• THESE

    Encadrer des citoyens diminués : la police des Algériens en région parisienne (1944-1962), soutenue en 2008 à Dijon sous la direction de Jean-Marc Berlière 

  • Emmanuel Blanchard, Des colonisés ingouvernables: Adresses d'Algériens aux autorités françaises (Akbou, Paris, 1919-1940), Presses de Sciences Po, 2024, Domaine histoire, 272 p.    

    "Le 6 rue Lecomte abrite, à partir de 1925, le Service des affaires indigènes nord-africaines. Rattaché à la préfecture de police, il est chargé de surveiller les travailleurs coloniaux qui ne sont ni pleinement fran­çais ni étrangers. Bientôt surnommé le « bureau arabe », il accueille plus de 300 personnes par jour, essentiellement des Kabyles venus travailler à Paris. Le SAINA est un organe principalement répressif mais il traite néanmoins de nombreuses plaintes venues des deux bords de la Méditerranée. Ces requêtes donnent à comprendre la si­tuation coloniale et l’expérience migratoire au quotidien : dettes de jeu, affaires familiales, demandes d’exonérations fiscales, dénonciation de faits de corruption, litiges fonciers, etc. Rédigées le plus souvent par des écrivains publics, elles sont la matière d’une micro-histoire intime et politique, qui relie la Kabylie et la métropole parisienne.Explorant les quinze cartons d’archives, sauvées in extremis des caves humides d’une école, Emmanuel Blanchard a mené l’enquête. Les lettres exhumées révèlent les stratégies d’adaptation à l’État colonial de colonisés qui, finalement, n’apparaissent jamais autant « ingouver­nables » que lorsqu’ils demandent à faire valoir leurs droits, c’est-à-dire à être gouvernés comme des administrés, non à être commandés comme des sujets."

    Emmanuel Blanchard, Des colonisés ingouvernables , 2024   

    Le 6 rue Lecomte abrite, à partir de 1925, le Service des affaires indigènes nord-africaines. Rattaché à la préfecture de police, il est chargé de surveiller les travailleurs coloniaux qui ne sont ni pleinement français ni étrangers. Bientôt surnommé le « bureau arabe », il accueille plus de 300 personnes par jour, essentiellement des Kabyles venus travailler à Paris. Le SAINA est un organe principalement répressif mais il traite néanmoins de nombreuses plaintes venues des deux bords de la Méditerranée. Ces requêtes donnent à comprendre la situation coloniale et l’expérience migratoire au quotidien : dettes de jeu, affaires familiales, demandes d’exonérations fiscales, dénonciation de faits de corruption, litiges fonciers, etc. Rédigées le plus souvent par des écrivains publics, elles sont la matière d’une micro-histoire intime et politique, qui relie la Kabylie et la métropole parisienne.Explorant les quinze cartons d’archives, sauvées in extremis des caves humides d’une école, Emmanuel Blanchard a mené l’enquête. Les lettres exhumées révèlent les stratégies d’adaptation à l’État colonial de colonisés qui, finalement, n’apparaissent jamais autant « ingouvernables » que lorsqu’ils demandent à faire valoir leurs droits, c’est-à-dire à être gouvernés comme des administrés, non à être commandés comme des sujets.Sommaire : Pages de début (p. 1-4)| Avertissement (p. 5-8)| Préambule (p. 9-12)| Introduction (p. 13-30)| Pétition d’habitants du village Zina (douar Mouka) adressée depuis Paris (20e arr.) à l’administrateur de la commune mixte d’Akbou (6 mai 1934) (p. 32)| Akbou, 12 mai 1934 (p. 33-38)| Chapitre 1. La République au village kabyle (p. 39-72)| Courrier du chef du SAINA à l’administrateur du Haut-Sebaou (13 janvier 1934) (p. 74)| Rue Lecomte, Paris (17e arr.), 4 janvier 1934 (p. 75-79)| Chapitre 2. « Empêchez l’exode de vos mesquines » (p. 81-111)| Lettre de Saïd A. envoyée depuis Clichy-sur-Seine au préfet d’Alger (1er mars 1934) (p. 112)| Alger, mars 1934 (p. 113-118)| Chapitre 3. Les répertoires des pétitionnaires (p. 119-150)| Audition de Mohamed B. au SAINA et réponse de l’administrateur de Dra-el-Mizan (février-mars 1936) (p. 152)| Dra-el-Mizan, mars 1936 (p. 153-161)| Chapitre 4. Des droits à (r)établir (p. 163-197)| Lettre de Tahar A. envoyée depuis Paris (20e arr.) à l’administrateur d’Akbou (8 septembre 1934) (p. 198)| Akbou, 12 septembre 1934 (p. 199-205)| Chapitre 5. Une terre à défendre (p. 207-238)| Lettre au nom d’Ouahchia H. envoyée depuis Sidi Brahim au préfet de police de Paris (4 février 1934) (p. 240)| Commune des Bibans, 4 février 1934 (p. 241-246)| Chapitre 6. Ordonner les familles (p. 247-285)| Conclusion. L’adresse aux autorités comme « art de la présence » (p. 287-291)| Bibliographie (p. 293-326)| Remerciements (p. 327-330)| Pages de fin (p. 331-334).

    Emmanuel Blanchard, Le secret du vote, Arte Education, 2024, Faire l'histoire    

    À la découverte de l'urne et de l'isoloir, garants du secret du vote. 'Un homme, une voix' : tel est l'adage qui fonde tout pouvoir démocratique. Depuis 1848 en France, le suffrage est défini comme universel, égal, mais aussi secret, afin d'en garantir la sincérité et de protéger l'électeur contre d'éventuelles pressions. Un principe qui ne décourage en rien les nombreuses entreprises de fraude... Mathilde Larrère, historienne des luttes et de l'émancipation politique, propose de retracer l'histoire du suffrage universel et du rituel électoral en France à travers deux objets qui garantissent et matérialisent le secret du vote : l'urne en bois, bientôt complétée par l'isoloir

    Emmanuel Blanchard, Émilien Fargues (dir.), Contribution à une étude de la conscience du droit de la nationalité: les réintégré·es dans l'enquête TeO2 : une recherche en terrain troublé, Institut des études et de la recherche sur le droit et la justice, 2024, Rapport de recherche, 157 p. 

    Emmanuel Blanchard, Marie Poinsot, Delphine Diaz, Camille Schmoll (dir.), Les 100 dates de l'histoire de l'immigration, Palais de la Porte dorée, 2023, Cahier du Palais de la Porte dorée, 93 p.  

    Emmanuel Blanchard, La police parisienne et les Algériens (1944-1962), Nouveau monde éditions, 2023   

    Emmanuel Blanchard, Dossier préparé en vue de l'obtention de l'habilitation à diriger des recherches en histoire, 2022, 140 p. 

    Emmanuel Blanchard, Pierre Bergel, Vincent Milliot, Caroline Cuénod, Nicolas Bautès [et alii], La ville en ébullition: sociétés urbaines à l'épreuve, Presses universitaires de Rennes, 2019    

    Les « insécurités urbaines », les formes prises à l'époque contemporaine par les conflits militaires et leurs avatars dans les centres urbains, constituent des thématiques de recherche fortement investies par les sciences sociales depuis quelques années. L'abondance des productions scientifiques ne conduit pas toujours à questionner, à comparer les regards déployés et les méthodes mises en oeuvre pour analyser les facteurs et les situations qui mettent en crise les sociétés urbaines, ou les solutions et les dispositifs qui prétendent y remédier. Cet ouvrage, issu d'un ensemble de rencontres pluridisciplinaires, s'efforce de prendre du recul par rapport aux façons de voir et aux façons de faire de différentes disciplines des sciences sociales qui investissent ce champ d'étude des « insécurités » et des « crises ». Il entend aider à confronter les analyses, les méthodes et les terrains d'enquêtes de l'histoire, de la géographie, de la sociologie, du droit, des sciences politiques et - même - du cinéma documentaire - pour appréhender les moments où les villes entrent « en ébullition » du fait des tensions qui perturbent leur vie sociale ou de leur désordre matériel devenu « explosif ». En abordant successivement « l'effervescence insécuritaire », « la ville déchirée » des temps de guerres - y compris coloniales et civiles - et, enfin, les moyens servant à « apaiser et à discipliner » les villes, ce livre veut réfléchir à des objets, à des pratiques concrètes et à des discours, à des formes d'organisations sociales et politiques, à des idéologies et à des formes de justification/légitimation qui se déploient dans le temps et dans l'espace. À travers ces contributions, on reconnaîtra l'usage et les réflexions inspirées par les travaux de Michel Foucault, ici moins « maître à penser » que pourvoyeur d'une féconde « boîte à outils ». Il convient de les lire de manière ouverte, comme autant de propositions pour aller plus loin dans le dialogue et la réflexion, cela dans

    Emmanuel Blanchard, Jean-Pierre Bat, Jean-Marc Berlière, Nicolas Courtin, Maintenir l'ordre colonial: Afrique et Madagascar, XIXe-XXe siècles, Presses universitaires de Rennes, 2019    

    Polices, justices, armées, renseignements, prisons : chaque dispositif concourt à maintenir l'ordre colonial. L'histoire de l'ordre en situation coloniale ne saurait ainsi être séparée de l'histoire de son maintien tout comme l'histoire de la police de celle de l'armée, de la violence extrême, du droit, de la justice et de la prison. L'étude du maintien de l'ordre dans les colonies contribue d'une part à la mise en perspective du maintien de l'ordre en métropole et d'autre part à la clarification du legs colonial de l'Afrique contemporaine en matière d'ordre. Basée sur des sources inédites dépouillées par de jeunes historiens, cette recherche novatrice suit l'émergence et les évolutions des formes du colonial policing dans les colonies d'Afrique et de Madagascar aux XIXe et XXe siècles, ainsi que l'emploi de méthodes et de techniques sophistiquées de contre-insurrection ou de renseignement. De Madagascar au Soudan britannique, du Cameroun à la Mauritanie, en passant par le Dahomey et la Haute-Volta, ce premier ouvrage du Groupe d'études sur les mondes policiers en Afrique (GEMPA) fait ainsi vivre des corps inconnus ou très mal connus - tels que les méharistes, les gardes indigènes ou les premiers policiers en uniforme. Il éclaire le rôle largement ignoré de services de police et de renseignement - tels que le service spécial des affaires musulmanes et des informations islamiques (SSAMII), le service de sécurité extérieure de la Communauté (SSEC) ou le service de coopération technique internationale de police (SCTIP). Il offre enfin une histoire à hauteur d'hommes, donnant chair et réalité à des figures étonnantes et inattendues de policiers aux parcours singuliers, comme Hubert Kho, l'inspecteur Georges Conan, le commissaire Artine Hamalian ou les frères Xavier et Achille Béraud

    Emmanuel Blanchard, Catherine Denys, Maria Fernanda Bicalho, Marieke Bloembergen, Vincent Denis [et alii], Polices d'empires, XVIIIe-XIXe siècles, Presses universitaires de Rennes, 2019    

    Les policiers furent les figures les plus visibles et les plus symboliques de la domination coloniale dont ils formaient le premier maillon. Au contact quotidien des populations, chargés des tâches les plus diverses, sous des dénominations très variables, ils jouaient cependant pleinement leur rôle dans la « mission civilisatrice de l'homme blanc ». Cet ouvrage entend montrer quelle fut leur contribution à l'émergence d'un nouveau mode de gestion colonial des populations, des années 1750 à la veille de la Grande Guerre. De Buenos Aires à Sydney, en passant par Rio, Montréal, Bombay, Le Cap ou Batavia, du Suriname aux Indes néerlandaises, les contributions réunies ici retracent l'histoire des forces de l'ordre des empires coloniaux européens, l'intense circulation des pratiques, des conceptions policières et des hommes au sein des empires. Loin d'être la projection des structures des polices métropolitaines, les polices des territoires coloniaux ont été des terrains d'expérimentation, sans cesse adaptés aux contraintes matérielles et politiques des sociétés locales. À bien des égards, les colonies furent le laboratoire de la modernité policière, présentée comme une innovation des métropoles du XIXe siècle. Fruit d'une enquête collective, rassemblant douze études inédites de spécialistes internationaux, cet ouvrage se veut une contribution à l'histoire de l'État et des empires coloniaux, ainsi qu'à celle des polices

    Emmanuel Blanchard, Romain Bertrand, Patrick Boucheron, Delphine Diaz, Anouche Kunth, Camille Schmoll (dir.), Faire musée d'une histoire commune: rapport de préfiguration de la nouvelle exposition permanente du Musée national de l'histoire de l'immigration, Éditions du Seuil, 2019, 517 p. 

