Gilles Dorronsoro, Pierre Birnbaum, Christophe Darmangeat, Philippe Roger, Guerres civiles, Critique, 2025, 142 p.
Gilles Dorronsoro, Le plus grand des maux: sociologie des guerres civiles, CNRS Éditions, 2025, Logiques du désordre, 299 p.
Contrairement à une idée répandue qui les cantonne aux pays du Sud, les guerres civiles sont un phénomène universel qui, en questionnant l'évidence des routines, rend visible ce qui fonde la reproduction de l'ordre social. À partir d'enquêtes de terrain, l'auteur développe une approche à la fois comparative et qualitative des guerres civiles contemporaines comme affrontement violent d'ordres sociaux à partir de trois hypothèses. D'abord, les guerres civiles, loin d'être des processus internes, sont des phénomènes transnationaux dont la dynamique dépend des contraintes, des ressources et des normes du système international. Ensuite, la formation d'un ordre social insurgé passe par l'instauration de nouvelles institutions qui transforment une société dans ses aspects les plus essentiels : rapports de genre, droits de propriété, hiérarchie entre groupes. Enfin, les guerre civiles créent les conditions d'une transformation des rapports entre habitus, stratégie et réflexivité. Ainsi, et en raison d'un fort degré d'incertitude, se multiplient les stratégies à court terme qui visent à l'évitement, l'adaptation ou la survie.
Gilles Dorronsoro (dir.), Le gouvernement des Kurdes: gouvernement partisan et ordres sociaux alternatifs, Karthala, 2024, 369 p.
Des dizaines de millions de Kurdes vivent en Turquie, en Iran, en Syrie et en Irak et, depuis un siècle, se mobilisent régulièrement pour obtenir des droits culturels, une autonomie régionale, voire l'indépendance. Si la perspective d'un État kurde n'a jamais été aussi lointaine, la multiplication des guerres civiles et des interventions extérieures depuis les années 1990 (interventions américaines en Irak et en Syrie, guérilla du PKK) a eu pour résultat que, pour la première fois, des populations kurdes sont gouvernées par des mouvements kurdes, parfois depuis plus d'une génération. À rebours d'une conception romantique et loin des clichés sur les tribus kurdes, les auteurs montrent la centralité des partis politiques dans l'organisation de ces ordres sociaux alternatifs du nord Irak, de la Syrie et de la Turquie. À partir de données originales tirées de terrains longs en Turquie, en Irak et en Syrie, ils analysent ces «gouvernements partisans» dans toute leur complexité. En particulier, la matrice idéologique, la discipline interne et l'ancrage militant conditionnent les pratiques de gouvernement des partis, par exemple leur rapport aux institutions publiques ou la mise en place de programmes scolaires. Par ailleurs, les mouvements kurdes se trouvent confrontés à la gestion de minorités non kurdes, notamment en Irak et en Syrie, provoquant une adaptation du programme politique ou la mise en place de régimes discriminatoires.
Gilles Dorronsoro, Le Gouvernement des Kurdes , 2023
Des dizaines de millions de Kurdes vivent en Turquie, en Iran, en Syrie et en Irak et, depuis un siècle, se mobilisent régulièrement pour obtenir des droits culturels, une autonomie régionale, voire l’indépendance. Si la perspective d’un État kurde n’a jamais été aussi lointaine, la multiplication des guerres civiles et des interventions extérieures depuis les années 1990 (interventions américaines en Irak et en Syrie, guérilla du PKK) a eu pour résultat que, pour la première fois, des populations kurdes sont gouvernées par des mouvements kurdes, parfois depuis plus d’une génération.À rebours d’une conception romantique et loin des clichés sur les tribus kurdes, les auteurs montrent la centralité des partis politiques dans l’organisation de ces ordres sociaux alternatifs du nord Irak, de la Syrie et de la Turquie. À partir de données originales tirées de terrains longs en Turquie, en Irak et en Syrie, ils analysent ces «gouvernements partisans» dans toute leur complexité. En particulier, la matrice idéologique, la discipline interne et l’ancrage militant conditionnent les pratiques de gouvernement des partis, par exemple leur rapport aux institutions publiques ou la mise en place de programmes scolaires.Par ailleurs, les mouvements kurdes se trouvent confrontés à la gestion de minorités non kurdes, notamment en Irak et en Syrie, provoquant une adaptation du programme politique ou la mise en place de régimes discriminatoires.Sommaire : Pages de début (p. 3-5)| Présentation (p. 5)| Introduction générale : la gouvernementalité kurde (p. 7-28)| 1. Ordre partisan et gouvernement des populations : pour une sociogenèse des matrices de pouvoir du PKK (p. 31-50)| 2. Un parti patrimonial : les dispositifs de reproduction d’un militantisme intergénérationnel au sein du PDK (p. 51-85)| 3. Quand le genre est une frontière : l’intégration des femmes à la lutte armée comme enjeu de la concurrence entre le PKK et le Komala (p. 87-102)| 4. L’ordre social partisan au Kurdistan d’Irak (p. 105-131)| 5. Confédéralisme démocratique et ruse de la raison nationaliste : enseigner l’histoire kurde au Rojava (p. 133-150)| 6. Le PKK et l’autonomie du champ culturel kurde (p. 151-176)| 7. La formation contrariée d’un champ économique kurde en Turquie (p. 177-199)| 8. Échec de l’apoïsme municipal et recomposition du mouvement kurde à Mersin (Turquie) (p. 203-227)| 9. La greffe du projet apoïste en Syrie (p. 229-257)| 10. Gouverner en contexte multiethnique : l’UPK à Kirkouk (Irak) (p. 259-287)| 11. Passions et replis identitaires : les effets des mobilisations kurdes sur la société turque (p. 291-326)| 12. Connexions et compétitions dans l’espace transfrontalier. Mouvement kurde et réaction de l’État turc dans la crise syrienne (2012-2018) (p. 327-356)| Biographies des contributeurs (p. 357-359)| Liste des acronymes (p. 361-364)| Pages de fin (p. 365-369).
Gilles Dorronsoro, Arthur Quesnay, Pamela Colombo, Adam Baczko, Les régimes miliciens: interventions occidentales et économie de la violence dans les guerres civiles contemporaines, L'Harmattan, 2022, 169 p.
Gilles Dorronsoro, Afghanistan, le prix de la paix, Point du jour, 2022, 1 p.
