Kevin Geay

Maître de conférences
Science politique.
Ecole de Science politique de la Sorbonne

Centre Européen de Sociologie et de Science Politique
  • THESE

    Enquête sur les rapports au politique des classes supérieures, soutenue en 2015 à Paris 9 sous la direction de Brigitte Le Grignou et Éric Agrikoliansky présidée par Stéphane Beaud, membres du jury : Philippe Aldrin (Rapp.), Nicolas Mariot (Rapp.), Céline Braconnier   

  • Kevin Geay, Éric Agrikoliansky, Philippe Aldrin, Catherine Achin, Lorenzo Barrault-Stella (dir.), Ordre social, désordre électoral: une sociologie du vote de 2017, Presses universitaires du Septentrion, 2024, Espaces politiques, 396 p.    

    Le vote n’est-il qu’une affaire de chiffres ? C’est l’impression que peut donner une chronique de l’élection focalisée sur la courbe des intentions de vote ou sur les pourcentages de composition ou de distribution des voix. Pourtant, si le vote demeure fondamentalement une opération de comptage et de décomptage, il ne suffit pas de compter les voix pour comprendre comment les électrices et les électeurs perçoivent l’offre électorale, interprètent ses enjeux et font finalement leur choix. À partir d’une longue enquête réalisée au plus près des citoyens, à la fois qualitative et quantitative, les contributions de ce livre interrogent le poids des trajectoires sociales et des contextes de leur existence sur les façons de voter. Menée tout au long de la séquence électorale de 2017, l’enquête montre la persistance de l’ancrage social du vote face à un désordre inédit de l’offre électorale. Elle propose de renouveler la sociologie des variables sociales qui façonnent les préférences électorales.

    Kevin Geay, Bourgeoisie et politique, cet objet à la mode. Motifs de frustrations et raisons d’être optimiste, 4e éd., Mouvements, 2019, 100, 143151 p.   

    Paru en 2003, le numéro 26 de la revue Mouvements s’ouvrait sur le constat suivant : « le vocable de classes sociales a disparu du glossaire savant de la description des sociétés développées autant que du discours politique ordinaire ». Succédait à l’éditorial un article dans lequel Louis Chauvel et Franz Shultheis déploraient le « refoulement de la notion de classes » et l’écroulement de la production livresque sur le sujet1.

    Kevin Geay, Enquête sur les bourgeois: aux marges des beaux quartiers, Fayard, 2019, 258 p. 

    Kevin Geay, Collectif Spel, Éric Agrikoliansky, Lorenzo Barrault-Stella, Clémentine Berjaud [et alii], Les sens du vote: une enquête sociologique, France, 2011-2014, Presses universitaires de Rennes, 2019, Res publica (Online)   

    Kevin Geay, Brigitte Le Grignou, Éric Agrikoliansky, Stéphane Beaud, Philippe Aldrin [et alii], Enquête sur les rapports au politique des classes supérieures, 2015, 466 p.  

    Cette thèse s’appuie sur une série d’enquêtes qualitatives et quantitatives pour proposer une analyse systématique du rapport au politique des classes supérieures françaises. Notre hypothèse est que l’on peut mieux spécifier la manière dont les mieux dotés participent, opinent, et font valoir leurs intérêts, si l’on prend au sérieux tous les comportements qui ne collent pas avec la description usuelle d’une classe supérieure compétente, investie et intégrée politiquement. Ainsi, s’intéresser aux formes bourgeoises de scepticisme et de relâchement dans la participation conventionnelle autorise une compréhension plus fine du lien entre statut social et politisation. De même, être attentif aux ratés de la reproduction des préférences politiques révèle en creux ce qui, dans le fait d’appartenir aux classes supérieures, dispose au vote de droite. Enfin, nous préciserons les conditions de possibilité du pouvoir des classes supérieures en prenant pour objet les rendements incertains du capital social spécifique que constitue la proximité aux élus, d’une part, et les tentatives malheureuses de contrôle territorial, d’autre part.