    Emmanuel Blanchard, Histoire de l'immigration algérienne en France, La Découverte, 2018, Repères (Histoire), 127 p.    

    Les relations entre la France et l'Algérie sont souvent considérées comme « passionnelles » en raison, notamment, du poids des années de guerre (1954-1962). Or ce sont cent trente ans de colonisation et près de deux siècles de migrations qui ont tissé de multiples liens : avec des départs de la France vers l'Algérie d'abord, avant que les traversées dans l'autre sens se multiplient à partir des années 1900. Aujourd'hui encore, les Algériens forment le principal groupe d'étrangers installé en France alors même que des générations de descendants d'immigrés ont acquis la nationalité française. Le droit de la nationalité, les politiques d'immigration, les imaginaires, mais aussi les sociabilités populaires ont largement été marqués par cette présence. La prise en compte d'une situation coloniale, puis postcoloniale, permet d'expliquer les discriminations structurelles et les luttes qu'elles ont engendrées. En laissant toute sa place à une histoire sociale ouverte à la diversité des pratiques (religieuses, culturelles, professionnelles...) et des trajectoires, l'auteur restitue la diversité d'une immigration souvent réduite à quelques stéréotypes ou à sa seule histoire politique.

    Emmanuel Blanchard, Histoire de l’immigration algérienne en France, 2018   

    Les relations entre la France et l’Algérie sont souvent considérées comme « passionnelles » en raison, notamment, du poids des années de guerre (1954-1962). Or ce sont cent trente ans de colonisation et près de deux siècles de migrations qui ont tissé de multiples liens : avec des départs de la France vers l’Algérie d’abord, avant que les traversées dans l’autre sens se multiplient à partir des années 1900. Aujourd’hui encore, les Algériens forment le principal groupe d’étrangers installé en France alors même que des générations de descendants d’immigrés ont acquis la nationalité française. Le droit de la nationalité, les politiques d’immigration, les imaginaires, mais aussi les sociabilités populaires ont largement été marqués par cette présence. La prise en compte d’une situation coloniale, puis postcoloniale, permet d’expliquer les discriminations structurelles et les luttes qu’elles ont engendrées. En laissant toute sa place à une histoire sociale ouverte à la diversité des pratiques (religieuses, culturelles, professionnelles...) et des trajectoires, l’auteur restitue la diversité d’une immigration souvent réduite à quelques stéréotypes ou à sa seule histoire politique.Sommaire : Pages de début (p. 1-2)| Introduction (p. 3-8)| I. Des migrations coloniales (avant 1914) (p. 9-22)| II. Une immigration de déracinés ? (années 1910-1930) (p. 23-38)| III. Des musulmans en métropole (années 1930-1960) (p. 39-55)| IV. Des Algériens politisés (années 1920-1980) (p. 57-74)| V. Des travailleurs immigrés (années 1950-1980) (p. 75-90)| VI. Des familles et des jeunes discriminés (années 1960-1990) (p. 91-106)| Conclusion (p. 107-108)| Références bibliographiques (p. 109-124)| Pages de fin (p. 125-128).

    Emmanuel Blanchard, Marieke Bloembergen (dir.), Policing in colonial empires.: Cases, Connections, Boundaries (ca. 1850–1970), P.I.E-Peter Lang S.A., Éditions Scientifiques Internationales, 2017, Outre-mers, 253 p.   

    Emmanuel Blanchard, Emmanuel Droit (dir.), Polices et événements politiques au XXe siècle, 128e éd., Presses de sciences po, 2015, 239 p.  

    Emmanuel Blanchard, Olivier Clochard, Violaine Carrère, Alain Morice, Atlas des migrants en Europe: géographie critique des politiques migratoires, Armand Colin, 2012, 143 p. 

    Emmanuel Blanchard, La police parisienne et les algériens (1944-1962), Nouveau Monde Éditions, 2011, 448 p. 

    Emmanuel Blanchard, Olivier Clochard, Caroline Maillary, Alain Morice, Claire Rodier, Atlas des migrants en Europe: géographie critique des politiques migratoires européennes, Armand Colin, 2009, 142 p. 

    Emmanuel Blanchard, Bernard George, The Kravchenko case: the Cold War in Paris, ARTE France, 2009, 51 p.  

    Emmanuel Blanchard, Bernard George, L' affaire Kravchenko: la guerre froide à Paris, ARTE France, 2009, 51 p.  

    Emmanuel Blanchard, Anne-Sophie Wender (dir.), Guerre aux migrants. Le Livre noir de Ceuta et Melilla: le livre noir de Ceuta et Melilla, Éd. Syllepse, 2007, Collection Arguments et mouvements, 500 p.  

    Emmanuel Blanchard, Claire Rodier, Les étrangers dans la constitution européenne , 1e éd., Mouvements, 2005, 37, 131136 p.  

  • Emmanuel Blanchard, Delphine Diaz, Roxane Bonnardel-Mira, « Les Algériens en France : de la condition coloniale à celle d’étrangers stigmatisés (c. 1900-1986) », in Delphine Diaz (dir.), Exilés, réfugiés, étrangers. France, 1848-1986, Atlande, 2024, pp. 416   

    Emmanuel Blanchard, « « Montrer à de Gaulle que nous voulons notre indépendance, même s’il faut crever ». Algériens et Algériennes dans les manifestations d’octobre 1961 », La ville en ébullition. Sociétés urbaines à l’épreuve, 2014   

    Emmanuel Blanchard, « French Colonial Police », in G. Bruinsma, D. Weisburd (dir.), Encyclopedia of Criminology and Criminal Justice, Springer, 2014   

    Emmanuel Blanchard, « Les "indésirables". Passé et présent d'une catégorie d'action publique », in GISTI (dir.), Figures de l'étranger. Quelles représentations pour quelles politiques ?, GISTI, 2013, pp. 16-26   

    Emmanuel Blanchard, Joel Glasman, « Introduction générale : le maintien de l’ordre dans l’Empire français », Le maintien de l’ordre en situation coloniale. Afrique et Madagascar, XIXème-XXème siècles, 2012 

    Emmanuel Blanchard, « Un "deuxième âge" de l'émigration en France », in Bouchène A., Peyroulou J.P., Siari Tengour O., Thénault S., (dir.), Histoire de l'Algérie à la période coloniale (1830-1962), Barzach-La Découverte, 2012 

    Emmanuel Blanchard, « Un massacre colonial à Paris », in Amiri L., Stora B., (dir.), Vies d'exils. Des Algériens en France pendant la guerre d'Algérie 1954-1962, Autrement-CNHI, 2012 

    Emmanuel Blanchard, Olivier Clochard, C. Rodier, « The New Frontiers of Immigration Policy », in Bell E., (ed.) (dir.), No Borders. Immigration and the Politics of Fear, Université de Savoie, 2012, pp. 25-36 

    Emmanuel Blanchard, Nicolas Fischer, « La lutte contre la mobilité et l'errance (XVIIe-XXIe siècles) », in GISTI (dir.), Immigration : un régime pénal d'exception, GISTI, 2012, pp. 17-31 

    Emmanuel Blanchard, « Des Algériens dans le "Paris Gay". Frontières raciales et sexualités entre hommes sous le regard policier », in Rygiel Ph., (dir.), Politique et administration du genre en migration. Mondes Atlantiques, XIXe-XXe siècles, Publibook, 2012   

    Emmanuel Blanchard, Claire Saas, « L'immigration, un régime pénal d'exception : introduction », in Collectif (dir.), L'immigration, un régime pénal d'exception, GISTI, 2012, pp. 5-13 

    Emmanuel Blanchard, Joël Glasman, « Introduction générale : Le maintien de l'ordre dans l'Empire français : une historiographie émergente », in Bat J.P., Courtin N., (dir.), Maintenir l'ordre colonial. Afrique, Madagascar, XIXe-XXe siècles, Presses Universitaires de Rennes, 2012, pp. 11-41   

    Emmanuel Blanchard, « Conclusion : Les forces de l'ordre colonial, entre conservatoires et laboratoires policiers », in Denys C., Denis V., (dir.), Polices d'Empires, XVIIIe-XIXe siècles, Presses Universitaires de Rennes, 2012 

    Emmanuel Blanchard, « Le fichage des émigrés d'Algérie (1925-1962) », in Archives Nationales (dir.), Fichés ? Photographie et identification, 1850-1960, Perrin, 2011 

    Emmanuel Blanchard, « Le coût des frontières », in Collectif (dir.), La liberté de circulation, un droit, quelles politiques ?, GISTI, 2011, pp. 2126   

    Emmanuel Blanchard, « Les gardiens de la paix parisiens sous la IVe République : des policiers de proximité ? », in Berlière Jean-Marie, Lévy René (dir.), Le témoin, le sociologue et l'historien. Quand les policiers se mettent à table, Nouveau Monde Éditions, 2010   

    Emmanuel Blanchard, « Police judiciaire et pratiques d'exception pendant la guerre d'Algérie », in Branche R. (dir.), La guerre d'indépendance des Algériens, 1954-1962, Perrin, 2009   

    Emmanuel Blanchard, « Circulations coloniales : la place de l'Outre-mer dans la socialisation et les trajectoires professionnelles des policiers parisiens (1944-1962) », in Jean-Marc Berlière, Catherine Denys, Dominique Kalifa, Vincent Milliot (dir.), Métiers de police. Être policiers en Europe, XVIIIe-XXe siècles, Presses Universitaires de Rennes, 2008   

    Emmanuel Blanchard, « Contrôler, enfermer, éloigner. La répression policière et administrative des Algériens de Métropole (1946-1962) », in Raphaëlle Branche, Sylvie Thénault (dir.), La France en Guerre, 1954-1962, Autrement, 2008   

    Emmanuel Blanchard, « La Préfecture de police et les Algériens de Paris (1944-1962). Entre égalité des droits et situation coloniale, l'impossible mise en œuvre d'une police de droit commun », in Green N., Poinsot M., (dir.), Histoire de l'immigration et question coloniale en France, La Documentation Française, 2008, pp. 51-58 

  • Arnaud-Dominique Houte, préfacier , Histoire des polices en France : des guerres de Religion à nos jours: des guerres de religion à nos jours, Belin, 2020, Références, 679 p. 

    Emmanuel Blanchard, préface à Grégoire Kauffmann, Contre la torture, "Le Monde" éditions, 2013, Les rebelles, 191 p. 

  • Emmanuel Blanchard, «  Par le droit et pour les droits, 50 ans de combats du Gisti  », Plein droit, Plein droit, 2025, n°146, pp. 48-51  

    Emmanuel Blanchard, Émilien Fargues, «  Droit du sol  : l’empreinte des lois Méhaignerie-Pasqua (1993) », Plein droit, Plein droit, 2025, n°144, pp. 20-23   

    Depuis quelques années, le « droit du sol » est l’objet de multiples remises en cause dont les partisans feignent de croire qu’il est automatique et inconditionnel. Les lois Pasqua-Méhaignerie de 1993 l’ont ainsi durablement écorné, mais les attaques contre le « droit du sol » permettent d’exprimer des rancœurs liées aux décolonisations et d’affirmer des conceptions ethnoculturelles de la nationalité à l’encontre des « Français·es de papier ».

    Emmanuel Blanchard, Danièle Lochak, « Introduction », Matériaux pour l’histoire de notre temps, Matériaux pour l’histoire de notre temps, 2025, n°153-154, pp. 2-3  

    Emmanuel Blanchard, Danièle Lochak, « Lutter pour les droits des étrangers. Genèse et institutionnalisation d’un répertoire d’action gistinien (1972-2022) », Matériaux pour l’histoire de notre temps, Matériaux pour l’histoire de notre temps, 2025, n°153-154, pp. 60-68  

    Emmanuel Blanchard, Linda Guerry, Lionel Kesztenbaum, Jules Lepoutre, « La réintégration, une façon de redevenir français », Population et sociétés, Institut national d'études démographiques (INED), 2024, pp. 1-4   

    Emmanuel Blanchard, Linda Guerry, Lionel Kesztenbaum, Jules Lepoutre, « Recovering lost French citizenship through reintegration », Population et sociétés, Institut national d'études démographiques (INED), 2024, n°619, pp. 1-4   

    Emmanuel Blanchard, « Police partout ! », Plein droit, Plein droit, 2024, n°142, pp. 6-6  

    Emmanuel Blanchard, « Roinsard (Nicolas) – Une situation postcoloniale. Mayotte ou le gouvernement des marges. – Paris, CNRS Éditions, 2022. 352 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2024, n°73, pp. 522-523  

    Emmanuel Blanchard, « Le massacre du 17 octobre 1961, entre avancées et épuisement historiographiques », Revue d’histoire moderne & contemporaine, Revue d’histoire moderne & contemporaine, 2024, n°71-2, pp. 67-88   

    La manifestation du 17 octobre 1961 organisée par le Front de libération nationale (FLN) de l’Algérie, à Paris, n’est plus une « journée portée disparue ». La répression alors exercée par les autorités françaises, au prix de centaines de victimes (tués ou blessés), est intégrée à une analyse plus générale des pratiques dites contre-insurrectionnelles menée par les forces de police en métropole. Fondé sur un bilan de la littérature internationale et une enquête inédite dans les archives des juridictions parisiennes, cet article vise à un triple objectif : proposer un essai historiographique relatif à ce « massacre d’État » en situation coloniale ; appréhender ces journées en dépassant le cadre mémoriel qui continue d’en fixer les principales lignées interprétatives ; inscrire « octobre 1961 » dans une « sortie de guerre » dont les « disparitions forcées » et des pratiques d’ingénierie démographique (expulsions, déplacements de populations…) comptaient au nombre des violences multiples.

