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Clément Barbier

Maître de conférences, Science politique.

Université Polytechnique Hauts-de-FranceFaculté de droit et d’administration publique

Publications scientifiques

  • Thèse

    THESE
    Les métamorphoses du traitement spatial de la question sociale : approche croisée de deux grands projets de renouvellement urbain dans les agglomérations de Lille et de Hambourg, soutenue en 2015 à Paris 8 sous la direction de Yves Sintomer et Dieter Läpple présidée par Sylvie Tissot, membres du jury : Carsten Keller (Rapp.), Fabien Desage et Suzanne Frank  

    Inscrite dans une démarche constructiviste, cette recherche socio-historique porte sur la genèse des projets de l'Union, aux confins des communes de Roubaix, Tourcoing et Wattrelos et de l'Internationale Bauaustellung (IBA) Hamburg, sur l'île de Wilhelmsburg. Pour ce faire, elle recourt à des matériaux ethnographiques (observation de réunions, entretiens approfondis) et aux archives des différentes instances publiques engagées dans les projets étudiés de 1990 à 2014. Cette étude porte d'une part sur les réseaux de réformateurs contribuant à la construction des catégories de «  quartier défavorisé  » (benachteiligter Stadtteil) et d'«  attractivité métropolitaine  » (internationale Ausstrahlung). Prenant en compte le contexte économique des agglomérations de Lille et Hambourg et les circulations transnationales et infranationales qui ont contribué à nourrir ce processus de catégorisation, ce travail met au jour que la spatialisation des problèmes sociaux et son articulation à la catégorie d'«  attractivité métropolitaine  », participent d'une même dynamique d'occultation progressive de la question sociale. Cette démonstration illustre d'autre part les mécanismes de production du consensus mis en place une fois ces alternatives politiques écartées. En refaçonnant le concept de «  mythe d'action publique  », ce travail dégage quatre systèmes de justifications de l'étude en situation de l'instrumentation de l'IBA et de l'Union et des arènes de négociations qu'ils instaurent  : attractivité, excellence, bonne gouvernance et justice spatiale. Ils constituent un outil d'analyse privilégié pour l'étude des contradictions sous-jacentes à ces deux grands projets de renouvellement urbain.

  • Ouvrages

    Clément Barbier, Vianney Schlegel, Janoé Vulbeau (dir.), Gouverner les territoires du Nord: capitalisme, race et pauvreté, Presses universitaires du Septentrion, 2025, Espaces politiques, 350 p.  

    Comment penser les transformations des territoires (post-)industriels ? À partir du croisement de recherches en sciences sociales menées depuis le Nord de la France, cet ouvrage propose une approche localisée du changement social. Il éclaire les reconversions de l’économie – industrielle, immobilière et environnementale –, la (re)production des frontières raciales – dans la gestion de la main-d’oeuvre, l’accès au logement et les mobilités transfrontalières – et le gouvernement de la pauvreté – depuis les trajectoires de (dé)cohabitation des jeunes de classes populaires, l’encadrement des usages de drogues et l’expérimentation d’un revenu minimum à l’échelle communale. On y retrouve les élus, techniciens, patrons, militants et habitants qui portent, subissent ou s’opposent aux restructurations des sociétés capitalistes et post-coloniales, bien souvent impulsées au nom d’une transition sans fin, tantôt « tertiaire », « sociale » ou « environnementale ». How can we think about the transformations of (post-)industrial areas? Based on a cross-section of social science research carried out in Northern France, this book adopts a local perspective on social change. It first sheds light on the restructuring of industrial, real estate and green economies, then on the (re)production of national and racial boundaries considering labour, housing, and international mobilities, and finally on the government of poverty from the (de)cohabitation trajectories of working-class youth, over the regulation of drug use, to the local experimentation of a universal basic income. It features elected representatives, corporate managers, activists and citizens who are involved in or opposed to the continuous restructuring of capitalist and post-colonial societies, driven in the name of a never-ending transition, whether this shift be to a “service economy” or to a more “sustainable” and “inclusive” urban society

    Clément Barbier, En quête d’attractivité: le renouvellement urbain par grand projet dans les métropoles de Lille et Hambourg, Presses universitaires de Rennes, 2025, Géographie sociale, 212 p.  

