Benjamin Gourisse

Professeur
Science politique.
Sciences Po Toulouse

Laboratoire des Sciences Sociales du Politique

Responsabilités administratives et scientifiques :

  • THESE

    L'État en jeu : Captation des ressources et désobjectivation de l'État en Turquie (1975-1980), soutenue en 2010 à Paris 1 sous la direction de Gilles Dorronsoro 

  • Benjamin Gourisse, Işil Erdinç (dir.), La domination politique en Turquie: une analyse relationnelle, Karthala et Cyberlibris, 2023, 336 p.  

    Ce livre analyse les reconfigurations du politique en Turquie en mettant à l’épreuve différentes perspectives et en proposant de nouveaux questionnements, élaborés principalement à partir d’enquêtes qualitatives sur la Turquie et de réflexions théoriques construites sur d’autres terrains.En observant les ramifications économiques, confessionnelles, ethniques et sociales de la domination politique et de sa contestation, les historiens, anthropologues, sociologues et politistes rassemblés ici étudient notamment : les modalités de structuration et de reproduction des champs du pouvoir ; les processus d’autonomisation et de perte d’autonomie des institutions et des champs sociaux ; les modes de légitimation et de contestation des ordres politiques. Ce faisant, les contributions portent sur les intermédiaires de gouvernement, les maires de quartier, les stratégies syndicales, les manifestations, les politiques publiques, les madrasas clandestines kurdes, la démilitarisation de la politique étrangère et la répression menée par l’État à l’encontre de ses opposants à l’étranger.L’ouvrage apporte ainsi une contribution importante aux débats en sciences sociales relatifs à la recomposition des États et des modes de gouvernement, à l’hybridation des régimes politiques, aux compétitions/coopération entre différentes échelles de pouvoirs et à l’articulation des dynamiques locales, nationales et internationales dans la pérennisation et la contestation des rapports de domination politique.Isil Erdinç est enseignante-chercheuse au sein du département des sciences sociales et des sciences du travail de l’Université libre de Bruxelles et rattachée au centre de recherche METICES. Elle est l’auteure de Syndicats et politique en Turquie (2002-2015) (Dalloz, 2018).Benjamin Gourisse est professeur de science politique à l’Institut d’études politiques de Toulouse. Il est l’auteur de La Violence politique en Turquie (Karthala, 2014) et de L’Art de l’État (en codirection avec M. Aymes et É. Massicard, Karthala, 2014)

    Benjamin Gourisse, Idées reçues sur la Turquie: Politique, économie, société : un état des lieux, 2e éd., Le Cavalier bleu éditions et Cyberlibris, 2023, Idées reçues, 179 p.  

    "Pays laïc et musulman, situé entre Orient et Occident, démocratie en proie à des dérives autoritaires... la Turquie déroute autant qu'elle inquiète. Et la multiplication des crises politiques, militaires et humanitaires qui secouent la région depuis plusieurs années rend plus ardue encore la compréhension de la société turque. Pour tenter d'en saisir la complexité, il est essentiel de sortir des catégories d'analyse trop facilement mobilisées lorsque l'on parle de ce pays : laïcité, modernité, démocratie, nationalisme, etc., qui contribuent à renforcer un discours souvent caricatural. C'est l'objectif de cet ouvrage, fruit de plus de quinze années de travail de terrain et d'une analyse sociologique indispensable à la compréhension des faits sociaux, politiques et culturels."

    Benjamin Gourisse, 20 idées reçues sur la Turquie, Le Cavalier bleu éditions et Numérique Premium, 2023, Idées reçues. Grand angle  

    Pays laïc et musulman, situé entre Orient et Occident, démocratie en proie à des dérives autoritaires... la Turquie déroute autant qu’elle inquiète. Et la multiplication des crises politiques, militaires et humanitaires qui secouent la région depuis plusieurs années rend plus ardue encore la compréhension de la société turque. Pour tenter d’en saisir la complexité, il est essentiel de sortir des catégories d’analyse trop facilement mobilisées lorsque l’on parle de ce pays : laïcité, modernité, démocratie, nationalisme, etc., qui contribuent à renforcer un discours souvent caricatural. C’est l’objectif de cet ouvrage, fruit de plus de quinze années de travail de terrain et d’une analyse sociologique indispensable à la compréhension des faits sociaux, politiques et culturels.

