• THESE

    Déchiffrer l'Europe compétitive : étude du benchmarking comme technique de coordination intergouvernementale dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, soutenue en 2006 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Christian Lequesne 

  • Isabelle Bruno, Franck Cochoy, Illel Kieser el Baz, Michel Callon, Cédric Calvignac, Du lien marchand: comment le marché fait société essai(s) de sociologie économique relationniste, Presses universitaires du Midi, 2020   

    Isabelle Bruno, Florence Jany-Catrice, Béatrice Touchelay (dir.), The social sciences of quantification: from politics of large numbers to target-driven policies, Springer, 2016, Logic, argumentaion & reasoning, 204 p. 

    Isabelle Bruno (dir.), Enquête sur le made in France: la marque France à l'épreuve de la mondialisation, First Éditions, 2015, 284 p. 

    Isabelle Bruno, Emmanuel Didier, Julien Prévieux (dir.), Statactivisme. Comment lutter avec des nombres: comment lutter avec des nombres, La Découverte / Zones, 2014, 269 p. 

    Isabelle Bruno, Emmanuel Didier, Benchmarking: l'État sous pression statistique, Editions de La Découverte, Zones, 2013, 209 p. 

    Isabelle Bruno, À vos marques®, prêts cherchez ! La stratégie européenne de Lisbonne, vers un marché de la recherche, Éditions du croquant, Paris, 2008, 3e éd., Mouvements, 2012, 71, 3639 p.   

    RésuméLa stratégie de Lisbonne ne concerne pas uniquement la recherche et l’enseignement supérieur. Ses visées sont bien plus larges et ambitieuses. Elle incite les pays de l’Union européenne à réformer leur économie et leurs services publics pour promouvoir l’avènement du capitalisme cognitif. Les chercheurs, les enseignants-chercheurs et leur travail sont des éléments fondamentaux d’un tel programme. Mais l’élaboration et l’application de la stratégie de Lisbonne ne sont pas de leur ressort ; l’élaboration et l’application de la stratégie de Lisbonne impliquent de transformer les modes de financement et de gestion du travail de recherche pour « inviter » les chercheurs et les enseignants-chercheurs à devenir des acteurs efficaces et engagés dans le projet de faire de l’Union européenne la première économie mondiale fondée sur la connaissance. Cestransformations passent par des réformes des administrations nationales dont la LOLF, le Pacte pour la recherche et la LRU sont les illustrations françaises. Les extraits du livre À vos marques ®, prêts cherchez !, d’Isabelle Bruno, livrent des clés pour mieux identifier les objectifs des réformes françaises de la recherche et de l’enseignement supérieur et leur encastrement dans un projet européen. Ils rendent également compte des outils et des technologies de gestion qui soutiennent l’application de la LOLF, du Pacte pour la recherche et de la LRU. Ces passages ont une autre vertu, d’autant plus précieuse aujourd’hui. Ils permettent de rappeler combien les programmes des partis socialistes européens en matière de recherche et d’enseignement supérieur ne diffèrent pas substantiellement de ceux promus puis exécutés par la droite. D’ailleurs, la définition et l’adoption de la stratégie de Lisbonne – dont l’un des instigateurs, l’ancien Premier ministre portugais Antonio Guterres, était alors à la tête de l’International socialiste – est une composante de la « vague rose » que connut l’Union européenne au tournant du xxe et du xxie siècle.

    Isabelle Bruno, Pierre Clément, Christian Laval, La grande mutation: néolibéralisme et éducation en Europe, Institut de recherches de la FSU, 2010, Comprendre et agir, 135 p. 

    Isabelle Bruno, À vos marques®, prêts... cherchez !: la stratégie européenne de Lisbonne, vers un marché de la recherche, Éditions du Croquant, 2008, Collection savoir/agir, 267 p. 

    Isabelle Bruno, Christian Lequesne, Déchiffrer l'Europe compétitive: étude du benchmarking comme technique de coordination intergouvernementale dans le cadre de la stratégie de Lisbonne,, 2006, 852 p.  

