• THESE

    Des combattants entre deux guerres : sociologie politique du métier des armes au Tchad, soutenue en 2009 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Guillaume Devin 

  • Marielle Debos, Thomas Borrel, Amzat Boukari-Yabara, Benoît Collombat, Thomas Deltombe [et alii], Une histoire de la Françafrique: l'Empire qui ne veut pas mourir, Éditions Points, 2023, Points (Histoire), 1294 p. 

    Marielle Debos, Didier Bigo, Laurent Bonnefoy, Mathias Delori, Anastassia Tsoukala, Guerre et contre-terrorisme, L'Harmattan, 2022, 220 p. 

    Marielle Debos, Rémy Bazenguissa, Sami Makki, Michel Agier, Ibéa Atondi [et alii], Sociétés en guerres: ethnographies des mobilisations violentes, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2019, Colloquium   

    Marielle Debos, Le métier des armes au Tchad. Le gouvernement de l'entre-guerres: le gouvernement de l'entre-guerres, Éditions Karthala, 2018, 264 p.      

    Comment vit-on du métier des armes dans un pays marqué par la récurrence des rébellions et des répressions ? Que font les combattants quand ils ne sont pas mobilisés par la guerre ? Et, au fond, qu’est-ce qu’être un combattant ou un ancien combattant ? A partir d’une enquête menée au Tchad auprès de ces hommes, ce livre interroge le recours aux armes quand celui-ci devient à la fois une forme ordinaire de la lutte politique et un métier. En suivant les trajectoires des combattants qui passent d’une faction à une autre, de la rébellion à l’armée, et empruntent parfois des chemins qui mènent en Libye, au Soudan ou en Centrafrique, l’auteure révèle la fluidité de leurs loyautés mais aussi les hiérarchies qui marquent le métier des armes. Elle éclaire ainsi les règles d’un monde trop souvent associé au chaos ou à l’anomie. L’ouvrage montre que la constitution de ce métier, loin de s’opposer à la formation de l’État, est indissociable de la trajectoire historique de celui-ci et d’un mode de gouvernement violent. L’enjeu n’est plus seulement de savoir comment mettre fin à la guerre mais aussi comment sortir de l’entre-guerres entretenu par la violence d’État. Au-delà du cas tchadien, l’ouvrage constitue une réflexion majeure sur les frontières de la guerre et de la paix. Par un aller-retour subtil entre réflexions théoriques et observations ethnographiques, il ouvre de nouvelles pistes d’analyse sur les processus de routinisation et de professionnalisation de la violence et offre un regard critique sur les politiques du « post-conflit » et du « statebuilding ».

    Marielle Debos, Andrew Brown, Living by the gun in Chad: combatants, impunity and state formation, Zed Books, 2016, 239 p. 

    Marielle Debos, Living by the Gun in Chad, Zed Books, 2016, 254 p. 

    Marielle Debos, Joël Glasman (dir.), Corps habillés: politique des métiers de l'ordre, Karthala, 2013, 176 p. 

    Marielle Debos, Guillaume Devin, Des combattants entre deux guerres: sociologie politique du métier des armes au Tchad,, 2009, 474 p.  

    Comment les armes deviennent-elles une forme ordinaire de la contestation et un mode de vie ? Fondée sur une enquête de terrain de dix mois au Tchad, la présente thèse a pour objectif de comprendre pourquoi et comment les armes sont devenues un métier, exercé alternativement ou simultanément dans les forces régulières, les mouvements rebelles et le banditisme de grand chemin. Nous problématisons comme un métier l’activité exercée par les individus qui vivent des armes et qui ont appris et développé des savoirs et savoir-faire ainsi que des registres de justification spécifiques, qui ont trait à la guerre et aux pratiques violentes d’extorsion. La démarche que nous proposons consiste à resituer les conflits dans une temporalité plus large pour étudier ce qui se joue hors des temps et des espaces de guerre. Nous montrons tout d’abord que si ce métier a été réinventé au fil des décennies sans jamais disparaître, c’est qu’il n’est pas uniquement lié à la guerre, mais aussi à une économie politique et à un mode de gouvernement marqués par la violence. Il apparaît ensuite que ce métier est régi par des règles et structuré par des frontières : la fongibilité des statuts de militaire, combattant et bandit de grand chemin n’empêche pas l’existence de puissantes hiérarchies sociales et politiques. Enfin, notre recherche nous amène à considérer les modes de gouvernement à l’œuvre au sein d’une armée paradoxalement non disciplinaire et d’un État façonné par une trajectoire historique violente. La sociologie politique du métier des armes souligne l’importance des éléments non directement articulés à la guerre pour analyser les conflits et les sorties de crise.

    Marielle Debos, Le rôle des acteurs non étatiques dans la création de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, 2003 

  • Marielle Debos, « Acheikh Ibn Oumar », Maitron Afrique: Dictionnaire biographique des mobilisations et contestations en Afrique, 2022  

    Marielle Debos, Didier Bigo, Laurent Bonnefoy, Bruno Charbonneau, « Guerre et contre-terrorisme », Cultures & Conflits, Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, 2021    

    Andromaque : « il m’a juré que cette guerre était la dernière »Cassandre : « C’était la dernière. La suivante l’attend ». Giraudoux J., La Guerre de Troie n’aura pas lieu, Paris, Bernard Grasset, 1935, p. 12 (acte 1, scène première) Quel est le rôle du contre-terrorisme guerrier, et plus généralement des interventions militaires, dans la genèse de la violence dite terroriste ? Cette question a émergé dans le débat public francophone – et principalement français – à la fin de l’année 2020 à la...

