Gabrielle Angey, Anthony Favier, Yannick Fer, Juliette Galonnier, Ana Perrin-Heredia [et alii], Religions et classes sociales, ENS Éditions et OpenEdition, 2023, Sociétés, espaces, temps, 303 p.
"Faire l’état de la recherche de ces dernières décennies sur les liens entre religions et classes sociales revient pour partie à documenter une absence. Cette éclipse est toutefois relativement récente, car la question a longtemps constitué un classique en sciences sociales. L’articulation entre appartenance religieuse et appartenance de classe est-elle devenue si discrète ou à l’inverse si évidente qu’elle passerait désormais sous nos radars ? Les onze enquêtes qualitatives réunies dans cet ouvrage renouent avec ce champ d’investigation. Elles interrogent nos manières de voir (ou de ne pas voir) ces liens et invitent à approfondir l’analyse au-delà des affinités électives apparentes, en portant le regard vers les superpositions, les désajustements et les tensions entre religions et classes sociales. À travers une immersion dans des contextes historiques, des aires géographiques, des traditions religieuses et des groupes sociaux très divers, les contributions démontrent l’actualité de ces questionnements et leur pertinence pour comprendre la fabrique des frontières sociales et la reproduction des inégalités. La finesse des analyses empiriques et la rigueur du cadre théorique font de cet ouvrage un incontournable pour les étudiants et chercheurs en sciences sociales ainsi que pour tous les professionnels qui croisent les questions de religion et de classe dans le cadre de leurs activités."
Gabrielle Angey, Matthew Wood, Juliette Galonnier, Spiritualité et pouvoir : les ambiguïtés de l'autorité religieuse, 7e éd., Les Editions Labor et Fides, 2021, Enquêtes, 320 p.
Les pratiques religieuses contemporaines, marquées à la fois par l’individualisation, le déclin de l’institution et l’essor de nouvelles «spiritualités», peuvent sembler à première vue évacuer les enjeux de pouvoir et d’autorité, au profit de sociabilités moins contraignantes centrées sur l’émancipation personnelle. En s’appuyant sur des enquêtes ethnographiques dans les milieux du «New Âge» mais aussi dans le contexte du méthodisme londonien, Matthew Wood invite à réexaminer cette question du pouvoir afin de réinscrire pleinement le fait religieux dans son contexte social. Il nous montre que si les formes de l’autorité évoluent, celle-ci ne disparaît pas pour autant. Un ensemble de rapports sociaux de pouvoir structurent toujours la vie religieuse, dont la sociologie doit rendre compte afin d’éclairer les transformations en cours au sein des sociétés néolibérales. Ces réflexions dessinent les contours d’une sociologie des religions plus ouverte sur les débats théoriques qui traversent aujourd’hui les sciences sociales, afin de repenser les relations entre religion, classes sociales, ethnicité et sécularisation.