Vincent LIGNON, Audrey Dumas, « Vivre et réussir sa première année dans le supérieur : Des différences marquées selon le sexe », Éducation & formations, Éducation & formations, 2024, n°106, pp. 53-80
Cet article a pour objectif d’étudier le lien entre le vécu des étudiants inscrits en première année de l’enseignement supérieur et leur réussite. L’originalité de notre approche consiste à proposer une analyse différenciée entre les femmes et les hommes. Afin d’exploiter au mieux l’information disponible dans l’enquête, nous caractérisons par des analyses des correspondances multiples le vécu des étudiants selon trois dimensions : les motivations liées à leur choix de formation, la satisfaction ou les difficultés d’apprentissage ressenties et les conditions matérielles et financières dans lesquelles ils étudient. Les typologies de vécu qui en ressortent montrent des différences marquées selon le sexe. De même, des logits multinomiaux croisant ces dimensions avec la réussite en première année suggèrent que la manière dont les étudiants « vivent leurs études » marque différemment les parcours féminins et masculins dans l’enseignement supérieur.
Vincent LIGNON, Pierre Courtioux, Beatrice van Hoorn Alkema, « Educational Homogamy Across Generations: Effects on Inequalities in Living Standards in France », Population, Population, 2022, n°77, pp. 307-328
Il est admis que l’homogamie éducative – c’est-à-dire la tendance des personnes ayant le même niveau de diplôme à se mettre en couple – renforce les inégalités socioéconomiques au sein de la population. Mais les études écartent généralement de leurs estimations une partie des individus les plus âgés, afin de ne pas introduire de biais de génération. Les indicateurs ainsi produits ne peuvent être comparés directement avec les indicateurs usuels d’inégalités de niveau de vie calculés en population générale. Cet article propose une méthode originale pour contrôler ce biais de génération afin de quantifier la part des inégalités imputables à l’homogamie éducative en population générale. À l’aide d’une modélisation logistique des probabilités d’appariement des conjoints selon le diplôme, l’évolution de la structure des diplômes au fil des générations est identifiée de manière fine, ainsi que son rôle sur les inégalités liées à l’homogamie éducative. Les résultats obtenus sur les données françaises pour la période 2003-2013 montrent que l’impact de l’homogamie éducative sur les inégalités de niveau de vie est statistiquement significatif mais très faible. Elle affecte plus particulièrement le haut de la distribution des niveaux de vie et nécessite pour être mise en évidence de bien contrôler les effets de génération.
Vincent LIGNON, Pierre Courtioux, « Homogamie éducative et générations : quels effets sur les inégalités de niveau de vie en France ? », Population, Population, 2022, n°77, pp. 325-346
Il est admis que l’homogamie éducative – c’est-à-dire la tendance à observer des mises en couple entre personnes ayant le même niveau de diplôme – renforce les inégalités socioéconomiques au sein de la population. Pour autant, les travaux disponibles dans la littérature écartent généralement de leurs estimations une partie des individus les plus âgés, afin de ne pas introduire de biais de génération. Les indicateurs ainsi produits ne peuvent être comparés directement avec les indicateurs usuels d’inégalités de niveau de vie calculés en population générale. Cet article propose une méthode originale pour contrôler ce biais de génération afin de quantifier la part des inégalités imputables à l’homogamie éducative en population générale. À l’aide d’une modélisation logistique des probabilités d’appariement des conjoints selon le diplôme, l’évolution de la structure des diplômes au fil des générations est identifiée de manière fine, ainsi que son rôle sur les inégalités liées à l’homogamie éducative. Les résultats obtenus sur les données françaises pour la période 2003-2013 montrent que l’impact de l’homogamie éducative sur les inégalités de niveau de vie est statistiquement significatif mais très faible. Elle affecte plus particulièrement le haut de la distribution des niveaux de vie et nécessite pour être mise en évidence de bien contrôler les effets de génération.
