Olivier Ihl (dir.), Chroniques inédites du Journal de Paris (1819-1827), Champ Vallon, 2025, Collection Dix-neuvième, 357 p.
«B. L.» : ces initiales sont celles d’un feuilletoniste du Journal de Paris. C’est sous ce masque qu’Henry Beyle, autrement dit Stendhal, déploya son inventivité journalistique. Les œuvres de pure imagination côtoient, dans ces chroniques, de piquants comptes rendus, les critiques littéraires de fausses lettres de lecteur… Le célèbre écrivain travaillait alors pour Joseph Lingay, le rédacteur en chef et conseiller du président du Conseil. Jusqu’en 1827, date de leur interruption, ces articles formaient comme un terrain de jeu littéraire, l’occasion de croquer la vie mondaine et de peindre les infortunes de la presse… Une introduction restitue les conditions de cette étonnante découverte. Fruit d’une vaste enquête dans les archives, elle lève le voile sur un secret jusque-là bien gardé.
Olivier Ihl, Le Vieux de la Montagne: Filippo Buonarroti à Grenoble, Éditions du Croquant, 2023, Sociologie historique, 319 p.
Olivier Ihl, Bruno Dumons, Gilles Pollet, Frédéric Audren, Xavier Boniface [et alii], La fabrique de l'honneur: les médailles et les décorations en France (XIXe-XXe siècles), Presses universitaires de Rennes, 2019
Depuis longtemps, la pérennisation du pouvoir royal s'était appuyée sur un ensemble de techniques, de dispositifs et de pratiques de gouvernement parmi lesquelles se distinguait l'attribution d'une médaille ou d'une décoration qui permettait de mettre à l'honneur un sujet. Si les révolutionnaires de 1789 ont décrété la suppression de ces ordres royaux, l'Assemblée nationale de 1791 a considéré qu'il y avait toujours lieu d'attribuer des marques d'honneur aux citoyens. Bonaparte reconnaît au Conseil d'État en 1802 qu'une telle technique n'est pas incompatible avec l'idéal républicain : « Je défie qu'on me montre une République ancienne ou moderne dans laquelle il n'y a pas eu de distinctions... » Ainsi, l'honneur devient une affaire de mérite, rationalisable et génératrice d'un nouveau modèle d'élites.Recevoir une décoration, c'est donc être mis à l'honneur publiquement par l'institution qui la décerne. L'individu récompensé incarne un exemple de « vertu » et de « mérite ». L'attribution d'une médaille appartient à une logique de « distinction » et devient progressivement une « technique de gouvernement ». Dès le début du XIXe siècle, un véritable engouement pour les médailles et les décorations s'empare d'ailleurs de la nouvelle société bourgeoise. L'Empire et la République mais également l'Église ont distribué chacun à profusion ces marques de reconnaissance. Cette inflation de récompenses honorifiques qui ne se dément pas jusqu'au milieu du XXe siècle, et dans une large mesure jusqu'à nos jours, appelle une réflexion générale et une analyse socio-historique qui n'a jusqu'alors guère suscité l'intérêt des chercheurs en sciences sociales.Préalablement considéré comme poussiéreux et futile, réservé aux numismates et aux érudits, cet objet d'étude peut être revisité sous une double approche qui envisage la médaille et la décoration comme une technique relevant des « sciences de gouvernement » et un outil de fabrication des nouvelles élites. Pour la première fois, une confrontation entre politistes, juristes et historiens a permis d'envisager, à partir de synthèses et d'études de cas empiriques, les multiples aspects qui entourent cette « technique de gouvernement » et les différents profils d'élites générés et légitimés par la « pratique décorative » d'État
Olivier Ihl, Le premier portrait photographique, Paris 1837, Editions du croquant, 2018, Sociologie historique, 238 p.
Olivier Ihl, Olivier Ihl, Gilles J. Guglielmi, Gilles J. Guglielmi (dir.), El voto electrónico: presentación de Ángel Sánchez Navarro, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales. Mº de la Presidencia, 2017, Cuadernos y Debates, 415 p.
Olivier Ihl, La barricade renversée: histoire d'une photographie, Paris 1848, Éditions du Croquant, 2016, Collection Champ social, 147 p.
Olivier Ihl, Une histoire de la représentation: Louis Marie Bosredon et le Paris de 1848, Éditions du Croquant, 2016, Collection Champ social, 421 p.
Olivier Ihl, Gilles J. Guglielmi (dir.), Le vote électronique, LGDJ-Lextenso éd., 2015, 323 p.
Olivier Ihl, Olivier Cogne, Jean-Claude Duclos, Jacques Loiseau (dir.), Grenoble en résistance: parcours urbains 1939-1945, Le Dauphiné, 2015, 169 p.
Olivier Ihl, Yves Déloye, Alfredo Joignant (dir.), Gouverner par la science : perspectives comparées, Presses universitaires de Grenoble, 2013, Libres cours, 288 p.
Olivier Ihl, Henri-Jacques Stiker, Jean-Louis Ribes, Corinne Théobald-Segalen, Nicolas Flamant, Réfléchir le management au miroir du handicap, Le bord de l'eau, 2013, 257 p.
Olivier Ihl, Yves Déloye, L'acte de vote, les Presses de Sciences Po, 2012, Références, 567 p.
Olivier Ihl, Yves Déloye, Alfredo Joignant (dir.), Les sciences du gouvernement en France et au Chili: pratiques, usages, dispositifs, De Boeck, 2012, 200 p.
