Doris Buu-Sao, Leny Patinaux (dir.), Dans les filons de la transition: énergie, minerais et reproduction du capitalisme, le Bord de l'eau, 2024, 192 p.
Doris Buu-Sao, Emmanuel-Pierre Guittet, Pierre Rouxel, Jean Vandewattyne, Maurizio Atzeni [et alii], Engagements au travail et au capitalisme transnational, L'Harmattan, 2024
Doris Buu-Sao, Le capitalisme au village: pétrole, État et luttes environnementales en Amazonie, CNRS éditions, 2023, Logiques du désordre, 319 p.
Doris Buu-Sao, Emmanuel-Pierre Guittet, Pierre Rouxel, Jean Vandewattyne, Maurizio Atzeni [et alii], Engagements au travail et au capitalisme transnational, L'Harmattan, 2023, 151 p.
Doris Buu-Sao, Stéphanie Dechézelles, Maurice Olive, Isabelle Berry-Chikhaoui, Clément Colin [et alii], Politisation du proche: les lieux familiers comme espaces de mobilisation, Presses universitaires de Rennes, 2022
Doris Buu-Sao, Amin Allal, Myriam Catusse, Montserrat Emperador Badimon, Sarah Barrières [et alii], Quand l'industrie proteste: fondements moraux des (in)soumissions ouvrières, Presses universitaires de Rennes, 2022
Doris Buu-Sao, Clémence Léobal (dir.), Racialisation et action publique, De Boeck supérieur, 2020, 179 p.
Doris Buu-Sao, Lilian Mathieu, Jean-Louis Briquet, Julian Mischi, Benjamin Rubbers [et alii], Asseoir l'Etat: contester et instituer l'ordre extractif en Amazonie péruvienne, Sciences Po, 2017, 624 p.
Au Pérou comme ailleurs, les industries extractives sont au cœur de projets gouvernementaux et d’épisodes contestataires qui semblent entretenir un rapport fondamentalement antagoniste. Cette thèse développe une approche par le bas, à l’échelle des interactions en face-à-face et du quotidien des personnes impliquées, afin de dépasser les lectures dualistes qui opposent des dominants omnipotents à des dominés unanimement résistants. À partir d’une enquête ethnographique menée aux abords de la plus ancienne concession pétrolière de l’Amazonie péruvienne, cette recherche analyse conjointement la contestation et le gouvernement des populations, les ajustements réciproques entre des modalités de (re)production d’un ordre social aux frontières du territoire et des pratiques protestataires qui mettent en difficulté un projet de gouvernement. Les habitants de l’Amazonie et leurs représentants, quand ils contestent la pollution industrielle, invoquent l’État comme responsable, arbitre et solution. En faisant s’« asseoir l’État » dans leurs villages, en la personne de ses représentants, pour faire entendre leurs griefs, ils contribuent à asseoir le pouvoir étatique aux confins de la nation, à affermir son assise territoriale, symbolique et pratique. Ce qui se donne à voir, dans le quotidien des villages, de leur voisinage avec le monde industriel, comme dans l’extraordinaire des épisodes protestataires, est finalement une co-production de l’État par les habitants des confins du territoire, leurs représentants contestataires et leurs interlocuteurs gouvernementaux, dans le jeu des ajustements réciproques entre la contestation et l’institution de l’ordre extractif.
Doris Buu-Sao, Le gouvernement des contestataires en Amazonie péruvienne: le cas de l'organisation d'étudiants indigènes OEPIAP, 2011, 190 p.