Vincent LIGNON, Jean-Luc Outin, « Catégoriser et insérer les pauvres : Perspectives dynamiques et pluridimensionnelles », Revue des politiques sociales et familiales, Revue des politiques sociales et familiales, 2022, n°144, pp. 3-7
Vincent LIGNON, « Introduction », Informations sociales, Informations sociales, 2020, n°201, pp. 4-9
Vincent LIGNON, « Vers une allocation unique ? : Effets sur la pauvreté et les taux marginaux d’imposition », Revue économique, Revue économique, 2020, n°71, pp. 667-696
Cet article estime l’impact d’une réforme d’allocation unique familialisée visant à fusionner les aides à destination des ménages modestes sur la pauvreté et l’incitation à l’activité. Les résultats montrent qu’il est possible de simplifier ces aides sans surcoût pour les finances publiques tout en diminuant de manière significative la pauvreté et les inégalités. La décomposition de ces indicateurs montre cependant que certaines catégories fragiles de la population sont défavorisées par ce type de dispositif, notamment les familles monoparentales, les bénéficiaires de l’AAH et de l’ASPA. Par ailleurs, en termes d’incitations à l’activité, les scénarios étudiés ne permettent pas de lisser et d’homogénéiser les taux marginaux d’imposition.Classification JEL : D31, H31, I32, C63.
Vincent LIGNON, Adélaïde Favrat, Muriel Pucci, « Le soutien financier aux jeunes par les transferts sociaux et fiscaux – Scénarios de défamilialisation / Financial Support for Young Adults through Tax and Social Transfers – Defamilialisation Scenarios », Paris : Institut national de la statistique et des études économiques et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2020, pp. 49-70
L’article évalue les aides apportées par le système socio‑fiscal aux jeunes âgés de 18 à 24 ans, en distinguant les prestations dont ils bénéficient en leur nom des transferts qui transitent par leurs parents via des majorations de prestations sociales ou des économies d’impôt. À l’aide du modèle de microsimulation MYRIADE, nous estimons que près de 50 % des aides à destination des 18‑24 ans transitent par leurs parents. Ces transferts indirects, qui confirment la logique familialiste de l’aide aux jeunes en France, sont plus importants dans les déciles supérieurs que dans les déciles intermédiaires, ce qui peut poser des problèmes d’équité. Pour évaluer leurs propriétés redistributives, nous testons l’impact d’un redéploiement de ces aides indirectes sous la forme d’une allocation individualisée directement versée aux jeunes adultes. Dans les deux scénarios envisagés, un tel redéploiement réduirait le risque de pauvreté moyen et l’hétérogénéité des niveaux de vie des jeunes, mais pénaliserait certains jeunes en cours d’études appartenant à des familles modestes.
Vincent LIGNON, « Continuing Education: A Family Matter? », Travail et emploi, Travail et emploi, 2018, n°HS 2017, pp. 127-158
Is there a statistical relationship between changes in family status and access to continuing education? This article attempts to answer this question based on an empirical analysis of
Emploi en continu
(Continuous Employment) surveys conducted in France from 2003 to 2012. While the results show that for women childbirth is associated with a decrease in the likelihood of continuing education, they also suggest that children’s entry into the school system provides an opportunity for better educated people to participate more in company training. The formation and break-up of couples are also associated with gender inequalities in access to education: the break-up of a couple is negatively correlated with the probability of attending company training, especially for women who have custody of their children. For education offered by an employment agency, mostly aimed at the unemployed, it seems that what matters most is less the distribution of child custody than the employment status of the partners at the time of the break-up.
Vincent LIGNON, Pierre Courtioux, « Décomposer les rendements privés de l’enseignement supérieur : une analyse par microsimulation dynamique du système socio-fiscal français », Économie & prévision, Économie & prévision, 2017, n°210, pp. 69-94
Ce travail vise à identifier les éléments du système socio-fiscal les plus favorables à la poursuite d’études supérieures.
Nous utilisons un modèle de microsimulation dynamique dédié à l’analyse des liens entre éducation et marché du travail
pour décomposer les rendements privés des études supérieures et préciser les éléments du système socio-fiscal qui
concourent à réduire les risques de faible valorisation des études dans un contexte d’incertitude sur les trajectoires de vie et
la réussite académique. Dans ce cadre, nos résultats soulignent que les allocations chômage, le système de retraite et dans
une moindre mesure l’impôt sur le revenu jouent un rôle d’assurance face au risque de faible valorisation des diplômes : ils
augmentent de manière non négligeable le niveau des rendements dans le bas de la distribution.
Vincent LIGNON, Pierre Courtioux, « Décomposer les rendements privés de l’enseignement supérieur : une analyse par microsimulation dynamique du système socio-fiscal français », Paris : Ministère de l'Économie et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2017, pp. 69-94
Ce travail vise à identifier les éléments du système socio-fiscal les plus favorables à la poursuite d’études supérieures. Nous utilisons un modèle de microsimulation dynamique dédié à l’analyse des liens entre éducation etmarché du travail pour décomposer les rendements privés des études supérieures et préciser les éléments du système socio-fiscal qui concourent à réduire les risques de faible valorisation des études dans un contexte d’incertitude sur les trajectoires de vie et la réussite académique. Dans ce cadre, nos résultats soulignent que les allocations chômage, le système de retraite et dans une moindre mesure l’impôt sur le revenu jouent un rôle d’assurance face au risque de faible valorisation des diplômes : ils augmentent de manière non négligeable le niveau des rendements dans le bas de la distribution.