    Emmanuel Blanchard, Linda Guerry, Lionel Kesztenbaum, Jules Lepoutre, « Recovering lost French citizenship through reintegration », Population & Societies, Population & Societies, 2024, n°o 619, pp. 1-4   

    Each year, around 100,000 people acquire French nationality, most often based on their family situation (marriage, birth and childhood in France, being parents of French children, etc.). These acquisitions of nationality are also linked to historical and geopolitical transformations. Since the early 1960s, more than 200,000 individuals who lost their French nationality, in many cases when colonized territories became independent, have been reintegrated. The history of reintegration, a discreet and little-known procedure, sheds light on some of the ‘nationality trouble’ of the post-colonial era.

    Emmanuel Blanchard, « Mobiliser les  mots en R  ? Race, racisme, racialisation… », Plein droit, Plein droit, 2024, n°139, pp. 3-6  

    Emmanuel Blanchard, « 6 février 1934 : L’extrême droite a-t-elle fait trembler la République ? », L'Histoire, L'Histoire, 2024, n°516, pp. 12-21   

    Ligue La ligue se distingue du parti politique, en ce sens que celui-ci vise la conquête du pouvoir, là où la ligue regroupe des intérêts particuliers en vue d’une revendication. Il existe ainsi des ligues de gauche, comme la Ligue des droits de l’homme fondée en 1898. En France, les ligues sont devenues cependant une spécialité de l’extrême droite : la Ligue des jeunesses patriotes, la Solidarité française (inspirée du fascisme italien), la Ligue antisémitique, la Ligue de la patrie française, la Ligue d’action française, les Francistes, autant d’organisations qui furent en lutte contre la République parlementaire. Beaucoup se dotèrent de formations paramilitaires.

    Emmanuel Blanchard, Danièle Lochak, « Par le droit, pour les droits : Cinquante ans de combats du Gisti », Matériaux pour l'histoire de notre temps, La contemporaine, 2024, pp. 2-94  

    Emmanuel Blanchard, Danièle Lochak, « Introduction au dossier », Matériaux pour l'histoire de notre temps, La contemporaine, 2024, pp. 2-3  

    Emmanuel Blanchard, Danièle Lochak, « Lutter pour les droits des étrangers. Genèse et institutionnalisation d’un répertoire d’action gistinien (1972-2022) », Matériaux pour l'histoire de notre temps, La contemporaine, 2024, pp. 60-68  

    Emmanuel Blanchard, « Algériens et Marocains inhumés dans la France de l’entre-deux-guerres », Plein droit, Plein droit, 2023, n°137, pp. 6-9   

    Les familles des émigrés d’Afrique du Nord craignaient par-dessus tout que ces derniers ne disparaissent au loin, que ce soit métaphoriquement (par la rupture de tout lien) ou au sens le plus dramatique du terme (un décès survenu dans l’anonymat). En France, la mort des « travailleurs immigrés » est pourtant longtemps restée impensée. Ainsi, qui se souvient que des milliers d’Algériens et de Marocains ont été inhumés dans des cimetières français au cours de l’entre-deux-guerres ?

    Emmanuel Blanchard, « 17 octobre 1961, un massacre en plein Paris », L'Histoire - Les Collections, L'Histoire - Les Collections, 2022, n°95, pp. 86-89  

    Emmanuel Blanchard, « Coup de force contre la République », L'Humanité, L'Humanité, 2022, n°Hors-série, pp. 30-31  

    Emmanuel Blanchard, « Un massacre colonial à paris », L'Histoire, L'Histoire, 2021, n°488, pp. 12-19  

    Emmanuel Blanchard, « L’imbroglio algérien », L'Histoire - Les Collections, L'Histoire - Les Collections, 2020, n°88, pp. 82-87  

    Emmanuel Blanchard, «  Français à tout prix  : Mayotte au prisme de  l’ingénierie démographique  », Plein droit, Plein droit, 2019, n°120, pp. 3-7  

    Emmanuel Blanchard, « Legs et leçons de la guerre d'Algérie », Plein droit, Plein droit, 2018, n°117, pp. 12-15   

    L'état d'urgence est proclamé en 1955 en France, en pleine guerre d'Algérie, pour mettre « hors d'état de nuire » ces « Français musulmans », désignés comme des « terroristes », en accordant des pouvoirs exceptionnels aux autorités administratives et aux forces de l'ordre. Soixante ans plus tard, c'est au nom de la lutte contre le terrorisme que ce dispositif exceptionnel est réactivé, aboutissant aux même dérives attentoires à l'État de droit.

    Emmanuel Blanchard, « La  libre circulation  : retour sur le  monde d’hier  », Plein droit, Plein droit, 2018, n°116, pp. 3-7  

    Emmanuel Blanchard, « Des Kabyles perdus en région parisienne », Revue des Mondes Musulmans et de la Méditerranée, Association pour l'étude des sciences humaines en Afrique du Nord et au Proche-Orient, 2018, n°144  

    Emmanuel Blanchard, Andrew Barros, Martin Thomas, « Débat autour de Fight or Flight: Britain, France and Their Roads From Empire de Martin Thomas, Oxford, Oxford University Press, 2014 », Monde(s), Monde(s), 2017, n°12, pp. 183-199  

    Emmanuel Blanchard, « Houte Arnaud-Dominique et Luc Jean-Noël (dir.), Les Gendarmeries dans le monde de la Révolution française à nos jours, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2016, 414 p., 28 €. Luc Jean-Noël (dir.), Histoire des gendarmes de la maréchaussée à nos jours, Paris, Nouveau Monde éditions, 2016, 448 p., 9,90 € », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2017, n°134, p. -  

    Emmanuel Blanchard, « Christian CHEVANDIER. – Été 1944. L’insurrection des policiers de Paris, Paris, Vendémiaire, 2014, 480 pages », Le Mouvement Social, Le Mouvement Social, 2017, n°257, p. -  

    Emmanuel Blanchard, Claire Rodier, «  Crise migratoire  : ce que cachent les mots », Plein droit, Plein droit, 2016, n°111, pp. 3-6  

    Emmanuel Blanchard, « Tenue correcte exigée », Vacarme, Vacarme, 2016, n°76, pp. 84-90   

    Résumé Une équipe de France de foot fermée aux « Arabes »  ?

    Emmanuel Blanchard, « Bleus et beurs ? », Plein droit, Plein droit, 2016, n°108, pp. 15-18   

    Le sport, et le football en particulier, sont généralement érigés en exemples quand il s’agit d’insister sur les vertus « intégratrices » de certaines activités et institutions. L’équipe de France de football est ainsi considérée comme la vitrine d’un « creuset français » au sein duquel se seraient successivement fondus les descendants des principales composantes de l’immigration ouvrière. Au-delà des exemples constamment brandis, une analyse des effectifs de l’équipe de France montre que les descendants d’Algériens ont été bien peu nombreux à être appelés chez les « Bleus ». Les rares élus ont d’ailleurs régulièrement vu la sincérité de leur patriotisme mise en cause.

    Emmanuel Blanchard, « Derrière le massacre d’État: Ancrages politiques, sociaux et territoriaux de la “démonstration de masse” du 17 octobre 1961 à Paris », French Politics, Culture & Society, Berghahn, 2016, n°2 

    Emmanuel Blanchard, « Derrière le massacre d'Etat : ancrages politiques, sociaux et territoriaux de la démonstration de masse du 17 octobre 1961 à Paris », French Politics, Culture & Society, Berghahn, 2016, n°2 

    Emmanuel Blanchard, Emmanuel Droit, « Forces de l’ordre et crises politiques au 20e siècle », Vingtième siècle. Revue d'histoire, Presses de Sciences Po, 2015, n°128, pp. 3-14  

    Emmanuel Blanchard, « Le 6 février 1934, une crise policière ? », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2015, n°128, pp. 15-28   

    La journée du 6 février 1934 est restée dans les mémoires comme l’acmé d’une crise parlementaire aiguë. Les quatorze victimes et les méthodes de maintien de l’ordre ont moins retenu l’attention des historiens qui ont étudié cet événement. Jean Chiappe, préfet de police aux liens politiques multiples et très marqués à l’extrême droite, démis de ses fonctions le 3 février, joua pourtant un grand rôle dans la mobilisation, le déroulement et le dénouement de cette crise. En prêtant une attention particulière aux attitudes et aux pratiques des agents engagés dans la répression, il s’agit d’étudier plus généralement les multiples voies par lesquelles les forces de l’ordre peuvent contribuer à la configuration des crises politiques.

    Emmanuel Blanchard, Emmanuel Droit, « Forces de l’ordre et crises politiques au 20e siècle », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2015, n°128, pp. 3-14   

    Les contributions de ce dossier interrogent, pour les 20e et 21e siècles et sur des terrains d’enquête géographiques variés, les liens entre des régimes politiques de nature différente, leurs forces de police et les sociétés civiles. Bien qu’inscrites dans des cultures historiographiques nationales différentes, ces contributions participent au renouvellement en cours de l’histoire sociale et culturelle du politique. En adoptant une perspective relationnelle et disséminée du pouvoir, il s’agit de considérer les forces de l’ordre comme des acteurs politiques et d’étudier comment elles se positionnent lors de crises politiques. Ces forces contribuent à faire advenir ou à contenir des dynamiques révolutionnaires. Les polices et les forces de l’ordre doivent ainsi être replacées au cœur d’une histoire politique attentive aux organisations et aux institutions n’étant pas étiquetées comme politiques.

    Emmanuel Blanchard, « Contrôle au faciès : une cérémonie de dégradation », Plein droit, Plein droit, 2014, n°103, pp. 11-15   

    Si une partie des contrôles d’identité sont organisés dans des lieuxciblés car réputés être fréquentés par des « sans-papiers », la majorité de ces interpellations visent des habitants connus pour être en situation régulière et dont l’identité ne fait même aucun doute aux yeux des agents contrôleurs. Les premiers légitiment cependant les seconds, et le Gisti s’emploie avec d’autres associations à combattre l’usage du contrôle d’identité par les forces de police comme d’une arme symbolique d’humiliation de certaines populations.

    Emmanuel Blanchard, « Martin Thomas, Violence and Colonial Order: Police, Workers and Protest in the European Colonial Empires, 1918-1940 Cambridge, Cambridge University Press, 2012, 527 p. », Annales. Histoire, Sciences Sociales, Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2014, n°69e aée, pp. 564-565  

    Emmanuel Blanchard, Claire Rodier, « Quand la gauche ne déçoit même plus », Plein droit, Plein droit, 2013, n°97, pp. 3-6  

    Emmanuel Blanchard, Caroline Maillary, « Droit de regard en ZA... par le trou de la serrure », Plein droit, Plein droit, 2013, n°97, pp. 41-44   

    En fin d’année 2012, le Gisti a participé à une campagne de visites de l’Anafé1 dans la zone d’attente de l’aéroport d’Orly, la deuxième de France par le nombre de maintenu·e·s (7 500 en 2011 à Roissy pour 1100 pour Orly). Esquisse d’un bilan à venir afin d’avancer vers un véritable droit de regard au service de la défense des étrangers et des demandeurs d’asile.