Doris Buu-Sao, Christophe Poinssot, Sylvain Le Berre, Anne Dietrich, « Le renouveau minier en Europe Occidentale », Entreprises et histoire, Entreprises et histoire, 2026, n°120, pp. 130-140
Doris Buu-Sao, Damien Schrijen-Le Bruchec, « Extractivisme », Références, Références, 2025, pp. 251-258
Doris Buu-Sao, « Une politisation oblique des écologies populaires : Travailler et vivre face à la prédation extractive en Andalousie », Actes de la recherche en sciences sociales, Actes de la recherche en sciences sociales, 2025, n°256, pp. 22-41
En Andalousie, la mine de Riotinto pose la question de la place accordée aux classes populaires dans l’appréhension de la crise écologique. L’impératif de transition énergétique justifie la réouverture de mines métalliques comme Riotinto, dont le cuivre est nécessaire aux infrastructures qui produisent et transportent les énergies renouvelables. Avec ses sept communes de 15 000 habitant·es, le bassin minier de Riotinto est marqué par les déchets toxiques, accumulés au cours d’un siècle et demi d’industrie minière, et par le chômage structurel depuis la fermeture de la mine au tournant du XXIe siècle. Aujourd’hui, les promesses d’emploi et de croissance associées à la relance minière font de ses habitant·es, qui vivent en première ligne au pied d’industries polluantes (mine, enfouissement de déchets industriels, agro-industrie), de fervents soutiens de l’extraction. Pourvoyeuse d’emplois, la mine produit aussi des nuisances sur les corps humains et leur environnement biophysique. À partir d’une ethnographie des expériences de travail et d’habitat à l’ombre de la mine, cet article analyse les « écologies populaires » en contexte minier, au sens des rapports aux problèmes écologiques qui résultent de conditions d’existence façonnées par la proximité à la mine. L’article montre comment l’environnement physique et social du bassin minier de Riotinto est profondément marqué par la mine, qui nourrit à nouveau les espoirs d’une vie meilleure. Il développe ensuite ce qui, dans la nouvelle mine, contraint la politisation de l’expérience que font les travailleur·ses de la toxicité minière. Il analyse enfin le transfert d’un sens critique politisé de la scène du travail industriel vers l’espace résidentiel et son inégale expression, d’une fraction à l’autre des classes populaires du bassin minier.
Doris Buu-Sao, Leny Patinaux, « Les inerties de la transition : la reproduction des paysages capitalistes en Europe, des mines de cuivre aux éoliennes », Politix, Politix, 2024, n° 144, pp. 99-123
Cet article analyse la place des inerties sociales, économiques et environnementales dans le renouveau industriel induit par la « transition énergétique » contemporaine. Pour cela, il s’appuie sur la comparaison de deux terrains : la réouverture d’une mine de cuivre en Andalousie et l’implantation massive d’éoliennes dans le nord de la France. L’analyse localisée des trajectoires industrielles dans ces deux régions montre d’une part comment se construisent sur le temps long des zones de sacrifice propices au renouveau industriel dans lesquelles les nouvelles dégradations environnementales s’intègrent parmi les dégâts du passé. D’autre part, l’article décrit comment l’extraction de nouvelles ressources minières ou renouvelables se spatialise différemment dans ces territoires dédiés à l’industrie. Il montre enfin la centralité du travail dans l’adhésion ou le rejet de ces nouvelles activités industrielles de « transition ».
Doris Buu-Sao, « Nous sommes Rio Tinto : Engagement et encadrement de la main-d’œuvre dans une mine durable », Cultures & Conflits, Cultures & Conflits, 2024, n°130, pp. 23-41
À l’heure des discours sur les besoins en métaux de la transition énergétique, les entreprises minières prétendent être d’incontournables alliées de la lutte contre le changement climatique. Elles se présentent comme des entreprises soucieuses de la préservation des écosystèmes, de la prévention des risques professionnels et du développement économique des territoires d’implantation. La mine andalouse de Rio Tinto, qui a recommencé à produire du cuivre en 2015, est emblématique de ce tournant. Au-delà des discours de façade sur la « mine durable », l’ethnographie de la mine de Rio Tinto donne à voir les transformations à l’œuvre, notamment concernant la fragmentation et l’individualisation des conditions de travail, parallèlement à l’affaiblissement des structures syndicales. Dans ce contexte, l’article analyse comment l’encadrement des formes d’engagement au travail qui accompagne les promesses de « mine durable » alimente des logiques de (dé)mobilisation oscillant entre l’allégeance et la résistance.