Olivier Ihl, Janine Chêne, Éric Vial, Ghislain Waterlot (dir.), La tentation populiste au coeur de l'Europe: [colloque, Grenoble, septembre 2001], Éditions La Découverte, 2010, Recherches, 313 p.
Olivier Ihl, Yves Déloye, L'acte de vote, 2008
Ce livre se veut une invitation à redécouvrir les savoirs et les pratiques qui façonnent notre expérience du vote. N'en déplaise aux commentateurs de nos soirées électorales, l'élection n'est pas seulement le moyen de faire valoir une opinion, c'est aussi un rituel social, une mise en scène codifiée en fonction de multiples enjeux.
Bulletin, scanner optique, carte électorale, urne,machine à voter : notre rapport aux instruments de la vie électorale se métamorphose. De nouvelles interrogations sur la façon d’élire et de se faire élire émergent, et l'histoire matérielle de la démocratie représentative ouvre à la réflexion de stimulantes pistes.
Cet ouvrage de synthèse sur la dimension matérielle et socio-historique des opérations électorales rassemble les résultats de plusieurs enquêtes menées depuis une quinzaine d’années. Une histoire qui révèle les défis de l'acte de vote, entre technique et politique, mises en scène et mobilisation, archaïsme et modernité.Sommaire : Pages de début (p. 001-008)| Introduction (p. 011-029)| Chapitre 1. Une mise en scène politique (p. 033-067)| Chapitre 2. L'ingénierie du vote universel (p. 069-105)| Chapitre 3. L'urne électorale (p. 107-170)| Chapitre 4. L'invention de la représentation proportionnelle (p. 173-226)| Chapitre 5. Des voix pas comme les autres (p. 227-276)| Chapitre 6. Les fraudes électorales (p. 277-323)| Chapitre 7. Gouverner les citoyens (p. 327-347)| Chapitre 8. La civilité électorale (p. 349-375)| Chapitre 9. Socialisation Religieuse et comportement électoral en France (p. 377-413)| Chapitre 10. L'élection au village (p. 417-458)| Chapitre 11. Le recrutement ploutocratique du personnel politique (p. 459-493)| Chapitre 12. Sur les usages des dispositifs de vote (p. 495-528)| Annexe (p. 529-530)| Bibliographie sélective (p. 531-536)| Pages de fin (p. 536-567).
Olivier Ihl, Le mérite et la République: essai sur la société des émules, Gallimard, 2007, NRF (Essais), 495 p.
Olivier Ihl, Jean-William Dereymez, Gérard Sabatier (dir.), Un cérémonial politique: les voyages officiels des chefs d'Etat, l'Harmattan, 2007
Olivier Ihl, Delphine Deschaux-Beaume, Jean-Pierre Galland, André Gauron, Frédérique Niel, Robert Fraisse, Alexandra Jonsson, Pierre Muller, Jean-Louis Quermonne, Anne-Cécile Douillet, Alain Faure, Jean-Pierre Gaudin, Laura Michel, Odile Join-Lambert, Yves Lochard, Jacqueline Estades (dir.), Les sciences de l'action publique, Presses Universitaires de Grenoble, 2006, Collection Symposium, 288 p.
Olivier Ihl, Yves Déloye, Claudine Haroche (dir.), Le protocole ou la mise en forme de l'ordre politique: [colloque international, 7, 8 et 9 juin 1995, Paris], l'Harmattan, 2005
Olivier Ihl, Jean-Claude Duclos (dir.), Grenoble en résistance: parcours urbains, Éditions Le Dauphiné Libéré, 2004, 129 p.
Olivier Ihl (dir.), Catalogue des ouvrages du CERAT: 1968-2004, PACTE-Cerat, 2004, 173 p.
Olivier Ihl, El voto, LOM Ediciones, 2004, Serie universitaria, 170 p.
Olivier Ihl, Martine Kaluszynski, Gilles Pollet (dir.), Les sciences de gouvernement, Economica, 2003, Études politiques, 218 p.