    Emmanuel Blanchard, « La Goutte d'Or, 30 juillet 1955 : une émeute au cœur de la métropole coloniale », Actes de la recherche en sciences sociales, Actes de la recherche en sciences sociales, 2012, n°195, pp. 98-111   

    RésuméL’émeute urbaine est généralement analysée en lien avec l’histoire des quartiers périphériques et des grands ensembles. L’intégrer à une histoire de la « centralité immigrée » à Paris permet de mettre au jour d’autres continuités et généalogies. Ainsi, l’étude de l’émeute survenue le 30 juillet 1955 dans le quartier de la Goutte d’Or (18e arrondissement, Paris), marqué par une très forte visibilité des « Français musulmans d’Algérie », permet de rompre avec le spatialisme des tentatives d’historisation des violences urbaines. Au croisement de plusieurs traditions de mobilisation (mouvement ouvrier, résistances populaires aux instances disciplinaires, luttes anticoloniales) s’est alors actualisé un mode d’action émeutier dont de nombreux éléments sont repérables dans des épisodes intervenus des années 1970 à nos jours. Il en ressort que, plus que les segmentations géographiques, ce sont les discours publics et les dispositifs policiers qui construisent les espaces au sein desquels l’émeute apparaît comme une réponse à la domination politique et sociale.

    Emmanuel Blanchard, « Raphaëlle Branche et al. (dir.), Viols en temps de guerre Paris, Payot, 2011, 270 p. », Annales. Histoire, Sciences Sociales, Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2012, n°67e aée, p. -  

    Emmanuel Blanchard, « Ordre colonial », Genèses, Genèses, 2012, n°86, pp. 2-7  

    Emmanuel Blanchard, « Ordre colonial », Genèses. Sciences sociales et histoire, Belin, 2012, n°86 

    Emmanuel Blanchard, « Éditorial : ordre colonial », Genèses. Sciences sociales et histoire, Belin, 2012, n°86, pp. 2-7   

    Emmanuel Blanchard, « La police et les médinas algériennes en métropole. Argenteuil, 1957-1962 », Métropolitiques, Métropolitiques, 2012, pp. ----   

    Emmanuel Blanchard, « The Police and the Algerian Medinas in France. Argenteuil, 1957-1962 », Métropolitiques, Métropolitiques, 2012, pp. ----   

    Emmanuel Blanchard, Alexis Spire, « Remettre les droits des étrangers au centre des politiques d'immigration », Savoir/Agir, Editions du Croquant [2003-...., 2012 

    Emmanuel Blanchard, « Une émeute au cœur de la métropole coloniale. La Goutte d'Or, 30 juillet 1955 », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, Editions du Seuil, 2012, n°195 

    Emmanuel Blanchard, « Eliminar os indesejáveis: uma lógica de ação para o policiamento dos argelinos em Paris (1944-1962) », Topoi (Rio de Janeiro. Impresso), Rio de Janeiro RJ: 7 Letras, 2012, n°25, pp. 45-53   

    Emmanuel Blanchard, « 1953 : massacre à La Nation », L'Histoire, Sophia Publications, 2012, n°382, pp. 28-29 

    Emmanuel Blanchard, « Monique Hervo, une vie avec les Algériens et les mal-logés », Plein droit, Plein droit, 2011, n°91, pp. 36-40   

    Rares sont les Français à avoir manifesté aux côtés des Algériens lors de la démonstration du 17 octobre 1961. Monique Hervo était de ceux-là. Découvrant les bidonvilles de Nanterre dans le cadre du Service civil international, elle prit fait et cause pour les habitants de ces espaces de relégation et lutta pour l'éradication de cet habitat indigne. Un combat qui la mena naturellement à la défense des droits des étrangers.

    Emmanuel Blanchard, Sylvie Thénault, « Quel  monde du contact  ? Pour une histoire sociale de l'Algérie pendant la période coloniale », Le Mouvement Social, Le Mouvement Social, 2011, n°236, pp. 3-7  

    Emmanuel Blanchard, « Didier GUIGNARD. – L’abus de pouvoir dans l’Algérie coloniale (1880-1914). Visibilité et singularité, Nanterre, Presses universitaires de Paris Ouest, 2010, 547 pages », Le Mouvement Social, Le Mouvement Social, 2011, n°236, p. -  

    Emmanuel Blanchard, « Quand les forces de l'ordre défient le palais Bourbon (13 mars 1958). Les policiers manifestants, l'arène parlementaire et la transition de régime », Genèses, Genèses, 2011, n°83, pp. 55-73   

    RésuméLa manifestation non autorisée des policiers parisiens devant l’Assemblée nationale, le 13 mars 1958, permet de questionner l’ordre parlementaire à double titre : si elle perturba l’économie des échanges entre députés, certains d’entre eux firent en sorte d’attiser cette insubordination policière ; elle fut une des étapes d’une transition de régime et d’un rééquilibrage institutionnel. La manifestation et la rupture d’allégeance de la police parisienne au pouvoir politique sont replacées dans une configuration de moyenne durée dans laquelle le principal syndicat de police conteste un affaiblissement du pouvoir exécutif qui compliquait la défense des intérêts matériels de ses adhérents.

    Emmanuel Blanchard, « Métiers de police en situation coloniale », Crime, Histoire & Sociétés/Crime, History & Societies, Librairie Droz, 2011, n°2 

    Emmanuel Blanchard, « Quand les forces de l'ordre défient le Palais Bourbon (13 mars 1958). Les policiers manifestants, l'arène parlementaire et la transition de régime », Genèses. Sciences sociales et histoire, Belin, 2011, n°83, pp. 55-73 

    Emmanuel Blanchard, Sylvie Thenault, « Quel  monde du contact  ? Pour une histoire sociale de l'Algérie pendant la période coloniale », Le Mouvement social, Presses de Sciences Po (Anciennenment : Éditions de l'Atelier, Éditions ouvrières, La Découverte), 2011, n°236, pp. 3-7   

    Emmanuel Blanchard, « Professions et professionnalités policières en situation coloniale », Crime, Histoire & Sociétés/Crime, History & Societies, Librairie Droz, 2011, n°2 

    Emmanuel Blanchard, Sylvie Thenault, « La société du contact dans l'Algérie colonisée », Le Mouvement social, Presses de Sciences Po (Anciennenment : Éditions de l'Atelier, Éditions ouvrières, La Découverte), 2011, n°3 

    Emmanuel Blanchard, Sylvie Thenault, « Editorial : quel monde du contact ? Pour une histoire sociale de l'Algérie pendant la période coloniale », Le Mouvement social, Presses de Sciences Po (Anciennenment : Éditions de l'Atelier, Éditions ouvrières, La Découverte), 2011, n°3, pp. 3-7 

    Emmanuel Blanchard, Olivier Clochard, Claire Rodier, « Sur le front des frontières », Plein droit, Plein droit, 2010, n°87, pp. 3-7   

    Avec le développement des migrations et, surtout, de leur contrôle, la définition de la frontière, longtemps centrée sur des critères géographiques et techniques, a évolué, intégrant de nombreux autres facteurs (politiques, économiques, juridiques...). Des dispositifs anti-immigration ont alors fait leur apparition dans de nombreux endroits du monde, dans le but de juguler les flux d’« indésirables ». Barrières classiques (murs, grillages, barbelés), « biométrisation », multiplication des mécanismes de contrôle à distance, les frontières se matérialisent aujourd’hui par toute une série d’obstacles dans les parcours des exilés à la recherche d’une vie meilleure ou d’une protection.

    Emmanuel Blanchard, Olivier Clochard, C. Rodier, « Sur le front des frontières », Plein Droit, GISTI, 2010, n°87, p. 2119   

    Emmanuel Blanchard, « Ce que rafler veut dire », Plein droit, Plein droit, 2009, n°81, pp. 3-6   

    Si, d’une période à une autre, les populations principalement visées par les contrôles policiers ont évolué en fonction des préoccupations du moment, les techniques policières, elles, n’ont guère changé et le mot « rafle » n’a jamais cessé d’être employé. Renoncer à l’utiliser reviendrait à entourer de silence des pratiques répressives qui ont traversé les décennies et ont toujours visé les groupes les plus fragiles politiquement et socialement.

    Emmanuel Blanchard, Hélène Spoladore, «  Défendre les droits et témoigner  : Interview de Laurent Giovannoni. Secrétaire général de la Cimade », Plein droit, Plein droit, 2009, n°80, pp. 11-15   

    Alors que, depuis près de quinze ans, la Cimade assure une mission d’accompagnement social et juridique auprès des personnes contraintes de quitter le territoire, le ministère de l’immigration a brutalement décidé, en août 2008, de modifier en profondeur l’organisation de cette mission. Les rapports publiés depuis 2001 par l’association sur les conditions d’enfermement des étrangers dans les centres de rétention étaient-ils devenus trop critiques ? Plein droit a souhaité s’en entretenir avec Laurent Giovannoni, secrétaire général de la Cimade.

    Emmanuel Blanchard, « Ce que rafler veut dire », Plein Droit, GISTI, 2009, pp. 3-6 

    Emmanuel Blanchard, « Externaliser pour contourner le droit », La revue du Projet, Parti communiste français, 2009, n°308, pp. -3494   

    Emmanuel Blanchard, « Externaliser pour contourner le droit », Revue Projet, Revue Projet, 2009, n°308, pp. 62-66   

    Resumé On parle de « dimension externe », européenne ou globale, des questions d’asile ou d’immigration. Une vraie solidarité ou une forme de sous-traitance ?

    Emmanuel Blanchard, « L'internement avant l'internement Commissariats, centres de triage et autres lieux d'assignation à résidence (il)-légale », Matériaux pour l’histoire de notre temps, Matériaux pour l’histoire de notre temps, 2008, n°92, pp. 8-14   

    RésuméEntre leur arrestation et leur arrivée dans un camp d’internement, les Algériens pouvaient passer par différents lieux de détention et, en premier lieu, par des locaux de police. Certains d’entre eux, ainsi, furent érigés en « centre de triage » où l’assignation à résidence était normalement limitée à quinze jours. En région parisienne, le Centre d’identification de Vincennes (CIV), resté dans les mémoires, fut le plus grand d’entre eux et joua un rôle spécifique en raison notamment de son rattachement administratif à la préfecture de police de Paris.

    Emmanuel Blanchard, Olivier Clochard, Claire Rodier, « Compter les morts », Plein droit, Plein droit, 2008, n°77, pp. 30-34   

    Pourquoi compter les morts de la migration ? Pourquoi se livrer à cette comptabilité macabre en tentant, en l’absence de données officielles, de rassembler les chiffres que parviennent difficilement à recueillir les ONG ? Parce que les victimes de la « guerre aux migrants » sont aujourd’hui une composante indissociable de la politique migratoire menée par l’Europe à ses frontières. Et parce qu’il est indispensable de donner une lisibilité à une situation trop souvent réduite à la fatalité ou au fait divers.

    Emmanuel Blanchard, « L’internement avant l’internement : commissariats, centres de triage et autres lieux d’assignation à résidence (il)-légale », Matériaux pour l'histoire de notre temps, La contemporaine, 2008, pp. 8-14  

    Emmanuel Blanchard, « Le mauvais genre des Algériens. Des hommes sans femme face au virilisme policier dans le Paris d'après-guerre », Clio. Histoire, Femmes et Sociétés, Belin, 2008, n°27 

    Emmanuel Blanchard, Olivier Clochard, C. Rodier, « Compter les morts », Plein Droit, GISTI, 2008, n°77, p. 1255   

    Emmanuel Blanchard, « Le mauvais genre des Algériens : Des hommes sans femme face au virilisme policier dans le Paris d'après-guerre », Clio. Histoire, femmes et sociétés, Clio. Histoire, femmes et sociétés, 2008, n°27, pp. 209-224   

    Dès la Libération et bien avant la guerre d’indépendance, les Algériens de Paris ont été l’objet de procédures et de violences policières allant bien au-delà de ce qui était couramment ou légalement admis. Ces interactions, aux déterminants multiples, avaient notamment pour fondements des confrontations de genre et une police des mœurs visant à préserver les normes légitime de « l’arrangement des sexes ». Entre les Algériens, immigrants le plus souvent venus sans femme, et la police parisienne, marquée par une homo-sociabilité masculine, c’étaient aussi des identités et des définitions de la masculinité qui s’affrontaient.

    Emmanuel Blanchard, « Étrangers, de quel genre ? », Plein droit, Plein droit, 2007, n°75, pp. 3-6   

    L’universalisation des droits est un objectif primordial qui passe par l’attention aux caractéristiques et situations des personnes. Celles-ci – et notamment le sexe, la nationalité, la couleur de peau ou la religion – ne doivent pas être prétexte à restreindre des droits normalement attachés à l’ensemble des individus. Les luttes contre les discriminations en raison du sexe ou de la nationalité partagent les mêmes fondements. Pour qu’elles se rejoignent, il faut déconstruire la rhétorique actuelle opposant défense des droits des étrangers et défense des droits des femmes.

