Au moment où la fréquentation touristique dans les pays en voie de développement ne cesse d'augmenter, certains territoires comme le Sénégal s'avèrent particulièrement vulnérables face aux risques écologiques engendrés par le tourisme de masse. Cette thèse traite des relations entre le tourisme et l'agriculture dans une dynamique de développement durable au Sénégal. Tout en examinant le jeu des acteurs, elle vise également à analyser les enjeux économiques, sociaux, politiques et environnementaux. Le tourisme joue un rôle majeur dans l'économie nationale, aux côtés de secteurs tels que la pêche et l'agriculture. La Petite Côte sénégalaise, terrain de recherche, a la caractéristique d'être à la fois un milieu rural et une destination touristique très prisée ; où l'agriculture nourrit la population et où le tourisme est perçu comme un espoir de développement. C'est aussi le lieu où les enjeux pour les populations locales sont d'autant plus cruciaux et où les conflits entre agriculteurs, éleveurs et autorités publiques plus aigus (Tafani, 2012 :1). Plusieurs entretiens semi-directifs à réponses libres ont été réalisés à partir de guides conçus à cet effet. Ces entretiens sont répertoriés en thématique et ont comme but de vérifier les hypothèses de départ. Les observations de terrain, les entretiens et les données statistiques ont permis de dégager plusieurs constats. Ces derniers font part de la dégradation de l'environnement, du rétrécissement des terres agricoles, de la disparition ou de la désorganisation des activités traditionnelles, une faible rétention des recettes touristiques au niveau local, en raison du contrôle externe des infrastructures touristiques. Outre la déforestation, la dégradation du littoral, la ségrégation socio-spatiale, on assiste à un recul des activités traditionnelles, à une diminution des terres agricoles au profit d'un développement urbano-touristique menant ainsi vers une certaine paupérisation de la population locale. Par ailleurs, tourisme et agriculture se nourrissent quotidiennement des mêmes espaces et ont les mêmes problèmes écologiques et se concentrent en générale dans les plaines côtières fertiles, fragiles et accessibles (Tafani, 2013 : 7). Le tourisme de masse étant en plein essor, les aménagements touristiques sont de plus en plus nombreux, menaçant ainsi l'agriculture en diminuant considérablement les surfaces cultivables. Ils détournent par la même occasion l'eau, ressource de plus en plus rare, au profit des touristes pour des besoins récréatifs. Une stratégie de développement local fondée sur la complémentarité entre tourisme et agriculture, à travers l'agrotourisme comme alternative au tourisme de masse, apparaît aujourd'hui particulièrement pertinente.