Olivier Ihl, Janine Chêne, Éric Vial, Ghislain Waterlot, La tentation populiste au cœur de l'Europe, 2003
Depuis quelques années, dans les démocraties européennes, se sont développés des partis et des mouvements qualifiés de « populistes ». En Autriche, en Suisse, aux Pays-Bas, en Italie mais également en France, au Danemark, en Belgique ou au Portugal. Devant l’ampleur du phénomène, certains observateurs ont évoqué le déferlement d’une lame de fond. À quelques semaines d’intervalle, en 2002, l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle française et le succès de la liste Pim Fortuyn aux Pays-Bas ont fini par convaincre les plus réticents. Sans cesse sollicitée, la notion de populisme est ainsi devenue un mot-valise : sans doute irremplaçable mais terriblement équivoque. Gagnant en extension ce qu’il perd en capacité de désignation, ce terme fonctionne autant comme épouvantail que comme principe de mobilisation ou catégorie d’analyse. C’est pour comprendre les ressorts et la portée de ce phénomène qu’a été réalisé cet ouvrage qui rassemble les meilleurs spécialistes européens (philosophes, historiens, politistes, sociologues ou juristes). Les auteurs montrent en particulier combien la notion de populisme doit être réexaminée, d’abord au regard des évolutions des formes de l’action publique dans les sociétés européennes. Ensuite, par rapport à la trame de ses usages les plus immédiats, notamment ceux visant à qualifier les leaders et mots d’ordre de mouvements qui prospèrent surtout par leur dénonciation des « pathologies » d’une démocratie confisquée. Une manière de mieux comprendre l’inscription sociale et historique de ces formes de mobilisation, d’éclairer les enjeux de ce tournant néopopuliste semblable à un nouveau spectre venant hanter le Vieux Continent.Sommaire : Pages de début (p. 2-8)| Introduction (p. 9-23)| 1. Populisme des anciens, populisme des modernes, populisme libéral-médiatique (p. 25-39)| 2. Un face-à-face avec les institutions (p. 40-50)| 3. Quatre hypothèses sur le succèsde la droite antipolitique (p. 51-64)| 4. Un vieux démon de la gauche française (p. 65-76)| 5. La composante religieuse du populisme (p. 77-88)| 6. Le néopopulisme et le charisme (p. 89-100)| 7. Le populisme dans une perspective spatiale. Le cas alpin (p. 101-109)| 8. Berlusconi, leader populiste ? (p. 111-129)| 9. La Lega Nord, ou comment ne pas réussir à être populiste (1989-2002) (p. 130-145)| 10. La stigmatisation de l'idiotie montagnarde et son détournement par la Lega Nord (p. 146-158)| 11. La Ligue savoisienne (p. 159-172)| 12. Le populisme au pouvoir : le cas de l'Autriche (p. 173-183)| 13. Unité et diversité des « national-populismes » suisses : l'Union démocratique du centre et la Lega dei Ticinesi (p. 184-197)| 14. La Nouvelle Droite en Allemagne, entre droite classique et extrême droite (p. 198-212)| 15. Les impasses du nouveau populisme de droite en Allemagne (p. 213-227)| 16. Un concept assassiné ? Pim Fortuyn et le populisme batave (p. 228-244)| 17. Au temps du romantisme, France et Russie au XIXe siècle (p. 245-257)| 18. Le Pays natal d'Henry Bordeaux : le roman des « racines » savoyardes du populisme (p. 258-266)| 19. L'âme des peuples et le corps des foules : le populisme paradoxal de Gustave Le Bon (p. 267-282)| 20. Le peuple de Marcel Déat : mythographie, populisme et totalitarisme (p. 283-300)| 21. Michel Foucault : plèbe, peuple, population (p. 301-313)| Pages de fin (p. 314-320).
Olivier Ihl, Le vote, Montchrestien, 2000, Clefs (Politique), 160 p.
Olivier Ihl, Jean-William Dereymez, Gérard Sabatier (dir.), Un cérémonial politique: les voyages officiels des chefs d'Etat, l'Harmattan, 1998, Collection Logiques politiques, 315 p.
Olivier Ihl, La fête républicaine, Gallimard, 1996, Bibliothèque des histoires, 402 p.
Olivier Ihl, Le vote, Monchrestien, 1996, Clefs (Politique), 158 p.
Olivier Ihl, Yves Déloye, Claudine Haroche (dir.), Le protocole ou la mise en forme de l'ordre politique: [colloque international, 7, 8 et 9 juin 1995, Paris], l'Harmattan, 1996, Logiques politiques, 352 p.
Olivier Ihl, Nathalie Dompnier, Vichy à travers chants: pour une analyse politique du sens et de l'usage des hymnes sous Vichy, 1995, 215 p.
Olivier Ihl, Yves Déloye, Claudine Haroche (dir.), Le protocole,: ou la mise en forme de l'ordre politique colloque international, Institut international d'administration publique, 7-8- et 9 juin 1995, Institut international d'administration publique, 1995
Olivier Ihl, Rites politiques et intégration nationale: Les Fêtes républicaines dans les campagnes de la Haute-Vienne (1880-1914), sn, 1988, 154 p.
Olivier Ihl, « Une démocratie irrégulière ? Sur la dénonciation des fraudes électorales aux États-Unis », Politique américaine, Politique américaine, 2024, n°42, pp. 23-51
Depuis une vingtaine d’années, l’instrumentalisation du thème de la fraude électorale scande la vie politique aux États-Unis. Elle exacerbe la polarisation de l’électorat et érode la confiance dans l’intégrité des scrutins. Cet article interroge le soubassement historique et politique de cette mobilisation qui, élection après élection, a pris une ampleur inégalée. Que recouvre le défi consistant pour les deux grands partis à prétendre réguler des atteintes au droit de suffrage ? Ces stratégies peuvent au besoin se nourrir de croyance et de désinformation. Reste qu’elles relèvent d’un réformisme partisan, c’est-à-dire, de revendications longuement mûries pour changer les règles du jeu au profit de l’intérêt immédiat de chaque parti. Au risque de dresser la performance électorale contre l’intérêt public, la victoire dans les urnes contre l’État de droit.
Olivier Ihl, « Donato (Maria Pia) - Les archives du monde. Quand Napoléon confisqua l’histoire. Traduction de l’italien par Carole Walter. - Paris, PUF, 2020. 276 p. Index. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2024, n°73, pp. 361-362
Olivier Ihl, Jean-Hugo Ihl, « Une diplomatie par l’image. Sur un buste retrouvé du général Bonaparte (1797) », Annales historiques de la Révolution française, Annales historiques de la Révolution française, 2023, n°414, pp. 129-142
Lors de la première campagne d’Italie, nombreux furent les artistes à être sollicités par le jeune général Bonaparte pour magnifier les vertus du grand homme. L’article se fonde sur des archives reconstituant la trajectoire d’une de ces œuvres récemment réapparues en salle des ventes : le buste signé Giuseppe Franchi (1731-1806), professeur de sculpture à Milan. L’étude de la commande et de la circulation de cette œuvre vient enrichir une vision parfois trop schématique de la propagande du Directoire en Europe. Elle documente une diplomatie de l’image ayant mobilisé administrations locales et gazettes militaires. Se plonger dans ces réseaux, c’est éclairer un objet visuel légitimant une ambition politique. C’est aussi décrire ce qui fut un véritable « charisme d’institution ». Le portrait du héros à l’antique ? Il donne corps à un rêve de gloire appelé à devenir celui d’une domination politique.