    Emmanuel Blanchard, « fractures (post)coloniales à Mayotte », Vacarme, Vacarme, 2007, n°38, pp. 62-65   

    RésuméLa collectivité départementale de Mayotte est marquée par une double insularité : confetti colonial dans l’Océan Indien, elle fait figure d’îlot de prospérité relative au cœur de l’archipel des Comores et du canal de Mozambique. Au nom de leur nationalité française, les Mahorais, encouragés par la métropole, cherchent à se couper de cette sous-région marquée par l’instabilité politique et des niveaux de vie parmi les plus bas du monde.

    Emmanuel Blanchard, « Fractures (post)coloniales à Mayotte », Vacarme, Association Vacarme, 2007, pp. 62-65 

    Emmanuel Blanchard, « L'encadrement des Algériens de Paris (1944-1954), entre contraintes juridiques et arbitraire policier », Crime, Histoire & Sociétés/Crime, History & Societies, Librairie Droz, 2007, n°1, pp. 5-25 

    Emmanuel Blanchard, « Étrangers, de quel genre ? », Plein Droit, GISTI, 2007, n°75, p. 1051   

    Emmanuel Blanchard, « Police judiciaire et pratiques d'exception pendant la guerre d'Algérie », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2006, n°90, pp. 61-72   

    Résumé— En juillet 1953, la création de la brigade des agressions et violences (BAV) apparaît comme une victoire pour ceux qui, depuis la Libération, n’ont jamais admis la dissolution de la brigade nord-africaine (BNA) de la préfecture de police de Paris. L’étude de la BAV, entre 1953 et 1962, montre que ce service (dont les prérogatives évoluent au cours de la période) était défini non en fonction de ses attributions, mais par la population dont il avait la charge. Cette police coloniale au cœur de la capitale a cependant refusé certaines des évolutions prônées par le préfet Papon au nom de la « guerre contre-révolutionnaire » qui visait le Front de libération nationale.

    Emmanuel Blanchard, « Police judiciaire et pratiques d'exception pendant la guerre d'Algérie », Vingtième siècle. Revue d'histoire, Presses de Sciences Po, 2006, n°90, pp. 61-72   

    Emmanuel Blanchard, « Quand des soldats coloniaux se révoltaient », Plein Droit, GISTI, 2006, n°69, pp. -69   

    Emmanuel Blanchard, Violaine Carrère, « Les quotas contre les droits », La revue du Projet, Parti communiste français, 2006, n°290, pp. -2299   

    Emmanuel Blanchard, Violaine Carrère, « Les quotas contre les droits », Revue Projet, Revue Projet, 2006, n°290, pp. 28-35  

    Emmanuel Blanchard, Claire Rodier, « Un laboratoire pour enterrer le droit d'asile », Plein droit, Plein droit, 2005, n°65-66, pp. 27-31   

    Malte a été, jusqu’à une période récente, une terre d’émigration plus que d’immigration mais, située entre les côtes libyenne et italienne, elle est placée sur le chemin des routes migratoires entre l’Afrique et l’Europe. Longtemps simple halte ou refuge involontaire pour des migrants aux voyages interrompus par les aléas de la météo marine ou des négociations avec les passeurs, elle est devenue la base avancée de l’Union européenne en Méditerranée.

    Emmanuel Blanchard, Victoire Patouillard, « Flex-sécurité, tour d'horizon : entretien avec Jérôme Gautié », Vacarme, Vacarme, 2005, n°32, pp. 102-105   

    RésuméEntretien avec Jérôme Gautié.

    Emmanuel Blanchard, Laurence Duchêne, « Plein emploi et condition salariale / 1 », Vacarme, Vacarme, 2005, n°31, pp. 116-118   

    RésuméLes Trente Glorieuses n’ont pas eu lieu

    Emmanuel Blanchard, « 1956 : les camps en Algérie : entretien avec Sylvie Thénault », Vacarme, Vacarme, 2005, n°30, pp. 84-87   

    RésuméContinuité des pratiques de la République. Entetien avec Sylvie Thénault

    Emmanuel Blanchard, « Interner, enfermer, regrouper », Vacarme, Vacarme, 2005, n°30, pp. 86-87   

    Résumé« Centres de regroupement », « centres d’hébergement », « centres de triage et de transit », « centres d’assignation à résidence surveillée », « centres d’identification » : cette liste non exhaustive témoigne de l’art de la litote de l’administration française pour camoufler la réalité d’une politique d’enfermement et de déplacement d’une population engagée ou prise dans les méandres d’une guerre de libération nationale. Si l’ensemble de ces lieux peuvent être qualifiés de camps c’est parce qu’au-delà de logiques et (...)

    Emmanuel Blanchard, Claire Rodier, « Malte : un laboratoire pour enterrer le droit d'asile », Plein Droit, GISTI, 2005, n°6566, p. 64 

    Emmanuel Blanchard, Claire Rodier, « Les étrangers dans la constitution européenne : faire sortir l'Union Européenne du non-droit ? », Mouvements : des idées et des luttes, La découverte, 2005, n°37   

    Emmanuel Blanchard, Laurence Duchêne, Stany Grelet, « Tenir (à) la caisse », Vacarme, Vacarme, 2004, n°28, pp. 78-81   

    Résuménotes sur l’assurance maladie

    Emmanuel Blanchard, Victoire Patouillard, « comme un lundi », Vacarme, Vacarme, 2004, n°26, pp. 72-73  

    Emmanuel Blanchard, « La dissolution des Brigades nord-africaines de la Préfecture de police : la fin d’une police d’exception pour les Algériens de Paris (1944-1953) ? », Bulletin de l'IHTP, Paris : Institut d'histoire du temps présent et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2004, n°83, pp. 70-82    

    Blanchard Emmanuel. La dissolution des Brigades nord-africaines de la Préfecture de police : la fin d’une police d’exception pour les Algériens de Paris (1944-1953) ?. In: Bulletin de l'Institut d'Histoire du Temps Présent, n°83, Premier semestre 2004. Répression, contrôle et encadrement dans le monde colonial au XXe siècle. pp. 70-82.

    Emmanuel Blanchard, Claire Rodier, « Le projet de traité constitutionnel européen : un déni de droit pour les étrangers ? », Hommes & libertés, Ligue des droits de l'Homme, 2004, n°126 

    Emmanuel Blanchard, Claire Rodier, « L'Europe des camps », Plein droit, Plein droit, 2003, n°58, pp. 14-17   

    La mise à l’écart d’étrangers, dont Sangatte est devenu le symbole, s’est généralisé, ces dernières années, au point qu’on peut évoquer la construction d’une « Europe des camps ». Par cette généralisation, ces camps perdent leur statut de réponse exceptionnelle pour devenir les instruments d’une gestion de l’immigration et de l’asile dotés d’une double fonction : lieux de relégation des indésirables, ils sont aussi et surtout, pour les Etats, une façon d’afficher, sur un mode ostentatoire, leur volonté de maîtriser les flux migratoires.

    Emmanuel Blanchard, « Les tirailleurs, bras armé de la France coloniale », Plein droit, Plein droit, 2003, n°56, pp. 3-6   

    Longtemps occultée, la participation des populations coloniales aux efforts de guerre de la France est aujourd’hui un véritable enjeu de mémoire au cœur des luttes politiques et juridiques des anciens combattants et des sans-papiers. En mettant l’accent sur la contribution de leurs aînés à la défense d’idéaux démocratiques, mis à mal par les gouvernements passés et présents de la France des colonies ou de la fermeture des frontières, ces derniers ont contribué à sortir de l’oubli des milliers d’hommes dont les sacrifices ne sont toujours pas reconnus. Il reste que l’image du tirailleur libérateur de la France occupée ne permet pas d’appréhender, dans toute sa complexité, l’histoire des troupes coloniales.

    Emmanuel Blanchard, « Les tirailleurs, bras armé de la France coloniale », Plein Droit, GISTI, 2003, n°56, pp. -56   

    Emmanuel Blanchard, Claire Rodier, « L'Europe des camps », Plein Droit, GISTI, 2003, n°58, pp. -58   

    Emmanuel Blanchard, « Étrangers incarcérés, étrangers délinquants ? », Plein droit, Plein droit, 2001, n°50, pp. 13-15   

    Les étrangers représentent 6 % de la population métropolitaine mais plus de 24 % de la population pénitentiaire. Des chiffres difficiles à comparer – les statistiques pénitentiaires intègrent des touristes, des travailleurs saisonniers ou des irréguliers non pris en compte par le recensement...–, mais dont la confrontation alimente une idée reçue : les étrangers seraient plus souvent délinquants que les Français. Pourtant les statistiques pénitentiaires ne disent rien de la délinquance des étrangers, elles nous parlent plutôt du fonctionnement des institutions policières et judiciaires.

    Emmanuel Blanchard, « Étrangers incarcérés, étrangers délinquants ? », Plein Droit, GISTI, 2001, n°50, pp. -50   

  • Emmanuel Blanchard, Emilien Fargues, Contribution à une étude de la conscience du droit de la nationalité: Les réintégré.es dans l’enquête TeO2 : une recherche en terrain troublé, 2024, 164 p.   

    Emmanuel Blanchard, Camille Schmoll, Delphine Diaz, Marianne Amar, Synopsis pour la future exposition permanente du Musée National de l'Histoire de l'Immigration, 2020 

  • Emmanuel Blanchard, « Ordre, polices et insécurité dans la ville, XVIIIe-XIXe siècles », Rendez-vous de l'histoire, Blois, le 11 octobre 2024 

    Emmanuel Blanchard, « Le droit des étrangers : entre tensions et ambiguïtés », le 03 juin 2024  

    Journée d’étude organisée par le département POLICY de l’IC Migrations, CNRS

    Emmanuel Blanchard, « Par le droit, pour les droits : cinquante ans de combats du groupe d’information et de soutien des immigré·es », le 15 mars 2024  

    Colloque organisé par La Contemporaine et le Groupe d’information et de soutien des immigré·es (GISTI)

    Emmanuel Blanchard, « Contrôle des frontières et policing des populations en Guyane », le 15 octobre 2018  

    Organisé par l’Inst. Convergences Migrations avec le CESDIP / Univ. de Versailles St Quentin ; MINEA / de Guyane ; de Cergy-Pontoise et le concours de la CAPES-COFECUB, de la Fondation MSH, de l’Institut des Amériques, du GERN et Ministère de la Justice

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Baptiste Mollard, Décolonisation et formation d'une capacité administrative autonome ˸ l'encadrement de l'émigration de travail au tournant de l'indépendance en Algérie (1955-1973), thèse soutenue en 2024 à université ParisSaclay en co-direction avec Jacques de Maillard présidée par Johanna Siméant-Germanos, membres du jury : Assia Boutaleb (Rapp.), Sylvain Laurens (Rapp.), Myriam Aït-Aoudia et Malika Rahal      

    De 1947 à 1963, de nombreux Algériens bénéficient d'une liberté de circulation vers la métropole. Avec près de 250 000 individus en France en 1954, plus de 500 000 en 1965 et un peu moins de 900 000 en 1976, ils fourniraient, selon les gouvernements français et algériens successifs, un revenu à un quart ou un cinquième de la population. Ces pratiques de subsistance sont encouragées par le Gouvernement général d'Algérie qui promeut une émigration de travail masculine dès 1955. Malgré des interruptions liées à la guerre, la transition vers l'indépendance et la naissance conflictuelle d'une diplomatie franco-algérienne, ces dispositifs d'encadrement sanitaire et professionnel sont réinvestis jusqu'en 1973 par l'État indépendant.Cette thèse analyse cette émigration d'État à l'aune de la formation d'une capacité administrative algérienne autonome au moment de la décolonisation des institutions. En contexte de sous-emploi massif, elle étudie la bureaucratisation des interactions entre candidats et services d'encadrement. À partir d'archives coloniales et diplomatiques françaises, de documents algériens de la littérature grise et de la presse, d'entretiens avec d'anciens fonctionnaires algériens et d'archives privées fournies par ces derniers, elle démontre le caractère structurant des tensions entre des individus et des communautés paysannes émigrant selon leurs logiques propres et une action publique algérienne de contrôle des frontières et des mobilités.