    Benjamin Gourisse, 20 idées reçues sur la Turquie: Politique, économie, société : un état des lieux, Cairn et Le Cavalier Bleu, 2021, Idées reçues  

    Pays laïc et musulman, situé entre Orient et Occident, démocratie en proie à des dérives autoritaires... la Turquie déroute autant qu'elle inquiète. Et la multiplication des crises politiques, militaires et humanitaires qui secouent la région depuis plusieurs années rend plus ardue encore la compréhension de la société turque. Pour tenter d'en saisir la complexité, il est essentiel de sortir des catégories d'analyse trop facilement mobilisées lorsque l'on parle de ce pays : laïcité, modernité, démocratie, nationalisme, etc., qui contribuent à renforcer un discours souvent caricatural. C'est l'objectif de cet ouvrage, fruit de plus de quinze années de travail de terrain et d'une analyse sociologique indispensable à la compréhension des faits sociaux, poli­tiques et culturels. Benjamin Gourisse est politiste, professeur des universités à l'Institut d'études politiques de Toulouse. Il est membre du Laboratoire des sciences sociales du politique (LaSSP) et associé à l'Institut de recherches interdisciplinaires en sciences sociales (Irisso)

    Benjamin Gourisse, Marc Aymes, Élise Massicard, L'art de l'État en Turquie: arrangements de l'action publique de la fin de l'Empire ottoman à nos jours, Cairn et Éditions Karthala, 2020, Meydan  

    L'État turc est généralement présenté comme fort. La tradition bureaucratique de l'Empire ottoman se serait perpétuée, voire renforcée, durant la période républicaine. L'État est ainsi perçu comme une entité unifiée et douée de volonté, comme une instance souveraine nettement différenciée de la société et largement imperméable aux demandes sociales. Il est souvent considéré aussi comme l'acteur principal, voire unique, d'un processus de « modernisation » et d'« occidentalisation » volontariste de la société. Partant du constat d'un décalage entre ces manières de concevoir les modes de gouvernement en Turquie, d'une part, et les apports de la socio-histoire du politique et de la sociologie de l'État et de l'action publique, d'autre part, cet ouvrage entend dépasser l'idée d'un État monolithique et autonome. Ainsi se donne-t-il pour objectif d'ouvrir la « boîte noire » de l'État, qu'il analyse comme un système de positions complexe et mouvant. À cette fin, il observe la puissance publique en action et s'intéresse aux multiples acteurs qui interviennent dans l'action publique. Ordonner et transiger : telle est la double face de l'action publique. Elle apparaît comme l'articulation de la légalité et de la légitimité : travail d'homologation, projections d'un ordre sur la distance et la durée, conversion d'une force en droit ou réciproquement, opérations conjointes d'objectivation et de subjectivation. Mais dans le même mouvement se négocient des alliances et des transactions entre domaines privé et public, d'où l'indécision des périmètres d'intervention et les luttes dont la chose publique est la cause. Ce livre est le fruit d'un travail collectif rassemblant historiens, politistes, sociologues, anthropologues et géographes, sur des objets aussi divers que la politique religieuse, les effets socialisateurs du service militaire, l'identification des citoyens ou la production de faux, de la fin de l'Empire ottoman à nos jours. Ils ont cependant en commun de mettre en perspective l'analyse des discours officiels avec les pratiques concrètes de l'action publique, d'éclairer des clivages internes aux institutions et de souligner les chevauchements entre appareil d'État et société. Loin de s'adresser aux seuls spécialistes de l'Empire ottoman et de la Turquie, cet ouvrage a sa place dans le débat intellectuel sur la sociologie de l'État, la socio-histoire des institutions et l'analyse de l'action publique

    Benjamin Gourisse, 20 idées reçues sur la Turquie, Le Cavalier bleu éditions, 2017, Idées reçues, 183 p.  