Olivier Ihl, « Une insurrection graphique La caricature socialiste des premières élections de 1848 », Hors collection, Hors collection, 2021, pp. 145-168
Olivier Ihl, « Le Digol (Christophe), Hollard (Virginie), Voillot (Christophe), Barat (Raphaël), dir. – Histoire d’élections. – Paris, CNRS Éditions, 2018. 482 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2020, n°70, p. -
Olivier Ihl, « Refuser la Légion d’honneur : Du geste à la doctrine », Mil neuf cent. Revue d'histoire intellectuelle, Mil neuf cent. Revue d'histoire intellectuelle, 2019, n°37, pp. 127-143
Le refus du ruban rouge de la Légion d’honneur est souvent présenté comme une énigme. L’éclat d’une telle récompense n’est-il pas évident depuis deux siècles ? Mis en scène par la presse, ce geste de refus suscite le plus souvent une interprétation de type psychologique. Ce qui revient à négliger la dimension proprement historique du fait d’être distingué. S’élever en dignité ? C’est une façon de parvenir. Mais contrairement à la fortune ou au statut professionnel, elle a toujours posé problème aux théoriciens de la République. C’est pourquoi cet article s’attache à interroger les fondements socio-historiques et les usages d’une telle pratique de refus. Une manière de découvrir combien la contestation des insignes de la Légion d’honneur est tout sauf anecdotique. Elle forme la trame d’une opposition doctrinale au management honorifique, cette technique de gouvernement qui, au nom d’un souci de reconnaissance, fait de l’émulation le ressort d’une sorte de rédemption d’État.
Olivier Ihl, « Ce que le populisme nous dit des évolutions de la démocratie représentative », Aix-en-Provence : Presses Universitaires d'Aix-Marseille, Paris : Economica et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2019, pp. 713-723
Ihl Olivier. Ce que le « populisme » nous dit des évolutions de la démocratie représentative. In: Annuaire international de justice constitutionnelle, 34-2018, 2019. Égalité, genre et constitution - Populisme et démocratie. pp. 713-723.
Olivier Ihl, « Clark (Samuel), Distributing Status: The Evolution of State Honours in Western Europe. Montreal, McGill-Queen’s University Press, 2016, 520 p., $ 49,95. », Revue française de sociologie, Revue française de sociologie, 2018, n°59, pp. 755-758
Olivier Ihl, « Commemoratio », L'Observatoire, L'Observatoire, 2017, n°50, pp. 12-15
Olivier Ihl, « Contre la laïcité. Le pavoisement de Jeanne d’Arc dans le Paris de 1909 », Revue d’histoire moderne & contemporaine, Revue d’histoire moderne & contemporaine, 2017, n°64-1, pp. 63-84
La pratique du pavoisement n’a guère été interrogée au cœur de l’histoire des mobilisations
politiques. Cet article qui porte sur la béatification de Jeanne d’Arc dans le Paris de 1909 l’aborde
comme une acclamation visuelle, une forme alternative de mise en scène qui, sous prétexte de
lever l’étendard du Peuple, permet aux milieux de la droite monarchiste et catholique de s’opposer à la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. Disqualifier la définition nouvelle
de l’espace public : tel était l’enjeu de cet appel au drapeau censé donner naissance à une fête
nationale concurrente du 14 juillet. Il faut y voir une prétention à la visibilité publique dressée
contre la République du Bloc des gauches et contre la confessionnalisation du catholicisme. Pour
dégager les ressorts de cette manifestation, on questionne ici le modèle de représentation dont le
pavoisement se revendique ( vox populi, vox dei), puis les dispositifs d’encadrement et de mise en
scène qui contribuent à fixer sa signification, enfin on mesure l’étendue de son emprise sociale et
spatiale – une façon de savoir à quel degré cette représentation du peuple parisien peut incarner
le thème d’une démocratie hostile à la laïcité et aux élections.