Gilles Dorronsoro, Olivier Grojean, Amin Allal (dir.), Politiques de la violence. Organiser la lutte de la Colombie au Pakistan: Organiser la lutte de la Colombie au Pakistan, Editions Karthala, 2022, 215 p.
Si les violences politiques sont parfois le fait d'individus isolés, elles sont le plus souvent des actions organisées, c'est-à-dire inspirées, parfois planifiées, prises en charge, voire produites par des organisations dont les objectifs sont politiques
Gilles Dorronsoro (dir.), Le gouvernement transnational de l'Afghanistan. Une si prévisible défaite: une si prévisible défaite, Éditions Karthala, 2022, Recherches internationales, 288 p.
La défaite des Talibans dans le sillage des attentats du 11 septembre ouvre deux décennies d'investissement occidental en Afghanistan. Des centaines de milliards de dollars, pour l'essentiel consacrés à l'entretien des forces occidentales, des dizaines de milliers de morts, dont plusieurs milliers de la coalition, montrent l'importance de ce conflit pour les Etats-Unis qui en font le symbole de leur hégémonie mondiale. Mais, derrière les discours sur la construction d'une « démocratie de marché », se profile un gouvernement transnational qui contourne les acteurs afghans au point d'interdire tout processus démocratique, couvre des fraudes électorales massives, routinise la captation des ressources au profit des entreprises occidentales et des élites afghanes. Les tensions communautaires et sociales s'accroissent à un point jusque-là inconnu dans la société afghane. Les Talibans, capitalisant sur le ressentiment populaire contre les élites au pouvoir, mettent en échec une alliance occidentale qui dissimule, derrière une augmentation des moyens, son incapacité à définir une stratégie cohérente. Après vingt ans de conflit, al-Qaïda est toujours présent en Afghanistan, et le retrait américain ne fait qu'ouvrir une nouvelle période d'une guerre civile vieille de quarante ans. Ce nouvel essai de Gilles Dorronsoro propose une analyse critique impitoyable des impasses de l'expertise orientaliste et sécurocrate dont la portée comparative, bien au-delà du seul cas afghan, est d'une haute actualité
Gilles Dorronsoro, Le Gouvernement transnational de l'Afghanistan , 2021
Ce nouvel essai de Gilles Dorronsoro propose une analyse critique impitoyable des impasses de l’expertise orientaliste et sécurocrate dont la portée comparative, bien au-delà du seul cas afghan, est d’une haute actualité.Sommaire : Pages de début (p. 1-5)| Remerciements (p. 7)| Avant-propos (p. 9-10)| Introduction (p. 13-30)| 1. La production de la (mé)connaissances (p. 33-48)| 2. Le mythe de l’allergie à l’État et l’illusion du local (p. 49-67)| 3. Fascinantes tribus (p. 69-80)| 4. Les Talibans existent-ils ? (p. 81-99)| 5. Les opérateurs internationaux (p. 103-123)| 6. Du state-building à la déconstruction des institutions (p. 125-148)| 7. Le régime afghan (p. 149-174)| 8. Une société déchirée (p. 177-195)| 9. Une équation stratégique irrésolue (p. 197-218)| 10. Le répertoire de violence (p. 219-247)| Conclusion. Une guerre exotique ou un miroir déformant ? (p. 249-257)| Bibliographie (p. 259-272)| Chronologie (p. 273-274)| Liste des sigles et acronymes (p. 275-276)| Glossaire (p. 277-278)| Index des noms de lieux (p. 279-282)| Index des noms propres (p. 283-290)| Pages de fin (p. 291-293).
Gilles Dorronsoro, Amin Allal, Olivier Grojean, Politiques de la violence , 2021
Si les violences politiques sont parfois le fait d’individus isolés, elles sont le plus souvent des actions organisées, c’est-à-dire inspirées, parfois planifiées, prises en charge, voire produites par des organisations dont les objectifs sont politiques.Sommaire : Pages de début (p. 1-5)| Les violences politiques, des actions organisées (p. 7-27)| Chapitre 1. Du combat politique à la lutte armée ? Les militants-combattants au Burundi (p. 29-46)| Chapitre 2. L’acquisition de compétences militaires chez des indépendantistes algériens. Le cas des partisans de Messali Hadj (p. 47-69)| Chapitre 3. Pratique et encadrement de la violence armée. Le cas de la première guerre civile libyenne (p. 71-91)| Chapitre 4. Violences et répertoires. Repenser les modes d’action du PKK avec Charles Tilly (p. 93-108)| Chapitre 5. Raison stratégique, hiérarchie ethnique et logique biopolitique. Notes sur la polysémie des massacres dans la guerre d’Afghanistan (p. 109-125)| Chapitre 6. Medellín : des « bandes » à la contre-insurrection (p. 127-144)| Chapitre 7. Des dissensions estudiantines à la guerre de campus. L’escalade de la violence politique à l’université de Karachi (1979-1991) (p. 145-166)| Chapitre 8. Conflit d’émotions. Les émeutes anti- « caricatures danoises » de 2006 à Lahore (Pakistan) (p. 167-187)| Ont contribué à cet ouvrage (p. 189-192)| Sigles (p. 193-196)| Bibliographie (p. 197-215)| Pages de fin (p. 217-227).
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, Arthur Quesnay, Syrie. Anatomie d’une guerre civile: anatomie d'une guerre civile, CNRS Éditions, 2020, Biblis, 416 p.
Gilles Dorronsoro, Christophe Jaffrelot, Aminah Mohammad-Arif, Anwar Alam, Rajeev Bhargava [et alii], Politique et religions en Asie du Sud: le sécularisme dans tous ses états ? whither secularism ?, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2020
Gilles Dorronsoro, Le reniement démocratique: Néolibéralisme et injustice sociale, Fayard, 2019, Raison de plus, 186 p.
Gilles Dorronsoro, Gilles Dorronsoro, Olivier Grojean, Olivier Grojean (dir.), Identity, Conflict and Politics in Turkey, Iran and Pakistan, Hurst Publishers, 2018, Comparative politics and international studies series, 282 p.
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, Arthur Quesnay, Civil war in Syria: mobilization and competing social orders, Cambridge university press, 2018, Problems of international politics, 321 p.