    La 4e de couv. indique : "Pays laïc et musulman, situé entre Orient et Occident, démocratie en proie à des dérives autoritaires... la Turquie déroute autant qu'elle inquiète. Et la multiplication des crises politiques, militaires et humanitaires qui secouent la région depuis plusieurs années rend plus ardue encore la compréhension de la société turque. Pour tenter d'en saisir la complexité, il est essentiel de sortir des catégories d'analyse trop facilement mobilisées lorsque l'on parle de ce pays : laïcité, modernité, démocratie, nationalisme, etc., qui contribuent à renforcer un discours souvent caricatural. C'est l'objectif de cet ouvrage, fruit de plus de quinze années de travail de terrain et d'une analyse sociologique indispensable à la compréhension des faits sociaux, politiques et culturels."

    Benjamin Gourisse, Marc Aymes, Elise Massicard (dir.), Devlet Olma Zanaatı: Osmanlı’dan Bugüne Kamu İcraatı, Iletisim, 2016, 400 p. 

    Benjamin Gourisse, Benjamin Gourisse, Marc Aymes, Marc Aymes, Elise Massicard, Élise Massicard (dir.), Order and Compromise: Government Practices in Turkey from the Late Ottoman Empire to the Early 21st Century, Brill, 2015, Social, economic, and political studies of the Middle East and Asia, 436 p. 

    Benjamin Gourisse, Marc Aymes, Elise Massicard, Élise Massicard (dir.), L'art de l'État en Turquie: Arrangements de l'action publique de la fin de l'Empire ottoman à nos jours, Karthala, 2014, Meydan, 428 p. 

    Benjamin Gourisse, La violence politique en Turquie: l'État en jeu, 1975-1980, Éditions Karthala, 2014, Recherches internationales, 351 p.  

    La 4ème de couverture indique : "Entre le coup d'Etat militaire du 12 mars 1971 et celui du 12 septembre 1980, la Turquie a connu une période de violence paroxystique mettant aux prises des groupes radicaux de l'extrême droite et de l'extrême gauche. Cette quasi-guerre civile reste aujourd'hui comme une plaie ouverte dans l'histoire du pays. Elle a débouché sur l'instauration du régime militaire le plus dur que la Turquie ait subi, et dont elle n'est véritablement sortie que dans les années 2000.L'analyse serrée et documentée des tactiques des différents protagonistes du conflit montre que leur investissement des institutions publiques, à commencer par la police, a conduit à une politisation croissante de l'Etat. Contrairement à un lieu commun, l'autonomie de celui-ci par rapport à la société doit être relativisée. L'Etat constitue bien plutôt l'arène primordiale des mobilisations politiques, dont il n'est pas parvenu, en l'occurrence, à endiguer le déchaînement, faute de ressources nécessaires.Cette enquête magistrale reconsidère le mythe de l'Etat " fort " en Turquie. Une leçon qui vaut pour l'Empire ottoman et le régime autoritaire kémaliste de l'entre-deux-guerres, mais qui permet surtout de mieux comprendre la crise politique qui s'est enclenchée en 2013. De nouveau, les institutions publiques, telles que la magistrature et la police, semblent avoir été pénétrées par des forces particulières qui mettent à mal leur impartialité et nourrissent l'imaginaire de l'" Etat profond ". Le spectre de la violence hante toujours le pays, alors même que des élections démocratiques lui ont donné une majorité parlementaire stable depuis plus de dix ans."

  • Benjamin Gourisse, « L’armée turque en politique : Autonomie institutionnelle, formation de coalitions sociales et production des crises », Revue française de science politique , 2015, n° 65, pp. 609-631    

    L’implication de l’armée dans la vie politique est une constante de la république de Turquie jusqu’aux années 2000. Pour expliquer cette particularité, on met en évidence que les interventions militaires, loin d’être des réponses à des crises du secteur politique, sont le résultat des dynamiques internes de l’armée et de la formation de coalition dont l’armée est le pivot. Cette double dynamique d’autonomisation de l’institution militaire et d’intervention dans le champ politique via la formation de coalition éclaire plus largement les mécanismes qui permettent à un acteur institutionnel de créer des situations de crise et, par ce biais, de s’installer au c œur du jeu politique.