    En retraçant le processus au fil duquel deux « quartiers à problèmes » ont été érigés en emblèmes du rayonnement des métropoles, ce livre vise à décrypter l’origine et le fonctionnement des politiques d’attractivité. À travers une approche comparative originale faisant la sociologie croisée du projet de l’Union au nord-est de l’agglomération lilloise et de l’exposition internationale d’architecture (internationale Bauausstellung – IBA) de Hambourg, il nous plonge dans les administrations et sociétés d’aménagement chargées de transformer l’image, la population et le tissu économique de deux territoires en déclin que tout semble opposer. L’enquête met ainsi en lumière la contribution des pouvoirs publics à la désindustrialisation de ces espaces et leur incapacité à attirer les entreprises innovantes ainsi que les travailleurs diplômés et les investisseurs internationaux qu’ils appellent pourtant de leurs vœux. Les figures de l’excellence économique, architecturale et environnementale apparaissent dès lors comme autant de signes d’un même mythe d’action publique au nom duquel, élus, techniciens et experts travaillent à la fabrique de politiques de gentrification exemplaires

    Clément Barbier, Cécile Cuny, Nathalie Mohadjer, Hortense Soichet, David Gaborieau [et alii], On n'est pas des robots: ouvrières et ouvriers de la logistique, Créaphis Éditions, 2020, 212 p. 

    Clément Barbier, Susanna Magri, Sylvie Tissot, Jennifer Bidet, Sabrina Bresson [et alii], Explorer la ville contemporaine par les transferts, Presses universitaires de Lyon, 2019, Sociologie urbaine  

Encadrement doctoral

  • Membre du jury

    Joël Munongo Yula, La politique des déchets à Kinshasa : problème public, compétition électorale et économie de la débrouille, soutenue en 2025 à Université de Lille 2022 sous la direction de Anne-Cécile Douillet, membres du jury : Charles Odiko Lokangaka (Rapp.), Olivier Provini (Rapp.), Bénédicte Florin    

    Kinshasa « La Belle », dans les années qui suivent l'indépendance de 1960, est devenue Kin « La poubelle » dans les années 1990. Les déchets urbains (plastiques, ferraille, cartons, eaux usées et ordures ménagères) déversés dans l'espace public, à défaut d'équipement de gestion des déchets, font réagir des habitants, des militants et des experts dans les médias locaux et internationaux. Face à cette situation, certains acteurs lancent des initiatives, programmes et projets pour lutter contre les nuisances liées aux déchets : opérations de salubrité publique portées par des autorités urbaines, rachat des déchets plastiques par des PME, construction d’un centre d'enfouissement technique grâce à un financement de l'Union européenne (UE). Cependant, malgré les réponses apportées par les autorités publiques, les professionnels des déchets et l'aide internationale, on observe encore aujourd'hui, en 2025, une multiplication des décharges à ciel ouvert dans certains quartiers de Kinshasa, tandis que la dénonciation des nuisances se poursuit, avec une force variable. Cette étude part de ce constat d’inertie dans le traitement du problème des déchets à Kinshasa entre 1990 et 2025, pour tenter de comprendre pourquoi la question des déchets, pourtant construite en problème public, ne débouche que sur des actions très circonscrites. A travers une enquête par entretiens et observations associée à l’analyse d’un corpus médiatique, la thèse montre d’abord que la crise multiforme (politique, économique et sociale) affaiblit la capacité d'action des gouvernements. Par ailleurs, il apparaît que les déchets constituent une ressource politique dans la compétition électorale dans les quartiers des marges urbaines : par-delà la critique de l’incurie des autorités en place, la forte présence des déchets dans l’espace public permet aux acteurs politiques – élus ou candidats – de lancer des actions très visibles, mais circonscrites et ponctuelles, souvent dans une logique clientéliste. Enfin, les déchets s’inscrivent aussi dans une économie de la débrouille qui permet non seulement la survie d’une partie de la population mais aussi l’accès à des terrains d’habitation, ce qui nourrit des formes de résistance infrapolitiques plus que des contestations ouvertes.