Gilles Dorronsoro, L’État-AKP et le gouvernement par la crise, 2e éd., Mouvements, 2017, 90, 1118 p.
La monopolisation des ressources économiques et institutionnelles par le parti au pouvoir caractérise l’État turc depuis sa création. Cet accaparement systématique explique la difficulté d’une alternance politique régulière.
Gilles Dorronsoro, La révolution afghane: des communistes aux tâlebân, Éditions Karthala, 2017, 350 p.
Depuis plus de vingt ans, l'Afghanistan est plongé dans une interminable guerre civile. Au coup d'État communiste de 1978 et à la violence des jeunes élites urbaines a répondu la révolte de la société, mobilisée au nom du jihâd contre un gouvernement athée et, bientôt, contre l'occupant soviétique. Des centaines de " commandants " à la tête de groupes de combattants mènent alors la lutte contre le pouvoir soviéto-afghan. Le retrait soviétique, achevé en 1989, puis l'effondrement du régime communiste n'ont pas ramené la paix. La guerre a désormais pour enjeu la redéfinition et le contrôle du pouvoir central. Loin des habituels lieux communs sur les " guerres ethniques ", ce livre a pour but de montrer comment une société essentiellement rurale et non industrielle a connu une mutation accélérée dans et par la guerre. En particulier, l'échec des projets modernistes - communiste et islamiste - a permis l'émergence, en 1994, du mouvement des Tâlebân, qui ont su capitaliser la lassitude de la population pour instaurer un État fondamentaliste dominé par les religieux. Le nouveau pouvoir, par un illusoire retour au passé, tente aujourd'hui d'imposer un ordre moral puritain à une société rétive, donnant une forme inédite aux processus de modernisation qui, inéluctablement, s'affirment
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, Arthur Quesnay, Syrie: anatomie d'une guerre civile, CNRS éditions, 2016, 412 p.
Gilles Dorronsoro, Olivier Grojean (dir.), Identités et politique: de la différenciation culturelle au conflit, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 2015, Domaine Monde et sociétés, 303 p.
Gilles Dorronsoro, La nébuleuse Hizbullah, Institut français d’études anatoliennes, 2014, Les dossiers de l'IFEA en ligne (Série la Turquie aujourd'hui en ligne)
Gilles Dorronsoro, Olivier Grojean, Identités et politique , 2014
Les conflits portés par des revendications identitaires – autonomie, indépendance, droits culturels – n'ont cessé d'augmenter depuis 1945 et vont parfois jusqu'à menacer l’existence des États. Loin d’avoir disparu dans les régimes démocratiques, ils sont particulièrement importants en Turquie, en Iran et au Pakistan et ce, malgré une construction étatique et un rapport aux minorités profondément différents.
Dans ces trois pays, l’identité ethnique ou religieuse est un principe quotidien de classement des individus et de hiérarchisation des groupes. Or, si les différences créent de la hiérarchie et de la rivalité, elles ne débouchent pas nécessairement sur des conflits. Comment passe-t-on alors de la simple « friction culturelle » au conflit identitaire ouvert ?
Effectuant des découpages territoriaux, cartographiant, recensant et classant les populations, imposant des normes d’enseignement et distribuant inégalement les ressources, les États produisent les conditions propices aux mobilisations identitaires. Le basculement dans la violence est dès lors fonction des politiques étatiques - de discrimination, d'ouverture ou de répression – qui organisent les rapports entre les groupes.Sommaire : Pages de début (p. 1-12)| Introduction / Identité, hiérarchie et mobilisation (p. 13-44)| Chapitre 1 / L’Effervescence ethnique et régionale en Iran (p. 45-66)| Chapitre 2 / Genèse de la cause azerbaïdjanaise en Iran (p. 67-92)| Chapitre 3 / Modes de gestion des identités dans et par les partis politiques en Turquie (p. 93-116)| Chapitre 4 / Diversité culturelle et hiérarchie ethnique (p. 117-144)| Chapitre 5 / « Narcissisme de la petite différence » et intolérances religieuses (p. 145-174)| Chapitre 6 / La transformation d’un conflit en diaspora (p. 175-196)| Chapitre 7 / Entre quête d’éthique et souffrance à distance (p. 197-222)| Chapitre 8 / La ville de Quetta et la guérilla baloutche (p. 223-254)| Chapitre 9 / L’instrumentalisation d’un conflit ethnique par l’État (p. 255-276)| Chapitre 10 / La transformation des cadres d’interprétation au Moyen-Orient (p. 277-292)| Liste des sigles et des acronymes (p. 293-294)| Table des photos, cartes, graphiques et tableaux (p. 295-296)| Bibliographie indicative (p. 297-304).
Gilles Dorronsoro, François Burgat, Laura Ruiz de Elvira Carrascal, Syrie: les logiques de la révolte, École des hautes études en sciences sociales, 2013, Les agendas du politique
Gilles Dorronsoro, Geneviève Brzustowski, Noémi Lévy-Aksu, Que veut la Turquie ?: ambitions et stratégies internationales, Autrement, 2012, Mondes et nations, 126 p.
Gilles Dorronsoro, Christian Olsson, Raphaël Pouyé, Insurrections et contre-insurrections: éléments d'analyse sociologique à partir des terrains irakien et afghan, IRSEM, Institut de recherche stratégique de l'École militaire, 2012, Études de l'IRSEM, 126 p.
Gilles Dorronsoro, Afghanistan: en quête d'un accord politique, Carnegie endowment for international peace, 2010, 36 p.
Gilles Dorronsoro, Revolution unending: Afghanistan 1979 to the present, C. Hurst in association with the Centre d'études et de recherches internationales, Paris, 2005, The CERI series in comparative politics and international studies, 370 p.
Gilles Dorronsoro (dir.), La Turquie conteste: mobilisations sociales et régime sécuritaire, CNRS éditions, 2005, Moyen-Orient, 247 p.
Gilles Dorronsoro, La nébuleuse Hizbullah, Inst. Français d'Études Anatoliennes Georges Dumézil, 2004, Les dossiers de l'IFEA (Série la Turquie aujourd'hui), 28 p.
Gilles Dorronsoro, Afghans, peuple déchiré: 1992-2002, Editions Autrement, 2002, Collection (Photographie), 132 p.
