• THESE

    L'Union européenne dans la lutte contre le financement du terrorisme : enjeux et usages de la surveillance financière, soutenue en 2011 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Didier Bigo 

  • Anthony Amicelle, Michel Foucault, Sylvain Lafleur, Alternatives à la prison: une entrevue avec Jean-Paul Brodeur, Éditions Divergences, 2021, 110 p. 

    Anthony Amicelle, Benoît Dupont, Rémi Boivin, Francis Fortin, L'avenir du travail policier, les Presses de l'Université de Montréal, 2021, 186 p.   

    Anthony Amicelle, Laurent Bonelli, Hervé Rayner, Bernard Voutat, Jean-Marc Berlière, Les mondes du renseignement: entre légitimation et contestation, L'Harmattan, 2020, 300 p. 

    Anthony Amicelle, Didier Bigo, L'Union européenne dans la lutte contre le financement du terrorisme: enjeux et usages de la surveillance financière,, 2011, 463 p.  

    La thèse porte sur la fabrique des normes européennes (et internationales) contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et la manière dont elles mettent à l'épreuve les frontières institutionnelles de l'Etat dans l'organisation des missions de police et de renseignement. Via une analyse sociologique des relations entre professionnels de la sécurité et professionnels de la finance, nous nous intéressons notamment au processus de construction sociale de l'argent sale, à l'élaboration et à l'appropriation des normes communautaires dans ce domaine, à la production de listes officielles d'individus et d'entités suspectes de terrorisme ainsi qu'aux pratiques de surveillance financière.

    Anthony Amicelle, Gel des avoirs terroristes et anonymat bancaire: antinomie entre sécurité et économie dans la législation européenne ?, 2006, 146 p. 

  • Anthony Amicelle, Éric Alt, Benjamin Loveluck, « De l’École nationale de la magistrature à Anticor : Retour sur quatre décennies d’anticorruption à l’intersection des mondes judiciaire, associatif et politique », Cultures & Conflits, Cultures & Conflits, 2024, n°131-132, pp. 115-153   

    En revenant par le menu sur la trajectoire professionnelle ainsi que sur les engagements associatifs et syndicaux d’Éric Alt, cet entretien avec donne à voir autrement plus de trente ans de corruption et d’anticorruption en France et en Europe, avec un double intérêt. Premièrement, il contribue à éclairer l’équilibre dynamique des tensions qui structurent la gestion des illégalismes des élites dirigeantes, et en particulier les rapports de force à l’œuvre dans et entre les mondes judiciaire, associatif et politique. Deuxièmement, l’entretien permet de rendre compte des manières contemporaines de policer les élites dirigeantes en entrant dans le fonctionnement de l’association anticorruption Anticor. Cet entretien est complété par la communication prononcée par Éric Alt à l’occasion de la journée d’étude « Société civile et lutte contre la corruption » (« Lutter contre une démocratie défaillante. Résister à la corruption »).

    Anthony Amicelle, Jean Bérard, Killian Chaudieu, « Informer pour punir ? Pandora Papers, un non-scandale sans précédent », Cultures & Conflits, Cultures & Conflits, 2024, n°131-132, pp. 191-226   

    L’article porte sur les réactions suscitées en France par la « plus grande enquête de l’histoire du journalisme » : les Pandora Papers. En tant que dénonciation publique posée par les membres du Consortium international des journalistes d’investigation, cette enquête visait à faire advenir des mobilisations à la hauteur de l’ampleur inédite des révélations au sujet des illégalismes fiscaux des classes dominantes à travers le monde. Or, ce double principe de causalité et de proportionnalité ne s’applique pas à la dynamique du scandale. À partir d’une analyse de la presse et d’une comparaison avec les Panama Papers, nous montrons comment l’accusation portée dans l’espace public glisse sur les élites dirigeantes qui font valoir la légalité de leurs pratiques, ce qui interroge en retour la démarche des accusateurs : si la finalité de l’information journalistique est une forme de dénonciation comportant des suites judiciaires, qu’en reste-t-il lorsque les accusés parviennent à faire valoir que, sauf exception, ils ne sont pas poursuivis ? La mise en scène de la révélation et de ses suites semble coincée entre l’évidence d’un système scandaleux et le piège de la faute pénale introuvable. Comment expliquer ce scandale qui ne prend pas ? L’analyse ne donne pas de clef unique d’interprétation mais ouvre des pistes de réflexion, des capacités de résistance des élites accusées à la structure de l’espace journalistique et à l’absence de relais de la part du gouvernement.