Vincent LIGNON, « La formation continue : une affaire familiale ? », Travail et emploi, Travail et emploi, 2016, n°143, pp. 21-41
Existe-t-il un lien statistique entre les changements de situation familiale et l’accès à la formation continue ? Cet article cherche à répondre à cette question à partir d’une analyse empirique effectuée sur les enquêtes Emploi en continu de 2003 à 2012. Si les résultats montrent que les naissances sont associées à une diminution de la probabilité d’être formées pour les femmes, ils suggèrent que l’entrée des enfants dans le système scolaire constitue une opportunité permettant aux individus les plus diplômés d’accroître leur participation aux formations d’entreprise. Les mises en couple et séparations sont par ailleurs associées à des inégalités entre sexes dans l’accès aux formations : la rupture d’une union est négativement corrélée avec la probabilité de suivre une formation d’entreprise, notamment pour les femmes qui ont la garde de leurs enfants. Pour les formations proposées par un organisme de placement, majoritairement à destination des chômeurs, il semble que c’est moins la répartition de la garde des enfants que la situation professionnelle des conjoints au moment de la rupture qui importe.
Vincent LIGNON, Pierre Courtioux, « Homogamie éducative et inégalités de revenu salarial : une perspective de cycle de vie », Institut national de la statistique et des études économiques, Paris : Institut national de la statistique et des études économiques et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2015, pp. 149-183
Au‑delà de ses effets sur les trajectoires professionnelles, le niveau de diplôme a un impact important sur les comportements matrimoniaux des individus, notamment via les phénomènes d’homogamie éducative (i. e. la tendance à l’union d’individus aux caractéristiques éducatives semblables). Cet article a pour objectif d’en évaluer les conséquences d’un point de vue économique en se centrant sur les inégalités de revenu salarial sur l’ensemble du cycle de vie. Nous utilisons un modèle de microsimulation dynamique, le modèle de cohorte Gameo, qui permet de simuler les calendriers différenciés d’union des individus d’une génération donnée, leurs trajectoires professionnelles (positions sur le marché du travail, carrières salariales) mais également celles de leurs conjoints potentiels. Sur la base d’un indicateur de revenu intertemporel, notre exercice de microsimulation montre que les revenus des conjoints diminuent les inégalités observées entre les individus d’une même génération de 11,7 % (en variation relative du coefficient de Gini). Si ce résultat suggère que l’effet redistributif des mises en couple l’emporte sur l’effet polarisant de l’homogamie éducative, nous montrons que la variation relative du coefficient de Gini serait plus forte d’environ 5 points de pourcentage si la mise en couple s’effectuait de manière aléatoire.
Vincent LIGNON, Adélaïde Favrat, Vincent Reduron, « Les effets redistributifs de la prime d’activité et l’impact du non-recours », Caisse Nationale des Allocations Familiales, Paris : Caisse Nationale des Allocations Familiales et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2015, pp. 27-41
Les effets redistributifs de la prime d'activité et l'impact du non-recours
La prime d’activité, entrée en vigueur au 1er janvier 2016, consiste en une fusion de la composante activité du revenu de solidarité active (RSA) et de la prime pour l’emploi. Cette nouvelle prestation vise à poursuivre les objectifs d’incitation à la reprise d’activité des dispositifs précédents tout en intensifiant la redistribution vers les travailleurs modestes. Pour autant, le risque d’un non-recours à la prestation, et donc d’une diminution de son efficacité, est loin d’être négligeable. Dans ce cadre, cet article propose une analyse ex ante des effets redistributifs de la prime d’activité en testant différents scénarios sur l’intensité du recours et le profil des recourants. Les résultats montrent que la prime d’activité accroît le ciblage sur les bas revenus, et ce d’autant plus que le taux de recours est important. Dans la mesure où les anciens bénéficiaires du RSA activité basculent dans le dispositif de la prime d’activité (hypothèse de recours automatique), les effets redistributifs de la prestation apparaissent peu sensibles au profil des nouveaux recourants parmi la population des éligibles.