Gilles Dorronsoro, La grande illusion: bilan de la politique afghane du Pakistan, CERI, 2002
Gilles Dorronsoro, Peter Harling, Bagdad chrétienne: à l'heure du Ba'th saddamien exil, action et passion des Chaldéens,, 2000, 97 p.
Gilles Dorronsoro, La révolution afghane, 2000
Au-delà des habituels lieux communs sur les "guerres ethniques", ce livre de Gilles Dorronsoro montre comment une société essentiellement rurale et non industrielle a connu une mutation accélérée dans et par la guerre. L'échec des projets modernistes, communiste et islamiste, a permis l'émergence, en 1994, du mouvement des Tâlebân qui a su capitaliser la lassitude de la population pour instaurer un Etat fondamentaliste dominé par les religieux.Sommaire : Pages de début (p. 1-5)| Avant-propos (p. 6-12)| Introduction (p. 13-33)| 1. La sociogenèse de l’État afghan (p. 35-74)| 2. De la modernisation à la révolution (p. 75-106)| 3. Les commandants (p. 107-154)| 4. Les partis (p. 155-189)| 5. Le régime de Kaboul (p. 191-227)| 6. La guérilla (p. 229-255)| 7. De la concurrence au monopole (p. 257-280)| 8 L’interprétation du conflit : ethnicité, projet politique et groupes sociaux (p. 281-297)| 9. L’État clérical (p. 299-312)| Conclusion. Contexte régional et contraintes internationales (p. 313-320)| Chronologie (p. 321-322)| Glossaire (p. 323-326)| Bibliographie (p. 327-333)| Index (p. 335-345)| Pages de fin (p. 346-352).
Gilles Dorronsoro, Après la guerre: trois formes contemporaines de la conflictualité, Fondation pour les études de défense, 1998, Recherches et documents / FED-CREST, 30 p.
Gilles Dorronsoro, Alain Besançon, La Révolution afghane: du Jihad à la guerre civile, Atelier national de reproduction des thèses, Université Lille 3, 1996, Lille Thèses
Gilles Dorronsoro, Alain Besançon, La Révolution afghane: du Jihad à la guerre civile, 1995
A PARTIR D'UNE ETUDE DE TERRAIN MENEE ENTRE 1988 ET 1993. L'AUTEUR MONTRE DANS UN PREMIER CHAPITRE LES FONDEMENTS DE LA SOCIO-GENESE DE L'ETAT AFGHAN. LA REVOLTE QUI SUIT L'ARRIVEE DU GOUVERNEMENT COMMUNISTE EN 1978 CONDUIT A UNE MISE EN RECIT DES ACTIONS, AU DEPART ISOLEES. DANS UNE LOGIQUE DE JIHAD QUE LES PARTIS ISLAMISTES PEUVENT FACILEMENT REPRENDRE A LEUR COMPTE. LES AUTORITES LOCALES QUI EMERGENT DE LA LUTTE. LES COMMANDANTS, ONT UNE LEGITIMITE DE NATURE DIFFERENTE SELON QU'ILS SONT PASSES PAR LE LYCEE (OU L'UNIVERSITE). PROPRIETAIRES TERRIENS, ULEMA OU PIR UNE TYPOLOGIE DES MODES DE POUVOIRS SELON LES COMMANDANTS FAIT RESSORTIR LA DIFFERENCE FONDAMENTALE ENTRE POUVOIR DE TYPE PATRIMONIAL ET INSTITUTIONNEL. DISTINCTION QUI FONDE UNE TYPOLOGIE DES PARTIS AFGHANS. LA CONCENTRATION DU POUVOIR QUI NAIT DE LA CONCURRENCE ENTRE LES PARTS ET LES COMMANDANTS ABOUTIT A UNE TERRITORIALISATION DES PARTIS. LA QUETION DE L'ETHICITE DEVIENT ALORS CENTRALE PUISQUE LES PARTIS ENTREPRENNENT UNE MOBILISATION DE TYPE NATIONALISTE A PARTIR D'IDENTITES ETHNIQUES SOUVENT MAL DEFINIES. LE DISCOURS DES PARTIS A DONC DES CONSEQUENCES IMPORTANTES SUR LES RELATIONS INTER-ETHNIQUES ET L'AUTO-DEFINITION DES INDIVIDUS.
Gilles Dorronsoro, Hugo Sada, De l'UNITA: étude d'une guérilla africaine,, 1987, 124 p.
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « A Transnational Government of Violence. Imaginary Anthropology and Militia Regime during the Western Intervention in Afghanistan (2001–2021) », Political Anthropological Research on International Social Sciences (PARISS), Brill, 2025, n°1, p. 4367
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « رژیم ملیشه ای در افغانستان »: مردم شناسی خیالی، اقتصاد فراملی خشونت و فروپاشی دولت, Adalat va Omid, , 2025, n°11
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « La fabrique transnationale des guerres civiles : La dimension internationale des phénomènes locaux », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2025, n°74, pp. 431-451
Gilles Dorronsoro, Laurent Jeanpierre, « La guerre civile, un équilibre instable et provisoire », Critique, Critique, 2025, n°932-933, pp. 61-74
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « Les apories d’une rationalisation ponctuelle. La formation des organes de contrôle dans le champ bureaucratique transnational au Mali », Gouvernement & action publique, Presses de sciences po, 2024, n°1, pp. 5-25
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « Les apories d’une rationalisation ponctuelle : La formation des organes de contrôle dans le champ bureaucratique transnational au Mali », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2024, n°VOL. 13, pp. 5-25
Comment expliquer que la multiplication d’organes de contrôle au Mali accompagne, plus qu’elle ne contrarie, la montée globale des malversations et de la mauvaise gestion ? Nous montrons que la perte de contrôle de l’État sur les comptes publics renvoie moins à un fonctionnement spécifique des sociétés africaines qu’à une rationalisation des organes spécialisés à la fois ponctuelle et impulsée de l’extérieur. Loin de construire un État plus efficace, l’action des organisations internationales depuis plusieurs décennies produit incohérence et fragmentation en installant différents niveaux de ressources et de normes au sein de l’administration. Elle a ainsi eu pour effet paradoxal de participer à l’inefficacité des inspections et à l’affaiblissement des structures étatiques.