    Marielle Debos, « Legible Bodies and Lives: How a Biometric Registration Campaign Reinvented the Chadian Population », in Awenengo Dalberto Séverine, Banégas Richard (eds.) (dir.), Identification and Citizenship in Africa: Biometrics, the Documentary State and the Bureaucratic Writings of the Self, Routledge, 2021, pp. 65-75 

    Marielle Debos, « La France au Tchad, l’opération militaire permanente », in Borrel Thomas, Boukari-Yabara Amzat, Collombat Benoît, Deltombe Thomas (eds.) (dir.), L'Empire qui ne veut pas mourir : Une histoire de la Françafrique, Le Seuil, 2021 

    Marielle Debos, « Milices et sous-traitance de l'(in)sécurité », in Bertrand Badie, Dominique Vidal (dir.), Nouvelles guerres, La Découverte, 2014  

    Marielle Debos, « Conflits armés », in Catherine Achin, Laure Bereni (dir.), Dictionnaire Genre et science politique: Concepts, objets, problèmes, Presses de Sciences Po, 2013  

    Marielle Debos, « Quand les "libérateurs" deviennent des "bandits": Guerre et marginalisation sociale à la frontière tchado-centrafricaine », in Rémy Bazenguissa-Ganga, Sami Makki (dir.), Sociétés en guerre: Ethnographies de mobilisations violentes, Editions de la MSH, 2012 

    Marielle Debos, « Un système régional de conflits : Darfour, Tchad, République centrafricaine », in Marie-Françoise Durand et al. (dir.), Atlas de la mondialisation, Presses de Sciences Po, 2010 

    Marielle Debos, « Tchad : l'escalade de la crise », Ramses 2009, Dunod, 2008 

    Marielle Debos, « Darfour, Tchad, République centrafricaine : le développement d'une crise régionale », Ramses 2008, Dunod, 2007 

  • Marielle Debos, « A Postcolonial Card Cartel: How European Companies Sold Biometric Voting in Africa », Development and Change, Wiley, 2025, n°3 

    Marielle Debos, « Genre, sécurité et éthique. Vade-mecum pour l'enquête de terrain », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2023, n°100, pp. 59-73 

    Marielle Debos, Guillaume Desgranges, « L'invention d'un marché : économie politique de la biométrie électorale en Afrique », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2023, n°98 

    Marielle Debos, Didier Bigo, Laurent Bonnefoy, Bruno Charbonneau, « Introduction - Guerre et contre-terrorisme », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2021, pp. 11-19   

    Marielle Debos, Bruno Charbonneau, Jean-Paul Hanon, Christian Olsson, « De la  guerre contre le terrorisme  aux guerres sans fins : la co-production de la violence en Afghanistan, au Mali et au Tchad », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2021, n°123124, pp. 67-82    

    Les interventions militaires menées au nom de la lutte contre le « terrorisme » par des États tels que les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne sont souvent conçues et présentées comme des solutions strictement exogènes aux problèmes d’insécurité qu’elles sont censées solutionner. Le terme même d’interventions laisse en outre penser que celles-ci seraient exceptionnelles, ponctuelles et purement réactives plutôt que routinisées, durables et/ou récurrentes . Cette conception des interve...

    Marielle Debos, Didier Bigo, Laurent Bonnefoy, Bruno Charbonneau, Mathias Delori [et alii], « Guerre et contre-terrorisme », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2021, p. 120  

    Marielle Debos, « Biometrics and the Disciplining of Democracy: Technology, Electoral Politics, and Liberal Interventionism in Chad », Democratization, Taylor & Francis (Routledge), 2021, n°8 

    Marielle Debos, Thibaud Boncourt, Mathias Delori, Benoît Pelopidas, « Que faire des interventions militaires dans le champ académique ? Réflexions sur la nécessaire distinction entre expertise et savoir scientifique », 20 & 21. Revue d'histoire, Presses de Sciences Po, 2020, n°145 

    Marielle Debos, « Violence colonial et résistance au Tchad (1900-1960) », Mass Violence & Resistance , , 2020 

    Marielle Debos, « Des scientifiques en prison : le combat de Fariba Adelkhah et Roland Marchal en Iran », La Revue des droits de l’homme. Revue du Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux, CTAD-CREDOF (Centre de recherche et d'études sur les droits fondamentaux) , 2020, n°17    

    Les accusations sont fantaisistes et personne n’est dupe, ni à Paris ni à Téhéran. Fariba Adelkhah et Roland Marchal sont pourtant détenus dans la prison d’Evin depuis le 5 juin 2019. En Iran, ils seraient une quinzaine d’étrangers et de bi-nationaux, « captifs sans motif ». Une quinzaine, peut-être plus : on ignore par définition le nombre de cas qui ne sont pas publicisés. Dans toutes ces affaires, des bi-nationaux et des étrangers sont enfermés pour faire pression sur le pays dont ils sont...

    Marielle Debos, « Academics in jail : Fariba Adelkhah and Roland Marchal and their struggle for freedom in Iran », La Revue des droits de l’homme. Revue du Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux, CTAD-CREDOF (Centre de recherche et d'études sur les droits fondamentaux) , 2020, n°17    

    The accusations are far-fetched - no-one in either Paris or Tehran is fooled. Yet Fariba Adelkhah and Roland Marchal have been detained in Evin Prison since 5 June 2019. About 15 foreigners and bi-nationals are currently “imprisoned without justification” in Iran. We say there are about 15, but there may be more: the number of cases not publicized being, by definition, unknown. In all these cases, dual nationals and foreigners are imprisoned in order to apply pressure to the countries of whic...

    Marielle Debos, « La biométrie électorale au Tchad : controverses technopolitiques et imaginaires de la modernité », Politique africaine, Karthala, 2019, n°152 

    Marielle Debos, « Roland Marchal au travail : les multiples facettes d’un chercheur tout terrain », Sociétés politiques comparées, Fonds d'analyse des sociétés politiques, 2019 

    Marielle Debos, Nathaniel Powell, « L’autre pays des  guerres sans fin : Une histoire de la France militaire au Tchad (1960-2016) », Les Temps Modernes, Gallimard, 2017, n°2 

    Marielle Debos, « Autour d’un livre Danny Hoffman, The War Machines : Young Men and Violence in Sierra Leone and Liberia, Durham, Duke University Press, 2011, 320 pages », Politique africaine, Karthala, 2013, n°130  