    Ines Baude, Un mariage à l'essai avec l'Algérie nouvelle ? Socio-histoire des Français en Algérie après l'indépendance., thèse en cours depuis 2023 en co-direction avec Nicolas Mariot 

    Luca Nelson-Gabin, Le maintien de l'ordre dans les espaces ruraux du Liban et de la Syrie mandataires , thèse en cours depuis 2023 en co-direction avec Nicolas Michel  

    Cette thèse vise à explorer une histoire du maintien de l'ordre dans les espaces ruraux libanais et syriens durant le mandat français, de sa mise en place (1920) à l'intervention alliée contre l'exécutif mandataire vichyiste (1941). L'agriculture était le principal secteur productif de la région : elle est au cœur des politiques économiques mandataires, lesquelles reposent sur un contrôle territorial étroit. Ce contrôle est alors assuré par de nombreux groupes chargés de missions de maintien de l'ordre. Nous les inscrirons dans une histoire située, qui se caractérise à la fois par des mobilités impériales et par des dynamiques régionales et locales. Ainsi sera-t-il permis d'appréhender, par exemple, les trajectoires des soldats français détachés pour ouvrir des écoles de police, la pérennité du personnel syro-libanais des gendarmeries locales héritées de l'organisation ottomane ou encore la transformation du rôle des gardiens de village chargés de défendre les terres agricoles contre les pillages. Les pratiques de maintien de l'ordre seront étudiées dans leur dimension quotidienne et ordinaire, aux fins d'une analyse de leurs effets sur les structures sociales, économiques et politiques des campagnes syro-libanaises. L'identification, le désarmement, le renseignement, la surveillance, l'armement de groupes spécifiques sont autant d'activités qui ont servi les politiques économiques mandataires, en particulier dans leur entreprise de sédentarisation de populations dites bédouines. Nous nous appuierons sur les archives produites par les agents français et syro-libanais du maintien de l'ordre et par des diplomates, des juristes, des journalistes et des administrateurs exécutants ou témoins de la transformation des espaces ruraux durant le mandat français.

    Dalil Ferguenis, le Mouvement des travailleurs arabes. Luttes politiques de la diaspora maghrébine entre la France et le Maghreb post-colonial (1969-1976), thèse en cours depuis 2023 en co-direction avec Audrey Celestine  

    En France, le démantèlement de l'empire colonial – qui culmina en 1962 avec l'indépendance de l'Algérie – ainsi que le mouvement social de Mai 68, constituèrent deux épisodes historiques majeurs ayant contribué à profondément transformer le paysage politique des décennies suivantes. Dans le contexte des “Années 68”, une nouvelle génération d'organisations de gauche s'empara du problème de la persistance de la discrimination raciale en France, liant celui-ci aux nombreux enjeux auxquels faisaient face les nations nouvellement indépendantes, issues de l'ancien empire. Le « Mouvement des travailleurs arabes » (MTA) joua un rôle pionnier dans cette nouvelle vague de luttes de l'immigration. Créé en 1972 en France, le MTA se format sur une ligne politique nouvelle: les immigrés devaient s'organiser de manière indépendante des partis politiques et syndicats français, afin de faire avancer leurs revendications pour la justice sociale, tant en France que dans leurs pays d'origine. S'inscrivant dans l'héritage des luttes anticoloniales passées, ces militants définirent leur objectif comme l'achèvement d'un processus de décolonisation inachevé. Ma thèse posera la question suivante : comment et pourquoi le Mouvement des travailleurs arabes a-t-il tenté d'articuler les luttes de l'immigration en France – envisagées comme une continuation de la lutte anticoloniale – avec l'avancement d'une politique révolutionnaire dans les pays nouvellement indépendants du Maghreb ? À travers une étude de cas du MTA, ma thèse abordera l'histoire des liens politiques durables existant entre la France et son ancien empire colonial. Alors que les sciences sociales ont souvent eu tendance à étudier l'immigration principalement du point de vue de la société d'accueil, mon travail avance l'hypothèse que la structuration politique de la diaspora maghrébine en France, peut être mieux comprise si elle est restituée dans son contexte postcolonial. Cela nécessitera d'accorder une attention égale aux transformations politiques survenant à la fois dans l'ancienne métropole et dans les anciennes colonies. C'est pourquoi ma recherche archivistique sera répartie entre la France, l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. Je m'appuierai sur un travail approfondi des archives d'administration d'Etat, des services de police et des organisations militantes. En France comme en Afrique du Nord, je compléterai ce travail d'archives par la collecte de témoignages oraux d'anciens militants et immigrés. Ce corpus me permettra alors de resituer les « luttes de l'immigration » qui se déployèrent en France dans l'après-Mai 68 dans leur contexte pleinement postcolonial.

    Pauline Chevillotte, Qui police l'outre-mer ? Le cas des forces de l'ordre de Guadeloupe (1990-2022), thèse en cours depuis 2021  

    Le retour de policiers et gendarmes ultra-marins dans leur territoire d'origine a été organisé et réaménagé au travers de régimes spéciaux successifs depuis les années 1990. Passés « d'originaires » à agent ayant des « centres d'intérêt matériels et moraux » (CIMM), policiers et gendarmes font l'objet de gestions prudentes et différentes, qui réactivent en local, et de façon inédite, un dualisme policier mis à mal en métropole. Ainsi, en Guadeloupe, seulement 20 à 30% des gendarmes sont originaires, contre plus de 90% dans la police. La collecte de récits de vie et l'ethnographie permettront d'établir une généalogie de ces dispositifs, et d'expliquer la différence des réponses policières et gendarmiques aux enjeux gestionnaires, pratiques et symboliques communs qu'implique le retour des originaires. Il s'agira notamment de mettre à l'épreuve les hypothèses d'émergence de sous-cultures professionnelles territorialisées, et de fonctions professionnelles inédites.

    Shaïn Morisse, Rompre l'inertie institutionnelle, détruire le pendule réformiste. Une histoire sociale et transnationale de l'abolitionnisme pénal en Europe (1960s-2000s), thèse en cours depuis 2019 en co-direction avec Grégory Salle  

    Mon travail vise à produire une histoire sociale et transnationale des idées et des mobilisations autour de l'abolitionnisme pénal en Europe, des années 1960 aux années 2000. A la croisée des champs académique et militant, l'abolitionnisme pénal constitue un courant de pensée et une mobilisation collective qui est engagée à la fois dans la contestation des logiques, des politiques et des pratiques pénales, et dans la promotion de formes alternatives de régulation sociale. Dans une perspective d'histoire sociale des idées politiques, je tente d'analyser les mécanismes sociaux et politiques de production, de circulation et de réception des idées abolitionnistes. Dans une perspective de sociologie des mouvements sociaux, j'étudie le travail de mobilisation qui est mis en œuvre pour construire l'existence même de la prison et du système pénal comme problème public, mais aussi pour imposer un cadrage alternatif de la réalité sociale impliquant d'autres types de solutions politiques. En me centrant principalement sur certain nombre de pays où l'abolitionnisme pénal a été le plus actif (notamment Norvège, Pays-Bas, Allemagne et Royaume-Uni), j'essaie de construire cette histoire en me basant sur les diverses publications des abolitionnistes (livres, articles, rapports, conférences, séminaires, congrès, journaux, etc.), les fonds d'archives des organisations militantes et les entretiens menés avec une variété d'acteurs/actrices.

  • Nassima Mekaoui, L'art de supporter. Travailleurs et travailleuses domestiques en situation coloniale (Algérie, 1830-1962), thèse soutenue en 2025 à Paris EHESS sous la direction de Nancy L. Green, membres du jury : Caroline Ibos (Rapp.), M'hamed Oualdi (Rapp.), Karima Direche    

    Cette thèse est consacrée aux travailleurs et aux travailleuses domestiques rémunérés en situation coloniale (Algérie, 1830-1962). En prenant au sérieux des subalternes dans un tel contexte, l’ambition de la thèse était d’abord de se demander ce que la subordination si particulière à la domesticité pouvait ajouter à l’assujettissement colonial. Force a été de constater que la colonisation a favorisé la salarisation du travail domestique, dans un pays où l’esclavage domestique était répandu depuis l’époque ottomane. Cela a permis d’attirer des migrants européens et des migrantes européennes en Algérie pour soutenir l’effort de la guerre de conquête, en s’employant au service de l’armée, pour les hommes, et en cultivant les terres occupées, pour la majorité des travailleurs et des travailleuses domestiques. L’un des premiers apports de la thèse est de montrer l’importance, sous-estimée dans l’historiographie, de la domesticité masculine, agricole et européenne en situation coloniale. La thèse donne aussi à voir ce que le travail domestique en Algérie au XIXe siècle doit à la pauvreté alsacienne, et d’autres départements français, allemande et suissesse. La colonialité a autrement renforcé la place singulière de la domesticité dans le monde du travail, en y assignant massivement des ruraux indigénisés après l’insurrection de 1871 et marginalement des orphelines afro-descendantes après l’abolition de l’esclavage (1848) et musulmanes converties après la famine de 1866-1868. En mobilisant une approche féministe par le bas, qui s’appuie sur des traditions de pensée antiracistes et subalternistes, cette thèse revisite l’histoire de la féminisation du travail domestique, alors dominé par les Espagnoles d’Algérie, en situation coloniale. La figure du boy ne s’est pas imposée en Algérie, contrairement à d’autres territoires de l’Empire français, mais l’irruption des femmes et des filles colonisées sur le marché de la domesticité au XXe siècle dans les villes s’accompagne d’une stigmatisation exemplaire en fonction de la race. Les travailleuses domestiques colonisées endurent un travail très pénible, mal payé et méprisé. Il y a de fortes chances qu’elles basculent, en commettant un vol domestique voire un crime, plutôt qu’elles s’élèvent socialement, en allant à l’école. La thèse jette enfin une lumière crue sur la résilience ordinaire et les résistances à cette hiérarchie socio-raciale au sein de la domesticité. Les travailleurs et les travailleuses domestiques s’esquivent tragiquement, en se suicidant, et s’affirment pudiquement, en diffusant des demandes d’emploi explicites sur leur sexe, leur âge ou leur nationalité dans la presse. Les femmes s’illustrent par leurs pratiques militantes. Elles s’organisent pour obtenir de meilleures conditions de travail, en faisant la grève, en manifestant dans la rue et en fondant des syndicats, et participent à la lutte pour l’indépendance algérienne.

  • Fanny Layani, Entre ordinaire carcéral et prison politique, les indépendantistes algériens détenus en métropole, 1954-1962, thèse soutenue en 2024 à Paris 10 sous la direction de Raphaëlle Branche présidée par Sylvie Thénault, membres du jury : Marc Renneville (Rapp.), Claire de Galembert, Stéphanie Latte Abdallah et Didier Fassin    

    Durant la guerre d’indépendance algérienne, sur le sol métropolitain, la privation de libertépar l’incarcération s'inscrit dans une chaîne répressive visant à contrôler, isoler et neutraliser lesmilitants du FLN et du MNA. La prison devient un outil du maintien de l'ordre public, cherchantà limiter l'influence des organisations indépendantistes. L’analyse des interactions entre lesdétenus, les organisations politiques rivales auxquelles ils appartiennent et l'administrationpénitentiaire française permet de comprendre que les modes de détention spécifiques qui émergentau cours du conflit résultent des capacités d’auto-organisation des détenus et d’une forme decoopération conflictuelle avec l’administration pénitentiaire. Cette coproduction de l'ordre carcéralest faite de négociations informelles mais aussi de moment de lutte d’une grande dureté, prenantla forme de grèves de la faim collectives massivement suivies.Cette thèse vise également à contribuer à l’histoire des Algériens dans la guerred’indépendance, en montrant comment, confrontée à une incarcération massive de ses forces vives,la fédération de France du FLN doit intégrer les prisons à sa stratégie, notamment en imposant enprison un cadre qui se superpose à celui des prisons françaises. Étudiant également le sort desdirigeants du parti et des ministres du GPRA incarcérés, cette thèse tente de comprendre commentle passage par la prison put construire un capital politique et déterminer leurs attitudes politiquesde l’immédiat après-guerre.L’attention portée à la chronologie fine des espaces pénitentiaires permet de repérer un tempscarcéral propre, en partie en décalage avec la chronologie politique de la guerre. Les prisonsdeviennent ainsi des microcosmes où les dynamiques de pouvoir et de lutte prennent des formesuniques. Il s’agit enfin de comprendre comment des pratiques pénitentiaires nées de la guerre ontlaissé des traces durables dans le système pénitentiaire français.