Gilles Dorronsoro, Hélène Combes, Laura Ruiz de Elvira, Josaphat Musamba, « Faire face aux transformations des terrains : retours sur des expériences contrastées », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2023, n°100
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « Une révolution bureaucratique avortée. Les énarques et l’État au Mali », Politique africaine, Karthala, 2023, n°167, pp. 75-96
Gilles Dorronsoro, Hélène Combes, Laura Ruiz de Elvira, Josaphat Musamba, « Faire face aux transformations des terrains : retours sur des expériences contrastées », Critique internationale, Critique internationale, 2023, n°100, pp. 177-192
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « Une révolution bureaucratique avortée. Les énarques et l’État au Mali », Politique africaine, Politique africaine, 2023, n°167, pp. 75-96
A contrario de la thèse d’une fonction publique « introuvable », les énarques maliens donnent à voir un corps doté d’un « intérêt au dés intéressement ». L’établissement de l’Ena (École nationale d’administration) résulte d’une coalition entre hauts fonctionnaires et quelques hommes politiques confrontés à un effondrement des institutions. Un concours méritocratique, une formation exigeante et un statut avantageux ont favorisé des profils issus des classes populaires et moyennes, qui ont connu une rapide ascension au sein de l’administration. Mais cette révolution bureaucratique a avorté face aux résistances dans la fonction publique et la classe politique.
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « Le régime milicien en Afghanistan : Anthropologie imaginaire, économie transnationale de la violence et fragmentation de l’État », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2022, n°125, pp. 51-69
Gilles Dorronsoro, Benjamin Gourisse, « 1. Le champ du pouvoir dans une configuration à faible autonomie des champs : la République de Turquie (1923-1945) », Meydan, Meydan, 2022
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « Thinking about Civil Wars with and beyond Bourdieu: State, Capital and Habitus in Critical Contexts », Journal of Classical Sociology, SAGE Publications, 2022, n°2
Gilles Dorronsoro, « Les Taliban : charisme, Etat clérical et moralisation de la société », Revue Esprit, Editions Esprit, 2021
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « Comment les talibans ont vaincu l’Occident », Le Monde Diplomatique, Le Monde, 2021, n°810, pp. 14-15
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, Arthur Quesnay, « Le privilège épistémologique du terrain. Une enquête collective dans la Syrie en guerre », Bulletin de Méthodologie Sociologique / Bulletin of Sociological Methodology, SAGE Publications, 2021, n°1
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, Arthur Quesnay, « The epistemological privilege of fieldwork: A collective investigation in war-torn Syria », Bulletin de Méthodologie Sociologique / Bulletin of Sociological Methodology, SAGE Publications, 2021, n°1
Gilles Dorronsoro, « Qui sont les talibans ? », Esprit, Esprit, 2021, n°ovembre, pp. 20-23
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « La souveraineté fragmentée. Intervention internationale et guerre civile en Afghanistan après 2001 », Sociétés politiques comparées, Fonds d'analyse des sociétés politiques, 2020, n°50
Gilles Dorronsoro, « Taliban Narratives: The Use And Power Of Stories In The Afghanistan Conflict, Thomas H. Johnson. New York, Oxford University Press, 2018, 336 pages », Politique étrangère, Politique étrangère, 2018, n°Hiver, p. -
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « For a Sociological Approach to Civil Wars », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2017, n°67, pp. 309-327
The structural similarities between contemporary civil wars suggest the possibility for a comparative approach, which would open up promising avenues for general sociology. Indeed violent ruptures – by detrivializing daily routines – make visible, through contrast, the very foundations of social order. However, the dominant neopositivist paradigm fails to offer an adequate theory because of the intrinsic limits of the Rational Choice Theory and an overreliance on quantification. Following a critic of this approach, we lay out our definition of civil wars, namely the coexistence on the same national territory of competing social orders engaged in a violent relationship and the questions that form the outline of a research program: the variation of the value of capitals, the government of populations and the transformation of individual dispositions.
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « Logiques transfrontalières et salafisme globalisé : l’État islamique en Afghanistan », Critique internationale, Critique internationale, 2017, n°74, pp. 137-152
Cross-Border Dynamics and Globalized Salafism: The Islamic State in Afghanistan In 2014, groups claiming to be part of the Islamic State were reported in several Afghan provinces, particularly Helmand and along the Afghan-Pakistan border. How is one to understand the emergence of this organization in Afghanistan? Is the affiliation of these groups fundamentally symbolic or do they amount to an extension of the Iraqi-Syrian movement? On the basis of interviews conducted in Kabul and Jalalabad in August and September 2015 with Afghans presently or formerly living in districts controlled by the Islamic state, we offer an initial interpretation of this phenomenon. In Afghanistan, more than three decades of civil war have transformed the Afghan religious field into a social and ideological terrain favorable to the establishment of jihadist Salafism. What’s more, the perverse effects of Afghan and Pakistani policies in the country’s eastern border regions have allowed the movement to establish itself on the Afghan-Pakistan border. In the end, the emergence of groups claiming to follow the Islamic State in Afghanistan is not an extension of the Iraqi model but rather a sign that a new social and political revolution is underway. ■
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « Pour une approche sociologique des guerres civiles », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2017, n°2
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « Logiques transfrontalières et salafisme globalisé : l’État islamique en Afghanistan », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2017, n°74
Gilles Dorronsoro, « L’État-AKP et le gouvernement par la crise », Mouvements : des idées et des luttes, La découverte, 2017, n°2, pp. 11-18
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, Arthur Quesnay, Maai Youssef, « The Rationality of an Eschatological Movement: The Islamist State in Iraq and Syria », SSRN Electronic Journal, Elsevier, 2017
Gilles Dorronsoro, Marie Brossier, « Le paradoxe de la transmission familiale du pouvoir », Critique internationale, Critique internationale, 2016, n°73, pp. 9-17
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, Arthur Quesnay, « Le capital social révolutionnaire : L’exemple de la Syrie entre 2011 et 2014 », Actes de la recherche en sciences sociales, Actes de la recherche en sciences sociales, 2016, n°211-212, pp. 24-35
Les auteurs montrent – dans le contexte de la guerre civile syrienne – comment l’appartenance à des groupes de manifestants contre le régime constitue un capital social autonome à la fois du capital social antérieur et des autres formes de capital, notamment économique et culturel. Il montre ainsi comment un événement permet la formation de capital. Le capital social n’apparaît pas comme un simple démultiplicateur des capitaux économiques et culturels existants, mais possède sa propre logique de formation et d’accumulation. Dans une phase ultérieure, ce capital social se convertit en positions au sein des institutions révolutionnaires, qui apparaissent alors comme du capital social objectivé. Les dotations initiales en capitaux redeviennent alors déterminantes pour comprendre la probabilité d’accès à différentes positions.
