Pierre Odin, Sophie Béroud, Raphaël Challier, Laurent Dartigues, Jean-Baptiste Devaux [et alii], Sur le terrain avec les gilets jaunes: approche interdisciplinaire du mouvement en France et en Belgique, Presses universitaires de Lyon, 2022, Actions collectives
Fin 2018, la France connaît un soulèvement populaire sans précédent, motivé dans un premier temps par le refus de l'augmentation du prix des carburants automobiles. Pour se reconnaître, les individus concernés endossent un gilet de haute visibilité, le fameux « gilet jaune ». Rapidement, la mobilisation s'étend à la Belgique, principalement à Bruxelles et à la Wallonie. Ce mouvement, ou plutôt ces mouvements, en renouvelant les modalités de la mobilisation, rebattent les cartes de l'analyse. Leur caractère spontané, apartisan sans être apolitique, interroge les rapports qui se nouent entre Gilets jaunes et syndicats d'une part, entre Gilets jaunes et institutions d'autre part. Force est ainsi de constater qu'à des aspirations démocratiques de plus en plus affirmées répondent une répression policière et des sanctions judiciaires inégalées. La confrontation entre terrain belge et terrain français, les enquêtes et les observations sociologiques, les entretiens individuels ou collectifs, les portraits d'individus mobilisés et les photographies de terrain sont autant d'outils utilisés dans cet ouvrage pour tenter de redonner une parole longtemps confisquée aux principaux acteurs de cette mobilisation : les Gilets jaunes eux-mêmes
Pierre Odin, Yolaine Gassier, Baptiste Giraud, François Alfandari, Charles Berthonneau [et alii], Le travail syndical en actes: faire adhérer, mobiliser, représenter, Presses universitaires du Septentrion, 2021, Espaces politiques, 293 p.
Pierre Odin, Pwofitasyon: luttes syndicales et anticolonialisme en Guadeloupe et en Martinique, la Découverte, 2020, Sciences humaines, 311 p.
"Lorsque survinrent, au début de l’année 2009, de vastes mouvements de grève générale contre la vie chère à l’appel du Liyannaj Kont Pwofitasyon en Guadeloupe et du Kolectif 5-Févrié en Martinique, nombreuses furent les réactions d’étonnement face à la radicalité, l’ampleur et la durée de ces deux mobilisations. Que pouvait-il donc y avoir de si intolérable dans la cherté de la vie pour que, par milliers, les Antillais cessent le travail, descendent dans la rue et occupent les places ? Peu comprenaient, de l’extérieur, la volonté farouche de quelques organisations de travailleurs venues dénoncer la pwofitasyon, cette « exploitation outrancière, capitaliste et colonialiste », en exhibant publiquement les rouages les plus secrets de la machine qui semblait s’être alors enrayée. S’appuyant sur une enquête sociologique et historique mêlant entretiens, observations de terrain et travail dans les archives, cet ouvrage revient sur le rôle du syndicalisme dans les mobilisations en Guadeloupe et en Martinique, depuis la période tumultueuse des luttes révolutionnaires et anticolonialistes des années 1960-1970 jusqu’à nos jours, et sur la grève générale de l’hiver 2009, moment demeuré ouvert à tous les possibles."
Pierre Odin, Pwofitasyon , 2019
Lorsque survinrent, au début de l’année 2009, de vastes mouvements de grève générale contre la vie chère à l’appel du Liyannaj Kont Pwofitasyon en Guadeloupe et du Kolectif 5-Févrié en Martinique, nombreuses furent les réactions d’étonnement face à la radicalité, l’ampleur et la durée de ces deux mobilisations. Que pouvait-il donc y avoir de si intolérable dans la cherté de la vie pour que, par milliers, les Antillais cessent le travail, descendent dans la rue et occupent les places ? Peu comprenaient, de l’extérieur, la volonté farouche de quelques organisations de travailleurs venues dénoncer la pwofitasyon, cette « exploitation outrancière, capitaliste et colonialiste », en exhibant publiquement les rouages les plus secrets de la machine qui semblait s’être alors enrayée.