    Marielle Debos, « Autour d’un livre Marielle Debos, Le métier des armes au Tchad. Le gouvernement de l’entre-guerres, Paris, Karthala, 2013, 256 pages »: Le point de vue de Laurent Gayer ; Le point de vue de Morten Bøås ; Le point de vue de Mirjam de BruijnLa réponse de Marielle Debos, Politique africaine, Karthala, 2013, n°132  

    Marielle Debos, « La guerre des préfets. Répression, clientélisme et illégalismes d’État dans l’entre-guerres tchadien », Politix, De Boeck Supérieur, 2013, n°104, pp. 47-66  

    Marielle Debos, Joel Glasman, « Politique des corps habillés. État, pouvoir et métiers de l’ordre en Afrique », Politique africaine, Karthala, 2012 

    Marielle Debos, « Living by the Gun in Chad: Armed Violence as a Practical Occupation », Journal of Modern African Studies, Cambridge University Press (CUP), 2011, n°3 

    Marielle Debos, « Chad 1900-1960 », Online Encyclopedia of Mass Violence, , 2009, p. 13   

    Marielle Debos, « Fluid loyalties in a regional crisis. Chadian combatants in the Central African Republic », African Affairs, Oxford University Press (OUP), 2008, n°427  

    Marielle Debos, « Les limites de l’accumulation par les armes: Itinéraires d’ex-combattants au Tchad », Politique africaine, Karthala, 2008, n°109  

    Marielle Debos, Alice Goheneix, « Les ONG et la fabrique de l’ opinion publique internationale », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2005, n°19, pp. 63-80  

    Marielle Debos, « La création de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples. Les dessous d’une ingénierie institutionnelle multicentrée », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2005, n°60, pp. 55-82  

  • Marielle Debos, « Tchad », Encyclopaedia Universalis, 2008 

  • Marielle Debos, Jérôme Tubiana, Déby’s Chad: Political Manipulation at Home, Military Intervention Abroad, Challenging Times Ahead, 2017 

    Marielle Debos, Politique des “crises” chroniques au Tchad: The Politics of Chronic Crises in Chad, 2017 

    Marielle Debos, Behind the cliché of the 'desert warriors': Militianization and impunity of the Chadian armed forces, 2016 

    Marielle Debos, Tchad : Au-delà de l’apparente stabilité, 2015 

    Marielle Debos, Siân Herbert, Nathalia Dukham, State fragility in the Central African Republic: What prompted the 2013 coup?, 2013 

  • Marielle Debos, Samy Cohen, Nonna Mayer, Maena Berger, Quel est l’impact du genre sur l’enquête de terrain en sciences sociales ?, 2024, 40 p.   

    Marielle Debos, “Hate” and “Security Vacuum”: How Not to Ask the Right Questions about a Confusing Crisis, 2014 

    Marielle Debos, Porous Borders and Fluid Loyalties: Patterns of cConflict in Darfur, Chad and the Central African Republic, 2008 

    Marielle Debos, Tchad, 2008 

    Marielle Debos, Guillaume Desgranges, Biométrie électorale: Le marché florissant du rêve démocratique. Afrique XXI, 2023 

    Marielle Debos, Biométrie électorale, un mirage démocratique. Afrique XXI, 2021 

    Marielle Debos, Tchad : l’emprise militaire française entre longue durée et remaniements conjoncturels. Contretemps, 2021 

    Marielle Debos, The productive failures of biometric voting in Africa. Democracy in Africa, 2021 

    Marielle Debos, France, the Military, and Strongman Politics in Chad. African Arguments, 2021 

    Marielle Debos, Interview with Delphine Kemneloum Djiraïbé, lawyer and human rights activist in Chad: Democracy in Africa, 2020 

    Marielle Debos, Mathias Delori, Christophe Wasinski, Thibaud Boncourt, French social sciences go khaki under increasing military influence. Open Democracy, 2019   

    Marielle Debos, Airstrikes and ‘Stability’: What is the French Army Doing in Chad? African Arguments, 2019 

    Marielle Debos, Coton Christel, Raphaëlle Branche, Sylvain Laurens, Pour des recherches sur la guerre indépendantes, 2018   

    Marielle Debos, Biometric Voting in Chad: New Technology, Same Old Political Tricks. The Conversation, 2016 

    Marielle Debos, International Interventions and the Human Cost of a Militarized Political Marketplace in Chad, 2014 

  • Marielle Debos, « Le vote et ses critiques », le 21 avril 2023  

    Cycle d'ateliers organisé par l'ISP et les Universités de Paris-Nanterre et de Franche Comté, avec le CNRS

    Marielle Debos, « Politiser et judiciariser les corps : genre, classe, race », le 04 juin 2021  

    Organisé pour l’Institut des sciences sociales du politique par Milena Jakšić & Marielle Debos

    Marielle Debos, « Corps et guerre », le 19 décembre 2019  

    Colloque annuel de l'Association pour les Études sur la Guerre et la Stratégie - AEGES

    Marielle Debos, « La démocratie à l'épreuve de l'autoritarisme », le 16 novembre 2017  

    Organisé sous la coordination scientifique de Pascal Bonnard, UJM, Triangle ; Dorota Dakowska, Lyon 2, IUF, Triangle ; Boris Gobille, ENS de Lyon, Triangle, avec l’appui de Marie Laure Geoffray, Université Sorbonne Nouvelle – IHEAL

    Marielle Debos, « Ni guerre, ni paix », le 12 octobre 2017  

    Colloque conclusif du programme ANR « Ni guerre, ni paix » qui a débuté il y a maintenant quatre années.

