• THESE

    Le Trésor et ses mondes (1966-1995) : contribution à une sociologie relationnelle de l'État, soutenue en 2017 à Paris Sciences et Lettres ComUE sous la direction de Michel Offerlé présidée par Brigitte Gaïti, membres du jury : Jean-Michel Eymeri-Douzans (Rapp.), Pierre François (Rapp.), Valérie Boussard et Herrick Chapman     

  • Sarah Kolopp, Emilie Biland, « Haute fonction publique », Rencontres avec Michel Offerlé, Editions du croquant, 2018 

  • Sarah Kolopp, « Matthias Thiemann (2024), Taming the Cycles of Finance? Central Banks and the Macroprudential Shift in Financial Regulation, Cambridge, Cambridge University Press », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2026, n°14, pp. 133-136  

    Sarah Kolopp, Mathieu Fulla, « Changer les hommes pour changer la vie ? : Contribution à une sociologie politique des nominations : l’exemple des banques nationalisées en 1982 », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2024, n°73, pp. 421-447   

    À partir du cas des 39 présidents-directeurs généraux nommés dans le secteur bancaire nationalisé par le gouvernement de gauche en 1982, cet article discute le constat dominant de relative inertie de la sélection des élites par-delà l’alternance de 1981. En croisant archives, entretiens et prosopographie, il montre que le changement élitaire dans le secteur financier public est discontinu et segmenté. Il rend compte de recompositions complexes liées aux sinuosités et aux marchandages caractérisant le gouvernement des nominations. Prenant au sérieux les relations entre changement politique, changement élitaire et changement de politique, l’article conclut que le temps court de cette alternance gauche-droite ne doit pas être banalisé.

    Sarah Kolopp, Mathieu Fulla, « Changer les hommes pour changer la vie? »: Contribution à une sociologie politique des nominations: l'exemple des banques nationalisées en 1982, Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2023, n°3 

    Sarah Kolopp, « Au-delà du  carnet d’adresses  : Courtiser, rendre service et faire carrière : un inspecteur des finances aux sommets de l’État », Genèses, Genèses, 2023, n°130, pp. 57-79   

    Comment la compétition entre puissant·es est-elle régulée aux sommets de l’État quand les titres ne suffisent plus ? Cet article examine l’inégal accès des haut·es fonctionnaires aux positions de pouvoir à partir du cas de Jean-Yves Haberer. À la manière de la société de cour étudiée par Elias, c’est aussi dans et par le commerce des autres que s’ordonne la concurrence entre élites administratives. La sociologie des élites permet de déplacer le regard des politistes des relations politico-administratives vers l’économie multipolarisée d’échanges d’influence où se jouent, aussi, les carrières.

    Sarah Kolopp, Daniela Gabor, Frédéric Lebaron, Wolfgang Streeck, Rafaël Cos, « D’une crise à l’autre : les nouvelles interdépendances entre l’État et la finance globale », Critique internationale, Critique internationale, 2022, n°94, pp. 171-193  

    Sarah Kolopp, Rafaël Cos, « Quand l’entreprise bancaire connaît la crise. Sur l’effervescence politique de la finance », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2021, n°56, pp. 29-36  

    Sarah Kolopp, « Pantoufler, une affaire d'hommes ? : Les énarques, l'administration financière et la banque (1965-2000) », Sociétés contemporaines, Sociétés contemporaines, 2021, n°120, pp. 71-98   

    RésuméCet article contribue à éclairer la faible féminisation des états-majors bancaires français en analysant une de leurs filières de recrutement, la filière « État », du point de vue du genre. Il s’appuie sur une enquête menée sur la direction du Trésor (en charge de la politique financière de l’État) qui, en organisant un système up or out de gestion des carrières de ses cadres, s’est imposée comme un lieu-clé du pantouflage des énarques vers les milieux bancaires à partir des années 1960. À partir d’un travail prosopographique et par entretiens avec les énarques hommes et femmes de la direction, il montre que pantoufler dans la banque constitue un privilège masculin. Il rend compte de l’inégal accès des hommes et femmes énarques à cette filière prisée de pantouflage par leurs trajectoires différentes (et hiérarchisées) d’accès à la haute fonction publique, et par les biais de genre nichés dans les dispositifs de gestion des carrières au Trésor. Cet article contribue ainsi à documenter les ressorts des inégalités de carrières entre hommes et femmes dans la très haute fonction publique. En analysant le pantouflage à travers le prisme du genre, il met, surtout, en lumière les processus de hiérarchisation, d’élimination et de consécration qui travaillent les sommets de l’État.