Olivier Ihl, « À propos de François Dépelteau, Tatiana Savoia Landini (eds), Norbert Elias and Social Theory, New York, Palgrave Macmillan, 2013, xii + 320 p., index ; et Tatiana Savoia Landini, François Dépelteau (eds), Norbert Elias and Empirical Research, New York, Palgrave Macmillan, 2014, vi + 274 p., index. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2017, n°67, p. -
Olivier Ihl, « Trouble-fête en Révolution », Critique, Critique, 2016, n°831, pp. 657-667
Olivier Ihl, « Le triomphe sonore de la République », Critique, Critique, 2016, n°829-830, pp. 519-533
Olivier Ihl, Marc Célerier, Alain de Keghel, « Riposte au dernier édito sur l’Europe », Humanisme, Humanisme, 2016, n°310, pp. 22-24
Olivier Ihl, « Le rire et le sacré : La révolte graphique du caricaturiste Louis Marie Bosredon en 1848 », Politix, Politix, 2015, n° 110, pp. 137-170
Après la chute de la Monarchie de Juillet, les images lithographiées se lancent à l’assaut du politique. Dès le printemps 1848, Louis Marie Bosredon, ouvrier socialiste, participe à cette révolte. Il multiplie les caricatures, notamment avec une série de dessins édités par Lordereau, rue Saint-Jacques ou par Bès et Dubreuil, rue Gît-le-Cœur. Comme pour mettre à bas l’éminence visuelle du roi. En s’efforçant de retrouver le temps et la narration de ces images fixes, cet article s’efforce de comprendre en quoi ces tirages participent de l’événement politique. Car la République n’a pas seulement ouvert, en 1848, un espace de libertés, celui des rires de lèse-majesté. Elle a tenté de donner son éclat à la souveraineté d’un peuple-roi. Longtemps inconnu, ce dessinateur n’a pas juste ri des grands qui chutaient. Il s’est appliqué à mettre en scène une autre formule de grandeur. Pour le mesurer, il faut interroger l’art comique de ce graveur. Non pas se contenter d’interpréter chaque dessin, en posant d’hypothétiques « significations », mais renouer avec leur structure sociale, notamment au travers les projets et dispositions qui, concrètement, ont pu les inspirer. Comment ses estampes, aujourd’hui presque sans vie, sont-elles entrées en insurrection ? Quel rôle le rire a-t-il joué dans cette recomposition du sacré en politique ? Un axe de recherche qui invite à expliquer de quoi se nourrit la révolte graphique de Louis Marie Bosredon, en somme, en quoi la caricature a pu donner libre cours à sa critique du gouvernement représentatif.
Olivier Ihl, « Alternative representation : acclamation practices in France during the Second and Third Republics », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2015, n°65, pp. 381-403
The right to vote is neither the first nor the only form of political representation. Over the course of the nineteenth century in France its predominance was challenged by practices and representations of pavoisement – bunting, illuminations, anthems, and cheers – whose density and significance are retrospectively difficult to grasp. Democracy was first and foremost an assembly government. Elections then overshadowed flags and cheers as expressions of political support. This article offers an understanding of what these “old” forms of political representation can teach us about electoral democracy. Taking a socio-historical perspective, it shows how elected representation distinguished itself from political representation in general, and how ballots prevailed over bravos.
Olivier Ihl, « Démocratie et élection », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2014, n°64, p. -
Olivier Ihl, « Sur les origines de la revendication proportionnelle », Revue Française d'Histoire des Idées Politiques, Revue Française d'Histoire des Idées Politiques, 2013, n°38, pp. 367-388
Cet article s’efforce de montrer ce que peut apporter une lecture centrée sur la carrière des revendications proportionnalistes depuis le xixe siècle. L’idée est de faire droit aux processus concrets par lesquels la question du vote proportionnalisé est parvenu à devenir une représentation sociale puis une ingénierie de gouvernement. Ce qui est notamment une manière plus réaliste de rendre compte de la notion d’« influence » en matière de procédé électif. Au final, l’entrée en jeu de chaque nouvelle régulation électorale peut être étudiée par elle-même comme les réseaux et supports de diffusion, penseurs et écrits mobilisateurs, qui ont servi à construire la légitimité de chaque réforme électorale.
Olivier Ihl, « Objetividad de Estado. Sur la science de gouvernement des Chicago Boys dans le Chili de Pinochet », Revue internationale de politique comparée, Revue internationale de politique comparée, 2013, n°19, pp. 67-88
RésuméCet article s’efforce de circonscrire les formes et enjeux de la circulation internationale de certains modèles d’action gouvernementale en revenant sur la littérature prétendument scientifique consacrée à l’aventure des Chicago Boys dans le Chili autoritaire de Pinochet. La puissance dictatoriale chilienne ne fut pas que militaire. Elle fut aussi économique. Ses « élites scientifiques », formées à l’Université de Chicago, formèrent de véritables bastions d’un nouveau militantisme savant. Les Chicago Boys, menés par Milton Friedman, donnèrent légitimité et objectivité à la doctrine économique d’Augusto Pinochet. Comment ses savoirs spécialisés ont-ils été enrôlés par l’État ? Comment cette prétendue science économique s’est-elle constituée en dispositif de gouvernement ? Il importe pour répondre à ces questions de dégager leurs modes de diffusion (logique d’accréditation), leurs procédures de consécration (logique de certification) ainsi que les mobilisations de soutien ou de défiance dont ils pu faire l’objet (logique de légitimation).
Olivier Ihl, Yves Déloye, Alfredo Joignant, « Avant-propos. Les sciences du gouvernement en France et au Chili : pratiques, usages, dispositifs », Revue internationale de politique comparée, Revue internationale de politique comparée, 2013, n°19, pp. 7-17
Olivier Ihl, « Lalouette (Jacqueline) – Jours de fête. Jours fériés et fêtes légales dans la France contemporaine. – Paris, Tallandier, 2010 (Histoire contemporaine). 392 p. Bibliogr. Index », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2013, n°63, p. -
Olivier Ihl, « À propos de Michela Marzano (dir.), Dictionnaire de la violence, Paris, PUF, 2011 (Quadrige. Dicos Poche), 1 548 p., index ; Jan Philipp Reemtsma, Confiance et violence. Essai sur une configuration particulière de la modernité, Paris, Gallimard, 2011 (Nrf Essais) (1re éd. allemande : 2008), 592 p., bibliographie, index. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2012, n°62, p. -
Olivier Ihl, « Phélippeau (Éric), François (Abel), dir. Le financement de la vie politique française. Des règles aux pratiques (1988-2009). Paris, Weka, 2010, 124 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2012, n°62, p. -
Olivier Ihl, Yves Déloye, Alfredo Joignant, « Les sciences du gouvernement en France et au Chili : pratiques, usages, dispositifs », Revue internationale de politique comparée, De Boeck, 2012, p. 200
Olivier Ihl, Jennifer Fredette, « The ballot box and the shotgun : Electoral violence during the 1848 French constituent assembly election », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2010, n°60, pp. 9-35
Analyzing electoral violence involves refuting a tenacious form of idealism. This large-scale study seeks to show that the conventions of voting were not formed against or outside of violence, but within it, using material elements thereof for their construction and justification. The episodic violence that occurred on the very first day of French electoral democracy, 23 April 1848, sheds some light on the history of political violence. Henceforth, electoral politics was no longer to be a struggle, but a competition. Understanding how the rules of the electoral game wrought that transition reveals the human dimension of this history – a history that cannot be considered separately from the nature of the state and the social interrelations between these competitors.