  • Kevin Geay, Éric Agrikoliansky, Lorenzo Barrault-Stella, Clémentine Berjaud, Thibaud Boncourt, « Questions de méthode », in Collectif SPEL (dir.), Les sens du vote : une enquête sociologique (France, 2011-2014), Presses universitaires de Rennes, 2016 

  • Kevin Geay, « Près des yeux, loin du cœur. Relations informelles avec les élu·es et sentiment bourgeois de représentation politique », Participations, Participations, 2021, n°30, pp. 129-156   

    Les relations interpersonnelles avec les élu·es sont les premières désignées lorsqu’il s’agit d’expliquer le consentement bourgeois à la délégation. Comme si la relation représenté·es/représentant·es était toujours une scène d’harmonie, les hiatus inhérents à ce type de côtoiement ne sont jamais évoqués. Ils nous informent pourtant, en creux, sur les conditions du sentiment bourgeois de représentation : les habitants et les habitantes des beaux quartiers attendent du ou de la mandataire qu’il ou elle témoigne de son identité bourgeoise, non pas in abstracto, mais en actualisant dans l’interaction des dispositions au contrôle de soi, à la condescendance et à l’entretien du capital social.

    Kevin Geay, Éric Agrikoliansky, « La bourgeoisie économique : une  classe mobilisée , mais comment ? », Actes de la recherche en sciences sociales, Actes de la recherche en sciences sociales, 2020, n°232-233, pp. 14-29   

    Depuis deux décennies les professions libérales, les entrepreneurs, les cadres d’entreprise n’ont jamais autant soutenu les candidats de la droite libérale. À partir d’une série d’enquêtes menées de 2007 à 2017 auprès des habitants du 16e arrondissement de Paris, l’article revient sur les médiations susceptibles de construire le vote de droite comme étant conforme à l’intérêt de cette bourgeoisie économique. Il montre que l’encadrement partisan joue un rôle très indirect dans la mobilisation électorale de ces populations, tant ces dernières entretiennent un dégoût social pour les formes d’appréhension des objets politiques perçues comme populaires ou scolastiques. L’identification partisane est plutôt le produit de l’inscription précoce des enfants dans le fil d’une mémoire bourgeoise indissociablement familiale et politique ; produit actualisé tout au long du cycle de vie par la sociabilité intense et élective qui caractérise ces groupes. Cette reproduction en vase clos ne va cependant pas toujours de soi. Et cette incertitude motive de petits ajustements générationnels dans les formes et contenus de la socialisation politique conservatrice.

    Kevin Geay, Éric Agrikoliansky, Lorenzo Barrault-Stella, Clémentine Berjaud, Diane Delacourt, « Les discussions font-elles les votes ? : Conditions, usages et effets des conversations lors des élections françaises de 2017 », Politix, Politix, 2020, n° 127, pp. 3-29   

    Cet article revisite la question de l’effet des conversations politiques sur les choix électoraux, qui tient aujourd’hui une place importante dans les approches contextuelles du vote. Il se fonde sur une enquête par questionnaires et par entretiens approfondis menée durant les élections françaises de 2017 (la présidentielle et les législatives). L’enquête montre que l’hypothèse d’une fonction délibérative des conversations en période électorale est peu réaliste ; et ce d’autant moins que les conversations ne sont appréhendées que par leurs contenus « politiques ». Si les conversations ont des effets, ceux-ci ne peuvent se saisir qu’à l’aune des ancrages sociaux qui définissent non seulement la possibilité des conversations politiques, mais aussi le sens que les électeurs confèrent à ces dernières. L’article montre que ce qui circule dans les conversations en période préélectorale, ce sont moins des informations politiques permettant aux électeurs de se décider que des normes et des identifications partisanes et sociopolitiques qui confèrent à l’acte de vote une dimension collective déterminante.