    Benjamin Gourisse, « Une transformation non consensuelle du jeu politique : Autorisation du multipartisme et alternance politique en Turquie (1945-1950) », Revue française de science politique , 2015, n° 65, pp. 429-449    

    L’article analyse les modalités de la transformation du régime de parti unique en régime multipartite en Turquie (1945-1950). Il fait l’hypothèse que la transformation ne s’est pas opérée sur les bases d’un consensus entre les concurrents politiques mais résulte d’adaptations du régime aux contraintes de l’après-guerre. L’autorisation du multipartisme ne s’accompagne ainsi d’aucune démarche visant à autonomiser les champs politique et étatique, et c’est la rupture des transactions collusives liant l’ancien parti unique et des secteurs stratégiques de l’État qui rend possible l’alternance en 1950. Le cas turc permet donc de restituer la complexité des configurations politiques pluralistes et oriente vers une démarche analytique multisectorielle attentive aux interactions observables entre agents situés dans de multiples sites de l’espace social.

    Benjamin Gourisse, « Une clé de lecture du politique en Turquie : les rapports État-Partis », Politix , 2015, n° ° 107, pp. 195-218    

    En partant du constat que le fonctionnement d’un système électoral concurrentiel repose sur la croyance des élites dans la possibilité d’une alternance et sur la protection des droits de l’opposition, l’article désire attirer l’attention sur l’une des conséquences de l’absence de consensus sur les règles du jeu politique : l’impossible neutralisation des institutions. En Turquie, un pays dans lequel ce consensus n’existe pas, les activités de captation des ressources publiques représentent des modes d’accumulation de ressources primordiaux pour les partis. Elles ont notamment pour effet la politisation et la désobjectivation des institutions, la perte d’autonomie des champs sociaux et l’inclusion de l’institution militaire dans le jeu politique. Ces phénomènes renforcent alors l’absence de consensus sur les règles du jeu politique et permettent de comprendre les phénomènes de renforcement des gouvernements monocolores et d’instabilité des gouvernements de coalition.

    Benjamin Gourisse, Gilles Dorronsoro, « L’armeé turque en politique », Revue Française de Science Politique, 2015, n°4, p. 609 

    Benjamin Gourisse, Gilles Dorronsoro, « Une clé de lecture du politique en Turquie : les rapports État-Partis », Politix, 2014, n°3, p. 195 

    Benjamin Gourisse, Marc Aymes, Nicolas Camelio, Emmanuel Szurek, Christine Jungen [et alii], « CETOBaC – Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques », 2013  

    Marc Aymes, chargé de recherche au CNRSMaroussia Ferry, doctorante à l’EHESS/INEDHayri Göksin Özkoray, doctorant à l’EPHE Séminaire interdisciplinaire d’études turques (SIDET) L’innervation des sciences sociales par les « aires culturelles », et réciproquement, demeure problématique. Elle est, en tant que principe de formation, la préoccupation essentielle de ce séminaire, qui a pour objectif d’en favoriser la mise en œuvre, à l’échelle de ce qu’il est convenu d’appeler les « études turques »...

    Benjamin Gourisse, « Participation électorale, pénétration de l'État et violence armée dans la crise politique turque de la seconde moitié des années 1970 : Contribution à l'analyse des crises politiques longues », Politix , 2012, n° ° 98, pp. 171-193    

    RésuméL’article se présente comme une contribution à l’analyse des situations de crises politiques prolongées caractérisées par la perte de capacité de l’État à exercer ses monopoles de violence physique et symbolique légitime. Il analyse la crise politique turque de la seconde moitié des années 1970, qui voit la diffusion de mobilisations radicales antagonistes et la routinisation de l’usage de la violence physique irrégulière, dans un contexte de délitement des monopoles étatiques. Il montre que cette configuration recouvre deux processus distincts mais liés, à savoir la modification des règles des jeux étatiques et de celles des jeux politiques, toutes deux provoquées par les activités tactiques d’un des protagonistes du conflit. Il s’agit alors d’analyser comment, en mettant en œuvre une stratégie d’accès au pouvoir reposant sur le triptyque participation électorale – pénétration de l’État – violence physique, le Mouvement nationaliste a contribué à la formation et à l’intensification des processus de crise.

