Christine Cadot, Mémoires collectives européennes, Presses Universitaires de Vincennes, 2024, 187 p.
L’Europe dite « en crise » subit des critiques marquées quant à sa représentativité et à son fonctionnement jugé trop technocratique. Pour tenter d’y répondre, des acteurs organisent des usages politiques du passé, suggérant qu’une mémoire collective européenne serait susceptible de renforcer l’émergence d’un « nous » européen. D’autres, au contraire, proposent de s’en éloigner par la glorification de nouveaux romans nationaux. Le présent ouvrage propose une étude critique inédite de l’usage politique des passés relatifs à la construction européenne
Christine Cadot, Sébastien Ledoux, Niels May, Camille Amilhat, Patrick Cabanel [et alii], Transmettre l'Europe à la jeunesse: XXe-XXIe siècles, Presses universitaires de Rennes, 2023, Histoire
Dans le contexte de crise de l’Europe et d’interrogations sur son identité historique comme de son avenir, l’ouvrage présente une histoire culturelle des récits d’Europe transmis auprès des jeunes pour en faire des Européens depuis le xxe siècle. A-t-on assisté à l’édification de grands récits européens fédérateurs ou à une multitude de récits plus ou moins convergents, antagonistes, voire concurrentiels ? Dans cette fabrique narrative, quels faits historiques ont été choisis pour être transmis à la jeunesse européenne depuis le xxe siècle ? Sur quelles valeurs communes ces faits ont été évoqués ? Quels acteurs et quels vecteurs ont été engagés dans la construction de ces récits d’Europe ? En prenant des exemples dans différents pays européens tout en prêtant attention aux dynamiques transnationales, l’ouvrage rend compte de la variété des périodes ou figures historiques mobilisées dans ces narrations, de ses vecteurs de transmission (musées, festivals, rencontres sportives, manuels scolaires, littérature jeunesse, musées d’histoire, tourisme), comme de ses acteurs (eurodéputés, enseignants, associations d’éducation populaire, associations sportives, muséographes, et jeunes eux-mêmes)
Christine Cadot, Mémoires collectives européennes, 2019
Les usages politiques du passé ont construit le roman national. Mais n'existe-t-il pas également un roman européen ? Quelle lecture critique peut-on faire de ces injonctions répétées à créer une « mémoire collective européenne » unifiée ?
Cet ouvrage entend interroger le constat porté par la quasi-totalité des chercheurs en science sociale : nos sociétés sont saturées de mémoires, historiques, culturelles, sociales, savantes, individuelles, que le discours ordinaire pare de toutes les vertus et de toutes les obligations morales. Qu’en est-il de ce constat lorsque nous parlons d’intégration européenne ?Sommaire : Pages de début (p. 1-5)| Introduction (p. 7-12)| Chapitre 1. Les mémoires institutionnelles de l’Union européenne (p. 13-47)| Chapitre 2. Des mémoires héroïsantes de la construction européenne (p. 49-92)| Chapitre 3. Les mémoires traumatiques de l’Union européenne (p. 93-133)| Chapitre 4. Mémoires à la marge et oublis. Que faire des mémoires collectives européennes ? (p. 135-172)| Biblio-filmographie (p. 173-181)| Index des lieux (p. 183-187)| Pages de fin (p. 189-191).
Christine Cadot, Seloua Luste Boulbina (dir.), Le rêve de d'Alembert, Gallimard, 2008, Folioplus (Philosophie), 162 p.
Christine Cadot, Benoît Schneckenburger (dir.), Léviathan, Gallimard, 2007, Folioplus (Philosophie), 153 p.
Christine Cadot, Pierre Dulau (dir.), Pensées, Gallimard, 2007, Folioplus (Philosophie), 137 p.
Christine Cadot, Une géométrie naturelle du politique , 1e éd., Pouvoirs, 2006, 116, 4564 p.
RésuméLa rue reflète les propriétés abstraites d’un corps politique ; elle est à ce titre un espace de fondation politique et morale. Entre le tracé courbe des rues européennes, produit des siècles, et le quadrillage américain, symbole de la conscience historique d’un commencement inédit, nous explorons l’élaboration d’une idéologie s’appuyant sur la géométrie afin de mieux opposer Nouveau Monde et Vieille Europe.Après le déclenchement des Révolutions française et américaine, le tracé des rues de Paris et de Washington D.C. illustre la difficulté de concevoir l’espace urbain de la « table rase » et de la régénération nationale lorsque celui-ci est confronté à l’affirmation de la nécessaire rupture entre Ancien et Nouveau Monde. Nous replaçons ainsi notre étude dans le cadre plus large des processus idéologiques de naturalisation du politique.