    Kevin Geay, Eric Agrikoliansky, « La bourgeoisie économique : une classe mobilisée, mais comment ? », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, , 2020 

    Kevin Geay, « Bourgeoisie et politique, cet objet à la mode.Motifs de frustrations et raisons d'être optimiste », Mouvements : des idées et des luttes, La découverte, 2019, n°100 

    Kevin Geay, Éric Agrikoliansky, Lorenzo Barrault-Stella, Clémentine Berjaud, Diane Delacourt, « Les discussions font-elles les votes ? »: Conditions, usages et effets des conversations lors des élections françaises de 2017, Politix, De Boeck Supérieur, 2019, n°127, pp. 5-29 

    Kevin Geay, Lorenzo Barrault-Stella, Clémentine Berjaud, « Distances à la politique : des banlieues populaires aux beaux quartiers : Inégalités sociales et formes de désintérêt pour la politique », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2016, n°36, pp. 83-98  

    Kevin Geay, Lorenzo Barrault-Stella, Clémentine Berjaud, « Distances à la politique : des banlieues populaires aux beaux quartiers », Savoir/Agir, Editions du Croquant [2003-...., 2016, pp. 83-98 

    Kevin Geay, « Aux marges des beaux quartiers : Membres du Racing et prostituées au Bois de Boulogne », Genèses, Genèses, 2015, n°99, pp. 8-27   

    Le site du Pré-Catelan, dans le Bois de Boulogne, voit se côtoyer les membres du Lagardère Paris Racing et des prostituées. La longanimité dont font preuve les ayants droit du Pré-Catelan vis-à-vis de la présence prostitutionnelle constitue une énigme au regard du pouvoir de mise à distance prêté aux habitants des beaux quartiers par la littérature sociologique. Cet article montre qu’en l’absence d’un contexte municipal favorable à la politisation du racolage, « travailler » à ignorer les prostituées constitue pour les ayants droit du Pré-Catelan une alternative à la mobilisation. Car ce qui est vital pour ces derniers, c’est moins de parvenir à monopoliser leur lieu de loisir que d’imposer une définition homogène de celui-ci.

    Kevin Geay, « Aux marges des beaux quartiers. Membres du Racing et prostituées au Bois de Boulogne », Genèses. Sciences sociales et histoire, Belin, 2015, n°99 

    Kevin Geay, «  Messire Dieu, premier servi  : Étude sur les conditions de la prise de parole chez les militants traditionalistes de Civitas », Politix, Politix, 2014, n°106, pp. 59-83   

    Les militants traditionalistes de l’Institut Civitas font parler d’eux mais demeurent sociologiquement méconnus. D’où viennent-ils et pourquoi leur engagement radical se réalise-t-il dans cette organisation ? En quoi sont-ils attirés par une forme d’engagement susceptible de les marginaliser dans les sociabilités post-adolescentes ? L’enquête par observation participante présentée ici décrit l’inscription précoce des traditionalistes dans le fil bleu de la mémoire contre-révolutionnaire. La conformité des jeunes militants à ce rôle prescrit a néanmoins un coût pour Civitas. L’institut traditionaliste est pris en tension entre sa volonté d’élargir son audience au-delà de son vivier historique et son incapacité à transiger sur les pratiques ésotériques qui font sa spécificité et son unité.

  • Kevin Geay, Éric Agrikoliansky, Lorenzo Barrault-Stella, Clémentine Berjaud, Thibaud Boncourt, « Comprendre les conditions de l’effervescence électorale : un dispositif d’entretiens panélisés (2011 à 2013) », 13ème Congrès national de l'Association française de science politique, Aix-en-Provence, le 01 juin 2015 

PublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Georges Bertherat, Comment l'âge influence-t-il nos représentations du monde social ? Étude auprès de bénévoles en associations de solidarité, thèse en cours depuis 2025 en co-direction avec Isabelle Sommier