Olivier Ihl, « Ce que le populisme nous dit des évolutions de la démocratie représentative », Aix-en-Provence : Presses Universitaires d'Aix-Marseille, Paris : Economica et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2019, pp. 713-723
Ihl Olivier. Ce que le « populisme » nous dit des évolutions de la démocratie représentative. In: Annuaire international de justice constitutionnelle, 34-2018, 2019. Égalité, genre et constitution - Populisme et démocratie. pp. 713-723.
Olivier Ihl, « Une fidélité épinglée. Récompenses honorifiques et stratégies clientélaires dans le Grenoble du ministre Alain Carignon », Rome : École Française de Rome et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2008, pp. 493-513
L’attribution d’une décoration est l’un des rituels les plus éprouvés pour faire corps : autour d’une figure de notable, autour d’une équipe municipale, autour d’une fierté territoriale. Cérémonie familière, la remise de médaille est pourtant rarement interrogée. Comme si cette pratique était abandonnée au carnet mondain. Elle est pourtant un des moyens les plus efficaces pour comprendre combien la politique peut se transformer en relations personnelles : les mandats d’Alain Carignon dans le Grenoble des années 1983-1995 en offrent une illustration. Cependant, pour en saisir le rôle en matière de récompenses honorifiques, une vigilance toute particulière s’impose. Qui sont véritablement les récipiendaires ? Pour quelles raisons sont-ils distingués ? À qui doivent-ils leur reconnaissance ? Interroger les conditions d’obtention de telles marques d’exemplarité, c’est rencontrer le problème de leurs usages et cela au coeur des stratégies de constitution et de reproduction d’un fief électoral.
Olivier Ihl, « Récompenser la vertu: sur la charité scientifique de l’Académie des Sciences morales et politiques », Rome : École française de Rome et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2005, pp. 871-892
Depuis le XIXe siècle, l’Académie des sciences morales et politiques s’emploie à récompenser des «actes de vertu et des services rendus à la société et à l’humanité» par les plus pauvres. Cette rétribution des vertus de la misère ne se limite pas au célèbre prix Montyon. Rien qu’entre 1850 et 1900, ce sont près de 80 concours à caractère humanitaire et philanthropique qui ont été confiés à la «première institution française à couvrir le champ des sciences humaines» . Aujourd’hui encore, cette dernière dispense plus d’une cinquantaine de prix, bourses, médailles et diplômes auxquels s’ajoutent de nombreux secours caritatifs. Cet article vise à prendre la mesure de tels concours de la misère. La préoccupation qui sert de bannière à cette justice distributive ? Transformer des conduites jugées exemplaires en objets de récompense, susciter une émulation apte à moraliser le corps social. Au nom d’un idéal de connaissance se décline une vocation. La science est élevée ici au tribunat d’une «oeuvre» : elle doit célébrer l’indigence vertueuse. C’est pourquoi il importe de revenir sur les attendus de ce qu’il faut bien appeler une technique de gouvernement : celle d’une science politique des récompenses dont il est nécessaire de comprendre les fondements et les enjeux, les origines et l’actualité.
Olivier Ihl, « Socialisation et événements politiques », Association française de science politique, Paris : Fondation nationale des sciences politiques (France), Paris : Association française de science politique et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2002, pp. 125-144
political judgments for a long time, reducing them to an often one-dimensional construction. This article reconsiders what this work has brought, with a question that acts as the main idea : how can a political experience become a symbol and thus an agent of socialization in and of itself ? In the last few years, stimulating answers have been given to this question, at the intersection of the problematics, concepts and stakes for each of the major study traditions that organize the understanding of political socialization. This leads to an invitation to widen the usual definition of political socialization so as to better understand the way in which the junction between political events and the formation of attitudes occurs.
Olivier Ihl, « La république des titres et des honneurs », Seuil, Paris : Seuil et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2000, pp. 115-137
Ihl Olivier. La république des titres et des honneurs. In: Communications, 69, 2000. La déférence, sous la direction de Claudine Haroche. pp. 115-137.