    Cette thèse étudie les implications politiques du benchmarking comme technique de coordination intergouvernementale dans le cadre de la stratégie européenne de Lisbonne. Elle examine en quoi cette pratique manifeste la transition d’une intégration par le droit vers une européanisation par le chiffre. Une première partie retrace la généalogie des usages du benchmarking, mis au point dans l’industrie japonaise puis discipliné aux Etats-Unis comme outil de gestion par objectifs. Promue dans les administrations étatiques par le New Public Management, cette technique de pilotage et de contrôle à distance s’est propagée au sein de l’Union par l’entremise de la DG Industrie et de l’ERT. En mars 2000, les chefs d’Etat et de gouvernement en ont fait la pièce maîtresse d’un programme décennal visant à ce que l’Union devienne « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ». Pivot de la « Méthode Ouverte de Coordination », elle consiste en un exercice d’étalonnage des performances nationales, qui s’appuie sur des indicateurs statistiques, des tableaux de bord et des classements. Sa médiation dans les relations entre gouvernants est censée susciter une émulation qui les incite à aménager un « environnement » propice aux activités entrepreneuriales. Afin d’en préciser les effets sur la forme et le sens de l’Europe en construction, la seconde partie présente deux expériences de benchmarking : l’une atteste la force de ce levier pour réaliser un « Espace Européen de la Recherche » sur le modèle d’un marché compétitif ; l’autre révèle son caractère faillible et résistible s’agissant d’organiser la lutte contre l’exclusion dans un souci de cohésion sociale.

  • Isabelle Bruno, Sophie Jacquot, Lou Mandin, « L’européanisation saisie par son instrumentation : benchmarking, gender mainstreaming et MOC… boîtes à outils ou boîtes de Pandore ? », in Bruno Palier, Yves Surel (dir.), L'Europe en action - L'européanisation dans une perspective comparée, Éditions L'Harmattan, 2007 

  • Isabelle Bruno, « Rebecca Elliott, Underwater. Loss, Flood Insurance, and the Moral Economy of Climate Change in the United States, New York, Columbia University Press, coll.  Society and the Environment , 2021, 296 p. », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2025, n°35, pp. 131-154  

    Isabelle Bruno, Stéphanie Barral, Paul Cary, « Nature et propriété : reprendre, mettre en commun, rendre inappropriable », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2023, n°30, pp. 29-50  

    Isabelle Bruno, Paul Cary, « Entretien avec Gilbert Cochet et Béatrice Kremer-Cochet :  Il semble indispensable de laisser sa part au sauvage  », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2022, n°29, pp. 149-157  

    Isabelle Bruno, Paul Cary, « Nature et propriété : pour une socio-économie écologique », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2022, n°29, pp. 19-42  

    Isabelle Bruno, « Elsa Devienne. La Ruée vers le sable. Une histoire environnementale des plages de Los Angeles au XXe siècle. Paris, Éditions de la Sorbonne, 2020, 288 p. », Histoire, économie & société, Histoire, économie & société, 2021, n°40e aée, p. -  

    Isabelle Bruno, Fabien Eloire, Paul Cary, Sylvie Monchatre, Marc Zune, « La casse de l’État social mise en lumière par la pandémie. Retour sur un lent processus de délitement : Présentation et mise en perspective d’une sélection d’articles tirés de dix années de publications de la Revue Française de Socio-Économie », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2020, n°Hors-série (e lutte), pp. 23-58  

    Isabelle Bruno, « Rémy Caveng, Claude Thiaudière (dir.), Les économies de la question sociale : quantifier la pauvreté et les inégalités, Éditions du Croquant, coll.  Dynamiques socio-économiques , Vulaines-sur-Seine, 2018, 206 p. », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2019, n° 23, p. -  

    Isabelle Bruno, Daniel Sarna-Wojcicki, Margaret Perret, M. V. Eitzel, Louise Fortmann, « Où sont passé·e·s les coauteurs·trices ? : Les pratiques d’autorat dans la recherche participative », Revue d'anthropologie des connaissances, Revue d'anthropologie des connaissances, 2018, n°122, pp. 323-360   

