Emmanuel Blanchard, Le secret du vote, Arte Education, 2024, Faire l'histoire
À la découverte de l'urne et de l'isoloir, garants du secret du vote. 'Un homme, une voix' : tel est l'adage qui fonde tout pouvoir démocratique. Depuis 1848 en France, le suffrage est défini comme universel, égal, mais aussi secret, afin d'en garantir la sincérité et de protéger l'électeur contre d'éventuelles pressions. Un principe qui ne décourage en rien les nombreuses entreprises de fraude... Mathilde Larrère, historienne des luttes et de l'émancipation politique, propose de retracer l'histoire du suffrage universel et du rituel électoral en France à travers deux objets qui garantissent et matérialisent le secret du vote : l'urne en bois, bientôt complétée par l'isoloir
Emmanuel Blanchard, Émilien Fargues (dir.), Contribution à une étude de la conscience du droit de la nationalité: les réintégré·es dans l'enquête TeO2 : une recherche en terrain troublé, Institut des études et de la recherche sur le droit et la justice, 2024, Rapport de recherche, 157 p.
Emmanuel Blanchard, Des colonisés ingouvernables: Adresses d'Algériens aux autorités françaises (Akbou, Paris, 1919-1940), SciencesPo Les Presses, 2024, Domaine histoire, 332 p.
"Le 6 rue Lecomte abrite, à partir de 1925, le Service des affaires indigènes nord-africaines. Rattaché à la préfecture de police, il est chargé de surveiller les travailleurs coloniaux qui ne sont ni pleinement français ni étrangers. Bientôt surnommé le « bureau arabe », il accueille plus de 300 personnes par jour, essentiellement des Kabyles venus travailler à Paris. Le SAINA est un organe principalement répressif mais il traite néanmoins de nombreuses plaintes venues des deux bords de la Méditerranée. Ces requêtes donnent à comprendre la situation coloniale et l’expérience migratoire au quotidien : dettes de jeu, affaires familiales, demandes d’exonérations fiscales, dénonciation de faits de corruption, litiges fonciers, etc. Rédigées le plus souvent par des écrivains publics, elles sont la matière d’une micro-histoire intime et politique, qui relie la Kabylie et la métropole parisienne.Explorant les quinze cartons d’archives, sauvées in extremis des caves humides d’une école, Emmanuel Blanchard a mené l’enquête. Les lettres exhumées révèlent les stratégies d’adaptation à l’État colonial de colonisés qui, finalement, n’apparaissent jamais autant « ingouvernables » que lorsqu’ils demandent à faire valoir leurs droits, c’est-à-dire à être gouvernés comme des administrés, non à être commandés comme des sujets."
Emmanuel Blanchard, Marie Poinsot, Delphine Diaz, Camille Schmoll (dir.), Les 100 dates de l'histoire de l'immigration, Palais de la Porte dorée, 2023, Cahier du Palais de la Porte dorée, 93 p.
Emmanuel Blanchard, Dossier préparé en vue de l'obtention de l'habilitation à diriger des recherches en histoire, 2022, 140 p.
Emmanuel Blanchard, Pierre Bergel, Vincent Milliot, Caroline Cuénod, Nicolas Bautès [et alii], La ville en ébullition: sociétés urbaines à l'épreuve, Presses universitaires de Rennes, 2019
Les « insécurités urbaines », les formes prises à l'époque contemporaine par les conflits militaires et leurs avatars dans les centres urbains, constituent des thématiques de recherche fortement investies par les sciences sociales depuis quelques années. L'abondance des productions scientifiques ne conduit pas toujours à questionner, à comparer les regards déployés et les méthodes mises en oeuvre pour analyser les facteurs et les situations qui mettent en crise les sociétés urbaines, ou les solutions et les dispositifs qui prétendent y remédier. Cet ouvrage, issu d'un ensemble de rencontres pluridisciplinaires, s'efforce de prendre du recul par rapport aux façons de voir et aux façons de faire de différentes disciplines des sciences sociales qui investissent ce champ d'étude des « insécurités » et des « crises ». Il entend aider à confronter les analyses, les méthodes et les terrains d'enquêtes de l'histoire, de la géographie, de la sociologie, du droit, des sciences politiques et - même - du cinéma documentaire - pour appréhender les moments où les villes entrent « en ébullition » du fait des tensions qui perturbent leur vie sociale ou de leur désordre matériel devenu « explosif ». En abordant successivement « l'effervescence insécuritaire », « la ville déchirée » des temps de guerres - y compris coloniales et civiles - et, enfin, les moyens servant à « apaiser et à discipliner » les villes, ce livre veut réfléchir à des objets, à des pratiques concrètes et à des discours, à des formes d'organisations sociales et politiques, à des idéologies et à des formes de justification/légitimation qui se déploient dans le temps et dans l'espace. À travers ces contributions, on reconnaîtra l'usage et les réflexions inspirées par les travaux de Michel Foucault, ici moins « maître à penser » que pourvoyeur d'une féconde « boîte à outils ». Il convient de les lire de manière ouverte, comme autant de propositions pour aller plus loin dans le dialogue et la réflexion, cela dans