    Benjamin Gourisse, Marc Aymes, Emmanuel Szurek, Benoît Fliche, Christine Jungen [et alii], « CETOBaC - Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques », 2012  

    Marc Aymes, chargé de recherche au CNRSBenjamin Gourisse, ATER à l’Université Paris-I/Panthéon-SorbonneEmmanuel Szurek, doctorant à l’EHESS Sociologie historique de l’État en Turquie depuis les Tanzimat Le séminaire s’est poursuivi en 2010-2011 pour sa troisième année consécutive. Il demeure articulé au programme ANR TRANSTUR, « Ordonner et transiger. Modalités de gouvernement et d’administration en Turquie et dans l’Empire ottoman du XIXe siècle à nos jours » (2008-2011), dont il permet de d...

    Benjamin Gourisse, « Variation des ressources collectives et organisation des activités de violence au sein du Mouvement nationaliste en Turquie (1975-1980) », 2011  

    Entre 1975 et 1980, les militants du Mouvement nationaliste  développent tout un ensemble d’activités faisant intervenir la violence physique . Profitant des dysfonctionnements des institutions étatiques de coercition  et de sa participation à plusieurs gouvernements de coalition , le Parti de l’action nationaliste (Milliyetçi Hareket Partisi, MHP, extrême droite nationaliste), qui est à l’origine de la constitution du Mouvement, met en place une stratégie d’affrontement idéologique et physiq...

    Benjamin Gourisse, « Enquête sur les relations entre politisation et études supérieures : le cas turc (1971-1980) », Critique internationale , 2011, n° ° 50, pp. 39-53   

    Benjamin Gourisse, Constant Hamès, Frédérique Longuet Marx, Anne Ducloux, Stéphane A. Dudoignon [et alii], « CETOBaC – Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques », 2011  

    Constant Hamès, chargé de recherche au CNRSAlexandre Popovic, directeur de recherche émérite au CNRS Histoire moderne et contemporaine des musulmans balkaniques Nous avons pu terminer au cours de cette année l’analyse détaillée du très riche ouvrage de l’historien et turcologue serbe Glisa Elezovic (1879-1960), Derviski redovi muslimanski. Tekije u Skoplju (Les ordres de derviches musulmans. Les tekke de Skoplje), paru à Skoplje même en 1925 (d’abord en feuilleton dans deux périodiques locaux...

  • Benjamin Gourisse, « Les relations turco-européennes et la question kurde », le 27 février 2020  

    Organisée par les membres de European Horizons Toulouse et de la TESLA, en partenariat avec la European School of Law Toulouse

Actualités Publications ENCADREMENT DOCTORAL
  • Pelin Ünsal, Informer en contexte d’exception : Une production journalistique en crise en Turquie (2013-2018), thèse soutenue en 2021 à Ecole doctorale SDOSE Paris sous la direction de Isabelle Veyrat-Masson, membres du jury : Françoise Daucé (Rapp.), Samim Akgönül, Aurélie Aubert et Ahmet İnsel  

    Cette thèse analyse la crise de la production journalistique turque sous le gouvernement AKP (2013-2018), caractérisé par une mise en cohérence progressive de l’espace politique et médiatique. Plus spécifiquement, elle étudie le poids des relations professionnelles et des interactions entre les collègues, tant dans la production journalistique que dans la mise en pratique des résistances et stratégies visant à contourner la répression du gouvernement AKP. Suivant une démarche de sociologie interactionniste, une attention particulière est portée aux négociations entre les dirigeants des médias et les journalistes et aux micro stratégies déployées par les journalistes pour contourner la contrainte politique qui entrave leur autonomie éditoriale. Des enquêtes principalement menées à Istanbul, à Ankara, mais aussi en Europe, permettent d’analyser en profondeur les micro récits des journalistes exposant leur insertion dans leur milieu professionnel et leur mobilité dans le métier, leurs expériences professionnelles et personnelles. Le flou et la fluidité jouent un rôle essentiel dans la construction des carrières des journalistes dans la mesure où la formation seule s’avère insuffisante pour s’insérer dans la profession. Ce sont plutôt les vicissitudes politiques qui gouvernent les carrières, ce qui renforce la mobilité et la discontinuité des trajectoires. Ni le contrôle du pouvoir autoritaire sur les médias, ni l’abandon du métier par les journalistes n’expliquent pleinement les transformations de la profession et des mécanismes de la production journalistique. Il devient apparent que la production journalistique est intrinsèquement liée aux interactions entre les professionnels des médias et les conditions de travail de la profession et qu’elle est conditionnée par les stratégies et négociations mises en œuvre par les journalistes. Dans un milieu professionnel peu structuré, peu formalisé, où les tendances politiques et les rapports personnels jouent un rôle prépondérant, le journalisme reste un produit de négociations réciproques qui peuvent être revisitées selon le contexte du moment.