    Longtemps marginale, la recherche participative est devenue une approche de plus en plus répandue dans les sciences sociales, biophysiques et les études interdisciplinaires. L’augmentation générale du nombre de publications tirées d’une recherche participative a soulevé la question de la reconnaissance des contributions de collaborateurs et collaboratrices non universitaires. Au moyen de méthodes qualitatives et quantitatives, nous avons analysé les tendances et modèles des pratiques d’autorat et de reconnaissance à partir d’un échantillon de 262 articles de revue restituant les résultats de recherches participatives sur les moyens d’existence en milieu rural, publiés entre 1975 et 2013. Seuls 6 % des chercheuses et chercheurs reconnaissent les contributions intellectuelles de leurs collaborateurs·trices non universitaires en leur attribuant un statut de coauteur·trice, tandis que 51 % se contentent de remerciements. En nous appuyant sur les entretiens menés avec les auteurs·trices principaux des articles coécrits, nous avons examiné les facteurs expliquant les cas où la qualité d’auteur était partagée avec les collaborateurs·trices non universitaires. Malgré un certain nombre d’obstacles, les chercheuses et chercheurs ayant opté pour le coautorat justifient ce choix par un souci d’éthique scientifique, la volonté de reconnaître toutes les contributions intellectuelles et un effort de décolonisation épistémique. Notre propos est non seulement de montrer que la cosignature peut être un vecteur important de justice épistémique dans la recherche participative, mais aussi d’encourager ses praticien·ne·s à faire des discussions sur les enjeux d’autorat avec leurs collaborateurs·trices une partie intégrante de la recherche-action participative [ engaged scholarship]. Nous soulignons également que les contributions non universitaires au savoir scientifique doivent être prises en considération dans la compréhension des pratiques de recherche.

    Isabelle Bruno, François Briatte, Guillaume Carnino, Béatrice Cherrier, « Si le roi savait », Tracés : Revue de Sciences Humaines, ENS Éditions, 2018, pp. 89-98   

    Isabelle Bruno, Grégory Salle, «  État ne touche pas à mon matelas !  : Conflits d’usage et luttes d’appropriation sur la plage de Pampelonne », Actes de la recherche en sciences sociales, Actes de la recherche en sciences sociales, 2017, n°218, pp. 26-45   

    Plage de notoriété mondiale bordant la rive orientale de la presqu’île de Saint-Tropez, Pampelonne est un « territoire contesté » aussi singulier que révélateur. Il est singulier pour des raisons symboliques (la renommée de cette plage), sociologiques (sa fréquentation élitaire), économiques (son exploitation par des établissements commerciaux onéreux), juridiques (un contentieux fameux ayant fait jurisprudence est attaché à son nom) et écologiques (sa qualité d’« espace naturel remarquable » appelle des mesures de protection spécifiques). Il est également révélateur de logiques générales relatives à l’appropriation socialement sélective d’un espace public par excellence. Cette appropriation s’entend ici en un double sens, renvoyant d’une part à la possession – à qui appartient la plage ? – et d’autre part à l’usage – à qui est-elle destinée ? L’article traite ces deux aspects complémentaires en adoptant tour à tour une approche socio-historique et ethnographique.

    Isabelle Bruno, « Défaire l’arbitraire des faits. De l’art de gouverner (et de résister) par les  données probantes  », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2015, n°Hors-série, pp. 213-227   

    Revisiter la question du « gouvernement par les faits » à la lumière de la prolifération actuelle de technologies évaluatives visant à produire des « données probantes » : tel est l’objet de cet article. Il interroge la singularité d’un art de gouverner qui procède par l’administration de « preuves » – que celles-ci prennent la forme de chiffres statistiques, de résultats expérimentaux ou de données comparatives – pour informer les pratiques et orienter les conduites. Cette façon d’exercer le pouvoir politique soulève en creux la question des possibles et de leur objectivation comme ressources de résistance.