    Sarah Bachellerie, La frontière in/visible : Contrôle migratoire et rapports de visibilité dans les espaces touristiques alpins à la frontière franco-italienne, du XIXe siècle à nos jours, thèse soutenue en 2024 à Université Grenoble Alpes sous la direction de Anne-Laure Amilhat-Szary et Philippe Rygiel présidée par Bénédicte Michalon, membres du jury : Kirsten Koop et Martina Tazzioli      

    Cette thèse explore, au moyen d’une approche géo-historique, la mise en place d’un contrôle policier et militaire des populations et de leurs déplacements dans les territoires touristiques alpins à la frontière entre l’Italie et la France (Hautes-Alpes/Val de Suse/Savoie, Alpes-Maritimes/Ligurie). J’analyse que les deux processus simultanés de mise en tourisme et de militarisation de l’espace entrent en contradiction, produisant des tensions qui sont résolues par la mise en œuvre d’un contrôle différencié des populations qui traversent et vivent dans ces espaces frontaliers. La hiérarchisation des populations entre celles que l’on cherche à attirer sur le territoire et celles que l’on cherche à expulser (re)produit des rapports de domination de classe, de « race », de nationalité et de genre dans les espaces alpins : les touristes profitent des aménités d’un paysage construit comme « naturel », tandis que les populations indésirables sont exposées à la violence de l’espace alpin. La création d’un ordre social-racial à la frontière repose sur un ordre du visible, que j’analyse au prisme de la production de seuils de visibilité dans l’espace alpin. J’envisage ainsi que l’espace touristique frontalier est caractérisé par des rapports de domination visuelle, qui désignent l’inégale capacité des groupes sociaux à maîtriser ce qu’ils voient, la manière dont ils sont vus, et la manière dont sont vus les autres dans l’espace. La domination visuelle caractérise d’abord les rapports entre l’Etat et les populations ciblées par les politiques migratoires : le pouvoir policier mobilise des stratégies visuelles pour exercer un contrôle ciblé et mobile qui s’appuie sur la topographie montagneuse pour mettre en œuvre un rapport de traque des populations illégalisées à travers le massif alpin. D’autre part, elle caractérise par les rapports spatiaux entre les différents groupes sociaux qui fréquentent les espaces touristiques frontaliers : les inégalités socio-spatiales (re)produites par la situation de frontière accentuent la maîtrise visuelle des groupes favorisés, notamment des touristes, au détriment des habitant·e·s minorisé·e·s et des personnes en migration qui font l’objet d’une in/visibilisation sélective et son dépossédé·e·s de leur maîtrise visuelle et spatiale. Dès lors, les personnes en migration illégalisées sont prises dans des stratégies complexes, mobilisant tantôt l’invisibilité, tantôt la visibilité, pour exercer leur liberté de circulation et revendiquer leur droit à être là dans l’espace alpin. Enfin, l’espace alpin est caractérisé par une lutte des traces opposant des tentatives d’effacement de toute trace de la présence des personnes en migration construites comme indésirables et de la violence exercée à la frontière, ou au contraire, à des luttes contre ces effacements. En remettant l’environnement alpin, ses paysages, sa topographie, son hydrologie, son climat et sa végétation au cœur de l’analyse de la production de rapports de domination à la frontière, cette thèse contribue au champ émergent d’une écologie politique des frontières, nourrie par les approches critiques des frontières et du tourisme et de l’écologie décoloniale.

    Hugo Mulonniere, Administrer le travail des Nord-Africains en métropole (1919-fin des années 1940) : contribution à une socio-histoire de l'État en contexte impérial, thèse soutenue en 2023 à Paris 10 sous la direction de Raphaëlle Branche et Laure Pitti présidée par Sylvain Laurens, membres du jury : Jacques Cantier (Rapp.), Amelia H. Lyons et Vincent Viet    

    Cette thèse retrace l’histoire des services de la « main-d’œuvre nord-africaine » du ministère du Travail, de leurs agents, ainsi que des politiques qu’ils élaborent et mettent en œuvre entre le lendemain de la Première Guerre mondiale et la fin des années 1940. Elle démontre en quoi cette administration constitue l’un des lieux centraux de la construction des « Nord-Africains » en une catégorie de population d’exception et interroge les usages politiques, économiques et administratifs qui sont faits de cette production continuelle de la différence. Entre 1919 et 1939, l’encadrement des travailleurs originaires d’Afrique du Nord en métropole est caractérisé par un vide institutionnel, marqué par une régulation différenciée en fonction du statut juridique des intéressés, qui se répartissent en « sujets » et « protégés ». Le temps de guerre précipite ce que le temps de paix n’avait pas permis de réaliser, par la création d’un service de la main-d’œuvre indigène nord-africaine et coloniale (SMOI), pérennisé sous le régime de Vichy. À la Libération, c’est par le « social » que l’administration de la « main-d’œuvre nord-africaine » est redéfinie, dans le cadre de nouveaux services d’exception légitimés par une mission renouvelée. La conviction largement partagée que les « Nord-Africains » constituent des travailleurs spécifiques justifie la quête d’un personnel de « spécialistes » pour les administrer. La présente recherche rend compte de l’évolution des critères de recrutement de ces experts et la manière dont ils sont effectivement appliqués. Enfin, cette thèse interroge le caractère impérial de l’administration du Travail, en observant la manière dont ses agents conjuguent les impératifs de contrôle de la main-d’œuvre à ceux de la « mission civilisatrice ».

  • Samuel André-Bercovici, Les unités territoriales (UT) dans la guerre d'Algérie, thèse soutenue en 2024 à Paris 1 sous la direction de Sylvie Thénault présidée par Raphaëlle Branche, membres du jury : Amandine Lauro (Rapp.), Olivier Dard (Rapp.), Jim House et Laurent Douzou      

    De la fin de 1955 au début de l’année 1960, les unités territoriales comptent parmi les acteurs de la guerre d’Algérie. Elles sont constituées par la mobilisation d’hommes recrutés localement et assurant un service limité à quelques jours par mois. Le recrutement des unités territoriales en fait des unités composées en très grande majorité d’Européens d’Algérie. Cette thèse se propose d’étudier, avec des outils d’histoire sociale, comment le choix de les mobiliser participe à inscrire la guerre dans le quotidien de la société algérienne de la fin des années 1950. Acteurs du conflit, les territoriaux constituent une des voies de militarisation de la société algérienne en guerre. Cette approche permet d’offrir de nouvelles voies pour appréhender l’histoire politique et militaire de la guerre d’Algérie. En tant que partie du dispositif militaire français, l’activité des unités territoriales a pour conséquence de réaffirmer un clivage colonial face aux contestations et à l’insurrection menée par le FLN. Ce travail explore donc les voies d’élaboration de ce dispositif entre circulation à l’échelle impériale et adaptations à la situation coloniale. A mi-chemin entre statuts civils et militaires, les territoriaux sont aussi un groupe qui est traversé par des engagements. Au fil de la guerre s’engage une politisation des unités territoriales : aux dynamiques propres à la société des Européens d’Algérie s’ajoutent les interventions des services de l’action psychologique d’une part, l’activisme subversif des mouvements Algérie-française d’autre part. La participation à des mobilisations – les Barricades d’Alger en 1960 sont les plus connues – appelle à restituer les dynamiques politiques de la société algérienne en guerre à partir de l’engagement, ou non, de territoriaux dans celles-ci.

    Nadia Biskri Berkane, Prison et enfermement punitif en Algérie coloniale : de la conquête au tournant des années 1930, thèse soutenue en 2022 à Paris 1 sous la direction de Sylvie Thénault présidée par Marie Morelle, membres du jury : Claire Fredj (Rapp.), Marc Renneville (Rapp.), Florence Renucci et Ibrahima Thioub    

    Importée en Algérie dès les premières années de la conquête française, la prison désigne à la fois le lieu d’exécution de la peine privative de liberté et l’institution incarnant l’Etat colonial. Placée au cœur du dispositif répressif introduit dans la colonie, elle résulte de l’application du code pénal de 1810 qui fait de l’enfermement le socle de la pénalité en France puis en Algérie colonisée. Abordée par le biais du terrain algérien, cette recherche interroge le lien entre les pratiques métropolitaines de l’enfermement carcéral et les pratiques coloniales, dans l’objectif de saisir les continuités entre les unes et les autres et de s’interroger sur les spécificités de la situation coloniale. Il s’agit ainsi de s’intéresser à une politique coloniale, conçue par ses acteurs, comme l’exportation outre-Méditerranée de l’institution pénitentiaire française ; une politique qui ne consiste pas cependant en une simple reproduction, dans la colonie, du modèle métropolitain. Elle connaît des ajustements au terrain algérien. S’agissant d’une politique mise en œuvre avec la conquête de l’Algérie, cette histoire de la prison algérienne commence avec le début de la colonisation, en 1830, bien qu’il faille la replacer dans le contexte des pratiques antérieures. Après en avoir reconstitué le processus de formation, ses transformations sur le temps long seront saisies jusqu’aux premiers emprisonnements politiques au tournant des années 1930, qui marquent un tournant majeur dans l’histoire de la prison coloniale française en Algérie.

    Vincent Bollenot, Maintenir l'ordre impérial en métropole : le service de contrôle et d'assistance en France des indigènes des colonies (1915-1945), thèse soutenue en 2022 à Paris 1 sous la direction de Pierre Singaravélou présidée par Marc-Olivier Baruch, membres du jury : Emmanuelle Sibeud (Rapp.), Silyane Larcher et Jennifer Anne Boittin      

    En 1923, un Service de contrôle et d’assistance des indigènes des Colonies en France (CAI) est institué à la direction des Affaires politiques du ministère des Colonies. Sa mission est de surveiller les originaires des territoires sous domination, dont la présence en métropole est constituée à la fin des années 1910 comme un problème public. Puisant ses racines dans la surveillance de l’immigration impériale organisée pendant la Première Guerre mondiale, le service prolonge son activité jusqu’à 1944, occupant une place centrale dans le champ du contrôle des indigènes en France. Au quotidien, il informe les autorités françaises de l’activité politique des indigènes, protégés ou présumés tels, faisant de la surveillance l’une des caractéristiques du stigmate impérial en France. Le personnel du CAI se compose de policiers ayant exercé dans les services de Sûreté coloniaux. En métropole, ils réinvestissent des capitaux professionnels et sociaux acquis outremer. Ces acteurs, par leurs pratiques et routines professionnelles, permettent au service de s’autonomiser du champ politique. Ce faisant, le CAI peut déterminer lui-même de façon discrétionnaire le périmètre de sa surveillance. Les surveillés déploient, de leur côté, des stratégies multiples d’évitement et de résistance, obligeant le service à des adaptations. À l’intersection du service et des surveillés, les indicateurs du CAI jouent un rôle clef. Ils entrent au service de renseignement dans l’espoir de gains matériels et symboliques censés leur permettre de s’extraire d’une situation insatisfaisante. Mais ce travail particulier a davantage d’effets destructeurs que libérateurs. Maintenus dans une relative précarité, épiés tant par leurs camarades que par le service lui-même, ils en viennent souvent à des ruptures violentes avec le CAI.

    Quentin Gasteuil, Socialistes français et travaillistes britanniques face aux questions coloniales (1919-1939) : une étude comparée, thèse soutenue en 2021 à université ParisSaclay sous la direction de Olivier Wieviorka et Fabrice Bensimon présidée par Mélanie Torrent, membres du jury : Noëlline Castagnez (Rapp.), Kevin Morgan (Rapp.)   

    Tout au long de l’entre-deux-guerres, les socialistes français et les travaillistes britanniques, membres de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) et du Labour Party (LP), sont confrontés aux questions liées à la domination coloniale exercée par la France et le Royaume-Uni outre-mer. Qu’il s’agisse des tentatives de gestion des empires qui succèdent à leur phase d’expansion, des projets de réformes ou des contestations par les populations colonisées du sort qui leur est fait, les occasions ne manquent pas pour que les membres des deux principaux partis de la gauche non-communiste s’expriment et agissent vis-à-vis de ces enjeux. Cette thèse poursuit un double objectif. Il s’agit d’éclairer le colonial tel qu’il est saisi en métropole en s’appuyant sur les caractéristiques de deux formations bien particulières et, dans le même temps, d’explorer plus avant les spécificités de la SFIO et du LP en jetant sur eux une lumière originale. C’est dans une démarche comparative que la présente thèse explore cette rencontre entre deux familles politiques et les questions coloniales. Elle s’attache à caractériser la politique officielle de la SFIO et du LP vis-à-vis de la thématique coloniale, ainsi qu’à étudier les différents mécanismes qui concourent à sa formulation. Elle offre également la possibilité de saisir la place qu’occupent les questions coloniales dans les univers politiques des travaillistes et des socialistes, à travers l’étude de leur pensée politique, de leur ouverture concrète sur les empires et des actions qu’ils mettent en œuvre pour faire aboutir leurs idées. Ce faisant, elle investit les aspects principaux de leurs identités et de leurs cultures politiques.

