Kevin Geay, Éric Agrikoliansky, Philippe Aldrin, Catherine Achin, Lorenzo Barrault-Stella (dir.), Ordre social, désordre électoral: une sociologie du vote de 2017, Presses universitaires du Septentrion, 2024, Espaces politiques, 396 p.
Le vote n’est-il qu’une affaire de chiffres ? C’est l’impression que peut donner une chronique de l’élection focalisée sur la courbe des intentions de vote ou sur les pourcentages de composition ou de distribution des voix. Pourtant, si le vote demeure fondamentalement une opération de comptage et de décomptage, il ne suffit pas de compter les voix pour comprendre comment les électrices et les électeurs perçoivent l’offre électorale, interprètent ses enjeux et font finalement leur choix. À partir d’une longue enquête réalisée au plus près des citoyens, à la fois qualitative et quantitative, les contributions de ce livre interrogent le poids des trajectoires sociales et des contextes de leur existence sur les façons de voter. Menée tout au long de la séquence électorale de 2017, l’enquête montre la persistance de l’ancrage social du vote face à un désordre inédit de l’offre électorale. Elle propose de renouveler la sociologie des variables sociales qui façonnent les préférences électorales.
Kevin Geay, Enquête sur les bourgeois: aux marges des beaux quartiers, Fayard, 2019, 258 p.
Kevin Geay, Collectif Spel, Éric Agrikoliansky, Lorenzo Barrault-Stella, Clémentine Berjaud [et alii], Les sens du vote: une enquête sociologique, France, 2011-2014, Presses universitaires de Rennes, 2019, Res publica (Online)
Kevin Geay, Brigitte Le Grignou, Éric Agrikoliansky, Stéphane Beaud, Philippe Aldrin [et alii], Enquête sur les rapports au politique des classes supérieures, 2015, 466 p.
Cette thèse s’appuie sur une série d’enquêtes qualitatives et quantitatives pour proposer une analyse systématique du rapport au politique des classes supérieures françaises. Notre hypothèse est que l’on peut mieux spécifier la manière dont les mieux dotés participent, opinent, et font valoir leurs intérêts, si l’on prend au sérieux tous les comportements qui ne collent pas avec la description usuelle d’une classe supérieure compétente, investie et intégrée politiquement. Ainsi, s’intéresser aux formes bourgeoises de scepticisme et de relâchement dans la participation conventionnelle autorise une compréhension plus fine du lien entre statut social et politisation. De même, être attentif aux ratés de la reproduction des préférences politiques révèle en creux ce qui, dans le fait d’appartenir aux classes supérieures, dispose au vote de droite. Enfin, nous préciserons les conditions de possibilité du pouvoir des classes supérieures en prenant pour objet les rendements incertains du capital social spécifique que constitue la proximité aux élus, d’une part, et les tentatives malheureuses de contrôle territorial, d’autre part.