    Ayse Elif Becan, Une familière étrangeté : l'accueil des immigrants musulmans des Balkans en Turquie (1923-1964), thèse soutenue en 2021 à Paris EHESS sous la direction de Nathalie Clayer, membres du jury : Alexandre Toumarkine (Rapp.), Claire Zalc et Kerem Öktem  

    Cette recherche porte sur les politiques d’accueil mises en place en République de Turquie pour les musulmans qui immigrent des Balkans entre 1923 et 1964. Ces musulmans sont juridiquement des étrangers, mais le pouvoir n’utilise que très peu ce terme à leur sujet. L’enjeu est d’étudier la relation entre l’accueil et l’identification afin de comprendre la place de la notion d’étranger dans les politiques d’accueil telle qu’elle est fixée, négociée et interprétée par les autorités législatives, exécutives, diplomatiques administratives ainsi que par les immigrants. Il s’agit de retracer la généalogie, le développement et la transformation des politiques d’accueil, en prenant en considération les multiples couches d'étrangeté et de familiarité présentes dans le travail d’identification de l’État. Ce travail s’inscrit dans une démarche pluridisciplinaire : cette recherche est principalement historique, mais contient aussi une forte dimension politique et fait souvent appel aux études administratives et juridiques. Dans un premier temps, l’analyse se focalise sur les cadres normatifs concernant le statut juridique dont bénéficient les musulmans des Balkans qui sont accueillis en Turquie. Pour cela, l’étude revient sur l’histoire du vocabulaire et des règles mise en place en continuité avec les politiques d’accueil nées à la fin du XIXe siècle dans l’Empire ottoman. La mise en œuvre de ces politiques et leur évolution en fonction du contexte national et international sont ensuite étudiées. Dans un second temps, les procédures de naturalisation sont retracées, en tenant compte des évolutions techniques du travail administratif et en les replaçant dans leur contexte politique. En particulier, la naturalisation collective des personnes qui obtiennent le statut d’immigrant est analysée à travers les catégories explicites qui émergent dans les formulaires. Dans un troisième temps, sont présentés les programmes d’aide et de secours en partant de la question budgétaire, afin de montrer le souci d’adaptation des politiques d’accueil aux politiques économiques et démographiques et aux évolutions de la question des droits. Les transformations qui aboutissent à la naissance des associations de pays sont ensuite analysées, de même que les projets de ces groupes d’intérêt qui œuvrent pour la reconnaissance de l’expérience professionnelle des immigrants. Cette recherche est clôturée par une étude des droits des immigrants, qui se concentre sur le vécu d’un individu qui immigre de Skopje à Istanbul au milieu du XXe siècle et sur les démarches qu’il entreprend pour faire valoir ses études afin de s’insérer dans la vie professionnelle et plus spécifiquement dans la fonction publique.

