 p.
Isabelle Bruno, Christian Lequesne, Déchiffrer l'Europe compétitive: étude du benchmarking comme technique de coordination intergouvernementale dans le cadre de la stratégie de Lisbonne,, 2006, 852 p.
Cette thèse étudie les implications politiques du benchmarking comme technique de coordination intergouvernementale dans le cadre de la stratégie européenne de Lisbonne. Elle examine en quoi cette pratique manifeste la transition d’une intégration par le droit vers une européanisation par le chiffre. Une première partie retrace la généalogie des usages du benchmarking, mis au point dans l’industrie japonaise puis discipliné aux Etats-Unis comme outil de gestion par objectifs. Promue dans les administrations étatiques par le New Public Management, cette technique de pilotage et de contrôle à distance s’est propagée au sein de l’Union par l’entremise de la DG Industrie et de l’ERT. En mars 2000, les chefs d’Etat et de gouvernement en ont fait la pièce maîtresse d’un programme décennal visant à ce que l’Union devienne « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ». Pivot de la « Méthode Ouverte de Coordination », elle consiste en un exercice d’étalonnage des performances nationales, qui s’appuie sur des indicateurs statistiques, des tableaux de bord et des classements. Sa médiation dans les relations entre gouvernants est censée susciter une émulation qui les incite à aménager un « environnement » propice aux activités entrepreneuriales. Afin d’en préciser les effets sur la forme et le sens de l’Europe en construction, la seconde partie présente deux expériences de benchmarking : l’une atteste la force de ce levier pour réaliser un « Espace Européen de la Recherche » sur le modèle d’un marché compétitif ; l’autre révèle son caractère faillible et résistible s’agissant d’organiser la lutte contre l’exclusion dans un souci de cohésion sociale.
Isabelle Bruno, « Rebecca Elliott, Underwater. Loss, Flood Insurance, and the Moral Economy of Climate Change in the United States, New York, Columbia University Press, coll. Society and the Environment , 2021, 296 p. », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2025, n°35, pp. 131-154
Isabelle Bruno, Stéphanie Barral, Paul Cary, « Nature et propriété : reprendre, mettre en commun, rendre inappropriable », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2023, n°30, pp. 29-50
Isabelle Bruno, Paul Cary, « Entretien avec Gilbert Cochet et Béatrice Kremer-Cochet : Il semble indispensable de laisser sa part au sauvage », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2022, n°29, pp. 149-157
Isabelle Bruno, Paul Cary, « Nature et propriété : pour une socio-économie écologique », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2022, n°29, pp. 19-42
Isabelle Bruno, « Elsa Devienne. La Ruée vers le sable. Une histoire environnementale des plages de Los Angeles au XXe siècle. Paris, Éditions de la Sorbonne, 2020, 288 p. », Histoire, économie & société, Histoire, économie & société, 2021, n°40e aée, p. -
Isabelle Bruno, Fabien Eloire, Paul Cary, Sylvie Monchatre, Marc Zune, « La casse de l’État social mise en lumière par la pandémie. Retour sur un lent processus de délitement : Présentation et mise en perspective d’une sélection d’articles tirés de dix années de publications de la Revue Française de Socio-Économie », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2020, n°Hors-série (e lutte), pp. 23-58
Isabelle Bruno, « Rémy Caveng, Claude Thiaudière (dir.), Les économies de la question sociale : quantifier la pauvreté et les inégalités, Éditions du Croquant, coll. Dynamiques socio-économiques , Vulaines-sur-Seine, 2018, 206 p. », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2019, n° 23, p. -
Isabelle Bruno, Daniel Sarna-Wojcicki, Margaret Perret, M. V. Eitzel, Louise Fortmann, « Où sont passé·e·s les coauteurs·trices ? : Les pratiques d’autorat dans la recherche participative », Revue d'anthropologie des connaissances, Revue d'anthropologie des connaissances, 2018, n°122, pp. 323-360
Longtemps marginale, la recherche participative est devenue une approche de plus en plus répandue dans les sciences sociales, biophysiques et les études interdisciplinaires. L’augmentation générale du nombre de publications tirées d’une recherche participative a soulevé la question de la reconnaissance des contributions de collaborateurs et collaboratrices non universitaires. Au moyen de méthodes qualitatives et quantitatives, nous avons analysé les tendances et modèles des pratiques d’autorat et de reconnaissance à partir d’un échantillon de 262 articles de revue restituant les résultats de recherches participatives sur les moyens d’existence en milieu rural, publiés entre 1975 et 2013. Seuls 6 % des chercheuses et chercheurs reconnaissent les contributions intellectuelles de leurs collaborateurs·trices non universitaires en leur attribuant un statut de coauteur·trice, tandis que 51 % se contentent de remerciements. En nous appuyant sur les entretiens menés avec les auteurs·trices principaux des articles coécrits, nous avons examiné les facteurs expliquant les cas où la qualité d’auteur était partagée avec les collaborateurs·trices non universitaires. Malgré un certain nombre d’obstacles, les chercheuses et chercheurs ayant opté pour le coautorat justifient ce choix par un souci d’éthique scientifique, la volonté de reconnaître toutes les contributions intellectuelles et un effort de décolonisation épistémique. Notre propos est non seulement de montrer que la cosignature peut être un vecteur important de justice épistémique dans la recherche participative, mais aussi d’encourager ses praticien·ne·s à faire des discussions sur les enjeux d’autorat avec leurs collaborateurs·trices une partie intégrante de la recherche-action participative [ engaged scholarship]. Nous soulignons également que les contributions non universitaires au savoir scientifique doivent être prises en considération dans la compréhension des pratiques de recherche.