Olivier Ihl, « Antonio Correa Gómez, El último suplicio. Ejecuciones públicas en la formación republicana de Chile 1810-1843, Santiago, Ocho Libros Editores, 2007 ; Carmen McEvoy (dir.), Funerales republicanos en América del Sur : Tradición, ritual, nación, 1832-1896, Santiago, Ediciones Centro de Estudios Bicentenarios, 2006 ; Paulina Peralta C., ¡Chile tiene fiesta ! El origen del 18 de septiembre (1810-1837), Santiago, LOM Ediciones, 2007 ; Rafael Sagredo Baeza, Vapor al norte, tren al sur. El viaje presidencial como p », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2010, n°60, p. -
Olivier Ihl, « 2 - Les républiques du concours : L’identification du mérite bureaucratique en France et aux États-Unis », Recherches internationales, Recherches internationales, 2010
Olivier Ihl, « Pour une histoire matérielle des récompenses », Hypothèses, Hypothèses, 2008, n°12, pp. 233-238
Olivier Ihl, « Une fidélité épinglée. Récompenses honorifiques et stratégies clientélaires dans le Grenoble du ministre Alain Carignon », Rome : École Française de Rome et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2008, pp. 493-513
L’attribution d’une décoration est l’un des rituels les plus éprouvés pour faire corps : autour d’une figure de notable, autour d’une équipe municipale, autour d’une fierté territoriale. Cérémonie familière, la remise de médaille est pourtant rarement interrogée. Comme si cette pratique était abandonnée au carnet mondain. Elle est pourtant un des moyens les plus efficaces pour comprendre combien la politique peut se transformer en relations personnelles : les mandats d’Alain Carignon dans le Grenoble des années 1983-1995 en offrent une illustration. Cependant, pour en saisir le rôle en matière de récompenses honorifiques, une vigilance toute particulière s’impose. Qui sont véritablement les récipiendaires ? Pour quelles raisons sont-ils distingués ? À qui doivent-ils leur reconnaissance ? Interroger les conditions d’obtention de telles marques d’exemplarité, c’est rencontrer le problème de leurs usages et cela au coeur des stratégies de constitution et de reproduction d’un fief électoral.
Olivier Ihl, « Frank Laidié, Fêtes et manifestations publiques en Côte-d'Or pendant la révolution française : 1789-1799, Presses universitaires d'Aix-Marseille, 2005, 416 p. », Revue Française d'Histoire des Idées Politiques, Revue Française d'Histoire des Idées Politiques, 2007, n°25, p. -
Olivier Ihl, « Hiérarchiser des égaux : Les distinctions honorifiques sous la révolution française », Revue Française d'Histoire des Idées Politiques, Revue Française d'Histoire des Idées Politiques, 2006, n°23, pp. 35-53
RésuméLa proclamation de l’égalité devait entraîner, non seulement l’abolition des privilèges dès la nuit du 4 août, mais encore celle des « signes de féodalité » le 19 juin 1790 ; les décorations honorifiques seront aussi bientôt frappées de discrédit. Tout système de distinction ne disparaît pas pour autant sous la Révolution française ; cependant « l’égalité absolue étant la base de la Constitution, les récompenses doivent être calculées de manière à ne pas la blesser ». Cette contrainte sera désormais assumée à travers différents procédés qui universaliseront un principe d’émulation honorifique, fondé sur l’exemplarité civique.
Olivier Ihl, Yves Déloye, « Pour une histoire matérielle de la démocratie », Critique, Critique, 2005, n°697-698, pp. 484-495
Olivier Ihl, « Récompenser la vertu: sur la charité scientifique de l’Académie des Sciences morales et politiques », Rome : École française de Rome et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2005, pp. 871-892
Depuis le XIXe siècle, l’Académie des sciences morales et politiques s’emploie à récompenser des «actes de vertu et des services rendus à la société et à l’humanité» par les plus pauvres. Cette rétribution des vertus de la misère ne se limite pas au célèbre prix Montyon. Rien qu’entre 1850 et 1900, ce sont près de 80 concours à caractère humanitaire et philanthropique qui ont été confiés à la «première institution française à couvrir le champ des sciences humaines» . Aujourd’hui encore, cette dernière dispense plus d’une cinquantaine de prix, bourses, médailles et diplômes auxquels s’ajoutent de nombreux secours caritatifs. Cet article vise à prendre la mesure de tels concours de la misère. La préoccupation qui sert de bannière à cette justice distributive ? Transformer des conduites jugées exemplaires en objets de récompense, susciter une émulation apte à moraliser le corps social. Au nom d’un idéal de connaissance se décline une vocation. La science est élevée ici au tribunat d’une «oeuvre» : elle doit célébrer l’indigence vertueuse. C’est pourquoi il importe de revenir sur les attendus de ce qu’il faut bien appeler une technique de gouvernement : celle d’une science politique des récompenses dont il est nécessaire de comprendre les fondements et les enjeux, les origines et l’actualité.