    Marielle Debos, « EHESS Sém Ni guerre, ni paix: arrangements et réarrangements du droit et de la violence, Progr 2011-2012 », le 01 janvier 2012 

    Marielle Debos, « La fin d'un épisode guerrier ? Les retours difficiles des rebelles tchadiens », Les nouveaux enjeux dans l'espace sahélo-saharien (Maison des Sciences de l'Homme), Paris, le 13 décembre 2011 

    Marielle Debos, « Le prolongement de la guerre dans les pratiques ordinaires des agents civils de l'État du Tchad », Violence politique, violence ordinaire. Colloque organisé conjointement par l'ISP et le LESC, Nanterre, le 29 novembre 2011 

    Marielle Debos, « La guerre des préfets : la routinisation d'un mode de gouvernement violent dans le Dar Tama (Tchad) », Section thématique : Ni guerre, ni paix : enquête sur les ordres politiques disloqués, Congrès de l'Association Française de Science Politique (AFSP), Strasbourg, le 01 septembre 2011 

    Marielle Debos, « Les frontières incertaines de la guerre. Ethnographie du métier des armes au Tchad », Violence, violences. Colloque du Département d'ethnologie de l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Nanterre, le 25 mai 2011 

    Marielle Debos, « Living by the gun in Chad: Armed violence as a prosaic occupation », Professionals of violence in the entanglement of war and peace. conférence de l'African Studies Association, San-Francisco United States, le 17 novembre 2010 

  • Marielle Debos, La biométrie électorale en Afrique. Websérie La vie sociale des papiers d’identité en Afrique 

    Marielle Debos, Corinne Le Carrer, Elisabeth de Pablo, Peter Stockinger, Sociétés en guerres: Ethnographies des mobilisations violentes: Table-ronde autour du livre: Sociétés en guerres 

    Marielle Debos, Autour de Sociétés en guerres 

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Tanguy Quidelleur, De la chasse aux bandits à la guerre contre les terroristes : un marché de la protection internationalisé au Sahel (Burkina Faso et Mali), thèse soutenue en 2023 à Paris 10 sous la direction de Pascale Laborier présidée par Gilles Dorronsoro, membres du jury : Koen Vlassenroot (Rapp.), Sandrine Lefranc (Rapp.), Lamine Savane      

    Depuis le début de la guerre au Nord du Mali en 2012, les violences n’ont eu de cesse de se diffuser dans le pays et de gagner de nouveaux territoires, notamment au Burkina Faso voisin. L’apparition d’un conflit armé devenu régional a été favorisée par l’éparpillement géographique des combattants djihadistes, les opérations militaires, la mise en armes des conflits socio-politiques et les interventions internationales. Dans ces configurations violentes, les populations ont organisé la mise en place de groupes d’autodéfense qui forment « un marché de la protection ». Comment ces mobilisations armées en zone rurale, trop souvent perçues comme des phénomènes périphériques, ont-elles pu s’implanter dans les arènes politiques locales et nationales, mais aussi, avoir accès aux prébendes de l’international ? À partir d’une enquête de terrain de douze mois, menée entre 2017 et 2022 dans les deux pays, la présente thèse propose une ethnographie des groupes d’autodéfense et vise à expliquer leur diffusion. À rebours des approches en termes de « faillite » des États, la recherche analyse leur rôle dans le passage du vigilantisme à des dispositifs miliciens et, plus largement, dans la guerre. L’étude des transformations de ces mobilisations accorde une attention particulière aux trajectoires biographiques, aux circulations des pratiques et à la (re)production des hiérarchies sociales. Enfin, la thèse met en lumière un aspect peu regardé des groupes d’autodéfense, à savoir, leurs interactions avec les différentes interventions internationales. Les incitations à profiter des dividendes de la « guerre contre le terrorisme » favorisent la formation de nouveaux espaces politiques d’intermédiation et accompagnent le processus de milicianisation des sociétés sahéliennes.

    Guillaume Desgranges, Technopolitique des télécoms au Maghreb Infrastructure, État, marché, thèse en cours depuis 2022 en co-direction avec Dominique Connan  

    Cette recherche a pour objet de questionner le processus de développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication au Maroc dans ses dimensions technopolitiques au sens de Gabrielle Hecht : «pratiques sratégiques qui consistent à concevoir ou à utiliser la technique afin de mettre en place des objectifs politiques, de leur donner une forme et de les réaliser». L'hypothèse de recherche centrale est que la description des pratiques de l'État marocain, appuyées de façon croissante sur la technologie, ne peut pas faire l'économie d'une compréhension fine de l'infrastructure physique des télécommunications, de l'organisation du marché de ce secteur et des rapports de force au sein de l'appareil d'État. L'étude de ce triptyque "infrastructure – marché – État" se fait au moyen d'une recherche combinant la cartographie du réseau de télécommunications marocain, l'analyse technique de son fonctionnement, et l'enquête de terrain auprès des acteurs des secteurs public et privé.

    Héloïse Grard, Biométrie et identité dans les pays du Sud , thèse en cours depuis 2020 en co-direction avec Dominique Connan  

    Cette thèse vise à comprendre l'intérêt croissant pour l'identité légale dans les politiques de développement à partir des années 2010. A la suite de l'adoption des Objectifs du Développement Durable (ODD) de l'ONU, qui font de l'identité légale des individus sur la planète un des objectifs du développement, un programme a été créé par la Banque Mondiale, en collaboration avec d'autres partenaires privés et publics : le programme « Identification for Development » (ID4D). Cette recherche vise à saisir les conditions de la mise à l'agenda des papiers d'identité comme un objectif central du développement, à l'intersection des acteurs publics et privés, internationaux et locaux, du Nord et du Sud. La thèse cherche dès lors à comprendre la biométrisation et la numérisation des identités dans les pays du Sud à partir d'une étude de cas emblématique de ce tournant : la mise en place d'un numéro unique d'identification, le Huduma Namba, au Kenya, assigné à tous les citoyens et résidents du pays.