    Anthony Amicelle, «  Une société civile vigilante  face aux illégalismes des élites dirigeantes ? : Introduction », Cultures & Conflits, Cultures & Conflits, 2024, n°131-132, pp. 7-17   

    L’expression polysémique de « société civile » ne cesse d’être invoquée au nom d’actions préventives et répressives contre les illégalismes politiques, économiques et financiers associés aux classes dominantes en général, et aux élites dirigeantes en particulier. Mais qu’en est-il en pratique derrière les discours officiels et les normes formelles ? Qui sont les représentants autoproclamés ou désignés (et par qui) de cette société civile ? Comment participent-ils à « policer » les puissants au sens étymologique du terme, c’est-à-dire à « réguler, contrôler, autoriser et interdire, gérer » leurs illégalismes ? Quelle est leur place et quel est leur rôle dans la réaction sociale face aux « élites délinquantes » ? À partir des différentes contributions au numéro spécial, cet article introductif ouvre des pistes de réflexion pour répondre à ces questionnements, et appréhender l’action de policer les élites dirigeantes comme produit et enjeu de rapports entre espaces sociaux différenciés.

    Anthony Amicelle, Adam Crawford, Jacques de Maillard, « Police et université : Retour réflexif sur la  coproduction de savoirs  en sécurité », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2023, n°VOL. 12, pp. 177-196  

    Anthony Amicelle, Mathilde Darley, Jacques de Maillard, « État, savoirs experts et sécurité : L’action publique reconfigurée », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2023, n°VOL. 12, pp. 9-27   

    L’omniprésence des enjeux de sécurité dans le champ politique et médiatique donne à voir un processus de sécuritisation des phénomènes sociaux, et de pluralisation des acteurs et des univers impliqués dans leur prise en charge. Le présent numéro entend précisément questionner à nouveaux frais cette double dynamique contemporaine, et en saisir les effets, tant sur l’ordre social et politique, que sur les acteurs et les univers sociaux dont la mise en relation est constitutive de l’action publique de sécurité. Pour ce faire, les articles rassemblés ici sont structurés autour d’une entrée analytique commune, visant à étudier ces groupes d’acteurs et leurs rapports à l’État à l’aune des nouvelles formes de savoirs et de savoir-faire qu’ils déploient et des luttes de juridictions qu’ils entretiennent. En objectivant la complexité des arrangements entre politique et sécurité et en renouvelant l’analyse des liens entre État, sécurité et action publique, ces contributions permettent in fine de distinguer trois grandes configurations idéal-typiques de sécurité (apprentissages conjoints et production d’une sécurité hybride ; dispositifs partenariaux et diffusion d’une logique sécuritaire ; dispositifs d’action conjointe et querelles de juridictions).

    Anthony Amicelle, « Privilèges, dissidence et séparatisme chez les élites dirigeantes », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2023, n°VOL. 12, pp. 139-147  

    Anthony Amicelle, « Policing & big data. La mise en algorithmes d’une politique internationale », Critique internationale, Critique internationale, 2021, n°92, pp. 23-48   