Emmanuel Blanchard, Jean-Pierre Bat, Jean-Marc Berlière, Nicolas Courtin, Maintenir l'ordre colonial: Afrique et Madagascar, XIXe-XXe siècles, Presses universitaires de Rennes, 2019
Polices, justices, armées, renseignements, prisons : chaque dispositif concourt à maintenir l'ordre colonial. L'histoire de l'ordre en situation coloniale ne saurait ainsi être séparée de l'histoire de son maintien tout comme l'histoire de la police de celle de l'armée, de la violence extrême, du droit, de la justice et de la prison. L'étude du maintien de l'ordre dans les colonies contribue d'une part à la mise en perspective du maintien de l'ordre en métropole et d'autre part à la clarification du legs colonial de l'Afrique contemporaine en matière d'ordre. Basée sur des sources inédites dépouillées par de jeunes historiens, cette recherche novatrice suit l'émergence et les évolutions des formes du colonial policing dans les colonies d'Afrique et de Madagascar aux XIXe et XXe siècles, ainsi que l'emploi de méthodes et de techniques sophistiquées de contre-insurrection ou de renseignement. De Madagascar au Soudan britannique, du Cameroun à la Mauritanie, en passant par le Dahomey et la Haute-Volta, ce premier ouvrage du Groupe d'études sur les mondes policiers en Afrique (GEMPA) fait ainsi vivre des corps inconnus ou très mal connus - tels que les méharistes, les gardes indigènes ou les premiers policiers en uniforme. Il éclaire le rôle largement ignoré de services de police et de renseignement - tels que le service spécial des affaires musulmanes et des informations islamiques (SSAMII), le service de sécurité extérieure de la Communauté (SSEC) ou le service de coopération technique internationale de police (SCTIP). Il offre enfin une histoire à hauteur d'hommes, donnant chair et réalité à des figures étonnantes et inattendues de policiers aux parcours singuliers, comme Hubert Kho, l'inspecteur Georges Conan, le commissaire Artine Hamalian ou les frères Xavier et Achille Béraud
Emmanuel Blanchard, Catherine Denys, Maria Fernanda Bicalho, Marieke Bloembergen, Vincent Denis [et alii], Polices d'empires, XVIIIe-XIXe siècles, Presses universitaires de Rennes, 2019
Les policiers furent les figures les plus visibles et les plus symboliques de la domination coloniale dont ils formaient le premier maillon. Au contact quotidien des populations, chargés des tâches les plus diverses, sous des dénominations très variables, ils jouaient cependant pleinement leur rôle dans la « mission civilisatrice de l'homme blanc ». Cet ouvrage entend montrer quelle fut leur contribution à l'émergence d'un nouveau mode de gestion colonial des populations, des années 1750 à la veille de la Grande Guerre. De Buenos Aires à Sydney, en passant par Rio, Montréal, Bombay, Le Cap ou Batavia, du Suriname aux Indes néerlandaises, les contributions réunies ici retracent l'histoire des forces de l'ordre des empires coloniaux européens, l'intense circulation des pratiques, des conceptions policières et des hommes au sein des empires. Loin d'être la projection des structures des polices métropolitaines, les polices des territoires coloniaux ont été des terrains d'expérimentation, sans cesse adaptés aux contraintes matérielles et politiques des sociétés locales. À bien des égards, les colonies furent le laboratoire de la modernité policière, présentée comme une innovation des métropoles du XIXe siècle. Fruit d'une enquête collective, rassemblant douze études inédites de spécialistes internationaux, cet ouvrage se veut une contribution à l'histoire de l'État et des empires coloniaux, ainsi qu'à celle des polices
Emmanuel Blanchard, Romain Bertrand, Patrick Boucheron, Delphine Diaz, Anouche Kunth, Camille Schmoll (dir.), Faire musée d'une histoire commune: rapport de préfiguration de la nouvelle exposition permanente du Musée national de l'histoire de l'immigration, Éditions du Seuil, 2019, 517 p.