    Manatouma Nicodème Kelma, Identifier les individus au Tchad : politiques et pratiques des papiers d'identité, thèse soutenue en 2020 à Paris 10 sous la direction de Pascale Laborier présidée par Nadine Machikou Ndzesop, membres du jury : Laurent Fourchard (Rapp.), Mahaman Sanoussi Tidjanialou (Rapp.), Séverine Awenengo Dalberto    

    Cette thèse étudie les politiques et les pratiques d’identification des individus au Tchad. Fondée sur une enquête de terrain menée dans la capitale N’Djamena et dans une petite ville du Sud du pays, Goré, cette recherche interroge les procédures, les circulations et les modalités d’appropriation à la fois administratives, politiques et culturelles de l’identification des individus. Cette thèse retrace tout d’abord l’histoire de l’identification au Tchad depuis la période coloniale en accordant une attention particulière aux registres d’état civil et à la carte d’identité. Elle montre que l’identification et la « papierisation » des individus doivent être analysées à l’intersection entre les politiques de l’État, des organisations internationales et des entreprises privées. Diffusée à l’échelle mondiale depuis le début des années 2000, l’introduction de la biométrie au Tchad est un tournant dans l’histoire de l’identification du pays. A partir d’une enquête dans les services de l’identité civile de N’Djamena et dans les camps où sont accueillis les « retournés » tchadiens qui ont fui la guerre en Centrafrique, l’identification est ensuite abordée à travers les mécanismes concrets de « mise en papier ». La thèse s’intéresse également aux pratiques des administrations de l’identification entre la rationalité bureaucratique et la gestion patrimoniale d’un service public de l’État. La recherche va enfin au plus près des rapports des individus à ces documents. Au final, la thèse offre une meilleure compréhension de l’État au quotidien, des entreprises de mainmise sur les individus et de ses limites.

    Kelma Manatouma, Identifier les individus au Tchad , thèse en cours depuis 2015 en co-direction avec Pascale Laborier  

    Cette thèse étudie les politiques et les pratiques d’identification des individus au Tchad. Fondée sur une enquête de terrain menée dans la capitale N’Djamena et dans une petite ville du Sud du pays, Goré, cette recherche interroge les procédures, les circulations et les modalités d’appropriation à la fois administratives, politiques et culturelles de l’identification des individus. Cette thèse retrace tout d’abord l’histoire de l’identification au Tchad depuis la période coloniale en accordant une attention particulière aux registres d’état civil et à la carte d’identité. Elle montre que l’identification et la « papierisation » des individus doivent être analysées à l’intersection entre les politiques de l’État, des organisations internationales et des entreprises privées. Diffusée à l’échelle mondiale depuis le début des années 2000, l’introduction de la biométrie au Tchad est un tournant dans l’histoire de l’identification du pays. A partir d’une enquête dans les services de l’identité civile de N’Djamena et dans les camps où sont accueillis les « retournés » tchadiens qui ont fui la guerre en Centrafrique, l’identification est ensuite abordée à travers les mécanismes concrets de « mise en papier ». La thèse s’intéresse également aux pratiques des administrations de l’identification entre la rationalité bureaucratique et la gestion patrimoniale d’un service public de l’État. La recherche va enfin au plus près des rapports des individus à ces documents. Au final, la thèse offre une meilleure compréhension de l’État au quotidien, des entreprises de mainmise sur les individus et de ses limites.

  • Cecilia Passanti, Les infrastructures numériques du vote en Afrique , thèse soutenue en 2025 à Université Paris Cité sous la direction de Mathieu Quet  

    Les machines à voter, ou urnes électroniques, sont désormais des figures proéminentes de la vie publique en Afrique : les majorités parlementaires les invoquent pour promouvoir des politiques modernistes ; les oppositions les accusent de s'en servir pour pirater les bases de données électorales au profit de chefs d'État élus par ordinateur ; les citoyens, désormais experts en ingénierie du vote, réclament l'ouverture des serveurs pour dévoiler la vérité électorale, critiquent les choix des fournisseurs, tout en se demandant si les opérateurs respectent leur souveraineté numérique. Au Kenya, au Sénégal, l'élection du chef de l'État se déroule dans le contexte d'une démocratie technique singulière, inexplorée par les études sociales des sciences, dont la spécificité est d'inscrire les débats sur les technologies de l'informatique dans le cadre de la fabrique de la démocratie parlementaire. Que nous apprend l'inflation des outils, des métiers et des industries numériques sur l'autorité politique, sur sa relation à l'autorité technique, et sur l'exercice du pouvoir en postcolonie ? À l'intersection entre les STS, les études africaines et de la sociologie du vote, cette thèse rend compte d'une relation étroite entre les pratiques de la démocratie postcoloniale et le développement des industries numériques mondiales. Loin de n'être que le produit d'une évolution de l'administration du vote, le vote électronique se construit parallèlement à la massification de la citoyenneté et des pratiques électorales après les Indépendances, à travers une valorisation industrielle de la participation populaire. La thèse s'appuie sur une enquête comparative conduite de 2017 à 2022 et portant sur la numérisation du vote au Kenya et au Sénégal. Je me base sur a) deux terrains de recherche au cours des élections présidentielles de 2017 (Kenya) et de 2019 (Sénégal), observant aussi bien la scène du débat politique que les coulisses du travail de production technique des institutions électorales ; b) un corpus d'entretiens avec soixante-treize personnes impliquées dans l'organisation du vote et de la biométrie électorale en Afrique depuis les années 1970 : ingénieurs informaticiens africains et occidentaux, acteurs d'entreprises de biométrie, responsables d'agences de coopération au développement ; sur une collecte de documentation (lois électorales, presse, documents industriels) couvrant l'histoire industrielle des technologies électorales. La thèse apporte trois résultats majeurs : le premier illustre la longue durée de la gouvernance informatique au Kenya et au Sénégal. Loin d'être une innovation de notre siècle, elle a émergé dans les années 1960 et 1970, avec l'arrivée des ordinateurs dans les administrations publiques du monde entier. Apparue en même temps que les indépendances, la gouvernance informatique s'inscrit dans la continuité des formes transnationales de gouvernance de l'État, des populations et du politique. Le deuxième résultat montre comment les problèmes électoraux, conçus comme locaux, sont étroitement liés aux pratiques d'intervention internationale par le biais de l'informatique. La biométrie au Sénégal et la transmission électronique des résultats électoraux au Kenya sont deux produits du marché et deux modèles de démocratie, hégémoniques et voyageurs, élaborés entre le champ électoral local et la sphère internationale de l'aide au développement et à la démocratisation. Loin d'être un instrument de pacification électorale, le troisième résultat montre que l'informatique est une dimension clef des violences politiques. Déjà mobilisées lors des élections les plus controversées de l'histoire des pays étudiés (1980-1990) et déjà présentes lors des violentes émeutes post-électoraux de 2007 au Kenya, l'informatique électorale apparaît comme un instrument de centralisation du pouvoir, de gouvernance de l'opposition et de pérennisation du pouvoir, tant national que transnational.