Doris Buu-Sao, « Ferdinand (Malcom) – Une écologie décoloniale. Penser l’écologie depuis le monde caribéen. – Paris, Seuil, 2019 (Anthropocène). 461 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2021, n°71, p. -
Doris Buu-Sao, « Des frictions dans l’espace pétrolier : Discipline entrepreneuriale, appropriations villageoises et normalisation d’une société frontalière en Amazonie péruvienne », Politix, Politix, 2021, n° 132, pp. 73-98
La rencontre des peuples autochtones avec des entreprises minières ou pétrolières est souvent appréhendée au prisme de la confrontation. Si la fréquence des contestations est indéniable, notamment en Amérique latine, les interactions nées de l’implantation d’industries extractives en milieu rural ne se réduisent pas à l’opposition frontale : parce qu’elles s’ancrent nécessairement dans des espaces où elles doivent composer avec leur entourage social, ces industries donnent souvent lieu à des interactions plus routinières et pacifiées, porteuses de profonds changements. C’est ce qu’étudie cet article, qui s’appuie sur une enquête ethnographique menée au Pérou, dans des villages autochtones de l’Amazonie confrontés au développement d’un site pétrolier emblématique de la région. Il analyse comment cette industrie extractive ancrée localement contribue à la normalisation d’une société frontalière. Tenant compte du caractère relationnel des interactions qui se jouent aux abords des sites extractifs, il appréhende cette topographie politique comme un « espace pétrolier » où se jouent des transformations profondes mais ambivalentes, qu’il s’agisse de l’importation de la discipline salariale dans les pratiques productives, de la restructuration hiérarchisée du collectif villageois, ou de l’inscription dans l’ordre territorial national propice à une certaine marchandisation du foncier amazonien.
Doris Buu-Sao, « Asseoir l’État en territoire amazonien : l’extraction pétrolière entre production et contestation de l’ordre national », Critique internationale, Critique internationale, 2021, n°92, pp. 145-170
Alors que les conflits environnementaux d’Amérique latine semblent éprouver frontalement
les pouvoirs publics, l’observation des terrains extractifs laisse entrevoir des processus plus
ambivalents. À partir d’une ethnographie menée aux abords du plus ancien site pétrolier
d’Amazonie péruvienne, j’explore les liens entre l’exploitation des sous-sols d’une nation, les
contestations qu’elle suscite et la formation de l’État. Je développe ainsi une analyse par le
bas des modes de gouvernement et des contestations qui se déploient autour de l’exploitation
de la nature, en tant que processus qui influent sur la production d’un ordre politique national.
Je montre tout d’abord comment, sur le temps long de l’histoire amazonienne, l’exploitation
des ressources naturelles a été un instrument au service du contrôle exercé sur le territoire.
Je reviens ensuite sur la contribution du développement de l’industrie pétrolière au gouvernement des populations amazoniennes depuis les années 1970. Enfin, je m’intéresse aux habitant·es confronté·es à l’industrie pétrolière qui, en se mobilisant face à l’État, contribuent à
consolider sa légitimité et son assise territoriale aux frontières du pays.
Doris Buu-Sao, « Facing environmental racism: Extractivism and indigenous mobilizations in Peruvian Amazonia », Politix, Politix, 2021, n°o 131, pp. 129-152
Cet article porte sur l’ethnicisation des luttes environnementales face aux politiques extractives au Pérou. Si la revendication d’une identité « indigène » dans ces mobilisations est bien connue, elle est rarement vue comme étant contrainte par les pouvoirs publics et les catégories dominantes de l’ethnicité qui en résultent. Par ailleurs, les processus d’ethnicisation ne doivent pas occulter les clivages internes aux groupes mobilisés. L’ethnographie des abords du plus ancien lot pétrolier de l’Amazonie péruvienne permet de saisir l’ambivalente influence de la racialisation de l’action publique sur les processus de mobilisation. L’article replace d’abord le développement de l’industrie pétrolière dans l’histoire régionale, simultanément marquée par des politiques extractives et par la racialisation d’une partie de sa population – dès lors confrontée au « racisme environnemental » dans la mesure où, en tant que minorisée, elle est particulièrement exposée à la toxicité de l’industrie pétrolière. L’article revient ensuite sur la construction, dans les mobilisations, d’une image sociale ethnique unifiée et sur la trajectoire de leaders disposé·es à s’approprier la catégorie d’« indigène » dans une perspective contestataire. Il étudie finalement, depuis l’espace villageois, la pluralité d’appartenances sociales et le processus d’ethnicisation des divergences ; celui-ci est propice à l’émergence de porte-parole en concurrence avec les leaders contestataires pour la représentation des populations locales face aux politiques extractives.