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, Arthur Quesnay, « Le capital social révolutionnaire. L’exemple de la Syrie entre 2011 et 2014 », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, Editions du Seuil, 2016, n°211212, pp. 24-35
Gilles Dorronsoro, Benjamin Gourisse, « The Turkish Army in Politics : Institutional autonomy, the formation of social coalitions, and the production of crises », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2015, n°65, pp. 609-631
Until the 2000s, the army was constantly involved in the political life of the Republic of Turkey. To explain this, this article shows that the military interventions, far from responding to crises within the political sector, were the result of both internal army dynamics and coalitions of which the army was the backbone. This dual dynamics of empowering the military institution and intervening in politics via coalition formation highlights the mechanisms that allow an institutional actor to manufacture crises and thus to occupy the heart of the political arena.
Gilles Dorronsoro, Benjamin Gourisse, « Une clé de lecture du politique en Turquie : les rapports État-Partis », Politix, Politix, 2015, n°107, pp. 195-218
En partant du constat que le fonctionnement d’un système électoral concurrentiel repose sur la croyance des élites dans la possibilité d’une alternance et sur la protection des droits de l’opposition, l’article désire attirer l’attention sur l’une des conséquences de l’absence de consensus sur les règles du jeu politique : l’impossible neutralisation des institutions. En Turquie, un pays dans lequel ce consensus n’existe pas, les activités de captation des ressources publiques représentent des modes d’accumulation de ressources primordiaux pour les partis. Elles ont notamment pour effet la politisation et la désobjectivation des institutions, la perte d’autonomie des champs sociaux et l’inclusion de l’institution militaire dans le jeu politique. Ces phénomènes renforcent alors l’absence de consensus sur les règles du jeu politique et permettent de comprendre les phénomènes de renforcement des gouvernements monocolores et d’instabilité des gouvernements de coalition.
Gilles Dorronsoro, Benjamin Gourisse, « L’armée turque en politique. Autonomie institutionnelle, formation de coalitions sociales et production des crises », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2015, n°4
Gilles Dorronsoro, Benjamin Gourisse, « L’armeé turque en politique », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2015, n°4, p. 609
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, Arthur Quesnay, Michael O’Mahony, « Mobilisations As a Result of Deliberation and Polarising Crisis : The Peaceful Protests in Syria (2011) », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2014, n°63, pp. 815-839
To account for the peaceful mobilisations which started in Syria in March 2011, the authors first demonstrate the irrelevance of rational choice and resource mobilisation theories. They build a model of “deliberative mobilisation”, at the core of which is participation in small groups in which individuals transform their values, their calculations and their sociability. Furthermore, to account for the resilience of the regime and the start of the civil war, the authors propose the concept of a “polarising crisis”, characterised by the limited autonomy of social fields, the widening of individual tactical activities, and the strategic use of violence by the state.
Gilles Dorronsoro, Benjamin Gourisse, « Une clé de lecture du politique en Turquie : les rapports État-Partis », Politix, De Boeck Supérieur, 2014, n°107, p. 195
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, Arthur Quesnay, « Mobilisations par délibération et crise polarisante. Les protestations pacifiques en Syrie (2011) », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2013, n°20135
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, Arthur Quesnay, « 15. Vers un nouvel État syrien ? Les institutions du gouvernorat d'Alep », Cahiers libres, Cahiers libres, 2013, pp. 0526-8370
Gilles Dorronsoro, « Le dilemme afghan », Études, Études, 2012, n°416, pp. 583-593
Gilles Dorronsoro, « Une désastreuse victoire ? : Les conséquences de la guerre d'Afghanistan sur le Pakistan », Hérodote, Hérodote, 2011, n°139, pp. 175-189
La coalition menée par les États-Unis a de facto perdu la guerre contre les Taliban et sera à terme obligée de se retirer. Cela représente un succès pour l’armée pakistanaise qui soutient les Taliban pour éviter la reconstitution d’un axe Kaboul-New Dehli, tout en profitant de l’aide américaine. Pourtant, le retrait occidental ouvre une période difficile pour le Pakistan. Les Taliban ont en effet des relations tendues avec leur protecteur pakistanais et reprendront leur autonomie dès que leur leadership sera revenu en Afghanistan. Par ailleurs, la coalition mène de plus en plus d’opérations sur le territoire pakistanais, ce qui contribue à sa déstabilisation. Finalement, le Pakistan paye le prix d’une politique de manipulation des mouvements jihadistes et de l’obsession que constitue la question indienne pour l’armée pakistanaise.
Gilles Dorronsoro, Elise Massicard, « Being a Member of Parliament in Contemporary Turkey », European Journal of Turkish Studies. Social Sciences on Contemporary Turkey, Centre d’Études Turques, Ottomanes, Balkaniques et Centrasiatiques École des Hautes Études en Sciences Sociales, 2005, n°3, pp. 1-57
Gilles Dorronsoro, Peter Harling, « La guerre américaine en Irak et en Afghanistan : entre vision messianique et ajustements tactiques », Politique étrangère, Politique étrangère, 2005, n°Hiver, pp. 857-866
RésuméUn même modèle surdétermine l’action américaine en Afghanistan et en Irak : celui de la conversion démocratique. Largement manichéen, ce modèle distord les représentations que les États-Unis se font de ces deux pays, de l’ennemi qu’ils y combattent et des forces locales susceptibles de les reconstruire. L’échec de la stratégie poursuivie oblige à une gestion de court terme, à des révisions permanentes, qui finissent par s’opposer aux buts politiques initiaux.