    Julien Boucly, La fabrique nationale du patrimoine mondial : une étude politique de l'action publique patrimoniale en Turquie et à Diyarbakır, thèse soutenue en 2019 à Paris EHESS sous la direction de Nathalie Clayer, membres du jury : Maria Gravari-Barbas (Rapp.), Patrick Le Galès et Jean-François Pérouse  

    Cette thèse analyse le fonctionnement d’un système d’action publique relatif à la production et à la gestion du patrimoine culturel et du patrimoine mondial en Turquie. Dans une démarche de sociologie politique, une attention particulière est portée sur les interactions entre institutions étatiques et organisations civiles et sur les multi-positionnements individuels et collectifs. Les enquêtes menées à Istanbul, Ankara, dans la région kurde, sur plusieurs sites du patrimoine mondial à travers l’ensemble du pays et au sein des arènes de l’UNESCO permettent d’explorer en profondeur les mécanismes de l’action publique et les circulations des experts du patrimoine mondial. Plus spécifiquement, à travers le cas du site de Diyarbakır, inscrit au patrimoine mondial en juillet 2015 et sinistré par des combats armés dès la fin de la même année, il est possible de montrer que l’expérience de transfert du programme du patrimoine mondial ne peut être comprise qu’à travers une étude politique des relations et des modalités d’exercice du pouvoir aux niveaux local, régional et national. La fabrique du patrimoine et du patrimoine mondial s’opère selon une succession d’appropriations et de manipulations de concepts et instruments d’action publique suscitant la création de produits hybrides, d’objets patrimoniaux situés entre métaculture unesquienne et représentations nationalistes.

    Galip Emre Yildirim, Sociologie historique de l'Etat turc : une institutionnalisation inachevée, thèse soutenue en 2019 à Université ParisSaclay ComUE sous la direction de Patrice Duran, membres du jury : Ronan Hervouet et Xavier Crettiez  

    Cette thèse a pour objet d’analyser l’État turc ainsi que les mutations sociopolitiques et économiques que connait son entité sociale. Elle vise à explorer en profondeur ladifficile construction de l’État en Turquie face aux problèmes multiples qui affectent profondémentson développement politique. Qu’est-ce qui fait que l’État ne soit pas parvenu à produire uneintégration politique du territoire suffisamment solide pour qu’elle corresponde au modèle de l’Étatnation ? La question est bel et bien de nature politique et nous conduit à essayer de comprendre etd’expliquer la nature du pouvoir politique turc, autrement dit à saisir et à étudier la réalité et laspécificité de l’ordre politique dont l’État a été le vecteur. Notre enjeu est bien de réfléchir sur l’État,son cadre, sa nature et sa portée. Autrement dit, il s’agit de faire un travail de nature historique quinous amène à examiner la question de l’institutionnalisation dans le cadre d’une sociologie de l’Étatturc qui récapitule le processus de construction spécifique de ce dernier.Cette recherche inclut la genèse de l’État turc, son évolution politique et administrative jusqu’audéveloppement actuel du pays. Pour mieux comprendre cela, il a fallu analyser les mécanismes deconstruction de l’État. La situation actuelle de l’État turc se caractérise clairement par la permanencedes trois points que nous paraissent fondamentaux : l’existence d’une bureaucratie déterminante,l’importance d’un pouvoir charismatique fort et la présence d’une armée qui occupe une placepolitiquement puissante et limite l’action indépendante des gouvernements. Le maintien de ces troisfacteurs a empêché la construction d’un État institutionnalisé doté d’un système politiquedémocratique au sens occidental du terme. On assiste alors à la difficile construction d’un ordrepolitique stable.

    Béatrice Garapon, Aux origines de la Turquie conservatrice : une sociologie historique du Parti démocrate (1946-1960)., thèse soutenue en 2017 à Bordeaux sous la direction de Yves Déloye et Hamit Bozarslan, membres du jury : Élise Massicard (Rapp.), Florence Haegel, Antoine Roger et Erik Jan Zürcher  