    Isabelle Bruno, Emmanuel Didier, Tommaso Vitale, « Statactivism: forms of action between disclosure and affirmation », Partecipazione e conflitto - PArticipation and COnflict, Università del Salento, 2014, n°2   

    Isabelle Bruno, « Romuald Normand, 2011, Gouverner la réussite scolaire. Une arithmétique politique des inégalités, Berne/Lyon, Peter Lang/ENS de Lyon, 225 pages », Éducation et Sociétés, Éducation et Sociétés, 2014, n°32, pp. 180-182  

    Isabelle Bruno, « Éditorial : Ne cherchez plus, innovez ! », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2013, n°11, pp. 9-14  

    Isabelle Bruno, « Le Malcolm Baldrige National Quality Award : des  gourous  aux  missionnaires  de la qualité », Sociétés contemporaines, Sociétés contemporaines, 2013, n°89, pp. 47-71   

    Résumé Cet article se propose de mettre en lumière les protagonistes, discours et instruments qui ont façonné la « qualité » comme une valeur sociale objectivable dans des quantités, donc gérable. Après avoir livré quelques repères sur la formation d'un savoir managérial et d'outils statistiques dédiés, il s'attarde sur un moment particulier : celui du lancement aux États-Unis d'un programme fédéral visant à promouvoir les pratiques d'organisation d'une « qualité totale » par la remise d'un prix, le Malcolm Baldrige National Quality Award. En prenant le cas du lauréat Xerox, et plus particulièrement en s'attachant au rôle d'entrepreneur de la qualité joué par son PDG, devenu secrétaire adjoint à l'Éducation du président Bush Sr., il éclaire en quoi cette initiative conjointe des capitaines d'industrie et des dirigeants politiques illustre les efforts accomplis pour construire un modèle de management universalisable et le légitimer comme une technologie de gouvernement utile dans l'entreprise comme dans l'État.

    Isabelle Bruno, « Comment gouverner un  espace européen de la recherche  et des  chercheurs-entrepreneurs  ? : Le recours au management comme technologie politique », Innovations, Innovations, 2011, n°36, pp. 65-82   

    RésuméDans le cadre de la stratégie de Lisbonne (2000-2010), le projet d’un « espace européen de la recherche » (EER) a été conçu sur le modèle d’un marché censé offrir un environnement compétitif à ses acteurs, les « chercheurs-entrepreneurs ». Loin d’exclure les pouvoirs publics de ce chantier, les promoteurs de l’EER ont produit un discours normatif et prescriptif sur la meilleure façon d’aménager et de piloter les « systèmes nationaux d’innovation », recommandant l’usage du savoir-faire managérial pour optimiser leurs performances organisationnelles. Cet article se propose ainsi de dégager les règles gestionnaires de cet art de gouverner telles qu’elles sont exposées dans la documentation programmatique de l’EER produite tout au long de la dernière décennie. Autrement dit, elle entend examiner la technologie politique qui préside à la coordination des politiques scientifiques aux échelons européen, national et régional. Codes JEL : D7, D8, E61, F15, F21, F42, F5, G38, H1, H5, H7, H83, I23, I28, L5, M1, O3, P1

    Isabelle Bruno, « La déroute du  benchmarking social  : La coordination des luttes nationales contre l'exclusion et la pauvreté en Europe », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2010, n°5, pp. 41-61   

    RésuméLa stratégie européenne de Lisbonne, lancée en 2000, comportait un volet social qui encourageait la coordination des politiques nationales de lutte contre l’exclusion et la pauvreté, au moyen du benchmarking. À travers l’étude sociologique des activités de quantification qui donnent forme à cette technologie managériale, cet article retrace la genèse et les déboires d’une expérience de «  benchmarking social » en s’attachant à dégager les enjeux de pouvoir et les effets politiques produits par cette pratique, supposée neutre, d’évaluation comparative.