    Eléonore Thenot, Jeunesse, politique et formation professionnelle en Éthiopie : les étudiants du TVET à Jimma (Oromia, 2021-2023), thèse soutenue en 2024 à Paris EHESS sous la direction de Gilles Bataillon et Éloi Ficquet, membres du jury : Lovise Aalen (Rapp.), Alula Pankhurst (Rapp.), Pierre Guidi, Judith Scheele et Sarah Vaughan   

    Cette thèse s’intéresse aux jeunes inscrits dans des centres de formation technique et professionnelle (TVET) en Éthiopie, et examine comment ces institutions façonnent leurs parcours et aspirations dans un contexte socio-politique en mutation. S’appuyant sur une enquête ethnographique menée à Jimma, Oromia, l’étude explore les expériences de ces jeunes, souvent issus de milieux ruraux, et la manière dont leur passage à l’âge adulte est influencé par des réformes éducatives et les bouleversements politiques récents, y compris les conflits identitaires. L’analyse montre que, bien que les centres TVET soient perçus comme des alternatives à l’inactivité ou aux études universitaires, ils jouent un rôle complexe dans la construction sociale des identités des jeunes. En dépit de leur marginalisation, les jeunes des TVET représentent un point d’observation privilégié pour comprendre les dynamiques de mobilisation de la jeunesse en Éthiopie.

  • Audrey Pluta, L’ordre de la démocratie : syndicats policiers et professionnels de la réforme sécuritaire en Tunisie (2011-2021), thèse soutenue en 2024 à AixMarseille sous la direction de Éric Gobe et Amin Allal présidée par Fabien Jobard, membres du jury : Gilles Favarel-Garrigues (Rapp.), Maryam Ben Salem, Francesco Cavatorta et Myriam Catusse   

    Pilier du régime autoritaire de Ben Ali, l’institution policière en Tunisie a été travaillée par des vents à priori contraires à partir de janvier 2011 : revendications sociales et luttes syndicales par les bases et injonctions à la réforme portées par les acteurs extérieurs. Cette thèse éclaire les manières dont les modes de domination se recomposent dans un contexte où ceux-ci ont été mis à l’index, où leur légitimité a été contestée. A l’encontre d’une entreprise classificatrice des régimes politiques, elle montre les hybridations et les adaptations des rapports sociaux de coercition en contexte de sortie d’autoritarisme au sein desquels la police demeure centrale. Ma démarche a été celle d’un décloisonnement entre sociologie des institutions, de l’action publique et de la police, en suivant les acteurs, à travers des entretiens, répétés, entre 2017 et 2021 avec des syndicalistes policiers, des passeurs de la réforme du secteur de la sécurité ou encore des cadres du ministère de l’Intérieur. Les usages locaux des mots d’ordre participatifs au travail de police, les possibles non advenus d’une refonte du contrôle politique des forces de sécurité et les mutations des conditions socioprofessionnelles policières sont autant d’espaces d’investigation des modifications des arrangements sectoriels propres à la sécurité. "L'ordre de la démocratie" le titre de cette thèse incarne cette pratique du pouvoir propre aux situations de « restauration autoritaire », faite de composition avec des forces centrifuges, entre demande de changement des modes de faire policiers et des demandes sociales de retour à l’ordre. En ce sens, politiques de la réforme du secteur de la sécurité et colères policières convergent vers un renforcement de l’institution sécuritaire, soit en participant à ses entreprises de relégitimation, ou bien en obtenant des espaces d’autonomie socioprofessionnelle pour les agents. Cette thèse contribue ainsi à la réflexion autour des usages de la coercition et leur insertion dans la fabrique des ordres publics, politiques et sociaux

    Juliette Bour, Comme des hommes : trajectoires militantes de femmes politiques impliquées dans le génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda, thèse soutenue en 2024 à Paris EHESS sous la direction de Stéphane Audoin-Rouzeau présidée par Anne Hugon, membres du jury : Guillaume Piketty (Rapp.), François Robinet    

    En utilisant majoritairement des archives judiciaires et des sources orales, cette recherche interroge les trajectoires de quinze femmes rwandaises condamnées pour des crimes de génocide perpétrés « en position d’autorité ». Ministres comme autorités locales, toutes ont utilisé leur statut et leurs ressources pour exterminer leurs administrés tutsi. Loin de revenir à une histoire sensationnaliste de femmes ayant eu des parcours criminels paroxystiques, cette thèse questionne la pertinence de la catégorie de « participations féminines » pour étudier les femmes génocidaires. Les femmes étudiées se distinguaient en effet par leur appartenance à un milieu particulier: celui d’une élite politique féminine intégrée à l'État. Appréhender la nature de leur pouvoir entre avril et juillet 1994 nécessite de revenir aux modalités de l’ascension politique de ces dirigeantes, d’interroger les conditions de leur entrée dans le militantisme puis les voies de leur radicalisation. Si au regard de leurs actes d’accusation, toutes semblent avoir agi « comme des hommes », cette thèse invite à considérer leur violence non pas de manière uniquement transgressive mais comme liée à des processus de socialisation et de politisation particuliers, en amont et en aval du génocide perpétré contre les Tutsi.

