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Natália Frozel Barros

Maître de conférences, Science politique.

Laboratoire Interdisciplinaire d'Études du Politique Hannah Arendt de Paris-Est — LIPHA-PE
Institut d’études politiques de FontainebleauLaboratoire Interdisciplinaire d'Études du Politique Hannah Arendt de Paris-Est

Actualités scientifiques

Séminaire
12 fév. 2026 · Fontainebleau

Publications scientifiques

  • Thèse

    THESE
    Un océan d'incertitudes. Problématisations et mise en forme légale des fonds marins par le travail diplomatique (1960-2016) : problématisations et mise en forme légale des fonds marins par le travail diplomatique, soutenue en 2019 à Paris 1 sous la direction de Brigitte Gaïti présidée par Antoine Vauchez, membres du jury : Yannick Barthe (Rapp.), Delphine Placidi (Rapp.), Sandrine Lefranc et Dorota Dakowska  

    Cette thèse étudie la création, la réécriture et les successives mobilisations du régime juridique de patrimoine commun de l’humanité au prisme de l’activité diplomatique multilatérale aux Nations Unies (1960-2016). Il est étonnant que ce principe idéaliste et lié à des demandes des pays dominés revienne sans cesse au centre de la politique multilatérale, alors que sa trajectoire dévoile la transformation d’un droit international des mers idéaliste en un droit gestionnaire. Le propos central est de prendre l’activité diplomatique à la lumière de la sociologie de l’action publique. Cette démarche permet de saisir l’évolution du droit comme une transformation dans la manière dont les diplomates problématisent les enjeux liés aux fonds marins et dans la façon dont ils gèrent les incertitudes (techniques, économiques, politiques) dans la négociation. Durant quatre reproblématisations successives des fonds marins (sécuritaire, économique-morale, économique marchande et environnementale), les calculs des diplomates sont moins captés par les clivages du jeu politico-diplomatique que par la place occupée par leurs pays au sein du marché international. Cela s’explique en raison de trois facteurs : la consolidation d’instruments managériaux et techniques dans les arènes nationales et internationales ; l’impératif de « désétatisation » dans le sens d’une dépersonnalisation des solutions défendues en négociation ; et le déclin des camps politiques clairs de la Guerre froide. Il s’opère ainsi une transformation dans le travail d’écriture du droit international, les diplomates ne réduisent plus les incertitudes grâce à un jeu politique clair, capable d’apporter ses propres certitudes. Désormais, en écrivant des règles flexibles, ils composent avec l’incertain.

  • Chapitres d'ouvrage

    Natália Frozel Barros, Pierre Bodeau-Livinec, « « Produire du droit sans le pouvoir – L’activité normative de l’Assemblée » », in Devin, Guillaume, Petiteville, Franck, Tordjman, Simon (dir.), G. Devin, F. Petiteville et S. Tordjman (dirs.), L’Assemblée générale des Nations Unies :, Les Presses de Sciences Po, 2020  

  • Articles

    Natália Frozel Barros, Alessio Motta, « Thomas C. Schelling dans les sciences sociales », Émulations : Revue de sciences sociales, Presses universitaires de Louvain (Louvain-la-Neuve et Belgique) , 2019, n°31, pp. 7-17   

    Natália Frozel Barros, Benoît Pelopidas, Alessio Motta, « Schelling, la dissuasion et la chance. Entretien avec Benoît Pelopidas », Émulations : Revue de sciences sociales, Presses universitaires de Louvain (Louvain-la-Neuve et Belgique) , 2019, n°31, pp. 79-90   

    Natália Frozel Barros, Delphine Lagrange, « Des élites internationalisées au sommet de l’État français ? Étudier les cabinets ministériels au prisme de la circulation à l’étranger de leurs membres », Revue française d'administration publique, Revue française d'administration publique, 2019, n°168, pp. 827-848  

    RésuméEmpruntant à la sociologie des élites internationalisées, l’article étudie les cabinets ministériels sous un nouvel angle, celui de l’internationalisation de leurs membres, sous le quinquennat de François Hollande. Observant leur mobilité géographique hors de France, il s’attèle à une série de questions : Qui sont-ils ? Par où passent-ils à l’international ? Quels sont les domaines ministériels d’entrée en cabinet ? Et, quels cabinets sont les plus internationalisés ? L’article révèle notamment que les espaces internationaux sont différemment valorisés par les ministères lors du premier recrutement en cabinet et que des variations dans le taux d’internationalisation des cabinets semblent liées à une logique sectorielle.

    Natália Frozel Barros, « As regras de Direito do Mar e o espaço internacional: estudo sobre as lutas pelo saber jurídico na ONU », Revista Debates, Servicio de Comunicaciones Universidad de Antioquia, 2018, n°3, p. 11   

    Natália Frozel Barros, Delphine Lagrange, « Des élites internationalisées au sommet de lÉtat français ? Étudier les cabinets ministériels au prisme de la circulation à létranger de leurs membres », Revue française d’administration publique, Institut international d'administration publique - École nationale d'administration (ENA) - Institut national du service public (INSP) , 2018, n°4, p. 827 

    Natália Frozel Barros, N. Frozel Barros, Pascale Ricard, « Analyse d’un compromis : le lancement des négociations pour un accord de mise en oeuvre de la CNUDM sur la biodiversité marine au-delà des limites de la juridiction nationale », Annuaire du droit de la mer, Institut du droit économique de la mer (INDEMER) (Monaco) ; A. Pedone (Paris et France) , 2014  

