Sidonie Verhaeghe, Cédric Passard, Viviane Albenga, Antoine Aubert, Vincent Lebrou [et alii], Les idées politiques comme faits sociaux: terrains, méthodes d'enquête, analyses, Atlande, 2024, Clefs concours (science politique), 299 p.
Sidonie Verhaeghe, Anne Bazin, Cédric Passard, David Descamps, Agathe Foudi [et alii], La peur, Atlande, 2022, Clefs concours (Sciences-Po), 135 p.
Sidonie Verhaeghe, François Hourmant, Mireille Lalancette, Pierre Leroux, Jamil Dakhlia [et alii], Selfies & stars: politique et culture de la célébrité en France et en Amérique du Nord, Presses universitaires de Rennes, 2022
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces « tyrannies de l'intimité » dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la « topique de la célébrité » peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation
Sidonie Verhaeghe, Clément Desrumaux, Jérémie Nollet, Aïcha Bourad, Safia Dahani [et alii], Un capital médiatique ?: usages et légitimation de la médiatisation en politique, Presses universitaires de Rennes, 2022
Sidonie Verhaeghe, Ludivine Bantigny, Claude Rétat, Xavière Gauthier, Joëlle Jolivet [et alii], Louise Michel: l'égerie de la Commune, FGH Invest, 2021, 7 p.
Sidonie Verhaeghe (dir.), Anarchisme et sciences sociales: actes du colloque de Lille mars 2018, Atelier de création libertaire, 2021, 234 p.
Sidonie Verhaeghe, Michel Hastings, De a Commune de Paris au Panthéon (1871-2013): célébrité, postérité et mémoires de Louise Michel Sociologie historique de la circulation d'une figure politique, 2016, 600 p.
Née d’une interrogation sur les dynamiques d’intégration républicaine des radicalités politiques, cette recherche au carrefour de la sociologie historique du politique, de l’histoire sociale des idées et de la sociologie politique des mémoires collectives,s’attache à expliquer les conditions dans lesquelles Louise Michel, une femme et une anarchiste du XIXe siècle, devient une figure éligible à la panthéonisation en 2013. L’analyse longitudinale de la carrière de la figure de Louise Michel interroge plus généralement les processus de canonisation, de circulation et de transmission qui caractérisent les dispositifs de célébration politique. A partir de l’étude monographique des multiples occurrences de lafigure de Louise Michel du dernier tiers du XIXe siècle au début du XXIe siècle (presse, discours, pratiques commémoratives, biographies ou encore manuels scolaires), ce travail montre comment une personnalité marquée par la marginalité politique devient une référence commune de la gauche. Les formes et les espaces de la célébration ne peuvent alors se comprendre qu’au regard des positions occupées par ses traducteurs et de la structure de l’espace politique et social dans lequel ils s’inscrivent. Le processus de reconnaissance institutionnelle de Louise Michel doit d’une part à la pacification d’une mémoire officielle de la Commune de Paris, et d’autre part à l’intégration de l’histoire des femmes au sein d’un féminisme d’Etat. Ce double mouvement explique l’élargissement de l’identification collective et individuelle dans la figure de Louise Michel. Il autorise l’hypothèse d’une entrée de Louise Michel au Panthéon républicain. Pourtant, cette thèse montre également que des mécanismes de résistance aux processus de reconnaissance institutionnelle demeurent. Loin d’un processus linéaire la construction de la figure Louise Michel fait l’objet d’appropriations multiples qui coexistent aujourd’hui. L’inscription d’une figure historique dans les mémoires collectives constitue dès lors un dispositif conflictuel, marqué par des conjonctures mouvantes qui met aux prises des acteurs à la croisée des espaces politiques, militants, universitaires et intellectuels.
Sidonie Verhaeghe, Michel Hastings, La mort de Louise Michel ou l'apogée d'un mythe,, 2010, 175 p.
Sidonie Verhaeghe, « Les anarchistes contre le culte de la charogne », Socio-anthropologie, Publications de la Sorbonne, 2024
« Hommage à Louise Michel », Le libertaire, 112, 15 janvier 1948, p. 1. Cet article du Libertaire, publié le 15 janvier 1948, relate une manifestation anarchiste dans les rues de Levallois-Perret, qui a eu lieu à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Louise Michel. Il est particulièrement intéressant en ce qu’il témoigne à la fois de la façon dont les anarchistes théorisent leur rapport aux morts et des conflits mémoriels (et évidemment politiques) qui les opposent aux communistes autou...
Sidonie Verhaeghe, « Des femmes anarchistes face au droit de vote : une critique féministe et révolutionnaire du suffragisme (France, États-Unis) », Revue d'histoire du XIXe siècle. Société d'histoire de la révolution de 1848 et des révolutions du XIXe siècle, Société d’histoire de la révolution de 1848, 2023
« Il va sans dire que je ne m’oppose pas au suffrage des femmes au motif qu’elles n’y ont pas droit. Je ne vois en effet aucune raison d’ordre matériel ou psychique pour laquelle la femme ne devrait pas avoir le même droit de vote que l’homme. Mais cela ne m’aveugle pas au point de croire que la femme réussira là où l’homme a lamentablement échoué. » Emma Goldman écrit ces phrases en 1910, dix ans exactement avant que le Congrès américain n’adopte le droit de vote pour les femmes, et à une pé...
Sidonie Verhaeghe, « Une anarchiste romantique ? », COnTEXTES. Revue de sociologie de la littérature, Groupe de contact F.N.R.S. COnTEXTES, 2021
Autrice de plusieurs romans et de très nombreux poèmes, Louise Michel commence à bénéficier aujourd’hui d’une certaine reconnaissance littéraire. Entre 1905 et 2019, soixante‑et‑une éditions et rééditions de ses textes ont été relevées. Mais comment s’est élaborée la réputation de romancière pour cette personnalité dont la célébrité et la postérité ne se sont pas construites à partir de cette activité exclusive ? L’histoire de l’édition des œuvres de Louise Michel révèle une redécouverte de ...
Sidonie Verhaeghe, « Faut-il encore appeler Louise Michel la Vierge rouge ? », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, Association Paul Langevin, 2021
Janvier 2021. Isabelle Balkany écrit sur Twitter : « Le 9 janvier 1905 s’éteignait #LouiseMichel. La femme de culture, d’écriture et de combat, qui séduisit Victor Hugo, repose au cimetière de #Levallois aux côtés de l’homme de sa vie, Théophile Ferré. Selon le vœu de Patrick Balkany, la municipalité entretient leurs caveaux à jamais. » Hormis le fait qu’il provienne de l’élue et militante de droite Isabelle Balkany, ce tweet peut surprendre par la nature de l’hommage qui y est formulé. Louis...