    Sarah Kolopp, «  La main de l’étranger  ? : Les voies de l’international dans la réforme financière en France : le cas du  souci international  de la direction du Trésor », Politix, Politix, 2019, n° 124, pp. 161-181   

    À rebours des analyses qui voient dans les réformes françaises de libéralisation financière une « main de l’étranger », et de celles qui en font un produit domestique, cet article met l’accent sur les passeurs et les passerelles de l’international dans la mise en réforme du système financier français. À partir d’une enquête sur archives et par entretiens sur la direction du Trésor, en charge de la politique financière, il montre comment et pourquoi cette dernière se branche, à partir des années 1960, aux circuits internationaux d’échanges en matière financière. Il analyse les formes et les enjeux de ces échanges et montre qu’ils structurent, au Trésor, un « souci international », souci de ce que font, pensent et dont débattent les autres. À un moment où le régime de finance encastrée d’après-guerre est débattu dans les cercles financiers internationaux, ce nouveau « souci international » du Trésor rend pensables les réformes de libéralisation financière française.

    Sarah Kolopp, « Sarah Kolopp, Le Trésor et ses mondes (1966-1995). Contribution à une sociologie relationnelle de l’État, Thèse de sociologie politique, réalisée sous la direction de Michel OFFERLÉ, Professeur émérite de science politique, ENS de Paris, soutenue le 30 novembre 2017 à l’ENS de Paris », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2018, n° 21, p. -  

    Sarah Kolopp, Caroline Bertron, « The scholar, the wealthy and the powerful: notes on academic culture in elite-focused fieldwork », Journal of Education and Work, Taylor & Francis (Routledge), 2017, n°2   

    Sarah Kolopp, « De la modernisation à la raison économique : La formation en économie à l'Ena et les déplacements des lieux communs de l'action publique (1945-1984) », Genèses, Genèses, 2014, n°93, pp. 53-75   

    À partir de l’analyse archivistique de la fabrique des programmes d’études et du contenu des cours d’économie à l’Ena, cet article retrace les transformations des formes légitimes des savoirs et des modes d’action sur l’économie enseignés dans cette école de 1945 à 1984, et les luttes qui sont à leur principe. Il montre que la consolidation d’une approche économique des activités administratives au sein de l’école s’articule étroitement à la transformation des lieux communs qui cadrent l’action économique d’État – de la « modernisation » d’après-guerre à la « raison économique » valorisant l’« efficacité » sous contrainte des choix publics. Il insiste sur les petits déplacements qui opèrent ces transformations, trop souvent pensées sur le mode du « basculement » du keynésianisme au néolibéralisme.

    Sarah Kolopp, « Thomas Medvetz (2012),Think Tanks in America, Chicago (Ill.), University of Chicago Press », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2013, n°VOL. 2, pp. 507-526  

    Sarah Kolopp, Émilie Biland, « La fabrique de la pensée d'État : Luttes d'institutions et arrangements cognitifs à l'ENA (1945-1982) », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2013, n°VOL. 2, pp. 221-248   

    Portant sur la formation à l’École nationale d’administration entre 1945 et 1982, cet article entend contribuer à l’analyse des ressorts cognitifs de la domination bureaucratique. Au moyen d’une étude archivistique, il montre que les enseignements sont travaillés par des processus de changement indexés sur des rapports de force situés au croisement du champ du pouvoir et du champ des grandes écoles. Ces inflexions permettent d’historiciser la figure du « généraliste », souvent mobilisée pour caractériser les hauts fonctionnaires français. Du haut fonctionnaire humaniste dans les années 1950 au modèle « opérationnel » des années 1970, en passant par le projet de haut fonctionnaire scientifique dans les années 1960, ces constructions curriculaires de l’excellence administrative participent à la recomposition des modes de légitimation des groupes bureaucratiques, ainsi qu’aux transformations des catégories symboliques qui encadrent les dispositifs d’action publique.