Olivier Ihl, Yves Déloye, « Pour une histoire matérielle de la démocratie », Critique : revue générale des publications françaises et étrangères, Éditions de Minuit, 2005, n°697698
Olivier Ihl, « Gouverner par les honneurs. : Distinctions honorifiques et économie politique dans l'Europe du début du xixe siècle », Genèses, Genèses, 2004, n°55, pp. 4-26
RésuméL’auteur s'interroge, au titre de la genèse d'une science de gouvernement, sur l'entrée des honneurs dans le giron de l'économie politique. À la façon dont les traditionnels « bienfaicts » monarchiques se sont constitués en technique de gouvernement à part entière. En somme, à la manière dont ils sont devenus sous le label de l'émulation un mode de motivation et de classement des agents des administrations publiques, en France, en Grande-Bretagne et en Italie. Car très vite, ce mot d'ordre est devenu un lieu commun : celui d'une science du mérite réputée ouvrir la voie à un gouvernement par les récompenses. C'est à en comprendre les conditions d'invention mais aussi la force d'accréditation qu'est consacrée cette enquête.
Olivier Ihl, « Conspirations et science du pouvoir chez François Guizot », Revue Française d'Histoire des Idées Politiques, Revue Française d'Histoire des Idées Politiques, 2004, n°19, pp. 125-150
RésuméLa conception que développa François Guizot des complots, brigues et autres attentats, dans un texte publié en 1821, se veut proche d’une science de gouvernement. Science qui, à la manière du caméralisme allemand, prétendait fondre la philosophie politique et les préceptes de l’action administrative en une sorte de savoir d’État destiné à incarner une autre rationalité sur et dans la gestion de l’ordre public. Un travail d’autant plus intéressant qu’il inspirera la loi du 23 avril 1832 et que son auteur sera lui-même confronté, comme ministre de Louis-Philippe, à des mouvements insurrectionnels qui mettront à rude épreuve cette conception de la science du pouvoir.
Olivier Ihl, « Une ingénierie politique : Augustin Cauchy et les élections du 23 avril 1848 », Genèses, Genèses, 2002, n°49, pp. 4-28
RésuméL’article examine ce que recouvre l’expertise des mathématiciens et géomètres de l’Académie des sciences dans l’organisation du suffrage universel lors du scrutin du 23 avril 1848. L’historiographie n’a cessé d’insister sur le rôle prééminent des juristes, emmenés par Louis de Cormenin, dans ces préparatifs. Or, l’emprise des ingénieurs réformateurs fut essentielle. Et avec eux une “ science de gouvernement ” examinée ici. Celle d’un savant : Augustin Cauchy, célèbre mathématicien français du xixe siècle. Celle d’un réseau aussi : celui des Ponts et Chaussées et de l’École polytechnique. Analyser leur part dans les Instructions électorales d’avril 1848 ne revient donc pas à réparer une injustice mais à analyser l’entrée en jeu d’une véritable ingénierie électorale.
Olivier Ihl, Martine Kaluszynski, « Pour une sociologie historique des sciences de gouvernement », Revue française d'administration publique, Revue française d'administration publique, 2002, n°102, pp. 229-243
For a Historical Sociology of Governmental Sciences
How did state action become an object of scientific enquiry ? Any answer to such a
question implies recognition of the fact that the management of both human beings and
systems is carried out and legitimized thanks to specialized skills. Since the advent in
Europe of absolute monarchies and the development of administrations with a monopoly
over all government functions, power has been legitimized by science, rather than by
secrecy. As a result, scientists, administrators, philanthropists, writers, magistrates and
many others put their knowledge at the service of the “governmental sciences”. Under
the pretext of introducing reforms, they impose new notions of rationality on state action
and thus contribute to changing the way the administration functions. To explain the
emergence of “State engineering” through the institutionalizing of these “disciplines”,
we must use two intersecting viewpoints, the first focusing on the job of rationalizing the
conditions of state intervention, and the second on the practices that justify and create the
need for these specialized “skills”.
Olivier Ihl, « Socialisation et événements politiques », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2002, n°52, pp. 125-144
Résumé
Si les vecteurs de socialisation qui participent à la formation des systèmes de représentations politiques ont depuis longtemps été reconnus comme multiples, l’événement politique a, lui, été longtemps négligé. On y verra les limites des méthodologies issues de la psychologie du comportement et de la théorie du « learning ». Reste que cette hypothèque a longtemps nui aux études consacrées à la formation des jugements politiques, les enfermant dans une construction souvent unidimensionnelle. C’est à reconsidérer l’apport de ces travaux qu’est consacré cet article. Avec une question qui lui sert de fil directeur : comment une expérience politique peut-elle accéder au statut d’emblème et, à ce titre, se muer en agent de socialisation à part entière ? Ces dernières années, de stimulantes réponses ont été apportées à cette question, au carrefour des problématiques, des concepts et des enjeux propres à chacune des grandes traditions d’étude qui organisent chez les sociologues comme chez les historiens l’appréhension de la socialisation politique. D’où une invitation à élargir la définition habituellement retenue de la socialisation politique afin de mieux comprendre la façon dont s’organise la rencontre entre événements politiques et formation des attitudes.