Olivier Ihl, « De bouche à oreille. Sur les pratiques de commensalité dans la tradition républicaine du cérémonial de table », Association française de science politique, Paris : Fondation nationale des sciences politiques (France), Paris : Association française de science politique et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1998, pp. 387-408
Depuis deux siècles, la pratique des banquets publics est devenue à la lettre un rituel de représentation politique. D'où l'intérêt de s'interroger sur les vertus démonstratives de cette commensalité subordonnée à des fonctions précises. Dégager la structure ordonnatrice de ces repas en commun, c'est en fait se donner les moyens de comprendre comment, à égale distance de l'idéal de civilité aristocratique et de la frugalité ascétique de la Cène chrétienne, cette convivialité d'apparat a pu donner forme à des modes spécifiques de sociabilité et de mobilisation. Comment ce cérémonial de table a pu mettre en scène une intimité collective présentée et parfois expérimenté comme une alternative au rapport de délégation célébrée par le développement de l'État parlementaire.
Olivier Ihl, « Les territoires du politique. Sur les usages festifs de l'espace parisien à la fin du XIXe siècle », Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1993, pp. 15-32
Les territoires du politique. Sur les usages festifs de l'espace parisien à la fin du XLXe siècle.
Olivier Ihl [15-32].
L'examen du rôle tenu par Paris dans le système festif républicain permet de saisir l'incidence des représentations territoriales dans le processus de construction de la citoyenneté. Il en dévoile surtout les coordonnées symboliques : au travers des pratiques festives initiées par les autorités, Paris se vit assignée un mode de centralité original, fondée sur la dissociation fonctionnelle du dispositif empirique de la ville et du support imaginaire de la capitale. Une dissociation qui a abouti à déterritorialiser le sentiment d'appartenance à la nation, en suscitant des formes de connivences et de sociabilité affranchies des logiques traditionnelles de l'univers communautaire.
Olivier Ihl, « L'urne électorale. Formes et usages d'une technique de vote », Association française de science politique, Paris : Fondation nationale des sciences politiques (France), Paris : Association française de science politique et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1993, pp. 30-60
Instrument essentiel de la pratique électorale, l'urne a connu, à l'instar de la plupart des équipements du vote, une mise en œuvre largement improvisée. Véritable « objet total », elle symbolise à elle seule la primauté acquise par cet idéal de rationalité politique que l'on désigne comme démocratique. L'étude de son inscription au cœur du dispositif électoral permet de mieux comprendre le rôle des protocoles techniques qui encadrent la pratique du vote. Car, avant d'être un produit standardisé, la boîte de scrutin a fait l'objet de multiples expériences : des tâtonnements, des résistances, des transactions dont l'importance est révélatrice des attentes qui pèsent sur le suffrage universel.
Olivier Ihl, Yves Déloye, « Légitimité et déviance. L'annulation des votes dans les campagnes de la IIIe République », Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1991, pp. 13-24
Déloye Yves, Ihl Olivier. Légitimité et déviance. L'annulation des votes dans les campagnes de la IIIe République. In: Politix, vol. 4, n°15, Troisième trimestre 1991. La politique en campagnes, sous la direction de Jean-Louis Briquet et Yves Déloye. pp. 13-24.
Olivier Ihl, Yves Déloye, « Des voix pas comme les autres. Votes blancs et votes nuls aux élections législatives de 1881 », Association française de science politique, Paris : Fondation nationale des sciences politiques (France), Paris : Association française de science politique et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1991, pp. 141-170
L'acte de vote représente un terrain d'observation privilégié du travail d'éducation politique à la fin du 19e siècle. Entreprendre une ethnographie de ce geste électoral suppose que l'on soit tout aussi attentif à ses formes légitimes qu'à celles, contestataires ou déviantes, que sont généralement l'abstention ou le vote « blanc et nul ». L'étude approfondie des bulletins annulés au cours des élections législatives de 1881 met notamment en évidence la pluralité des savoir-faire engagés dans cette procédure de désignation. Elle informe également sur la nature des résistances qui ont pu se manifester lors de la mise en œuvre de la citoyenneté républicaine. Une telle perspective aboutit ainsi à reformuler la valeur du suffrage : celui-ci n'est plus envisagé à partir des significations propres à la scène politique mais du point de vue de l'électeur, des attentes qui pèsent sur lui, de l'apprentissage auquel il lui a fallu consentir.