Emmanuel Blanchard, Histoire de l'immigration algérienne en France, la Découverte, 2018, Repères (Histoire), 127 p.
Les relations entre la France et l'Algérie sont souvent considérées comme « passionnelles » en raison, notamment, du poids des années de guerre (1954-1962). Or ce sont cent trente ans de colonisation et près de deux siècles de migrations qui ont tissé de multiples liens : avec des départs de la France vers l'Algérie d'abord, avant que les traversées dans l'autre sens se multiplient à partir des années 1900. Aujourd'hui encore, les Algériens forment le principal groupe d'étrangers installé en France alors même que des générations de descendants d'immigrés ont acquis la nationalité française. Le droit de la nationalité, les politiques d'immigration, les imaginaires, mais aussi les sociabilités populaires ont largement été marqués par cette présence. La prise en compte d'une situation coloniale, puis postcoloniale, permet d'expliquer les discriminations structurelles et les luttes qu'elles ont engendrées. En laissant toute sa place à une histoire sociale ouverte à la diversité des pratiques (religieuses, culturelles, professionnelles...) et des trajectoires, l'auteur restitue la diversité d'une immigration souvent réduite à quelques stéréotypes ou à sa seule histoire politique.
Emmanuel Blanchard, Marieke Bloembergen, Amandine Lauro (dir.), Policing in colonial empires: Cases, Connections, Boundaries (ca. 1850–1970), P.I.E-Peter Lang S.A., Éditions Scientifiques Internationales, 2017, Outre-mers, 253 p.
Emmanuel Blanchard, Emmanuel Droit (dir.), Polices et évènements politiques au 20e siècle, Presses de sciences po, 2015, 239 p.
Emmanuel Blanchard, Olivier Clochard, Violaine Carrère, Alain Morice, Atlas des migrants en Europe: géographie critique des politiques migratoires, Armand Colin, 2012, 143 p.
Emmanuel Blanchard, La police parisienne et les Algériens (1944-1962), Nouveau monde éditions, 2011, 447 p.
Le « problème nord-africain » : c'est ainsi que la police parisienne a pris pour habitude de qualifier après-guerre la question des Algériens installés en région parisienne. Théoriquement égaux en droit avec les autres citoyens français, ils étaient cantonnés à certains emplois et quartiers, en butte à une forte emprise policière et objets de nombreux fantasmes touchant à leurs pratiques sexuelles ou délinquantes. De 1925 à 1945, les Algériens ont été « suivis » par une équipe spécialisée, la Brigade nord-africaine de la préfecture de police. Celle-ci dissoute, les « indigènes » devenus « Français musulmans d'Algérie » sont désormais l'affaire de tous les personnels de police. Au début des années 1950, l'émeute algérienne devient un sujet de préoccupation majeur, exacerbé par la répression féroce de la manifestation du 14 juillet 1953, place de la Nation. Une nouvelle police spécialisée est alors reconstituée avec la Brigade des agressions et violences. Ses objectifs : pénétrer les « milieux nord-africains » et ficher les Algériens. Entre 1958 et 1962, dans le contexte de la guerre ouverte en Algérie, le répertoire policier se radicalise : il faut désormais « éliminer les indésirables ». C'est l'organisation de rafles, de camps d'internement et de retours forcés. Les brutalités policières deviennent fréquentes, jusqu'à la torture. Le préfet de police Maurice Papon reçoit un « chèque en blanc » pour combattre le FLN. Les massacres d'octobre 1961 incarnent le moment le plus tragique de cette période noire. Les mécanismes en sont éclairés par une étude historique rigoureuse fondée sur des archives et des témoignages inédits.
Emmanuel Blanchard, Olivier Clochard, Caroline Maillary, Alain Morice, Claire Rodier, Atlas des migrants en Europe: géographie critique des politiques migratoires européennes, Armand Colin, 2009, 142 p.
Emmanuel Blanchard, Bernard George, The Kravchenko case: the Cold War in Paris, ARTE France, 2009, 51 p.
Emmanuel Blanchard, Bernard George, L' affaire Kravchenko: la guerre froide à Paris, ARTE France, 2009, 51 p.
Emmanuel Blanchard, Anne-Sophie Wender (dir.), Guerre aux migrants: le livre noir de Ceuta et Melilla, Éd. Syllepse, 2007, Collection Arguments et mouvements, 234 p.