Olivier Ihl, « Socialisation et événements politiques », Association française de science politique, Paris : Fondation nationale des sciences politiques (France), Paris : Association française de science politique et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2002, pp. 125-144
political judgments for a long time, reducing them to an often one-dimensional construction. This article reconsiders what this work has brought, with a question that acts as the main idea : how can a political experience become a symbol and thus an agent of socialization in and of itself ? In the last few years, stimulating answers have been given to this question, at the intersection of the problematics, concepts and stakes for each of the major study traditions that organize the understanding of political socialization. This leads to an invitation to widen the usual definition of political socialization so as to better understand the way in which the junction between political events and the formation of attitudes occurs.
Olivier Ihl, « La république des titres et des honneurs », Seuil, Paris : Seuil et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2000, pp. 115-137
Ihl Olivier. La république des titres et des honneurs. In: Communications, 69, 2000. La déférence, sous la direction de Claudine Haroche. pp. 115-137.
Olivier Ihl, « De bouche à oreille. Sur les pratiques de commensalité dans la tradition républicaine du cérémonial de table », Association française de science politique, Paris : Fondation nationale des sciences politiques (France), Paris : Association française de science politique et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1998, pp. 387-408
Depuis deux siècles, la pratique des banquets publics est devenue à la lettre un rituel de représentation politique. D'où l'intérêt de s'interroger sur les vertus démonstratives de cette commensalité subordonnée à des fonctions précises. Dégager la structure ordonnatrice de ces repas en commun, c'est en fait se donner les moyens de comprendre comment, à égale distance de l'idéal de civilité aristocratique et de la frugalité ascétique de la Cène chrétienne, cette convivialité d'apparat a pu donner forme à des modes spécifiques de sociabilité et de mobilisation. Comment ce cérémonial de table a pu mettre en scène une intimité collective présentée et parfois expérimenté comme une alternative au rapport de délégation célébrée par le développement de l'État parlementaire.
Olivier Ihl, « “Quoi ! Ne faut-il donc aucun spectacle dans une république ?” », Les cahiers de médiologie, Les cahiers de médiologie, 1996, n°1, pp. 201-207
Olivier Ihl, « Les territoires du politique. Sur les usages festifs de l'espace parisien à la fin du XIXe siècle », Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1993, pp. 15-32
Les territoires du politique. Sur les usages festifs de l'espace parisien à la fin du XLXe siècle.
Olivier Ihl [15-32].
L'examen du rôle tenu par Paris dans le système festif républicain permet de saisir l'incidence des représentations territoriales dans le processus de construction de la citoyenneté. Il en dévoile surtout les coordonnées symboliques : au travers des pratiques festives initiées par les autorités, Paris se vit assignée un mode de centralité original, fondée sur la dissociation fonctionnelle du dispositif empirique de la ville et du support imaginaire de la capitale. Une dissociation qui a abouti à déterritorialiser le sentiment d'appartenance à la nation, en suscitant des formes de connivences et de sociabilité affranchies des logiques traditionnelles de l'univers communautaire.
Olivier Ihl, « L'urne électorale. Formes et usages d'une technique de vote », Association française de science politique, Paris : Fondation nationale des sciences politiques (France), Paris : Association française de science politique et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1993, pp. 30-60
Instrument essentiel de la pratique électorale, l'urne a connu, à l'instar de la plupart des équipements du vote, une mise en œuvre largement improvisée. Véritable « objet total », elle symbolise à elle seule la primauté acquise par cet idéal de rationalité politique que l'on désigne comme démocratique. L'étude de son inscription au cœur du dispositif électoral permet de mieux comprendre le rôle des protocoles techniques qui encadrent la pratique du vote. Car, avant d'être un produit standardisé, la boîte de scrutin a fait l'objet de multiples expériences : des tâtonnements, des résistances, des transactions dont l'importance est révélatrice des attentes qui pèsent sur le suffrage universel.
Olivier Ihl, Yves Déloye, « Légitimité et déviance. L'annulation des votes dans les campagnes de la IIIe République », Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1991, pp. 13-24
Déloye Yves, Ihl Olivier. Légitimité et déviance. L'annulation des votes dans les campagnes de la IIIe République. In: Politix, vol. 4, n°15, Troisième trimestre 1991. La politique en campagnes, sous la direction de Jean-Louis Briquet et Yves Déloye. pp. 13-24.
Olivier Ihl, Yves Déloye, « Des voix pas comme les autres. Votes blancs et votes nuls aux élections législatives de 1881 », Association française de science politique, Paris : Fondation nationale des sciences politiques (France), Paris : Association française de science politique et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1991, pp. 141-170
L'acte de vote représente un terrain d'observation privilégié du travail d'éducation politique à la fin du 19e siècle. Entreprendre une ethnographie de ce geste électoral suppose que l'on soit tout aussi attentif à ses formes légitimes qu'à celles, contestataires ou déviantes, que sont généralement l'abstention ou le vote « blanc et nul ». L'étude approfondie des bulletins annulés au cours des élections législatives de 1881 met notamment en évidence la pluralité des savoir-faire engagés dans cette procédure de désignation. Elle informe également sur la nature des résistances qui ont pu se manifester lors de la mise en œuvre de la citoyenneté républicaine. Une telle perspective aboutit ainsi à reformuler la valeur du suffrage : celui-ci n'est plus envisagé à partir des significations propres à la scène politique mais du point de vue de l'électeur, des attentes qui pèsent sur lui, de l'apprentissage auquel il lui a fallu consentir.