    Ce travail propose une sociologie historique du Parti démocrate turc, qui est fondé en 1946, arrive au pouvoir en 1950, et y reste jusqu’à un coup d’Etat de l’armée, en 1960. La sociologie de ce parti permet d’éclairer la compréhension du passage d’un régime de parti unique à un système de compétition partisane en Turquie. Pour cela, nous avons choisi une séquence chronologique longue, qui va de la fondation du parti en 1946 à sa chute en 1960. En effet, observer la création, puis la structuration du Parti démocrate nous permet de voir le rôle qu’il joue dans l’acculturation à la civilisation électorale, la promotion de nouvelles élites, mais aussi les continuités avec le parti unique, et le verrouillage progressif du champ politique, pour retourner à une situation autoritaire vers la fin des années 1950. Une sociologie fine du parti nous permettra ainsi de comprendre comment il se constitue en parti dominant. Pour ce faire, nous étudions le parti à travers ses implantations locales dans quatre départements de Turquie, Adana, Diyarbakır, Erzurum et Izmir, en portant une attention aux aspects informels de son fonctionnement. A partir de sources variées, archives de la presse locale, mémoires d’hommes politiques locaux, rapports diplomatiques, et divers témoignages, nous montrons que le Parti démocrate s’est imposé comme parti dominant sur la scène politique, en s’appuyant sur divers groupes sociaux, dont les hommes d’affaires et les petits commerçants conservateurs (esnaf). Dans ce processus, la capacité du parti à recruter des hommes politiques locaux, qui pouvaient mobiliser une large clientèle, a joué un rôle essentiel.

  • Elen Le Chêne, Frontières de l’État, frontières dans l’État : jeux et pouvoirs bureaucratiques dans le gouvernement des exilés en Turquie, 1990-2020, thèse soutenue en 2021 à AixMarseille sous la direction de Philippe Aldrin et Aude Signoles, membres du jury : Jay Rowell (Rapp.), Élise Massicard, Laurent Bonelli et Cécile Robert  

    La démarche générale de cette thèse est d’aller étudier les rapports entre les fonctionnaires et le changement politique en Turquie au prisme d’une sociologie de l’administration et de l’action publique. À partir d’une enquête de terrain basée sur des entretiens, des archives personnelles et de l’observation auprès d’acteurs étatiques et non étatiques, cette étude porte sur l’action publique migratoire de 1990 à 2020. À l’encontre de représentations ordinaires sur le ministère de l’Intérieur turc, peuplés de fonctionnaires passifs et/ou acquis à la cause des partis, cette thèse montre les rapports ambivalents et pluriels de ces fonctionnaires au politique et leurs prises aux jeux socio-politiques à travers l’étude de la trajectoire de réformes : celles de la police, des migrations et des frontières. Elle s’intéresse en particulier à l'appropriation d’un « modèle » européen dit de « gestion intégrée des frontières » et de savoirs qui ont placé le « bon gouvernement des exilés » au cœur de la redéfinition du « bon gouvernement de la sécurité ». Elle nous éclaire sur l’évolution de la trajectoire du régime politique avec la réévaluation du pouvoir de l’institution militaire, le réagencement des institutions de sécurité et le contrôle de l'action publique à l'égard d'« invités indésirables », les Syriens, par le gouvernement AKP. Ce travail invite ainsi à interroger les formes d’engagement des fonctionnaires par l’analyse de dispositions professionnelles et extra-professionnelles au travail. Il est susceptible d’être mobilisé sur d’autres terrains pour penser l’évolution de la trajectoire des politiques de sécurité et des régimes politiques dans une optique comparative

    Stepan Vasilenko, La cause des réfugiés en Russie contemporaine : l'association "Assistance civique" entre droit(s) et politique, thèse soutenue en 2019 à Ecole doctorale SDOSE Paris sous la direction de Éric Agrikoliansky, membres du jury : Gilles Favarel-Garrigues (Rapp.), Jay Rowell (Rapp.), Françoise Daucé et Choukri Hmed  

    La thèse porte sur les politiques d’asile et la construction de la cause des réfugiés en Russie par l’association de défense des droits de l’homme, le Comité « Assistance civique ». Dans une perspective socio-historique, notre travail étudie la genèse du problème public et la manière dont l’État russe redéfinit les frontières de l’accès à l’asile pour les populations réfugiées. En même temps, sur la base d’une enquête ethnographique, nous nous focalisons sur deux aspects principaux : les agents administratifs du Service Fédéral de Migration de Moscou, qui ont recours aux illégalismes de droit afin d’empêcher l’accès à l’asile, et le répertoire d’actions de l’association qui résiste à ces pratiques par l’action juridique et caritative. En analysant ces rapports de force, notre thèse démontre les limites de la défense des droits des réfugiés et la force du contrôle de l’État russe sur les politiques de l’asile.