Christine Cadot, Gérard Mairet, Les deux Atlantiques: Europe-Amérique, la découverte de deux mondes et son influence sur la perception française du modèle fédératif américain,, 2005, 394 p.
Cette recherche établit que c'est dans les rhétoriques nationalistes américaines et française que s'élaborent les catégories d'"Amérique" et d'"Europe", lesquelles jouent un rôle de miroir déformant dans la représentation française du fédéralisme. Cette recherche sera exposée en trois temps : la notion de "découverte", dont nous soulignons la dimension artificielle et la capacité naturalisante, nous permet de préciser tout d'abord le caractère construit de la catégorie de "monde américain" et, en miroir, de "monde européen". Nous en appliquerons ensuite le filtre à une catégorie particulière, le républicanisme américain, et enfin à une de ses modalités, le fédéralisme. L'espace temporel de cette recherche est circonscrit à certaines périodes de crise dont l'enjeu est la constitution d'une identité nationale. Il est apparu pertinent d'illustrer ces moments critiques par trois périodes exemplaires : les temps révolutionnaires, les périodes jacksonienne et de la Guerre civile américaine.
Christine Cadot, « Robinson (D. H.) – The Idea of Europe & the Origins of the American Revolution. – Oxford, Oxford University Press, 2020. XVII + 452 p. Bibliogr. Illustrations. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2024, n°73, pp. 355-356
Christine Cadot, « Le Parlement européen, une arène mémorielle secondaire ? », Parlement, Revue d'histoire politique, Parlement, Revue d'histoire politique, 2020, n°HS 15, pp. 123-142
Le Parlement européen s’affirme comme un acteur incontournable des politiques de mémoire, désormais discutées de façon indépendante des débats parlementaires supranationaux tenus initialement au sein de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Supposés moins conflictuels, les débats relatifs aux cadres normatifs adoptés par l’assemblée communautaire en matière mémorielle relèvent d’un rapport exclusivement négatif au passé. À la faveur de l’élargissement européen à l’Est de 2004, la Shoah n’en constitue cependant plus le paradigme unique.
Christine Cadot, « Aprile (Sylvie), Cassina (Cristina), Darriulat (Philippe), Leboutte (René), dir. – Europe de papier. Projets européens au xixe siècle. – Lille, Presses Universitaires du Septentrion, 2015 (Histoire et civilisations). 350 p. Bibliogr. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2017, n°67, p. -
Christine Cadot, « La nation dans la réserve ? : L’Europe au musée : une européanisation heurtée des politiques culturelles », Politique européenne, Politique européenne, 2016, n°51, pp. 174-183
Christine Cadot, « Cohen (Antonin) – Le régime politique de l’Union européenne – Paris, La Découverte, 2014 (Repères. Sciences politiques-Droit). 128 p. Figures. Bibliogr. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2015, n°65, p. -
Christine Cadot, « Bowden (Brett) – Civilization and War. – Cheltenham, Edward Elgar Publishing, 2013. viii + 210 p. Bibliogr. Index », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2015, n°65, p. -
Christine Cadot, « Rebecca J. Scott, Degrees of freedom. Louisiana and Cuba after slavery, Cambridge, The Belknap Press of Harvard University Press, 2005, 365 p. », Annales. Histoire, Sciences Sociales, Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2007, n°62e aée, p. -
Christine Cadot, « Thomas Cole et l'Empire américain : l'Hudson River School à contre-courant », Raisons politiques, Raisons politiques, 2006, n°24, pp. 55-78
RésuméCet article s’attache à l’étude de la représentation en tableau de l’Empire américain dans The Course of Empire de Thomas Cole. Dans l’Amérique du 19e siècle, la mise en image du paysage et de son étendue sauvage reflète un processus de rationalisation du regard qui, pour les contemporains de Cole, s’opère dans la célébration d’un Empire victorieux réalisant, à l’Ouest, sa Destinée Manifeste. Nous étudions ici l’héroïsation de la figure du peintre, ainsi que la réinterprétation du destin malheureux des Empires, destin auquel les États-Unis n’échappent pourtant pas selon Cole. Enfin, nous soulignons la célébration nouvelle et contemporaine de la peinture de paysage ( Hudson River School) par les néo-conservateurs américains, plaçant cette fois encore une fois Thomas Cole au service d’une cause qu’il ne pouvait défendre.
Christine Cadot, Elsa Dorlin, Bertrand Guillarme, « Les pères fondateurs refoulés de la Nation américaine », Raisons politiques, Raisons politiques, 2006, n°24, pp. 5-7