    Isabelle Bruno, « La recherche scientifique au crible du benchmarking. : Petite histoire d'une technologie de gouvernement », Revue d’histoire moderne & contemporaine, Revue d’histoire moderne & contemporaine, 2009, n°55-4bis, pp. 28-45  

    Isabelle Bruno, « La stratégie de Lisbonne : une révolution silencieuse », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2008, n°5, pp. 143-152  

    Isabelle Bruno, « Y a-t-il un pilote dans l'Union ? : Tableaux de bord, indicateurs, cibles chiffrées : les balises de la décision », Politix, Politix, 2008, n°82, pp. 95-117   

    La décision est-elle soluble dans la « gouvernance » ? Au sein de l’Union européenne, c’est ce que semblent suggérer les cycles gestionnaires de la Méthode Ouverte de Coordination (MOC) qui brouillent le « triangle institutionnel » et diluent le moment politique de la décision. Mise au point afin de réaliser la stratégie de Lisbonne (2000-2010), la MOC systématise l’usage intergouvernemental des techniques managériales de quantification et d’évaluation comparative (benchmarking). Loin d’être politiquement neutre, cette façon d’européaniser l’action étatique au moyen de tableaux de bord et d’indicateurs de performance engage les populations et les territoires nationaux dans une course sans relâche à la compétitivité. Cet article entend le démontrer en interrogeant l’évidence du benchmark des « 3 % ». La construction de cette cible chiffrée, qui objective le niveau d’investissement dans la R&D visé dans l’optique d’un « Espace Européen de la Recherche », est révélatrice des enjeux de pouvoir et des effets normatifs produits par les exercices de mise en nombre et de mise en comparaison des « systèmes nationaux d’innovation ».

    Isabelle Bruno, Sophie Jacquot, Lou Mandin, « Europeanization through its instrumentation »: Benchmarking, mainstreaming and open method of coordination… Toolbox or Pandora’s nox ?, Journal of European Public Policy, Taylor & Francis (Routledge), 2006, n°4   

    Isabelle Bruno, « Le temps des  chercheurs-entrepreneurs  : sens et pouvoir du benchmarking dans l’ espace européen de la connaissance  », Quaderni. Communication, technologies, pouvoir, Les éditions de la Maison des sciences de l’Homme    

    « Oubliée l’époque où universités et entreprises se regardaient en chiens de faïence… En quelques années, une nouvelle organisation de la recherche s’est mise en place autour de la figure emblématique du chercheur-entrepreneur ». C’est en ces termes que le magazine d’information sur la recherche européenne, publié par l’unité Information et Communication de la direction générale (DG) Recherche de la Commission européenne, présente la « révolution culturelle » à l’œuvre dans les domaines scien...

  • Isabelle Bruno, Bruno Villalba, Une stratégie compétitive. L’Europe et sa politique de recherche, EcoRev', 2009, 2e éd., 32, pp. 68-73  

  • Isabelle Bruno, « La nature sous contrat », le 07 juin 2021  

    Organisé par Raphaël Morera, CNRS, GHREN et Thomas Le Roux, CNRS, GHREN, avec le soutien du CRH et du RUCHE

    Isabelle Bruno, « Anarchisme et sciences sociales », le 23 mars 2018  

    Organisé par Samuel Hayat, Chargé de recherche CNRS et Sidonie Verhaeghe, Docteure en science politique

    Isabelle Bruno, « Le retour des Frontières », le 17 novembre 2017  

    Cinquième Journée des sciences sociales où les chercheurs présenteront leurs travaux dans une version française accessible à un large public

    Isabelle Bruno, « Quelles solutions pour résoudre le problème de la dette publique ? », le 20 octobre 2017  

    Organisée dans le cadre du Master 2 Finances et fiscalité publiques de Lille en collaboration avec le CRDP, le CERAPS et de l’IPAG de Lille, l’IDP de l’Université de Valenciennes.