    Kamina Diallo, La fabrique des ex -rebelles : analyse de la construction institutionnelle, politique et sociale des identités ex-combattantes en Côte d'ivoire, thèse soutenue en 2024 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Richard Banégas présidée par Didier Péclard, membres du jury : Nathalie Duclos (Rapp.), Ousmane Zina      

    Cette thèse se penche sur la fabrique politique, institutionnelle et sociale des ex-combattant.e.s rebelles en Côte d’Ivoire après la fin de la crise en 2011. Elle analyse comment le processus d’identification et les identités des ex-combattant.e.s ont évolué dans un contexte post-conflit où une rébellion victorieuse a pris le pouvoir. Au cœur de cette recherche se trouve l’examen de l’influence des politiques de reconstruction post-conflit sur la société ivoirienne actuelle. L’étude s’interroge également sur le rôle de ces politiques dans la mobilité sociale des ex-combattant.e.s et la manière dont elles affectent leur intégration dans la société après leur engagement dans la rébellion. Une attention particulière est accordée à l’importance du genre dans l’analyse des identités et des parcours des ex-combattant.e.s, en particulier des femmes. L’approche adoptée est multiscalaire, explorant les échelles macropolitique, mesoscopique et microsociologique pour saisir la complexité de la construction identitaire des ex-combattant.e.s. La thèse vise à contribuer à une meilleure compréhension des dynamiques post-conflit, des défis de la reconstruction sociale et politique des ex-combattant.e.s et des enjeux identitaires dans les sociétés post-conflit.

    Jonathan Hassine, Tous pour la patrie ? L'armée libanaise et ses combattants à l'épreuve de la guerre civile : entre la caserne, la milice et le foyer, thèse soutenue en 2023 à Sorbonne université sous la direction de Catherine Mayeur-Jaouen et Franck Mermier présidée par Chantal Verdeil, membres du jury : Andrew Arsan (Rapp.), Odile Roynette    

    Cette thèse porte sur l'histoire de l'armée libanaise et de ses combattants au cours de la guerre civile qui a déchiré le Liban de 1975 à 1990. Dans l'historiographie, l'armée libanaise est présentée comme une institution minée par les clivages communautaires et impuissante à mettre fin au conflit. Notre travail consiste à dépasser cette grille de lecture fondée sur le confessionnalisme et le modèle wébérien de l'État comme détenteur du monopole de la violence légitime. Il explore la façon dont l'armée libanaise se recomposa tout au long du conflit et démontre que les militaires y jouèrent un rôle central, que ce soit en prenant part aux affrontements ou en participant à la formation des milices de tous bords. Pour ce faire, nous nous appuyons sur deux corpus complémentaires : un éventail de sources écrites en arabe, en français et en anglais qui vont des archives diplomatiques françaises et américaines aux mémoires d'officiers en passant par la presse et les revues officielles de l'armée libanaise ; ainsi qu'une vaste enquête orale menée auprès des anciens militaires qui ont servi et combattu pendant la guerre civile. La combinaison de ces matériaux permet de comprendre la reconfiguration des relations entre les chefs d'unité et leurs hommes : c'est dans ces interactions quotidiennes que se joue la survie des unités combattantes. En articulant l'anthropologie historique de la guerre à la sociologie des combattants, cette thèse contribue à repenser les contours de l'État et la place d'une armée nationale en contexte de guerre civile. Elle prête aussi, grâce aux témoignages des vétérans, à une réflexion sur la mémoire de la guerre du Liban dans l'institution militaire et sur les divisions de la société libanaise face à son passé.

  • Paul Grassin, Des ordres négociés : légitimation du travail de police et formation quotidienne de l'État dans un quartier populaire du Malawi, thèse soutenue en 2022 à Paris 1 sous la direction de Johanna Siméant-Germanos présidée par Mahaman Sanoussi Tidjani Alou, membres du jury : Laurent Fourchard (Rapp.), Fabien Jobard (Rapp.), Thomas Bierschenk et Florence Brisset-Foucault      

    Cette thèse montre que la formation de l’État dans un territoire – processus inconscient et contradictoire de vulgarisation du pouvoir étatique d’après B. Berman et J. Lonsdale – tient largement aux positions sociales de ses agent·es et aux conditions pratiques de leur cohabitation avec les groupes sociaux et autorités politiques qui l’habitent. Elle se base sur l’ethnographie symétrique des rapports quotidiens entre fonctionnaires de police, individus engagés dans des organisations de police communautaire et habitant·es d’un quartier populaire de la capitale économique du Malawi. L’analyse interroge les effets sur les rapports de pouvoir qui structurent l’arène policière locale d’une réforme de l’action policière fondée sur la doctrine du community policing. Le propos articule l’étude du travail de police avec celle de la fabrique des ordres public, social et politique. Il combine ainsi un regard sensible à l’analyse des pratiques et une attention à la production des hiérarchies sociales. Menée entre 2015 et 2019, l’ethnographie se double d’un travail d’archives qui permet de restituer l’histoire sociale de la rencontre entre institution policière et habitant·es du quartier et d’appréhender l’historicité des ordres étudiés. Naviguant à l’interface entre le policier et le civil, cette thèse contribue à la réflexion sur ce qui se joue à la frontière police étatique et vigilantisme, sans perdre de vue les rapports ordinaires à l’action policière des gouverné·es. Elle se penche tout particulièrement sur les jeux de négociation au cœur du travail de police, conçus comme autant de révélateurs des processus de légitimation de l’ordre et de la position de l’État dans le quartier.

    Cécile Petitdemange, Bricoler au rythme du politique : l'ambivalence des islams au Tchad., thèse soutenue en 2021 à Paris EHESS sous la direction de Fabienne Samson et Didier Péclard présidée par Matteo Gianni, membres du jury : Jean-François Bayart (Rapp.), Luis Martinez (Rapp.), Jean-Pierre Dozon et Maud Saint-Lary-Maïga    

    En proposant une sociologie politique des islams au Tchad, cette thèse a pour objectif d’enrichir notre compréhension, à travers le prisme religieux, des dynamiques de formation et de construction de l’État. Outre la restitution de l’historicité du dialogue entre islam et politique, ce travail met en avant, dans une perspective dynamique, les logiques ambivalentes du champ religieux islamique trop souvent réifié à son seul rigorisme et à ses potentialités violentes. En montrant comment le champ religieux est tout autant le produit comme le producteur de rapports de domination et d’inégalités sociales, mais aussi de processus de subjectivation politiques plus intimes, mon propos nuance et complexifie l’exercice du religieux et son rapport au pouvoir. L’islam dans ses divers courants, fûssent-ils les plus rigoristes, est résolument un objet plastique aux recompositions sociales, et aux transformations, dans un sens essentiellement conservateur, du politique. Il s’agira plus précisément de montrer comment la mise en dépendance du religieux envers l’État produit toute une série d’accommodements plus ou moins contraints dénotant d’une part, de la capacité créative des acteurs, mais également du caractère fortement structurant de la gouvernance au Tchad renforçant dès lors, les lignes de stratification sociale.