  • Autres publications

    Natália Frozel Barros, Léa Pertel, Camille Mazé, Gouverner la mer au-delà des juridictions nationales : la protection de la biodiversité marine en proie aux négociations inter-étatiques et sectorielles, 2018 

  • Communications

    Natália Frozel Barros, « L'Etat et l'ESR, l'état de l'ESR », le 12 février 2026 

    Séminaire organisé par le LIPHA, sous la co-tutelle de l'Université Paris-Est Créteil et l'Université Gustave Eiffel sous la direction scientifique de Natália Frozel Barros, IEP de Fontainebleau-UPEC, LIPHA et Raphaëlle Parizet, IEP de Fontainebleau-UPEC, LIPHA

Encadrement doctoral

  • Membre du jury

    Louise Perrodin, Négocier les contours du droit international de l'asile : l'ancrage des exilés rohingyas dans les interstices sociaux-politiques malaisiens, soutenue en 2024 à Paris 12 sous la direction de Delphine Allès présidée par Frédéric Ramel, membres du jury : Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky (Rapp.), Loïs Bastide, Julian Fernandez et Giulia Scalettaris   

    Des communautés d’exilés rohingyas se développent en Malaisie depuis les années 1990. Ils y résident sans-papiers car le gouvernement malaisien refuse d’inscrire un droit d’asile dans sa législation. Cette thèse explore la négociation au quotidien de la mise en œuvre de ce statut. La portée universelle de la Convention de Genève de 1951 est en effet refusée par le gouvernement malaisien, mais défendue par des exilés rohingyas, par des ONG mobilisées autour de cette cause et par le bureau du HCR implanté à Kuala Lumpur. Ces trois derniers se constituent comme passeurs des normes internationales dérivées de cette Convention. Ils soutiennent l’institutionnalisation d’un système de l’asile depuis des interstices désormais organisés autour des exilés rohingyas, où l’autorité du bureau de l’organisation internationale se renforce. Cette recherche analyse les ressources véhiculées par un instrument de droit international pour des acteurs a priori en marge de son application. En mobilisant la référence au droit international pour affirmer leur place dans des nœuds de relations à la jonction des scènes locale, nationale et internationale, ces acteurs participent à la redéfinition des normes associées au droit d’asile depuis les marges du système international. Ils contribuent alors à construire la « force » d’un droit international dont la portée en Malaisie était incertaine. Pour l’analyser, cette recherche associe une année d’enquête qualitative (entretiens et observation participante) en Malaisie, une cartographie des réseaux transnationaux d’acteurs mobilisés autour de la cause rohingya et une analyse textométrique des discours des représentants de la Malaisie à l’ONU.

    Roman De Rafael, Le déploiement des marchés du carbone dans le monde depuis Kyoto : entre typification des outils marchands et fragmentation mondiale, soutenue en 2023 à Paris 12 sous la direction de Sylvie Thoron présidée par Daniel Compagnon, membres du jury : Nathalie Berta (Rapp.), Thomas Reverdy (Rapp.)   

    La thèse est une analyse de la dynamique de construction des marchés du carbone et des mécanismes de compensation dans le monde. Ces marchés, sont utilisés comme outils de politiques publiques de réduction et de partage de la quantité de Gaz à Effet de Serre à ne pas dépasser afin de contenir le réchauffement climatique en deçà de 2°C : le « budget carbone » mondial. Nous souhaitions interroger la dynamique expliquant le développement de ces outils dans le monde entier depuis le Protocole de Kyoto jusqu’à aujourd’hui. Pour ce faire, nous croisons approches historique, économique et politique afin d’analyser une diffusion portée à la fois par une continuité avec l’utilisation des mécanismes marchands autour du carbone mais aussi par une fragmentation claire avec l’apparition de dizaines de dispositifs locaux, de mécanismes, dont certains sont volontaires et privés.La thèse montre que ces marchés sont en fait des politiques publiques qui répondent à une formulation du problème climatique dans les rapports du GIEC comme celui d’une nécessaire gestion d’un budget carbone mondial commun. Partager cette ressource est un dilemme social politiquement complexe à résoudre, la mise en œuvre de marchés a ainsi été une solution prônée par des acteurs non-étatiques coalisés en particulier aujourd’hui par la banque mondiale qui en diffuse les principes auprès des Etats. Un autre marqueur important est que les marchés du carbone sont créés et encadré par des règlementations et peuvent être fondamentalement transformés par des décisions législatives à tous les niveaux de décisions. C’est pourquoi ces marchés mettent en scène plusieurs types d’acteurs non-étatiques qui participent directement ou indirectement aux décisions par tous les canaux d’influence à leur disposition afin d’augmenter ou de réduire le niveau de contrainte environnemental de ces marchés. La thèse montre que face au blocage des négociations internationales suite à l’essai des mécanismes du Protocole de Kyoto, une gouvernance polycentrique des marchés du carbone s’est progressivement déployée à différentes échelles de décisions. Il en résulte une dynamique de diffusion mondiale continue, polycentrique, marqué par un processus d’essai-erreur ainsi qu’une tension entre éthique de l’environnement et logique marchande. Le dernier point est une thématique clé pour le futur afin d’éviter que le carbone ne devienne qu’une commodité comme une autre.