S’appuyant sur une enquête sociologique et historique mêlant entretiens, observations de terrain et travail dans les archives, cet ouvrage revient sur le rôle du syndicalisme dans les mobilisations en Guadeloupe et en Martinique, depuis la période tumultueuse des luttes révolutionnaires et anticolonialistes des années 1960-1970 jusqu’à nos jours, et sur la grève générale de l’hiver 2009, moment demeuré ouvert à tous les possibles. Mention spéciale du jury - Prix littéraire FETKANN ! (2019)Sommaire : Pages de début (p. 1-6)| Glossaire des organisations (p. 7-8)| Prologue (p. 9-11)| Introduction. « La grève des quarante-quatre jours » : un moment révolutionnaire ? (p. 13-25)| Présentation (p. 27-33)| 1 - Un Mai-68 antillais ? (p. 35-67)| 2 - De la lutte politique à la lutte syndicale : topographie d’une reconversion (p. 68-91)| Présentation (p. 93-96)| 3 - « Se syndiquer pour marcher vers l’indépendance » : l’Union générale des travailleurs de la Guadeloupe (p. 97-128)| 4 - « Se syndiquer pour la lutte des classes » : la CGT Guadeloupe et la CGT Martinique (p. 129-166)| Présentation (p. 167-172)| 5 - Lutter contre la pwofitasyon : la construction d’une radicalité unitaire (p. 173-219)| 6 - La généralisation de la contestation (p. 220-272)| Conclusion. « Après la colonie » : de l’anticolonialisme au post-colonialisme ? (p. 273-279)| 1. Chronologie des entretiens et des observations (p. 283-289)| 2. Index biographique (p. 290-293)| 3. Enquêter sur le syndicalisme aux Antilles : de l’observation participante à l’observation « embarquée » (p. 294-306)| Remerciements (p. 307-308)| Pages de fin (p. 309-311).
Pierre Odin, Les logiques syndicales de la marche vers l’indépendance , 3e éd., Mouvements, 2017, 91, 150159 p.
Connue lors de la grève générale de l’hiver 2009 qui a touché l’île, l’action de l’Union Générale des Travailleurs de la Guadeloupe s’étend bien au-delà de la défense des salarié·es et de la question du pouvoir d’achat. En articulant question sociale, raciale et décoloniale dans le cadre d’un travail d’éducation populaire et d’encadrement ouvrier l’UGTG est parvenue en plusieurs décennies à se constituer comme un acteur incontournable de la lutte indépendantiste dans la Caraïbe.
Pierre Odin, Lilian Mathieu, Justin Daniel, Sandrine Revet, Sophie Béroud [et alii], Travayè an larila - Les travailleurs sont dans la rue: syndicalisme et protestation en Guadeloupe et en Martinique, Sciences Po, 2017, 518 p.
En janvier 2009, une grève générale de 44 jours était déclenchée à l’appel du Liyannaj Kont Pwofitasyon - pour « Unité contre l’exploitation » en Guadeloupe et du Kolectif 5 Févrié - « Collectif du 5 février » en Martinique. Ces deux coalitions menées par des syndicalistes entendaient alors mobiliser la population locale contre la cherté de la vie aux Antilles, en soulignant le caractère inégalitaire et colonial de ce phénomène. La première partie de ce travail entend exposer la genèse du syndicalisme aux Antilles : d’abord, en décrivant l’influence des événements de Mai 68 sur la jeunesse anticolonialiste antillaise ; ensuite, en analysant les trajectoires des militants anticolonialistes qui se sont tourné vers le syndicalisme à la fin des années 1970. La deuxième partie est consacrée à l’encadrement politique des syndicats antillais contemporains, au sein de quatre organisations : l’Union Générale des Travailleurs de la Guadeloupe (UGTG), la Confédération Générale du Travail (CGTG et CGTM) et la Confédération Démocratique des Travailleurs Martinique (CDMT). Plus spécifiquement, il sera ici question de la façon dont l’indépendantisme et les différents courants d’extrême gauche parviennent à imprimer et à maintenir leurs orientations politiques tout en composant avec la diversité des publics auprès desquels interviennent les syndicats. Notre troisième partie revient quant à elle sur la situation de conflit social généralisé qui surgit à la faveur de la grève générale de 2009, en analysant le travail de coalition entre les différents acteurs protestataires, les négociations avec les autorités de l’île et la dynamique de radicalisation du conflit.