Doris Buu-Sao, Clémence Léobal, « Racialisation et action publique : les intermédiaires entre appropriation et contestation des catégories ethniques et raciales », Politix, Politix, 2021, n° 131, pp. 7-27
Comment visibiliser le rôle des institutions étatiques, y compris quand elles sont républicaines et color-blind, dans la production des catégorisations raciales ? Comment rendre compte des capacités créatrices voire contestatrices des personnes et groupes minorisé·es dans ces processus ? Dans cette introduction de dossier, nous déplions les liens entre action publique et racialisation : nous nous appuyons sur des définitions constructivistes des concepts de racialisation et de racisme institutionnel, qui allient l’analyse des structures discursives du racisme avec celle de leurs reformulations constantes, en situation, lors des interactions entre personnes minorisées et issu.es des majorités. Puis nous proposons une revue de littérature de travaux francophones qui ont abordé la question raciale en sociologie de l’action publique. Beaucoup de ces auteur·rices mobilisent la notion de discrimination et proposent une démonstration statistique. Nous nous référons ici plutôt à la racialisation comme un processus de catégorisation façonné par des rapports de pouvoir entre majorité et minorités, qu’il contribue à transformer en retour. Notre approche est étayée par l’ethnographie. Nous avons choisi un positionnement particulier pour ce dossier, auprès d’intermédiaires entre l’État et les publics minorisés racialement. Ce choix permet d’ouvrir le regard sur les capacités des personnes minorisées à co-produire, reformuler ou contester l’ordre social raciste.
Doris Buu-Sao, « (Faire) participer en tant qu’indigènes. Gouvernement et contestation dans les usages de la consultation en Amazonie – Pérou », Participations, Participations, 2019, n°25, pp. 33-58
À partir d’une ethnographie de la « consultation préalable » au Pérou, cet article interroge l’ambivalente ethnicisation de dispositifs participatifs destinés aux groupes « indigènes ». Il analyse dans un premier temps le rôle joué par la consultation préalable dans le système péruvien de gestion des conflits sociaux ciblant les groupes indigènes, à travers la production de catégories ethno-raciales neutralisées. Dans un second temps, il souligne la capacité des participant·e·s à repolitiser ces catégories, en fonction des socialisations à l’action contestataire qui les caractérisent. Mais celles-ci restent inégales d’une personne à l’autre, conduisant à mieux saisir la force pacificatrice de la consultation préalable, qui a finalement marginalisé les plus réfractaires aux catégories prescrites par le format consultatif.
Doris Buu-Sao, « Devenir ouvriers en Amazonie : Entre travail industriel et vie de village », Terrains & travaux, Terrains & travaux, 2019, n°34, pp. 19-45
Cet article porte sur l’ouvriérisation de populations rurales confrontées à l’industrie pétrolière au Pérou, dans des villages amazoniens situés à proximité d’un site industriel actif depuis plus de quarante ans. Partant d’un dispositif d’accès à l’emploi dans les installations pétrolières – l’entreprise communale – qui consiste en la gestion, par les habitants, de leur propre main-d’œuvre, l’article interroge la portée des transformations causées par cette expérience particulière de l’emploi ouvrier, au moyen d’observations et d’entretiens ethnographiques. Soulignant les rapports inédits à l’environnement, au temps et à la discipline qui se tissent au sein de l’entreprise communale, il insiste dans le même temps sur la centralité des modes d’action villageois dans l’expérience du travail et de ses normes. L’analyse de l’appropriation de dispositifs, d’organisations et d’artefacts industriels permet alors de comprendre l’étendue du processus de socialisation, qui produit des effets transformateurs sur les travailleurs, mais aussi dans l’espace domestique et villageois.
Doris Buu-Sao, « Prendre le parti de l’enquête : Positionnements ethnographiques en terrain conflictuel », Genèses, Genèses, 2019, n°115, pp. 123-137
L’ethnographie des mobilisations se heurte souvent au problème de l’encliquage militant des chercheurs et chercheuses, limitant l’accès aux moins militant·es et, dès lors, la compréhension des rapports ordinaires à la contestation. Après être revenu sur cet écueil, l’article montre l’intérêt d’affirmer une position d’enquêtrice en recourant à des procédés de recension directifs (questionnaires et enquêtes généalogiques), dans le cadre d’une démarche ethnographique. Ces procédés permettent de tenir un rôle propice à l’étude des rapports à la politique contestataire, dans toute leur ambivalence, à travers leur inscription dans des sociabilités ordinaires qui échappent aux logiques d’action militantes.