    Le concept de policing renvoie à une dimension spécifique du contrôle social, et désigne l’existence d’opérations de surveillance couplées à la menace de sanctions en cas de déviance. En appelant à surveiller les transactions financières pour lutter contre la criminalité et le terrorisme, l’action publique internationale contre l’argent sale a légitimé et généralisé au cours de ces dernières décennies une nouvelle forme de policing. Celle-ci implique des acteurs majeurs du capitalisme qui ne sont pas à proprement parler des entreprises de sécurité privée. À l’instar d’initiatives du même ordre plus récentes, elle repose sur l’articulation d’univers relevant, d’une part, de l’économie et de la finance, d’autre part, du pénal et de la sécurité. Comment cette articulation s’opère-t-elle, et avec quels effets, tant sur le fonctionnement de ces univers sociaux que sur l’exercice du policing contemporain ? Pour répondre à ces questions, nous situons l’analyse sur un plan sociotechnique, en étudiant la mise en algorithmes des opérations de surveillance. Figure montante dans le domaine de la sécurité, les algorithmes sont omniprésents au sein du policing financier. En tant qu’objets-frontières, ils constituent un point d’entrée crucial pour étudier les relations entre « économie » et « sécurité » sur lesquelles repose une partie croissante du policing à l’heure des big data.

    Anthony Amicelle, Gilles Favarel-Garrigues, « Financial Surveillance: Who Cares? », Journal of Cultural Economy, , 2012, n°1 

    Anthony Amicelle, « The Great (Data) Bank Robbery: Terrorist Finance Tracking Program and the SWIFT Affair », Questions de recherche/Research in question, Centre de recherches internationales de Sciences Po (CERI), 2011, n°36, p. 27   

    Anthony Amicelle, « Towards a ‘new’ political anatomy of financial surveillance », Security Dialogue, SAGE Publications, 2011, n°2 

    Anthony Amicelle, Gilles Favarel-Garrigues, « La lutte contre l'argent sale au prisme des libertés fondamentales : quelles mobilisations ? », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2009, n°76, pp. 39-66   

    Anthony Amicelle, « Etat des lieux de la lutte contre le financement du terrorisme : entre critiques et recommandations », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2008, n°71   

    Anthony Amicelle, « 9. La lutte contre le financement du terrorisme », Cahiers libres, Cahiers libres, 2008, pp. 0526-8370  

  • Anthony Amicelle, Entretien avec Anthony Amicelle, 2020 

    Anthony Amicelle, Money Laundering, Security and Suspicion-in-the-Making. An interview with Anthony Amicelle, 2019 

  • Anthony Amicelle, « L'Europe face à la guerre », le 29 janvier 2026  

    Colloque du projet de Recherche interdisciplinaire et exploratoire "Eurodef" organisé par le CRDEI, DETS, le Centre Emile Durkheim et l'IRM, Université de Bordeaux

    Anthony Amicelle, « Regards criminologiques sur la délinquance lucrative », le 17 octobre 2025  

    Colloque organisé par l'ISCJ, Université de Bordeaux sous la responsabilité scientifique de Marie-Cécile Guérin, Maître de conférences en droit privé et sciences criminelles et Charlotte Claverie-Rousset, Professeur de droit privé et sciences criminelles

    Anthony Amicelle, « Surveiller en démocratie », le 06 février 2025  

    Colloque organisé par l'Observatoire de la Surveillance en Démocratie et le CERCCLE, Université de Bordeaux

    Anthony Amicelle, « Fichiers policiers, judiciaires et de renseignement : tous surveillés ? », le 30 mai 2022  

    Organisé par le département de recherche Droit et transformations sociétales, Université de Bordeaux

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Corentin Sire, Cοmment désigner l'ennemi public internatiοnal ? Une histοire cοnceptuelle du terrοrisme, thèse soutenue en 2025 à Normandie en co-direction avec Thomas Hippler présidée par Frédéric Mérand, membres du jury : Beatrice de Graaf (Rapp.), Chiara Ruffa (Rapp.), Philippe Bonditti et Simon Tordjman      

