Maëva Durand, Safia Dahani, Estelle Delaine, Félicien Faury, Guillaume Letourneur [et alii], Sociologie politique du Rassemblement national: enquêtes de terrain, Presses universitaires du Septentrion, 2025, Espaces politiques, 326 p.
Maëva Durand, Éric Agrikoliansky, François Buton, Nolwenn Armogathe, Clémentine Berjaud [et alii], Les métamorphoses de la politisation, PUF, 2025, 316 p.
Maëva Durand, Ivan Bruneau, Mäeva Durand, Julian Mischi (dir.), Pouvoir local et classes populaires en milieu rural, De Boeck Supérieur, 2022, 239 p.
Maëva Durand, Mäeva Durand, Julian Mischi, Catherine Achin, Isabelle Mallon [et alii], Les invisibles: enquête localisée sur le rapport au politique des femmes de classes populaires, 2021, 441 p.
Cette thèse analyse le rapport au politique des femmes de classes populaires à travers une démarche empirique soucieuse d’appréhender la formation des attitudes politiques en contexte. Ce travail se situe au croisement du champ des études politiques et de la sociologie des classes populaires en explorant l’impact de l’évolution du style de vie et de la situation au travail des femmes populaires sur les formes de leur politisation. La question du genre et des inégalités propres aux rapports sociaux de sexe est au cœur de cette étude qui explore le monde des femmes des fractions instables des classes populaire.Cette thèse repose sur une enquête de terrain menée de 2016 à 2018 au sein d’un réseau d’interconnaissance de trente personnes (liées par des liens amicaux, familiaux et de voisinage) situé sur le Territoire de Belfort.Investir une zone d’étude structurée autour d’une ville moyenne et parsemée de bourgs ruraux permet d’aborder le cas typique d’une configuration socio-spatiale caractérisée par une présence importante des classes populaires. Ces dernières sont en effet surreprésentées dans les espaces éloignées des grandes métropoles urbaines.Marquée par la désindustrialisation, un tel terrain permet en outre d’analyser les effets des restructurations du tissu économique et du développement du chômage sur les familles populaires et leur rapport au politique.Il apparait que le travail, l’école et les mobilités résidentielles tout comme la prise en charge étatique sont décisifs dans la construction du rapport au politique, dans un contexte de mise en concurrence entre fractions des classes populaires, propice à l’émergence d’une conscience sociale triangulaire.
Maëva Durand, « Forcer le respect, au bourg et au village : Affinité à l’extrême droite des femmes de familles populaires d’ascendance immigrée », Sociétés contemporaines, Sociétés contemporaines, 2025, n°136, pp. 119-148
Maëva Durand, Perrine Agnoux, Eleonora Elguezabal, Colin Giraud, « Introduction : Des rapports de genre localisés », Sociétés contemporaines, Sociétés contemporaines, 2025, n°136, pp. 5-21
Maëva Durand, Perrine Agnoux, « Sur qui compter ? : Faire face aux violences conjugales en milieu rural et désindustrialisé », Terrains & travaux, Terrains & travaux, 2025, n°46, pp. 29-53
Maëva Durand, « Renahy (Nicolas) – Jusqu’au bout. Vieillir et résister dans le monde ouvrier. – Paris, La Découverte, 2024 (L’envers des faits). 208 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2025, n°75, pp. 198-199
Maëva Durand, « Au-delà de nos fonctions : l’accompagnement socio-éducatif des petites mains de l’Éducation nationale sur un territoire paupérisé », La Revue de l'Ires, La Revue de l'Ires, 2025, n°114, pp. 35-61
Cet article s’intéresse aux expériences salariées et relationnelles des « petites mains » de l’Éducation nationale, à savoir les agents subalternes du travail éducatif que sont les accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH) et les assistantes d’éducation (AED), deux catégories fortement genrées et précaires. Les tensions professionnelles que connaissent ces agentes renseignent sur les ambivalences socio-territoriales auxquelles l’institution scolaire est confrontée. L’Éducation nationale parvient à tirer profit d’un travail de care, c’est-à-dire d’un investissement émotionnel et gratuit des salariées qui multiplient les prises en charge censées compenser le manque de personnel scolaire et d’autres dispositifs d’accompagnement social à l’échelle locale. L’étude de deux collèges en réseau prioritaire, dans une petite commune et en milieu urbain, montre comment le travail relationnel permet de couvrir les défaillances institutionnelles au sein d’un territoire paupérisé.
Maëva Durand, « Défendre sa famille : Rapport à l’État social et au politique des mères des classes populaires issues de milieu rural », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2024, n°73, pp. 641-662
Cet article vise à saisir le rapport au politique de femmes minorisées sur les plans du genre, de la classe et de l’environnement spatial. Il permet la mise en lumière d’expériences sociales genrées et territorialisées – au niveau professionnel, administratif et familial – qui mènent à des formes d’identification et de conflictualisation, pour soi et sa famille. Éloignées de la sphère salariée, ces femmes entretiennent une dépendance à leur famille et aux institutions proprement féminine. Leur socialisation politico-administrative, en lien avec leur rôle de mère, les amène à se construire une nouvelle légitimité face à l’État social, perçu comme inégalitaire. À cette mise à distance des agents, s’ajoute celle des fractions immigrées des classes populaires, favorisant un vote polarisé, pour la gauche de la gauche ou l’extrême droite lors de l’élection présidentielle de 2017.
Maëva Durand, Ivan Bruneau, Julian Mischi, « Penser la production des distances au politique. Une entrée par l’analyse des relations entre le pouvoir local et les classes populaires en milieu rural », Politix, Politix, 2022, n° 137, pp. 9-25
Si les espaces périphériques au sein du champ politique sont investis par des acteurs plus faiblement dotés et dont la spécialisation est moindre, il n’en reste pas moins que les logiques d’exclusion politique œuvrent aussi au sein des espaces ruraux. Elles y prennent cependant des formes singulières que les contributions dans ce dossier cherchent à explorer en analysant les relations entre le pouvoir local et les classes populaires dans des contextes où, à la différence des grandes villes, élus et habitants sont plus fréquemment pris dans des logiques d’interconnaissance et où les rapports de domination prennent régulièrement des formes personnalisées. Aborder la question de la domination politique qui s’exerce sur les classes populaires dans les villages et petites villes implique de se demander si cette marginalisation constitue un enjeu sur la scène locale et conduit à expliquer ce qui la rend possible. Au-delà de la seule observation de la relégation politique des classes populaires, la perspective adoptée vise à objectiver ses mécanismes tant du côté des groupes dominés que des dépositaires d’une autorité locale. Cette introduction revient plus largement sur l’intérêt de penser la production localisée des distances au politique en fonction des caractéristiques des configurations où elle prend forme.
Maëva Durand, « À tout âge, au service des proches : Rôle et assignation des aides à domicile en milieu rural », Pour, Pour, 2022, n° 242, pp. 237-243
Maëva Durand, Ivan Bruneau, Julian Mischi, « Penser la production des distances au politique. Une entrée par l’analyse des relations entre le pouvoir local et les classes populaires en milieu rural », Politix, De Boeck Supérieur, 2022, n°137, pp. 9-25
Maëva Durand, Ivan Bruneau, Julian Mischi, « Pouvoir local et classes populaires en milieu rural », Politix, De Boeck Supérieur, 2022, n°137, p. 242