Isabelle Bruno, François Briatte, Guillaume Carnino, Béatrice Cherrier, « Si le roi savait », Tracés : Revue de Sciences Humaines, ENS Éditions, 2018, pp. 89-98
Isabelle Bruno, Grégory Salle, « État ne touche pas à mon matelas ! : Conflits d’usage et luttes d’appropriation sur la plage de Pampelonne », Actes de la recherche en sciences sociales, Actes de la recherche en sciences sociales, 2017, n°218, pp. 26-45
Plage de notoriété mondiale bordant la rive orientale de la presqu’île de Saint-Tropez, Pampelonne est un « territoire contesté » aussi singulier que révélateur. Il est singulier pour des raisons symboliques (la renommée de cette plage), sociologiques (sa fréquentation élitaire), économiques (son exploitation par des établissements commerciaux onéreux), juridiques (un contentieux fameux ayant fait jurisprudence est attaché à son nom) et écologiques (sa qualité d’« espace naturel remarquable » appelle des mesures de protection spécifiques). Il est également révélateur de logiques générales relatives à l’appropriation socialement sélective d’un espace public par excellence. Cette appropriation s’entend ici en un double sens, renvoyant d’une part à la possession – à qui appartient la plage ? – et d’autre part à l’usage – à qui est-elle destinée ? L’article traite ces deux aspects complémentaires en adoptant tour à tour une approche socio-historique et ethnographique.
Isabelle Bruno, « Défaire l’arbitraire des faits. De l’art de gouverner (et de résister) par les données probantes », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2015, n°Hors-série, pp. 213-227
Revisiter la question du « gouvernement par les faits » à la lumière de la prolifération actuelle de technologies évaluatives visant à produire des « données probantes » : tel est l’objet de cet article. Il interroge la singularité d’un art de gouverner qui procède par l’administration de « preuves » – que celles-ci prennent la forme de chiffres statistiques, de résultats expérimentaux ou de données comparatives – pour informer les pratiques et orienter les conduites. Cette façon d’exercer le pouvoir politique soulève en creux la question des possibles et de leur objectivation comme ressources de résistance.
Isabelle Bruno, Emmanuel Didier, Tommaso Vitale, « Statactivism: forms of action between disclosure and affirmation », Partecipazione e conflitto - PArticipation and COnflict, Università del Salento, 2014, n°2
Isabelle Bruno, « Romuald Normand, 2011, Gouverner la réussite scolaire. Une arithmétique politique des inégalités, Berne/Lyon, Peter Lang/ENS de Lyon, 225 pages », Éducation et Sociétés, Éducation et Sociétés, 2014, n°32, pp. 180-182
Isabelle Bruno, « Éditorial : Ne cherchez plus, innovez ! », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2013, n°11, pp. 9-14
Isabelle Bruno, « Le Malcolm Baldrige National Quality Award : des gourous aux missionnaires de la qualité », Sociétés contemporaines, Sociétés contemporaines, 2013, n°89, pp. 47-71
Résumé
Cet article se propose de mettre en lumière les protagonistes, discours et instruments qui ont façonné la « qualité » comme une valeur sociale objectivable dans des quantités, donc gérable. Après avoir livré quelques repères sur la formation d'un savoir managérial et d'outils statistiques dédiés, il s'attarde sur un moment particulier : celui du lancement aux États-Unis d'un programme fédéral visant à promouvoir les pratiques d'organisation d'une « qualité totale » par la remise d'un prix, le Malcolm Baldrige National Quality Award. En prenant le cas du lauréat Xerox, et plus particulièrement en s'attachant au rôle d'entrepreneur de la qualité joué par son PDG, devenu secrétaire adjoint à l'Éducation du président Bush Sr., il éclaire en quoi cette initiative conjointe des capitaines d'industrie et des dirigeants politiques illustre les efforts accomplis pour construire un modèle de management universalisable et le légitimer comme une technologie de gouvernement utile dans l'entreprise comme dans l'État.