    Isabelle Bruno, « Santé, exclusion, citoyenneté », le 27 mars 2015 

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Adrien Vouliot, Gouverner la recherche à l'ère de l'IA générative. Enjeux de pouvoir, transformations du travail scientifique en laboratoire et nouvelles frontières méthodologiques., thèse en cours depuis 2025  

    Cette thèse se propose d'examiner l'introduction de l'intelligence artificielle générative comme instrument de gouvernement de la recherche publique en laboratoire. Loin d'être un simple outil technique, l'IA s'impose aujourd'hui comme un objet politique et institutionnel, reconfigurant les manières de « faire science » et redessinant les équilibres entre autonomie et contrôle, expérimentation et évaluation. Dans le contexte d'un volontarisme étatique et d'initiatives multiples de l'ESR, l'IA générative équipe de nouveaux dispositifs qui redéfinissent les conditions de production et de circulation des savoirs dans les laboratoires universitaires. Cette thèse s'intéresse aux effets de pouvoir de ces technologies : comment elles conduisent les conduites, suscitent résistances et détournements, et participent à redessiner les rationalités gouvernant la recherche en France et à l'international. L'enquête combinera une approche ethnographique des pratiques scientifiques (observations, entretiens, comparaisons entre laboratoires) avec des analyses documentaires et quantitatives (corpus institutionnels, prosopographie, données de carrière). Elle porte sur plusieurs terrains français et internationaux, afin, entre autres, de comparer l'impact de dispositifs promus « par le haut » (plans nationaux, ANR, CNRS etc.) et « par le bas » (plateformes de données, initiatives locales, usages individuels etc). Au-delà de l'étude de ces transformations, le projet prend l'IA comme méthode autant que comme objet, interrogeant les nouvelles frontières méthodologiques qu'ouvrent ses usages en sciences sociales. Il vise ainsi à éclairer, de manière critique et réflexive, la manière dont l'IA générative recompose aujourd'hui le travail de chercheur, entre promesses d'une science « augmentée » et réalités matérielles ordinaires du travail académique.

  • Antoine Hardy, La science et son empreinte. Une sociologie des mobilisations scientifiques autour du CO2e, thèse soutenue en 2024 à Bordeaux sous la direction de Daniel Compagnon, membres du jury : Johanna Siméant-Germanos (Rapp.), Morgan Jouvenet (Rapp.), Olivier Beraud Martin et Soraya Boudia   

    Cette enquête suit une tentative de « décarbonation » de la recherche publique en France, au tournant des années 2020, afin de comprendre ce qu’elle entraîne dans la relation à la construction et la circulation des connaissances et à l’autorité de la science. Mobilisant une sociologie processuelle et interactionniste, l’enquête a porté sur le monde social de la quantification carbone des laboratoires publics : des protagonistes qui s’organisent pour produire, par un processus de quantification, de nouvelles données afin d’analyser les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle des laboratoires, exprimées en dioxyde de carbone équivalent, et qui essaient d’identifier et de prendre des mesures pour les diminuer. À l’aide de matériaux qualitatifs, avec un ancrage en sociologie des sciences, et au carrefour des études sociales de la quantification et de la sociologie de l’environnement, cette enquête cherche à comprendre pourquoi et comment ces protagonistes tentent, à un moment, de contraindre leur activité professionnelle. Elle examine différentes façons de travailler, de connaître et de s’engager dans les métiers de la recherche, les valeurs qui les sous-tendent et la manière dont le travail scientifique, ou ce qu’il doit être, est chargé de façon normative. Cette thèse décrit et analyse une recomposition dans l’arrière-plan moral des sciences au sein de ce monde social, qui conduit les protagonistes à interroger des pratiques et des représentations qui ne l’étaient pas auparavant, ou pas sur ce fondement-là, et à travailler ainsi les frontières épistémiques, matérielles et éthiques de la science.