    Marine Gassier, Anatomies of rebellion : determinants and implications of rebel modes of local engagement, thèse soutenue en 2021 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Jérôme Sgard présidée par Frédéric Ramel, membres du jury : Stathis N. Kalyvas (Rapp.), Thomas Lindemann (Rapp.), Patricia Justino    

    Pourquoi certains groupes rebelles s’appuient-ils sur les structures de pouvoir en place au niveau local quand d’autres s’efforcent de les remplacer ? Comment le fait de privilégier l’une ou l’autre approche influe-t-il sur l’évolution de ces groupes ? Cette thèse documente les multiples façons dont les groupes rebelles abordent les structures de pouvoir locales, et propose une typologie de leurs stratégies d’implantation locale. Sur la base de cette typologie, elle propose ensuite deux séries d’analyses. La première identifie les différents facteurs – structurels, circonstanciels et idéologiques – qui expliquent les différentes attitudes des groupes rebelles vis-à-vis des structures de pouvoir locales. La seconde examine les effets de ces attitudes, d’abord sur la capacité des groupes rebelles à maintenir leur cohésion, et ensuite sur l’issue des conflits dans lesquels ils sont engagés. Ces analyses s’appuient dans un premier temps sur des tests statistiques visant à confirmer les liens entre les rapports qu’ont les groupes rebelles aux structures de pouvoir locales et leur évolution en tant qu’organisation. Dans un second temps, ces analyses sont approfondies et affinées à travers une étude de la guerre civile en Ethiopie (1974-1991)

    Giovanni Zanoletti, Le djihad de la vache : pastoralisme et formation de l'État au Mali, thèse soutenue en 2020 à Paris 10 sous la direction de Béatrice Hibou présidée par Olivier Roy, membres du jury : Jacobo Grajales Lopez (Rapp.), Louisa N. Lombard (Rapp.), Charles Grémont et Mahaman Sanoussi Tidjani Alou    

    Pourquoi choisir la « vache » pour guider l’analyse de la formation de l’État au Mali ? L’angle du pastoralisme permet d’analyser la formation de l’État à partir de l’articulation de deux registres, celui de la sécurité ontologique et celui de l’économie du développement, et des deux temporalités qui leur correspondent : la temporalité de l’adaptation - où priment les institutions historiques fondées sur l’itinérance et sur les liens entre terroirs et individus - et la temporalité d’un mode de vie « bureaucratique », où priment l’anticipation et la prévisibilité du futur. Par exemple, en fonction des situations, la vache peut constituer une réserve de valeur économique, un outil de gouvernement, et parfois même les deux à la fois. Le sens que la société malienne confère aujourd’hui aux différents modes d’existence semble donc être façonné de concert par ces deux registres. Le « djihad de la vache » l’illustre de manière exemplaire : face aux bouleversements entraînés par la construction de l’État-nation, les relations de production dans le milieu pastoral deviennent prévisibles grâce à la systématisation du « confiage » - institution historique qui consiste à confier des troupeaux à des bergers selon des logiques complexes et instables d’alliances entre terroirs. Cette systématisation se réalise grâce à une bureaucratie, qui n’est pas étatique mais qui est incarnée par la « conduite de vie » djihadiste. À travers l’analyse de la « vache », cette thèse suggère donc que le « djihad » ne s’oppose pas à l’État mais qu’il est au contraire une modalité de sa formation, fut-elle « distordue » : il répond en effet aux demandes de sécurité « ontologique » des gens, mais il le fait essentiellement en faisant coïncider « prévisibilisation » des modes d’existence et salut de l’âme.

    Nathan Ngarassem, La rébellion Codos au Tchad. Une guerre Nord-Sud sans fin, thèse soutenue en 2012 à Lyon 3 sous la direction de David Cumin présidée par Jean-Paul Joubert, membres du jury : Jean-Louis Atangana (Rapp.), Pascal Hintermeyer (Rapp.)    

    Au Tchad, le Nord contraste avec le Sud. Alors que le Nord, aride consacré à l’élevage, est majoritairement de culture arabo-islamique, le Sud, savane boisée propice à l’agriculture, a épousé la culture occidentale. Avec la colonisation, puis avec les présidents sudistes Tombalbaye et Malloum, cette dichotomie s’est accrue ethniquement, religieusement... Le Frolinat, taxant les régimes sudistes de dominants, a pris le pouvoir après la guerre civile de 1979 et depuis lors, le Nord l’a confisqué, même si, une opposition politico-militaire sudiste, l’a contesté en permanence : face à Goukouni, les FAT, reliquat de l’ancienne armée nationale, coiffées par un organe politique, le Comité Permanent créé en 1979 lors du repli des sudistes au Sud, puis face à Habré une opposition armée dénommée Codos, créés pour résister à l’invasion très meurtrière du Sud par les forces de Habré. Les Codos purent s’imposer lors d’engagements considérables mais jamais déterminants. En effet, l’appui extérieur obtenu par Habré pour le conflit d’Aouzou, l’existence de multiples groupes de Codos, l’absence de base arrière... les rendirent vulnérables. Mais leur action a amené Habré à la négociation permettant un rééquilibrage politico-militaire. Les Codos (ré)intégreront les organes administratifs militaires et civils. Beaucoup de lycéens reprendront leurs études. Certains leaders seront nommés à de hautes fonctions et d’autres militaires prendront leur retraite. Ainsi émerge un Codo, Tokinon P. K. qui est devenu un homme d’affaires sans désavouer le Codoriste leader sudiste, Kamougué qui occupa plusieurs hautes fonctions politiques et créa son parti politique en 1992. Est-ce la fin de la guerre Nord-Sud ?