Gilles Dorronsoro, « 10. Le conflit entre éduqués et oulémas en Afghanistan », Recherches internationales, Recherches internationales, 2003
Gilles Dorronsoro, « Afghanistan : chronique d'un échec annoncé », Critique internationale, Critique internationale, 2003, n°21, pp. 17-23
Gilles Dorronsoro, Élise Massicard, Jean-François Pérouse, « Turquie : changement de gouvernement ou changement de régime ? », Critique internationale, Critique internationale, 2003, n°18, pp. 8-15
Gilles Dorronsoro, Elise Massicard, Jean-François Pérouse, « Turquie : changement de gouvernement ou changement de régime ? », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2003, pp. 8-15
Gilles Dorronsoro, « La grande illusion : Bilan de la politique afghane du Pakistan », Les Études du CERI, Centre de recherches internationales de Sciences Po (CERI), 2002, n°84, p. 30
Gilles Dorronsoro, « Les oulémas afghans au XXe siècle : bureaucratisation, contestation et genèse d'un État clérical », Archives de sciences sociales des religions, Archives de sciences sociales des religions, 2001, n°115, pp. 4-4
Contrairement aux pays de la CEI, l’Afghanistan n’a jamais véritablement fait partie de l’espace communiste, même pendant l’occupation de l’armée soviétique (1979-1989). Pour comprendre le rôle et la place des oulémas en Afghanistan, deux dynamiques contradictoires sont décisives sur le long terme. D’une part, le mouvement de bureaucratisation, lié à la constitution de l’État à partir de la fin du XIXe siècle, s’est poursuivi après l’invasion soviétique sous les gouvernements de Kârmal (1980-1986), puis de Najibullâh (1986-1992), qui tentèrent d’organiser l’islam afghan par des procédures administratives. Par-delà les différences idéologiques, la même logique de concentration du pouvoir et d’instrumentalisation du religieux était à l’œuvre. Mais, contrairement à l’Asie centrale soviétique, la bureaucratisation de la sphère religieuse s’est largement interrompue du fait de la guerre. D’autre part, les oulémas contestaient l’Etat, comme on l’a vu notamment en 1929, lors de la révolte contre les réformes du roi Amânullah. Après le début de la guerre civile en 1978, ils ont occupé une place dominante dans l’espace politique. Mais ce rôle nouveau n’est pas allé sans frictions internes : le charisme routinisé des oulémas issus des grandes familles religieuses a été concurrencé par le poids des oulémas islamistes. Puis, l’arrivée des Tâlebân, issus des madrasa (séminaires) fondamentalistes du Pakistan, a marginalisé ces deux groupes et ouvert une nouvelle phase dans la relation entre les religieux et le pouvoir politique. Contrairement à la plupart des pays musulmans, où la construction de l’Etat a entraîné une progressive fonctionnarisation (même conflictuelle) des oulémas, l’Afghanistan, en raison de la guerre civile, a vu la fin de ce processus d’intégration. Mais, paradoxalement, la prise du pouvoir entraîne une forme d’intégration à l’Etat et l’obligation pratique pour les religieux de s’adapter à la modernisation à laquelle ils se sont opposés pendant un siècle. De ce point de vue, l’évolution du régime vers une forme d’ultra-conservatisme proche du modèle saoudien est envisageable, à la différence que le régime Tâlebân est pour l’instant isolé sur la scène internationale en raison de son soutien aux mouvements fondamentalistes transnationaux.
Gilles Dorronsoro, « Les Kurdes de Turquie : revendications identitaires, espace national et globalisation », Les Études du CERI, Centre de recherches internationales de Sciences Po (CERI), 2000, n°62, p. 32
Gilles Dorronsoro, « Les Taleban entre direction charismatique, réseaux cléricaux et solidarités communautaires », Paris : Centre d'étude et de recherche international et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1999, pp. 328-334
L'arrivée des Taleban sur la scène politique afghane en 1994 et leur prise de contrôle de la plus grande partie du pays oblige à s'interroger sur la nature de ce parti, particulièrement peu ouvert sur l'extérieur et souvent caricaturé par les médias. Les informations aujourd'hui disponibles permettent pourtant de comprendre plus précisément les logiques contradictoires qui traversent ce mouvement politico-religieux et sa pratique du pouvoir.
Gilles Dorronsoro, Yvette Benusiglio, « Le mouvement des taleban en Afghanistan », Paris : Centre d'étude et de recherche international et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1995, pp. 452-460
Dorronsoro Gilles, Benusiglio Yvette. «Le mouvement des taleban en Afghanistan». In: CEMOTI, n°19, 1995. Laïcité(s) en France et en Turquie. pp. 452-460.
Gilles Dorronsoro, « Politique et ethnicité en Afghanistan : le cas tadjik », Centre d'étude et de recherche international, Paris : Centre d'étude et de recherche international et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1994, pp. 131-148
Dorronsoro Gilles. Politique et ethnicité en Afghanistan : le cas tadjik. In: CEMOTI, n°18, 1994. Le Tadjikistan existe-t-il? Destins politiques d'une nation imparfaite, sous la direction de Stéphane A. Dudoignon et Guissow Jahangiri. pp. 131-148.
Gilles Dorronsoro, « Sociologie du mouvement Tâlebân », Annuaire de l’EHESS. Comptes rendus des cours et conférences, EHESS
Gilles Dorronsoro, professeur à l’IEP de Rennes Compte rendu non communiqué.
Gilles Dorronsoro, Marc Aymes, Nicolas Camelio, Benjamin Gourisse, Emmanuel Szurek, « CETOBaC – Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques », Annuaire de l’EHESS. Comptes rendus des cours et conférences, EHESS
Marc Aymes, chargé de recherche au CNRSMaroussia Ferry, doctorante à l’EHESS/INEDHayri Göksin Özkoray, doctorant à l’EPHE Séminaire interdisciplinaire d’études turques (SIDET) L’innervation des sciences sociales par les « aires culturelles », et réciproquement, demeure problématique. Elle est, en tant que principe de formation, la préoccupation essentielle de ce séminaire, qui a pour objectif d’en favoriser la mise en œuvre, à l’échelle de ce qu’il est convenu d’appeler les « études turques »...
Gilles Dorronsoro, « Les oulémas afghans au XXe siècle : bureaucratisation, contestation et genèse d’un État clérical », Archives de sciences sociales des religions, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales
Contrairement aux États de la Communauté des États Indépendants (CEI), l’Afghanistan n’a jamais véritablement fait partie de l’espace communiste. La prise du pouvoir du PDPA (Parti Démocratique du Peuple Afghan) par un coup d’État en avril 1978 a très rapidement plongé le pays dans le chaos et provoqué l’intervention soviétique du 27 décembre 1979. Le retrait des Soviétiques en 1989, puis la chute du régime pro-soviétique de Najibullâh en 1992, n’ont fait qu’ouvrir une nouvelle phase de la gu...