Isabelle Bruno, « Comment gouverner un espace européen de la recherche et des chercheurs-entrepreneurs ? : Le recours au management comme technologie politique », Innovations, Innovations, 2011, n°36, pp. 65-82
RésuméDans le cadre de la stratégie de Lisbonne (2000-2010), le projet d’un « espace européen de la recherche » (EER) a été conçu sur le modèle d’un marché censé offrir un environnement compétitif à ses acteurs, les « chercheurs-entrepreneurs ». Loin d’exclure les pouvoirs publics de ce chantier, les promoteurs de l’EER ont produit un discours normatif et prescriptif sur la meilleure façon d’aménager et de piloter les « systèmes nationaux d’innovation », recommandant l’usage du savoir-faire managérial pour optimiser leurs performances organisationnelles. Cet article se propose ainsi de dégager les règles gestionnaires de cet art de gouverner telles qu’elles sont exposées dans la documentation programmatique de l’EER produite tout au long de la dernière décennie. Autrement dit, elle entend examiner la technologie politique qui préside à la coordination des politiques scientifiques aux échelons européen, national et régional. Codes JEL : D7, D8, E61, F15, F21, F42, F5, G38, H1, H5, H7, H83, I23, I28, L5, M1, O3, P1
Isabelle Bruno, « La déroute du benchmarking social : La coordination des luttes nationales contre l'exclusion et la pauvreté en Europe », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2010, n°5, pp. 41-61
RésuméLa stratégie européenne de Lisbonne, lancée en 2000, comportait un volet social qui encourageait la coordination des politiques nationales de lutte contre l’exclusion et la pauvreté, au moyen du benchmarking. À travers l’étude sociologique des activités de quantification qui donnent forme à cette technologie managériale, cet article retrace la genèse et les déboires d’une expérience de « benchmarking social » en s’attachant à dégager les enjeux de pouvoir et les effets politiques produits par cette pratique, supposée neutre, d’évaluation comparative.
Isabelle Bruno, « La recherche scientifique au crible du benchmarking. : Petite histoire d'une technologie de gouvernement », Revue d’histoire moderne & contemporaine, Revue d’histoire moderne & contemporaine, 2009, n°55-4bis, pp. 28-45
Isabelle Bruno, « La stratégie de Lisbonne : une révolution silencieuse », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2008, n°5, pp. 143-152
Isabelle Bruno, « Y a-t-il un pilote dans l'Union ? : Tableaux de bord, indicateurs, cibles chiffrées : les balises de la décision », Politix, Politix, 2008, n°82, pp. 95-117
La décision est-elle soluble dans la « gouvernance » ? Au sein de l’Union européenne, c’est ce
que semblent suggérer les cycles gestionnaires de la Méthode Ouverte de Coordination (MOC) qui
brouillent le « triangle institutionnel » et diluent le moment politique de la décision. Mise au point afin de
réaliser la stratégie de Lisbonne (2000-2010), la MOC systématise l’usage intergouvernemental des techniques managériales de quantification et d’évaluation comparative (benchmarking). Loin d’être politiquement neutre, cette façon d’européaniser l’action étatique au moyen de tableaux de bord et d’indicateurs
de performance engage les populations et les territoires nationaux dans une course sans relâche à la
compétitivité. Cet article entend le démontrer en interrogeant l’évidence du benchmark des « 3 % ». La
construction de cette cible chiffrée, qui objective le niveau d’investissement dans la R&D visé dans l’optique d’un « Espace Européen de la Recherche », est révélatrice des enjeux de pouvoir et des effets normatifs produits par les exercices de mise en nombre et de mise en comparaison des « systèmes nationaux
d’innovation ».
Isabelle Bruno, Sophie Jacquot, Lou Mandin, « Europeanization through its instrumentation »: Benchmarking, mainstreaming and open method of coordination… Toolbox or Pandora’s nox ?, Journal of European Public Policy, Taylor & Francis (Routledge), 2006, n°4
Isabelle Bruno, « Le temps des chercheurs-entrepreneurs : sens et pouvoir du benchmarking dans l’ espace européen de la connaissance », Quaderni. Communication, technologies, pouvoir, Les éditions de la Maison des sciences de l’Homme
« Oubliée l’époque où universités et entreprises se regardaient en chiens de faïence… En quelques années, une nouvelle organisation de la recherche s’est mise en place autour de la figure emblématique du chercheur-entrepreneur ». C’est en ces termes que le magazine d’information sur la recherche européenne, publié par l’unité Information et Communication de la direction générale (DG) Recherche de la Commission européenne, présente la « révolution culturelle » à l’œuvre dans les domaines scien...