    Pourquoi parle-t-on tant de « terrorisme », alors même que l’imprécision de la notion et, en particulier, l’impossibilité à la définir d’une façon satisfaisante, sont inlassablement soulignées depuis plus d’un siècle ? Ce paradoxe, bien souvent attribué à sa nature politique et donc nécessairement polémique, est pourtant balayé, la plupart du temps sans grande explication, par les chercheur·euse·s du champ des terrorism studies, qui continuent d’ériger le « terrorisme » en concept analytique pertinent et objectivable. Les mêmes problèmes se donnent à voir en pratique avec ce qui se dit « antiterrorisme » et qui, par la désignation ambiguë de ses objets, peut dévier vers une forme de répression politique qui ne dit pas son nom. Le but de cette thèse est de prendre le constat de cette ambiguïté et polémicité du « terrorisme » au sérieux, constat trop facilement réduit à un lieu commun (résumé par l’adage selon lequel « Les terroristes des uns sont les combattants de la liberté des autres ») alors même que sa tangibilité historique aussi bien que ses effets politiques sont indéniables. L’enjeu est donc de retracer l’histoire des controverses sémantiques qui entourent le concept sociopolitique de terrorisme.Défini, avec Reinhart Koselleck, comme un concept historique fondamental, le « terrorisme », notion apparue en France à la fin de l’été 1794 (comme nom de l’épisode dit de la « Terreur »), est à historiciser afin de voir en quoi son sens (loin d’aller de soi) et ses usages (toujours conflictuels) ont évolué au fil du temps. Il s’agit de réaliser une histoire du concept international de terrorisme, par le biais des discussions entourant sa désignation au sein de la Société des Nations puis de l’Organisation des Nations unies. La polysémie et l’ambiguïté du concept sociopolitique de terrorisme seront approchées au travers de la tension qui entoure sa désignation, tiraillée entre l’idéal d’une définition, juridique et universelle, et la réalité présente du listage, instrument policier également ouvert au « jeu des puissances ».Il sera vu qu’après un XIXe siècle au cours duquel le « terrorisme » devient concept, celui-ci circule et commence à être formulé comme un problème international pendant l’entre-deux-guerres. Se globalisant jusqu’aux années 1970, le concept appelle en premier lieu une définition juridique. L’impossibilité de celle-ci est bientôt admise ; de là, il s’agit de la contourner, ce pour quoi le concept se trouve morcelé en une multitude d’actes définis un à un, puis bientôt en une myriade d’acteurs : le listage finit par s’imposer à la fin des années 1990, sans que l’idéal d’une définition universelle ne disparaisse jamais vraiment.Derrière la tension entre définition et liste, il s’agira d’approcher les contradictions intrinsèques au concept de terrorisme, oscillant constamment entre des usages scientifiques, juridiques ou techniques qui tendent à le présenter comme un phénomène objectivable et ceux, plus clairement politiques, qui voient dans le « terroriste » la figure de l’ennemi public international. Ce faisant, cette histoire du concept de terrorisme sera aussi une histoire de la modernité et de la communauté internationale dites « antiterroristes », dont les contours sont sans cesse (re)négociés au travers de la désignation de l’illégitime international.

  • Guillaume Gentile, Protéger et servir l’ intérêt national . La souveraineté économique saisie par la politique de contrôle des investissements étrangers en France, thèse soutenue en 2024 à Ecole doctorale SDOSE Paris sous la direction de Sabine Montagne et Paul Lagneau-Ymonet présidée par Rémy Caveng, membres du jury : Sylvain Laurens (Rapp.), Antoine Vauchez (Rapp.), Ulrike Lepont      