    Thibault Boughedada, Terre, foncier et environnement : matérialité, transversalité et action publique de développement au Bénin, thèse soutenue en 2022 à Université de Lille 2022 sous la direction de Bruno Villalba présidée par Allison Loconto, membres du jury : Andy Smith (Rapp.), Magalie Bourblanc (Rapp.), Raphaëlle Parizet et Philippe Lavigne Delville      

    Cette thèse, à la croisée de la sociologie politique de l'action publique et de la political ecology, prend pour objet de recherche le nexus terre-foncier-environnement et analyse les perceptions, représentations, pratiques et usages politiques qui lui sont adossés. L'enquête repose sur des entretiens semi-directifs, complétés par des observations ethnographiques et une immersion sur près de 12 mois échelonnées entre 2016 et 2018 sur trois terrains principaux : le département des Collines, la commune de Cotonou et les institutions de pouvoirs et de développement. Cette recherche souligne d'une part l'ambivalence du concept de foncier et l'importance à articuler ensemble construction sociale et caractéristiques matérielles autour de ce dernier ; et d'autre part, la thèse insiste sur la place centrale que tient l'imaginaire d'une modernisation du cadre légal de gestion administrative par des changements organisationnels et instrumentaux impulsés par l'ingénierie sociale du développement. De manière plus générale, la thèse analyse en quoi toute une somme d'enjeux transversaux à la gestion des terres se voit dépolitisée, reléguée ou invisibilisée par les dispositifs techniques et experts de mise en œuvre de la politique foncière, entraînant l'absence de débats autour de ces questions.

    Aline Waltzing, Pour transformer les universités : l'émergence de l'évaluation des universités en France et aux Pays-Bas, années 1980 et 1990, thèse soutenue en 2020 à Paris EHESS sous la direction de Dominique Pestre présidée par David Pontille, membres du jury : Willem Halffman (Rapp.), Christine Musselin (Rapp.), Julie Bouchard    

    Cette thèse porte sur deux institutions d’ « évaluation » des universités créées en 1985 en France (le Comité national d'évaluation) et aux Pays-Bas (l'association des universités néerlandaises). Aujourd’hui, l’évaluation de la recherche et de l’enseignement est principalement étudiée en tant qu’outil « néomanagérial » de gouvernement des universités. Or, cette interprétation ne correspond pas à son histoire : dans cette thèse, je propose de partir de situations concrètes dans lesquelles des formes ensuite dites d’ « évaluation » ont émergé. Ce travail analyse d'abord la gestation des deux instances d'évaluation étudiées, pour se pencher ensuite sur leur fonctionnement dans les années 1980 et 1990, et il propose enfin des épilogues sur les transformations qu'elles ont connues à la fin des années 1990 et au début des années 2000. L’intérêt de la perspective historique est d’une part de mettre au jour la contingence des évolutions, l’enchevêtrement des projets réformateurs ainsi que des intentions des différents acteurs. D’autre part elle permet de percevoir les changements au fil du temps, et de montrer comment les projets peuvent se déployer ou s’inverser du fait des transformations sociales et économiques locales et internationales.

    Pierre Sauvêtre, Crises de gouvernementalité et généalogie de l’État aux XXe et XXIe siècles : recherche historico-philosophique sur les usages de la raison politique, thèse soutenue en 2013 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Jean-Marie Donegani présidée par Pascale Laborier, membres du jury : Frédéric Gros (Rapp.), Laurent Jeanpierre (Rapp.), Lisa Jane Disch      

    La thèse, composée de deux grands ensembles, explicite d’abord la trajectoire de la notion de « gouvernementalité » dans les cours de Michel Foucault au Collège de France de 1976 et 1984 afin d’établir un nouveau cadre théorique d’analyse du conflit politique à partir de l’étude des rapports de réciprocité entre les pratiques étatiques et les contre-conduites. Dans un deuxième temps, elle met ce cadre théorique à l’épreuve d’ensembles empiriques afin de tracer une généalogie de l’État au XXème et XXIème siècles à partir d’une ethnologie du dire-vrai dans la pratique sociale. Sur des aires, des temps et des populations variables, elle identifie quatre régimes différents de véridiction/juridiction des pratiques gouvernementales logiquement articulés les uns aux autres par des rapports de réciprocité successifs :1 / le régime libéral social de la res socialis en France des années 1890 aux années 1960 ; 2/ le régime de la res nullius dans les comités d’action en France dans les années 68 ; 3/ le régime néolibéral de la res economica à l’échelle mondiale depuis les années 1970 ; 4/ le régime de la res communis dans la Coordinadora del agua et les comités de l’eau boliviens dans les années 2000. Chacun de ces régimes implique une expérience différente de l’État en termes de degré et d’espaces de gouvernementalité, d’effets des politiques étatiques sur le niveau des inégalités et la structuration des rapports entre classes sociales ou sur le degré de démocratisation de la vie publique. C’est donc à une évaluation historiquement différenciée de l’État qu’invite la méthode foucaldienne d’analyse des formes de véridiction sur lesquelles sont indexées les pratiques gouvernementales.