Gilles Dorronsoro, Adam Baczko, « Le régime milicien en Afghanistan », Cultures & Conflits, Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité
« La population des montagnes avait pris et exploitait de la terre qui appartenait aux habitants des plaines. Le malek m’a dit que la terre avait été donnée à sa tribu par le “Roi de l’Afghanistan” il y a très, très longtemps et qu’il me montrerait les documents. Je lui ai dit qu’il n’avait pas besoin de me montrer des papiers. Sa parole me suffisait. […] J’ai décidé de le soutenir. “Malek, je suis avec vous. Mes hommes et moi irons avec vous parler aux montagnards. S’ils ne vous rendent pas ...
Gilles Dorronsoro, Olivier Grojean, « Engagement militant et phénomènes de radicalisation chez les Kurdes de Turquie », European Journal of Turkish Studies. Social Sciences on Contemporary Turkey, European Journal of Turkish Studies
Introduction Comment les mobilisations en faveur d’un projet de contre-société émergent-elles ? Si cette question est depuis longtemps le souci des avant-gardes révolutionnaires, elle reste finalement peu étudiée par la sociologie de l’engagement. Les notions de radicalité et de radicalisation peuvent s’avérer utiles lorsque l’on tente de comprendre l’adhésion d’une population à ce type de mouvement. La radicalité sera définie comme un ensemble de pratiques – dont les discours – qui instaure...
Gilles Dorronsoro, « La torture discrète : capital social, radicalisation et désengagement militant dans un régime sécuritaire », European Journal of Turkish Studies. Social Sciences on Contemporary Turkey, European Journal of Turkish Studies
« Nous avons recensé toute la douleur qu’éventuellement le bourreau pouvait prélever sur chaque pouce de notre corps ; puis le cœur serré, nous sommes allés et avons fait face. » René Char, « Feuillets d’Hypnos », Œuvres Complètes, Paris, Gallimard, 1983 [1943-44], pp. 175-176. Introduction La torture – l’exercice de la violence physique ou mentale par une institution sur un individu – n’est légitime dans aucun pays et son interdiction fait l’objet de nombreux traités internationaux (United N...
Gilles Dorronsoro, Olivier Grojean, Jeanne Hersant, « Surveiller, normaliser, réprimer », European Journal of Turkish Studies. Social Sciences on Contemporary Turkey, European Journal of Turkish Studies
En rupture avec les courants philosophiques postulant un individu a-historique, un des développements les plus fertiles de la pensée contemporaine a placé la production des individus au centre de ses questionnements. Ce dossier a pour vocation de s’interroger sur les dimensions spécifiques de ce processus au sein des institutions qui surveillent, normalisent, répriment les individus, qu’ils soient engagés dans une institution ou au contraire objet du travail de celle-ci. À partir de technique...
Gilles Dorronsoro, Olivier Grojean, Jeanne Hersant, « Surveillance, Normalisation, and Repression », European Journal of Turkish Studies. Social Sciences on Contemporary Turkey, European Journal of Turkish Studies
One of the most fertile developments in contemporary thought has been to place the production of individuals at the heart of its enquiries, thus breaking with philosophical currents positing an a-historical individual. The aim of this special issue is to enquire into how exactly this process transpires within organisations that normalise, repress, and conduct surveillance of individuals who are either part of an institution or else the object of their operations. The work carried out by insti...
Gilles Dorronsoro, Élise Massicard, « Being a Member of Parliament in contemporary Turkey », European Journal of Turkish Studies. Social Sciences on Contemporary Turkey, European Journal of Turkish Studies
Introduction The MP’s position in the Turkish political system: central, but dominated Since the end of the Ottoman Empire, MPs stand as the most important political figures in Turkey. Unlike the United States, there are neither governors nor a President elected by universal suffrage. Party leaders usually are MPs, including the Prime Minister and the Ministers, even if the later are not necessarily MPs according to the constitution. Therefore, the Turkish political elite is primarily compose...
Gilles Dorronsoro, « Les politiques ottomane et républicaine au Kurdistan à partir de la comparaison des milices Hamidiye et korucu : modèles institutionnels, retribalisation et dynamique des conflits », European Journal of Turkish Studies. Social Sciences on Contemporary Turkey, European Journal of Turkish Studies
La comparaison entre les Hamidiye – régiments tribaux formés par Abdülhamid – et les korucu – milices de village mises en place dans les années 1980 – fait partie des lieux communs de la réflexion sur la question kurde depuis les années 1990. La formation des Hamidiye est à l’étude dès la fin des années 1880, ce qui correspond à différents objectifs convergents du gouvernement ottoman : assurer la sécurité des frontières contre les Russes, renforcer les tribus et les ağa [propriétaires foncie...
Gilles Dorronsoro, O. Roy, La nouvelle Asie centrale ou la fabrication des nations, Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1997, pp. 158-163
Dorronsoro Gilles. O. Roy, La nouvelle Asie centrale ou la fabrication des nations. In: Politix, vol. 10, n°40, Quatrième trimestre 1997. Les sciences du politique aux États-unis. I. Histoire et paradigmes, sous la direction de Loïc Blondiaux. pp. 158-163.
Gilles Dorronsoro, C. Jaffrelot, Les nationalistes hindous, Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1993, pp. 165-168
Dorronsoro Gilles. C. Jaffrelot, Les nationalistes hindous. In: Politix, vol. 6, n°22, Deuxième trimestre 1993. Des votes pas comme les autres, sous la direction de Yves Déloye et Olivier Ihl. pp. 165-168.
Gilles Dorronsoro, Dubet (F.), La Galère: jeunes en survie, Paris, Fayard, 1987, Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1988, pp. 93-95
Dorronsoro Gilles. Dubet (F.), La Galère: jeunes en survie, Paris, Fayard, 1987. In: Politix, vol. 1, n°1, Hiver 1988. Mobilisations étudiantes, automne 1986. pp. 93-95.
Gilles Dorronsoro, Gorbatchev (M.), Perestroïka, Paris, Flammarion, 1987, Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1988, pp. 95-96
Dorronsoro Gilles. Gorbatchev (M.), Perestroïka, Paris, Flammarion, 1987. In: Politix, vol. 1, n°1, Hiver 1988. Mobilisations étudiantes, automne 1986. pp. 95-96.