    Si les questions de « souveraineté économique » sont désormais récurrentes dans le débat public, peu de travaux se sont penchés sur leurs traductions concrètes au sein de l’État français. C’est ce que propose cette thèse, en prenant pour objet la politique de contrôle des investissements étrangers (IEF). En France, si les investissements sont libres depuis 1966, un régime dérogatoire permet à l’État de bloquer les opérations pouvant menacer les « intérêts nationaux », par le rachat d’entreprises dites « stratégiques » ou « sensibles » par des acteurs étrangers. Or cette politique est inscrite, dans un même temps, au sein d’un État converti au principe de libre circulation des capitaux. Comment expliquer, alors, la survivance, et même le renforcement, d’une telle politique économique de contrôle, au sein d’un État régulateur ?Pour répondre à ce questionnement, cette thèse propose une analyse sociogénétique du contrôle de ces opérations par l’État à partir de la fin des années 1950 (mobilisant archives, revues de presse et de littérature), complétée par une enquête de terrain sur le fonctionnement contemporain du dispositif de contrôle (menée à partir d’entretiens semi-directifs, d’observations ethnographiques, et du suivi des travaux d’une commission d’enquête parlementaire). Conjuguant sociologie de l’État et du travail administratif, sociologie politique d’une arène parlementaire, sociologie des élites et sociologie politique de l’économie, l’étude de cet objet s’inscrit dans le champ des recherches sur les rapports d’interdépendance entre sphère publique et sphère privée.La première partie retrace la genèse institutionnelle du dispositif de contrôle des investissements étrangers (piloté par le bureau Multicom 2 de la DG Trésor), en insistant sur la manière dont les affrontements entre acteurs sur le rôle économique de l’État l’ont polarisée entre devoir de protection des industries françaises et souci d’ouverture aux capitaux étrangers. La deuxième partie analyse la procédure de contrôle des IEF pour montrer comment la fabrique administrative de l’« intérêt national » est le résultat de définitions bricolées et situées du « sensible », déterminées par les rapports de force polarisés qui traversent le dispositif. La troisième partie étudie les contournements dont cette procédure fait l’objet, et qui visent à obtenir des autorisations directement au sommet de l’État – des pratiques qui permettent d’étudier les logiques du discret entre-soi qui lie élites publiques et privées autour des questions d’« intérêt national ». La quatrième partie analyse la commission d’enquête parlementaire, lancée en 2017, prenant pour objet la politique de contrôle des IEF ; en analysant les rapports de force partisans qui se nouent au sein de cette arène, la thèse montre comment cette CEP entraîne une redéfinition substantielle du dispositif, allant dans le sens d’un renforcement de la protection des entreprises françaises.

    Josselin Dravigny, Du privé dans la sécurité ? Le rôle des firmes dans la politique européenne de gestion des frontières, thèse soutenue en 2021 à Bordeaux sous la direction de Andy Smith présidée par Cécile Vigour, membres du jury : Virginie Guiraudon (Rapp.), Sarah Léonard (Rapp.), Samuel B. H. Faure   

    Dans un contexte sécuritaire sensible à la suite des récents enjeux terroristes et migratoires, la gestion des frontières extérieures de l’Union européenne est l’objet de vives critiques, encore renforcées dans le contexte actuel de remise en cause de l’intégration européenne. L’une de ces critiques a trait aux acteurs prenant part au processus décisionnel autour duquel gravitent un certain nombre d’acteurs privés, en l’occurrence des entreprises de sécurité et de défense. Dans cette thèse, nous ouvrons la boîte noire que constitue la politique européenne de gestion des frontières en mobilisant un cadre d’analyse éclectique combinant science politique, sociologie politique et économie politique, pour mettre en lumière la façon dont ces firmes ont été prises dans des réseaux de politique publique aux côtés d’acteurs supranationaux, notamment la Commission européenne. Nous nous intéressons notamment à leurs spécificités, ressources, logiques d’action, et leurs interactions avec les acteurs institutionnels. Nous démontrons que ce réseau complexe est à l’origine d’une transformation des cadres de référence et d’action alors dominants en matière de gestion des frontières et des mobilités, jusqu’à évoquer un glissement vers un référentiel « techno-sécuritaire ». Ce faisant, cette recherche contribue à l’étude de l’action publique européenne en matière de gestion des frontières. Elle comble un vide de la littérature scientifique existante et dépasse les visions réductrices de la question en saisissant avec précision les logiques, les réseaux et les cadres de référence et d’action qui sous-tendent les orientations de cette politique. Plus largement, cette thèse aide à mieux comprendre la façon dont certains types d’acteurs privés peuvent prendre part au gouvernement de l’Union européenne, à la fois dans le cadre d’un dialogue public/privé, mais aussi à différents échelons, national et européen. Enfin, ce travail enrichit l’analyse plus globale des politiques publiques, en identifiant les modalités par lesquelles des acteurs privés participent au processus politique dans un domaine régalien, ainsi que les moments d’une politique publique au cours desquels ces firmes peuvent avoir une importance décisive.