    Marion Gilles, Compter pour peser , thèse soutenue en 2013 à Paris EHESS sous la direction de Michel Gollac  

    Ce travail s'intéresse au processus de quantification de la « santé au travail » en entreprises et à ses effets. Pour ce faire, la thèse étudie trois dispositifs de quantification, mis en place par des médecins du travail. Elle lie l'analyse de la genèse des dispositifs, de leurs usages et effets avec l'étude des logiques des acteurs qui les ont fabriqués et portés. L'enquête, au plus près de la fabrication des chiffres et de leurs formes d'appropriation, combine entretiens, observations du travail de production des chiffres et des séances de restitution des données chiffrées, analyses de documents et d'archives « documents d'entreprises» et «littérature grise» des dispositifs). En portant l'attention sur les « luttes définitionnelles » autour des catégories proposées par les médecins et les « conflits d'usages » autour des chiffres, la thèse montre la manière dont la production chiffrée s'insère dans des rapports sociaux qui contribuent à redéfinir les finalités initialement attribuées aux dispositifs par leurs concepteurs. Pris dans des rapports de force qui leur sont défavorables, les médecins luttent pour imposer «leur» définition des catégories qu’ils ont fabriquées et diffusées et pour maîtriser les usages de « leurs» chiffres. En s'écartant des statistiques publiques habituellement étudiées dans les travaux de sociologie de la quantification, cette thèse éclaire le processus de fabrication, de diffusion et d'appropriation de chiffres dépourvus d'appuis institutionnels légitimes. Elle contribue également aux connaissances sur les enjeux et les luttes qui entourent la façon de définir et prendre en charge les problèmes de «santé au travail ».

    Jean Frances, Former des producteurs de savoir , thèse soutenue en 2013 à Paris EHESS sous la direction de Francis Chateauraynaud  

    Centrée sur l'étude des mondes français de la science et de l'enseignement supérieur, cette thèse cherche à saisir comment les réformes institutionnelles/es reconfigurent l'apprentissage aux métiers de la recherche et en quoi elles sont influent sur « les rythmes et les orientations de développement scientifique ». L'analyse repose sur l'étude socio-historique des réorganisations du cursus doctoral. Il est question de montrer combien les doctorants sont de plus en plus tenus de correspondre à un nouveau modèle d'« excellence » dont « l’esprit d'entreprendre• constitue le principe générateur. Cet « esprit » renvoie à une attitude professionnelle qui inciterait les doctorants à considérer leur formation à la manière d'une somme d'expériences à rentabiliser ». Accéder à l’« excellence» demanderait-il aux apprentis-chercheurs de mener leurs travaux et leur cursus en calculant les profits qu'ils pourront en retirer sur les marchés de l’emploi scientifique? sur ceux de l'innovation et du conseil? Afin de répondre à cette question, il s'agit d'analyser les mutations des marchés de l'emploi scientifique à l'œuvre depuis les années 1990. En vue de saisir ces transformations en action, il convient de proposer une ethnographie de deux dispositifs censés incarner les réformes contemporaines de la formation doctorale: les Doctoriales et les 24Heures de l'entrepreneuriat. C'est donc à travers l'étude de ces moments extra-ordinaires de ('apprentissage à la recherche que seront analyses les effets tangibles qu’engagent les réformes sur les reconfigurations de l’« excellence » doctorale et partant sur les manières de considérer le« rôle » du doctorat comme de la science