    Sarah Kolopp, Emilie Biland, « La fabrique de la pensée d’État »: Luttes d’institution et arrangements cognitifs à l’ENA (1945-1982), Gouvernement & action publique, Presses de sciences po, 2013, n°2 

  • Sarah Kolopp, Rafael Cos, « Sous les pavés, la place. La fabrique de l’universel dans le plan de soutien aux banques françaises lors de la crise financière de 2008 », 16ème Congrès national de l’AFSP, Lille, le 05 juillet 2022 

    Sarah Kolopp, « Les femmes dans le corps préfectoral », le 08 novembre 2021  

    Organisée pour le CERSA, Université Panthéon-Assas / CNRS et l'IHEMI par Natacha Gally, Maîtresse de conférences à l'Université Panthéon-Assas (Paris2), CERSA et Pierre André Peyvel, Préfet honoraire, IHEMI.

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Nicolas Bina, Diriger une administration centrale. Prosopographie de l’encadrement dirigeant de l’État en France (1990-2025), thèse soutenue en 2025 à Bordeaux sous la direction de Cécile Vigour présidée par Jean-Michel Eymeri-Douzans, membres du jury : Delphine Dulong (Rapp.), François-Xavier Dudouet (Rapp.), Camille Bedock et Natacha Gally   

    A la charnière des ministres, des cabinets et des administrations qu'ils et elles dirigent, les directeurs et directrices d'administrations centrales occupent des fonctions méconnues de l’encadrement de l'Etat en France. A la croisée des travaux sur les institutions et l’Etat, sur les élites et sur le genre, cette recherche éclaire la fonction, la socialisation, les parcours et les pratiques de ces personnes nommées en Conseil des ministres. En prenant l'acte de nomination dans ces fonctions comme point de départ d'une étude longitudinale des carrières, cette thèse analyse les trajectoires et les caractéristiques socioprofessionnelles de toutes les personnes nommées à ces postes entre le 1er janvier 1990 et le 1er janvier 2025, sur l’ensemble des ministères (n = 1 446). Basée sur un dispositif d'enquête par méthodes mixtes, la thèse repose notamment sur l’analyse d'une base de données inédite et d’une vingtaine d’entretiens semi directifs avec des directeurs et directrices (anciennement) en poste. Construite selon la progression d'une carrière (origines géographiques, parcours d’études et de carrières, pratiques professionnelles et marges), cette recherche constitue la prosopographie complète d’un groupe social au sommet de l’Etat et présente les ressorts des socialisations communes de ses membres. L’accès à ces fonctions relèvent d’une articulation de capitaux nombreux et divers, accumulés au cours des trajectoires individuelles. « Fils de la République » ou issus de la noblesse d’Etat, les individus concernés ont des origines plus diverses que ne le laissent penser les travaux sur les sommets de la fonction publique. Alors que l’examen des parcours d’études fait apparaître trois catégories (généralistes, spécialistes et techniques), l’analyse longitudinale des carrières met en évidence huit types de trajectoires qui portent l’empreinte des pôles ministériels. Les cabinets ministériels, comme lieu d’exercice professionnel et comme environnement d’interactions quotidiennes, ne constituent pas une condition sine qua non de nomination à ces postes. Cette recherche montre également les pratiques quotidiennes de travail, dont le cœur ne diverge pas significativement selon les ministères, et la féminisation contrariée de ces environnements, qui continuent de reproduire des inégalités de carrière, malgré la présence (récente et) plus nombreuse de directrices. L’étude des marges de ces fonctions offre un regard nouveau sur des aspects méconnus d’environnements administratifs perçus par la puissance de leurs attributs et dessine les contours d’une élite dominée. Les directeurs et directrices d’administrations centrales apparaissent finalement comme un espace social particulier au cœur et aux contours de l’Etat, structuré selon des logiques à la fois généralistes et spécialistes, organisées autour des corps et des fonctions, selon six sous-groupes sociaux. En étudiant pour la première fois une fonction unique dans toutes ses composantes, par le haut et par les pratiques, cette recherche montre les apports des méthodes prosopographiques employées et dresse des perspectives de recherches fécondes pour appréhender d’autres groupes professionnels et institutions.