    Aliénor Cadiot, Vichy et les Algériens : indigènes civils musulmans algériens en France métropolitaine (1939-1944), thèse soutenue en 2020 à Paris EHESS sous la direction de Nancy L. Green présidée par Sylvie Thénault, membres du jury : Éric Thomas Jennings (Rapp.), Ethan B. Katz (Rapp.), Marc-Olivier Baruch et Thomas Hippler    

    La présence en métropole de dizaines de milliers d’Algériens entre 1939 et 1944 est un fait connu mais qui n’a pas été étudié avec précision, ni par l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale, ni par celle du fait colonial français. A priori considérée comme statique, l’immigration algérienne est en réalité un phénomène dynamique. En effet entre 1939 et 1942, trois vagues migratoires eurent lieu entre les deux rives de la Méditerranée. L’Algérie est à la veille de la guerre un territoire travaillé par des forces politiques puissantes et opposées, allant de l’indépendantisme à l’assimilationnisme. A la fin de l’année 1939 et au début de l’année 1940, la Troisième République met en place un recrutement en Algérie pour les besoins de l’économie de guerre, dans le cadre d’un recrutement plus large dans différentes colonies. Dans ce contexte, l’installation du régime de Vichy en Algérie est un phénomène complexe, qu’il serait artificiel de séparer de la métropole. En parallèle des questions relatives à la main-d’œuvre, une intense surveillance des populations estampillées « nord-africaines », dans leur immense majorité, algériennes, est organisée : le régime de Vichy met en effet en place un service secret dont le but est de surveiller la propagation de la propagande nazie sur les deux rives de la Méditerranée (le Service des affaires algériennes, SAA). Ce service est créé à Marseille, point nodal de toutes les questions touchant à l’Algérie pendant les années de guerre : en effet, au delà du SAA, les services de la main-d’œuvre nord-africaine (MONA) de tout le territoire sont également largement chapeautés par celui de Marseille, qui a en charge la gestion du flux migratoire à travers la Méditerranée. Car juste après l’armistice, le tout nouveau régime de Vichy initie un rapatriement des Algériens vers l’Algérie, qui s’intensifie de l’été 1940 au début de l’année 1941, notamment dans l’espoir de réduire le chômage en métropole. Puis, à l’inverse, à partir de l’année 1942, dans le contexte plus large de la mise au travail de l’Europe par l’Allemagne, un nouveau recrutement pour la métropole est organisé en Algérie, alors que de nombreux Algériens tentent de fuir des formes de travail qui ne leur conviennent pas. Ce recrutement est particulièrement intense pour le secteur minier. En zone occupée, c’est sur Paris que se concentrent les efforts de surveillance : la ville est particulièrement suspecte. En effet, alors que les institutions parisiennes dédiées à l’administration des « Nord-Africains » dans la région sont aux prises avec les conditions de l’occupation, un certain nombre d’Algériens sont en contact à la fois avec les partis collaborationnistes et avec les autorités d’occupation, que ce soit pour des raisons politiques ou commerciales. Après le débarquement en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 et l’invasion de la zone sud trois jours après, alors que l’entièreté du territoire métropolitain est occupée et que l’Algérie est passée aux mains des Alliés, l’État français s’emploie à refondre les services métropolitains en charge de l’administration des « Nord-Africains », inventant de fait un nouveau contenu au syntagme. Jusqu’aux derniers jours de l’occupation, cette administration fera en sorte de s’accorder la « loyauté » des « Nord-Africains » à l’Empire et à la France.

    Dalila Berbagui, Les commerçants nord-africains, un groupe spécifique ? : trajectoires de commerçants dans le département du Rhône (1945-1985), thèse soutenue en 2020 à Paris 1 sous la direction de Sylvie Thénault présidée par Philippe Rygiel, membres du jury : Nancy L. Green (Rapp.), Gildas Simon      

    L’histoire des commerçants « nord-africains » dans le département du Rhône de 1945 à 1985 connaît deux phases chronologiques. Une première allant de 1945 au milieu des années 1960, avec une prédominance des commerçants originaires d’Algérie et un contexte marqué par la guerre d’indépendance algérienne. Une deuxième s’étend du milieu des années 1960 à 1985, avec une diversification des origines nationales et des activités commerciales, dans un contexte post-colonial et post-industriel. Un premier axe traite de l’évolution de leurs statuts et de la législation commerciale. L’analyse porte également sur les pratiques de contrôle et de surveillance pendant la guerre d’Algérie puis après les indépendances nationales. Un deuxième axe s’intéresse aux activités commerciales, à leurs caractéristiques et à leurs évolutions. Le croisement des approches quantitatives et qualitatives permet de distinguer les réseaux à l’œuvre dans l’accès au monde du petit commerce et à certaines spécialisations commerciales. Enfin, un troisième axe s’intéresse à l’étude des trajectoires socioprofessionnelles ainsi qu’à leur implantation spatiale. Quels rôles jouent-ils au sein de leur communauté d’origine et dans la société d’accueil ? Quels étaient leurs fonctions spécifiques ou non ? Peut-on parler d’une certaine « élite » économique, sociale ou même politique ? Existe-t-il une identité spécifique aux commerçants originaires du Maghreb ? Ces questions amènent à interroger les contours d’un éventuel groupe social à part entière ou d’une catégorie sociale spécifique ou non.

    Idir Hachi, Histoire sociale de l'insurrection de 1871 et du procès de ses chefs (Constantine, 1873), thèse soutenue en 2017 à AixMarseille sous la direction de Ghislaine Alleaume présidée par Nicolas Michel, membres du jury : James McDougall (Rapp.), Hassan Remaoun    

    À partir de l’étude du procès des chefs de l’insurrection algérienne de 1871 jugés en 1873 aux assises de Constantine, la présente thèse reconstitue la fresque judiciaire d’un soulèvement que d’aucuns reconnaissent comme la plus grande séquence insurrectionnelle que l’Algérie ait jamais connue au XIXe siècle. L’analyse de la riche documentation exhumée des archives d’Outre-mer d’Aix-en-Provence, de la Bibliothèque Nationale de France (Paris) et des archives du tribunal de Constantine aurait pu permettre de rétablir la société colonisée dans son droit au chapitre de la parole et de renouveler la compréhension du soulèvement de 1871 mais c’était sans compter sur la complexité des enjeux politiques qui ont transformé le procès d’une insurrection en un théâtre où devait se solder le conflit civils-militaires. Le premier grand procès civil d’Algérie allait transformer une insurrection majeure en délits de droit commun justifiant une étonnante physionomie des peines. En abordant les questions relatives aux causes et aux acteurs de l’insurrection, le présent travail s’est investi dans l’analyse de l’histoire sociale des élites algériennes du XIXe siècle et de leurs caractéristiques, à travers leur implication dans le soulèvement et l’interrogation, aux côtés de diverses sources historiques, de matériaux de nature anthropologique. Tandis que les différentes historiographies attribuaient tour à tour à l’élite nobiliaire des djouads ou à celle confrérique de la rahmaniyya la paternité de la révolte, la présente thèse s’est attachée à mettre en évidence la matrice anti coloniste d’une insurrection populaire.

    Bilel Ainine, Islam politique et entrée en radicalité violente. Le cas des salafistes radicaux violents algériens, thèse soutenue en 2016 à Université ParisSaclay ComUE sous la direction de Xavier Crettiez présidée par Sébastien-Yves Laurent, membres du jury : Nathalie Duclos (Rapp.), Gilles Dorronsoro (Rapp.), Luis Martinez      

    Résumé : Cette thèse s’intéresse à la question de la radicalisation violente chez les salafistes algériens. Elle tente de comprendre comment s’effectue le glissement d’un militantisme (ou d’une sympathie) en faveur d’un islam politique légal, vers un activisme clandestin versé dans l’action violente sous le seau du djihad armé. Saisir le cheminement de cette entrée en radicalité, nous amène d’abord à réfléchir sur la radicalisation de la pensée religieuse comme première étape du processus étudié. L’engagement au profit du djihad est ensuite tributaire d’une construction (ou reconstruction) identitaire fondée sur un renversement moral de l’ordre socioreligieux établi. Les représentationsqui en émanent sont le produit d’une socialisation de l’individu à une pensée radicalisée qui, lorsqu’elle est combinée à d’autres variables facilitatrices ou incitatrices, le prédispose à passer à l’acte. Ainsi, au niveau macro, les opportunités/menaces agissent comme des facteurs facilitateurs ou précipitateurs dans l’engagement armé ; la répression et la fermeture du champ politique sont à ce titre, les variables les plus redondantes dans l’explication de l’entrée en radicalité chez les salafistes algériens. Au niveau méso et micro, l’influence des réseaux préconstitués (organisations armées, réseaux de soutiens logistiques…) et des liens sociaux (amis, voisins, famille…) pèse lourdement sur le choix de l’engagement collectif et individuel. Enfin, les chocs moraux et les récits mémoriels sur la répression subie peuvent aussi nous éclairer à saisir un certain nombre de trajectoires de radicalisation violente chez les djihadistes algériens

    Sébastien Thibault, Pour une sociologie politique de la Cour nationale du droit d'asile : histoire, acteurs et fabrique d'une sentence administrative à l'égard des étrangers., thèse soutenue en 2016 à Université ParisSaclay ComUE sous la direction de Patrick Hassenteufel présidée par Laurent Willemez, membres du jury : Guillaume Devin (Rapp.), Alexis Spire (Rapp.), Karen Akoka   

    Résumé : La Cour nationale du droit d’asile (CNDA) est une juridiction vers laquelle se tournent les demandeurs d’asile après un premier refus du statut de réfugié à l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA). Si notre recherche porte sur le phénomène bureaucratique que représente la CNDA, le cœur de cette étude vise le fonctionnement de sa sentence administrative. La sentence désigne aussi bien l’acte du jugement que le verdict rendu suite au délibéré. C’est bien à travers ce double aspect que notre enquête propose d’étudier son exercice en relation avec son histoire, ses acteurs et les conditions de son processus décisionnel. L'objectif est ici de contribuer aux fondations d’une sociologie politique de cette institution qui doit être appréhendée comme une activité sociale et politique, dont le fonctionnement ne peut se départir aussi bien des luttes de pouvoirs et des usages sociaux du droit que de la situation politique générale du pays. En cela, la question se pose : comment le traumatisme et l’exil sont-ils racontés comme récits de vie et compris comme arguments juridiques auprès d’une instance publique dont la tâche est d’accorder un statut social à des individus privés de la protection de leur État d’origine ? Pour y répondre, nous nous intéressons moins aux conditions de production de la loi qu’à sa pratique et à sa place au quotidien, dans une institution où les trajectoires et les discours posent le rapport souvent ambivalent entre la pitié d’un côté, et la légalité de l’autre.

    Aurélie Audeval, Les Étrangères Indésirables et I'administration française. 1938-1942 , thèse soutenue en 2016 à Paris EHESS sous la direction de Gérard Noiriel  

    Cette thèse revient sur la constitution de la catégorie administrative d'Étrangèr. E Indésirable. Cette catégorie apparaît de façon massive au sein de l'administration du ministère de l'Intérieur français tout au long des années 1930. Elle devient une catégorie juridique avec l'adoption du décret du 12 novembre 1938 qui permet l'internement de toute personne qualifiée d'Indésirable. En étudiant parallèlement les décisions des administrations centrales et les pratiques locales du service des Étrangers de la préfecture de Marseille entre 1938 et 1942, cette thèse revient sur la question des continuités de l'État au quotidien en matière gestion des Indésirables. Elle analyse le traitement différencié des populations par l'État en raison du genre jusque dans les usages de la qualification d'Indésirable, à une période où le maintien des individus dans des rôles sociaux différenciés, productif et reproductif, devient un enjeu central des politiques publiques. Enfin, ce travail a pour ambition de contribuer au débat sur la mise en place de la Shoah en France, et plus précisément sur les dynamiques propres à l'appareil d'État français. Dans cette perspective, il entend poser la question des liens entre le développement des pratiques d'État envers les Indésirables dès les années 1930 et la décision de livraison des Juifs et Juives étrangères de zone sud en 1942. Ce faisant, c'est la question plus large des logiques d'ensemble qui gouvernent les politiques de gestion de population au sein des États modernes qu'il s'agit de poser. L'hypothèse avancée, est celle de la constitution parallèle de logiques éliminatrices et de logiques disciplinaires comme modalités d'action publique.