Doris Buu-Sao, Pamela Colombo, « Construire (dans) les marges de l’État, entre politiques de développement et stratégies de contre-insurrection (Chaco, Argentine, 1976-1980) », Critique internationale, Critique internationale, 2018, n°79, pp. 85-108
Résumé
Pour produire une profonde reconfiguration sociopolitique, la dictature civilo-militaire en Argentine (1976-1983) n’a pas seulement mis en œuvre un système de disparition forcée des personnes, elle a également essayé une réorganisation territoriale et urbaine au niveau national. Nous nous intéressons ici à l’un de ces programmes : la création de villages stratégiques. Notre recherche a pour objectif de comprendre comment l’État met en œuvre des projets d’ingénierie sociale dans lesquels la réinvention spatiale de territoires périphériques a pour objectif de modifier radicalement un groupe social ainsi que la situation économico-politique de la zone concernée. Pour cela, nous analysons la création du village Fuerte Esperanza dans la Province du Chaco, dans le cadre de ce qui a été appelé la « Campagne de l’Ouest » déployée dans la région de « El Impenetrable » (1976-1980). Nous démontrons comment la création de Fuerte Esperanza, sous couvert d’un programme dit de « développement », avait aussi une fonction de contre-insurrection. Nous essayons de comprendre et de déconstruire les discours et les pratiques autour de ces types de programmes d’« action civique militaire ». De plus, nous soutenons pour la première fois qu’il existe des continuités entre la création de ce village et d’autres programmes similaires de la même époque en Argentine (principalement dans la province de Tucumán).
Doris Buu-Sao, « Ciavolella (Riccardo), Wittersheim (Éric) – Introduction à l’anthropologie du politique. – Louvain-la-Neuve, De Boeck Supérieur, 2016 (Ouvertures politiques). 254 p. Index. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2018, n°67, p. -
Doris Buu-Sao, « Quirós (Julieta), La politique vécue. Péronisme et mouvements sociaux dans l’Argentine contemporaine, Paris, L’Harmattan, coll. Recherches Amériques Latines , 2016 [2011], 292 p., traduit de l’espagnol (argentin) par Antonio Werli et Sol Gil, présenté et édité par Maxime Quijoux », Politix, Politix, 2017, n° 118, pp. 238-241
Doris Buu-Sao, « 5. Devenir indien en milieu urbain : Les engagements d’une jeunesse amazonienne au prisme de son ancrage spatial », Questions Transnationales, Questions Transnationales, 2016
Doris Buu-Sao, « Perúpetro est ton ami : un gouvernement des contestataires en Amazonie péruvienne », Participations, Participations, 2013, n°6, pp. 119-139
En Amazonie péruvienne, les acteurs de l’extraction pétrolière se saisissent de l’appareil de la participation de manière à pacifier les conflits suscités par leur activité. Les mécanismes participatifs se présentent comme des instruments adaptables aux modalités de contestation. Ils vont de pair avec les techniques des compagnies privées pour établir des relations « harmonieuses » avec les populations locales. L’ethnographie d’un de ces interstices institutionnels de la participation, où des acteurs publics et privés du secteur extractif tissent des relations d’« amitié » avec certaines élites locales, donne à voir un « gouvernement des contestataires », producteur d’un leadership indigène technique qui consent et participe à l’extraction pétrolière.
Doris Buu-Sao, Ethan Rundell, « Ethnography of an Indigenous Student Organization in Peruvian Amazonia: The Ambivalence of Protest », Critique internationale, Critique internationale, 2012, n°o 57, pp. 37-52
The ethnography of an indigenous student organization based in Iquitos, the largest town in Peruvian Amazonia, allows one to examine the experience of its leaders. On the basis of skills acquired through contact with schools and activist organizations, these new leaders are asserting themselves via ever more visible mobilizations. The process of politicization through which students learn to demand their rights on account of an indigenous identity is examined from the point of view of their place in urban spaces of activism. It is in such spaces that definitions of indigenous leadership are developed. These come into conflict with other, more traditional, organizations and contribute to internal tensions within the “indigenous people’s movement.” The networks of mediation in which indigenous students participate — networks that serve as conduits for the messages that local authorities, ecological activists, and oil companies wish to pass on to indigenous communities — underscore the ambivalence of this protest movement.