Pierre Odin, Syndicalisme et protestation en Guadeloupe: le cas des organisations syndicales guadeloupéennes au sein du collectif Liyannaj Kont Pwofitasyon,, 2012, 152 p.
Pierre Odin, Clea Chakraverty, « Lutte contre la vie chère aux Antilles », Socialter, Socialter, 2025, n°67, pp. 76-78
Pierre Odin, Lionel Arnaud, Bénédicte Havard Duclos, Marion Lang, Mariette Sibertin-Blanc, « Comment Démos bouscule les politiques culturelles locales », NECTART, NECTART, 2024, n°19, pp. 88-101
Pierre Odin, « Le barrage et l’émeute : Interdépendance des répertoires d’action collective et construction militante de la spontanéité en Guadeloupe », L'Homme & la Société, L'Homme & la Société, 2024, n°219, pp. 167-194
Cet article interroge la construction militante de la spontanéité, en prenant pour exemple le rôle du syndicalisme guadeloupéen et les mobilisations d’ampleur en opposition à l’obligation vaccinale et aux restrictions sanitaires qui se sont déroulées en Guadeloupe au cours des mois de novembre et décembre 2021. Partant d’un travail d’observations in situ et d’entretiens auprès de syndicalistes, cette contribution pointe la façon dont le travail d’encadrement syndical tente de répondre au recours à l’action spontanée de groupes mobilisés étrangers au syndicalisme. On analyse notamment le degré d’interdépendance entre les formes d’actions désignées comme conventionnelles (barrages routiers) et violentes (affrontements et émeutes) qui se succèdent dans le cadre de ce mouvement.
Pierre Odin, « Lionel Arnaud, La politique des tambours. Cultures populaires et contestations postcoloniales en Martinique : Avec des photographies de Jean-Michel Terrine Paris, Karthala, Aix-en-Provence, Sciences Po Aix, 2020, 326 pages. », Critique internationale, Critique internationale, 2023, n°101, pp. 189-193
Pierre Odin, « Wekker (Gloria), White Innocence: Paradoxes of Colonialism and Race, Durham, Duke University Press, 2016, 226 p. », Politix, Politix, 2021, n° 131, pp. 164-167
Pierre Odin, « Négocier pour mieux lutter : définition des problèmes publics et stratégies de mobilisation en Guadeloupe (2009) », Participations, Participations, 2017, n°16, pp. 223-248
Cet article se propose de porter un regard croisé sur les tensions entre mobilisation et participation des publics, dans l’optique de questionner le cadre de la définition des problèmes publics durant une situation de conflit social généralisé – comme ce fut le cas en Guadeloupe en 2009. Interrogeant les effets du travail de coalition et les enjeux de la concurrence organisationnelle dans la mise en capacité stratégique des acteurs contestataires, il se propose de montrer comment des revendications issues de catégories militantes indigènes accèdent au rang de problème public. Il se propose également d’interroger les conditions de diffusion et de circulation des ressources critiques, au travers d’une approche compréhensive de la dimension conflictuelle du processus des négociations.
Pierre Odin, « Se syndiquer pour l'indépendance : Quelques remarques à propos de l'Union générale des travailleurs de la Guadeloupe », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2014, n°27, pp. 63-70
Pierre Odin, « Une prise de conscience syndicale en Guadeloupe », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2012, n°22, pp. 71-76